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NERFS OLFACTIFS

Pour l'étude de Torigine réelle, il convient d'avoir des protubérances annulaires et des bulbes rachidiens préalablement immergés dans l'acide cbromique tr^^iilué et soumis ensuite à des coupes transversales et obliques.

§ 1. — Première paire, ou nerfs olfactifs.

Dans la plupart des vertébrés, les nerfs olfactifs se présentent sous l'aspect de deux lobules grisâtres, se continuant avec les lobes cérébraux par an pédicule de couleur blanche, et fournissant par leur partie antérieure on pinceau de filaments qui vont se répandre dans le pituitaire. Ces loboles sont creusés, ainsi que leur pédicule, d'une cavité qui communique avec celle du cerveau. Considérés dans la série animale, les nerfs de Tolfaction se composent donc de deux parties bien différentes :

1* D'un renflement pédicule qui constitue une dépendance ou plutôt un prolongement de l'encéphale.

2* De filaments, variables par leur nombre, leur volume et leur consistance, qui seuls méritent véritablement le nom de nerfs.

De ces deux parties, la première est la seule dont l'observation a d'abordrévélé Texistence. Comme elle communiquait par Tune de ses extrémités avec la cavité cérébrale et correspondait par l'autre aux fosses nasales, elle fotregardée jusqu'au ix* siècle comme une sorte de canal excréteur chargé de conduire vers la pituitaire une partie du liquide contenu dans les ventricules du cerveau. — A cette époque, le moine Théophile Protospatharios aiança qu'elle avait pour usage de recueillir l'impression des odeurs, et fit des nerfs de l'odorat la première paire des nerfs crâniens. Très-vraisemblablement cet auteur avait observé les ramifications que les nerfs olfactifs envoient dans les fosses nasales. Mais ce n'est qu'en i5îi6, lorsque Sicolas Massa eut démontré Texisteiice de ces ramifications, que son opinion fut définitivement admise, d'abord par Vésale, puis par Schneider, Willis» Vieussens, etc.

Vraie au point de vue philosophique, cette opinion n'était pas cependant complètement exacte au point de vue anatumiqne. Car s'il est incontestable que l'appareil nerveux de l'olfaction se conipose de deux parties, une partie intra-crânienne et une partie intra-nasale, il n'est pas moins évident que de ces deux parties la seconde seule appartient au système périphérique. Ce n'est donc qu'à celle-ci, c'est-à-dire à l'ensemble des divisions ramifiées dans l'épaisseur de la pituitaire, que la dénomination de nerfs olfactifs peut être appliquée, au moins chez les animaux. Voyons s'il en est de même chez l'homme.

Dans l'espèce humaine, les nerfs de la première paire naissent de l'angle interne de la scissure de Sylvius, au niveau du quadrilatère perforé, puis se portent horizontalement en avant vers les fosses ethmoïdales où ils se 3«ÉDiT. m — 18

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renflent pour former un ganglion mou et grisâtre ; de ce ganglion partent des filaments qui, après avoir traversé les trous de la lame criblée, vont se distribuer à la pituitaire. Par conséquent, on peut aussi leur distinguer un tronc ou pédicule, un renflement ou ganglion, et des ramifications nerveuses terminales, ou mieux une portion intra-crânienne et une portion intra-nasale.

La portion intra-K^rànienne se compose de substance blanche et de substance grise ; elle manque de névrilème ; et dans les premiers mois de la vie intra-utérine elle est creusée d'un canal s'ouvrant dans les ventricules latéraux : ces caractères suffisent pour démontrer qu'elle constitae aussi une dépendance de Tencéphale.

Chez l'homme, comme chez les vertébrés, l'appareil nerveux de l'olfaction est donc formé à l'intérieur du crâne par un prolongement des hémisphères cérébraux, et à l'extérieur de cette cavité par des ramifications nerveuses. Chez lui aussi, c'est à ces ramifications seules que la dénomination de nerfs olfactifs est véritablement applicable.

Toutefois l'acception plus étendue qu'on attache à cette dénomination .ayant depuis longtemps prévalu dans le langage, je ne vois aucun inconvénient à m'y conformer après avoir signalé l'erreur qu'elle renferme. Je décrirai donc successivement : l'origine apparente et l'origine réelle des nerfs olfactifs, leur tronc ou pédicule, leur renflement ou ganglion^ ei enfin leurs divisions terminales ou les nerfs olfactifs proprement dits.

A. Origim des nerfs olfactifs.

a. Origine apparente. — Les nerfs olfactifs émergent de la partie interne de la scissure de Sylvius par trois racines, deux blanches ou superficielles, qui convergent et ({ui limitent en avant le quadrilatère perforé, une grise, profondément située. — Les racines blanches se distinguent en externe ou longue, et interne ou courte.

