‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 114 sur 219 · RADIUS · texte numérisé non relu

RADIUS

Ses parois offreal plus d'épaisseur en arrière, où le cubitus devient très superficiel, qu'en îivanl, où d'épaisses couches musculaires le recouvrent. — Un tissu spongieux, aréolaire et léger, occupe son extrémité inférieure. Celui de l'extrémité supérieure est remarquable par l'extrême petitesse des aréoles, et par sa densité très grande, qui diffère à peine de celle du tissu compact.

Développement. — Le cubitus se développe par un point primitif et trois points complémentaires. De ses trois épiphyses, deux appartiennent à l'extrémité supérieure, et une à l'extrémité inférieure.

Le point primitif se monlre du trentième au quarantième jour de la vie intra-utérine, sous la forme d'un petit cylindre d'un millimètre de longueur, qui occupe la partie moyenne de la diaphyse. En s'élendant, il produit non seulement le corps de l'os, mais une grande partie de ses extrémités ; en haut, il forme les deux tiers de l'olécrâne et toute l'apophyse coronoïde ; en bas, il forme la moitié de la tète de l'os.

L'épiphyse de l'extrémité inférieure parait de sept à neuf ans. — On voit naître de douze à treize l'épiphyse principale de l'olécrâne. Celle épiphyse répond à sa partie supérieure et postérieure, c'esl-à-dire à l'insertion du tendon du triceps brachial ou au sommet du coude. A treize ou quatorze ans, un autre point osseux se développe au-devant du précédent, et donne naissance au bec de l'olécrâne. Ces deux points osseux se soudent Tun à l'autre de quatorze à quinze ans ; et au corps de Tos, de quinze à seize, quelquefois à dix-sept ou dix-huit ans.

L'épiphyse de la léle du cubitus s'accroît beaucoup plus lentement. Elle s'unit à la diaphyse de vingt à vingt et un ans chez la femme, de vingt et un à vingt-quatre chez l'homme.

IL '— Dd radius.

Le radius est un os long, situé à l'avant-bras, en dehors ducubilus, avec lequel il s'articule par ses deux extrémités. Il est un peu moins long que cet os, plus gros inférieurement que supérieurement, et légèrement arqué. On lui considère un corps, une extrémité supérieure et une extrémité inférieure.

Pour le mettre en position, il faut tourner en bas sa grosse extrémité, en dedans le bord concave de cette extrémité, et en arrière celui qui présente, sur sa partie moyenne, une saillie longitudinale.

A. Corps. — Prismatique et triangulaire, il offre trois faces, qui se distinguent en antérieure, interne et externe; et trois bords, dont l'un est externe, le second interne, et le dernier postérieur.

La face antérieure est concave dans ses deux tiers supérieurs, qui donnent attache au muscle long fléchisseur du pouce ; plane ou légère-

410 OSTKOLOGIE.

meril convexe dans son liers inférieur, auquel s*insère le muscle carré pronaleur. On remarque sur cette face, un peu au-dessus de sa partie moyenne, Torifice du conduit nourricier de l'os, conduit qui se dirij^e très obliquement de bas en haut.

La face interne est arrondie dans sa partie supérieure, que recouvre le muscle court supinateur; légèrement excavée dans ses deux tiers inférieurs, auxquels sUnsèrent le muscle long abducteur du pouce et ses deux extenseurs.

hdifaceextefme^ convexe de haut en bas, et convexe aussi d'avant en arrière, donne attache par sa partie supérieure au court supinateur. On voit, sur sa partie moyenne, une empreinte plus ou moins prononcée, à laquelle se fixe le muscle grand pronateur. Sa partie inférieure répond aux tendons des muscles radiaux externes.

Le bord externe est saillant dans son tiers supérieur ; très mousse et concave dans sa partie inférieure.

Le bord interne^ mousse sur son quart supérieur, très mince, tranchant, et concave sur sa partie moyenne, prend inférieurement la figure d'un petit triangle, dont le sommet se dirige en haut, et dont la base se continue avec la facette concave de l'extrémité carpienne de Tos. Il donne attache sur toute son étendue au ligament interosseux.

Le bord postérieur revêt l'aspect d'une crête curviligne dans son tiers moyen; supérieurement et inférieurement, il s'arrondit au point de s'effacer presque entièrement.

Fifi. l.VJ. V\c.. ICI.

ExiréniHè inférieure ou caiyieniie du radius.

FiG. ir>;). — Extrémité carpienne du radius, tme antérieure. — 1. Partie iiifi'»ricure (lu corps de Fos. — 2, t. Bord antérieur de l'exlrcmilé inférieure. — 3. Surface par laquelle celte extrémité s*articnle avec les os <lu carpe. -^ 4. Surface par laquelle elle s'articule avec la tôtc du cubitus. — 5. Apophyse styloïde du radius.