La racine blanche externe est la plus apparente. Sa largeur est d'un millimètre et sa longueur de 12 à 15. Elle se dirige en arrière et en dehors, en décrivant une courbe dont la convexité répond au quadrilatère perforé. Cette racine s'étend sans diminuer de largeur jusqu'au fond de la scissure de Sylvius, c'esl-k-dire jusqu'au lobe sphénoïdal, dans lequel elle pénètre et semble disparaître.

La racine blanche interne, d'une longueur de 5 à 6 millimètres, se dirige en arrière, en dedans et en haut, en formant avec la précédente un angle obtus. Elle plonge bientôt dans la substance grise située au devant de l'extrémité interne du quadrilatère perforé, puis se dérobe à la vue après un court trajet.

La racine grise n'est visible que lorsque le tronc du nerf olfactif a été détaché du sillon qu'il occupe et renversé en arrière. Elle nait de l'extré-

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mile poslirieure de ce sillon, sous la forme d'une petite pyramide Iriarigahin, obliquement dirij^e en bas et en avant. Le sommet de la pyramide le pnioBge sur le tronc du nerf olfactif jusqu'au ganglion elhmoidal.

b. Origitu réelle. — Les nerfs de l'olfaction tirent chacun leur origine réelle d'un noyau de substance grise qui avait déjà été si|inalé par Rolando (t Fonlle, mais qui a été mieux décrit pur M. Luys. Ce noyau, du volume d'ane noisette , est silné à la base du cerveau, dans l'extrémité antérieoredes lobes sphénoïdaux. Il répond : en arriére à l'extrémité Icrmi- Hle de l'bippocarape, en dedans à la partie correspondante de la fente eéribnle, en avant à la substance grise des cii-convolutioos.

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C'est vers ce noyau que se dirige la racine externe des nerfs olfactifs Après avoir pénétré dans le lobe sphénoïdal, elle change de direction poui se porter en arrière et en dedans^ et se dissocie alors en plusieurs ûbk ments qui vont se perdre dans son épaisseur. — La racine interne, don l'origine réelle est inconnue, s'cntre-croiserait, selon M. Luys, sur la lign< médiane avec celle de l'autre côté, et irait ensuite se terminer dans un peti amas de substance grise situé sur les côtés de la cloison transparente.

B. Tronc et bulbe des nerfs olfactifs.

Le tronc ou pédicule des nerfs olfactifs résulte de la convergence des trois racines précédemment décrites. Le point au niveau duquel elles se réunissent est très-rapproché des ventricules latéraux, rapport important qui nous explique comment, au début de la vie fœtale, les ventricules peuvent se prolonger jusqu'à ses racines, et s'insinuer entre elles de manière à réaliser temporairement une disposition qui est permanente dans la plupart des vertébrés.

Le tronc des nerfs olfactifs occupe le sillon rectiligne que forment par leur adossement les deux circonvolutions les plus internes de la face inférieure du lobe frontal. — Sa direction est un peu oblique en avant et en dedans, de telle sorte qu'au niveau de l'ethmoïde les deux troncs "ne sont séparés que par l'épaisseur de l'apophyse crista-galli. — Le feuillet viscéral de l'arachnoïde ne l'entoure pas, mais passe au-dessous de lui, et convertit ainsi le sillon qu'il parcourt en un espace prismatique et triangulaire sur lequel il se moule. — Des trois faces qu'il présente, l'une, tournée en haut et en dedans, est creusée d'une gouttière qui correspond à la circonvolution satellite interne. L'autre, tournée en haut et en dehors, est disposée aussi en gouttière pour s'appliquer sur la circonvolution satellite externe. La troisième, tournée en bas, est plane; elle offre un trèspetit sillon qui la partage en deux moitiés parallèles.

Ce tronc est composé de substance médullaire et de substance grise : la substance médullaire forme sa partie inférieure et ses angles latéraux; la substance grise constitue son arôte supérieure. Pour observer cette double disposition, ainsi que la forme et les rapports du nerf, il convient de pratiquer sur le lobe frontal une coupe transversale et verticale. On remarque alors : 1° que la pie-mère ne se prolonge pas sur lui pour lui constituer une gaîne, mais qu'elle passe sur ces parties latérales et tapisse les deux lèvres de l'anfractuosité qu'il occupe; 2" que l'arachnoïde forme au-dessous de lui une sorte de pont, et ne l'entoure qu'à son extrémité antérieure, au voisinage du bulbe ethmoïdal; 3® que la substance médullaire constitue les deux tiers de son volume, et la substance grise le tiers et parfois le quart ou le cinquième seulement.

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