Fie. 1G0. — Exlrérnilé carpienne du radius, vue postérieure. — 1. Partie inférieure du corps de l'os. — 2, 2. Facette par la«|ui'lle l'cxtiémité inférieure s'articule avec les os du carpe. — 3. Apophyse styloïde. — -i. Gouttière creusée sur le côté externe de la buse de celte apophyse; elle reçoit le tendon du muscle long abducteur et celui du muscle court extenseur du pouce. — 5. Guiitlièrc si uée sur le prolongement de la face externe du corps de Tos; ce.te goulticro reçoit les tendons des muscles radiaux oxicrnes: ollc «.'st limitée on doilans par une saillie longitudinale située sur

UADIUS. 4H

B. Exlrémlié rapérlcare od hvmërale. — CetlO extrémité présente une partie arrondie appelé tête du radius ; plus bas, une partie rélrécie et cylindrique qui supporte cette tète et qui en constitue le col; plus bas encore et en dedans, une saillie ovoïde à laquelle s'attache le tendon du muscle biceps, d'où le nom de tubérosité bicipitale.

La tête du radius est cylindrique. Son diamètre varie de 18 à 22 millimètres, et son axe ou sa hauteur de 6 à 8. On remarque, sur sa partie supérieure, une dépression circulaire, ou carité glénoide., qui s'unit au condyle de l'humérus, et sur la partie interne de son contour, une facette articulaire, convexe, qui s'articule avec la petite cavité sipmolde du cubitus. C'est au niveau de la partie moyenne de cette facette que le contour de la tête du radius atteint sa plus grande hauteur.

Le col offre une longueur d'un centimètre, et un diamètre moyen de 15 millimètres. Son axe forme, avec celui du corps, un angle obtus, dont l'ouverture regarde en dehors.

La tubérosUé bicipitale se dirige de haut en bas. Son grand axe mesure 18 millimètres, et le petit 12 à 14. On observe à son centre une dépression. La partie située en arrière de cette dépression donne seule attache au tendon du biceps. Celle qui se trouve située en avant est unie et recouverte d'une synoviale sur laquelle glisse ce tendon.

C. Bxtréniltë Inférleare om «arplenne. — Beaucoup plus volumineuse que la supérieure et irrégulièrement cubique, on lui considère une face inférieure horizontale, et quatre faces verticales, qui se distinguent en interne, externe, antérieure et postérieure.

La face inférieure est allongée transversalement, triangulaire et concave. Une ligne antéro-postérieure la divise en deux facettes. La facette interne, quadrilatère, s'unit à l'os semi-lunaire. La facette externe, triangulaire, s'articule avec l'os scapholde.

LRface interne, unie et concave, représente le tiers d'un [cylindre. Elle s'articule avec la tête du cubitus.

La face externe, très étroite, est creusée supérieurement d'une gouttière oblique et superficielle sur laquelle glissent les tendons du long

I* prolongement du bord postérieur du corps. — 6. Petite goutlièrc destinée au tendon du muscle long extenseur du -pouce. — 7. Gouttière double ou triple de la précédente; elle donne passage aux tendons de Textenseur commun des doigts et ù celui de Textenseur propre de l'index.

FiG. 161. — Extrémité carpienne du radius, vue inférieur^.. — 1. Facette triangulaire qui s'ariiculc avec le scaphoïde. — 2. Facette quadrilntère qui s'articule avec le semi-limaire. — 3. Li;;ne antéro-p)stéricurc établissant les limites respectives de ce« deux Tacettes. — 4. Facette concave qui s'unit à la tête du cubitus. — 5. Sommet de l'apophyse styloide. — 6, 6. Bord antérieur d»î IVxtrémité carpienne. — 7, 7. Bord postérieur de cette extrémité. — 8. Coulis^te des muscles rnd aux externes. — 9. Coulisse du muscle long extenseur du pouce. — 10. Coulisse dans laquelle glissent les tendons de l'extenseur commun des doigts et celui de l'extenseur propre de l'index.

abducteur et du court extenseur du pouce. Elle se lermiue paruue saillie de forme pyramidale et triangulaire, appelée apophyse styloïde du radius. Cette apophyse est sous-cutanée; son sommet descend plus bas que celui de l'apophyse styloïde du cubitus; elle donne attache au ligament latéral externe de Tarliculation radio-carpienne.

La face antérieure représente plutôt un bord qu'une face. Elle déborde de 6 millimètres la face correspondante du corps. Le ligament antérieur de l'articulation du poignet s'insère sur sa moitié interne.

La face postérieure est convexe. On remarque, sur sa partie moyenne, une saillie longitudinale qui la divise en deux parties à peu près égales, offrant l'une et l'autre la forme d'une gouttière. — La gouttière externe, située sur le prolongement du corps, répond au tendon des muscles radiaux externes. — La gouttière interne, située aussi sur le prolongement du corps de l'os, est subdivisée par une crête mousse en deux coulisses secondaires: l'une, externe, plus petite, oblique en bas et en dehors, qui loge le tendon du long extenseur du pouce ; l'autre, interne, d'une largeur double ou triple, qui reçoit le tendon de l'extenseur propre de l'index, et ceux de l'extenseur commun des quatre derniers doigts. — Les bords de ces gouttières donnent attache à des gaines ligamenteuses qui ^es transforment en autant de cylindres, moitié osseux, moitié fibreux.

Conformation intérieure. — Le canal médullaire du radius, plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses extrémités, se termine en bas au niveau du quart inférieur de la diaphyse ; en haut, il se prolonge jusqu'au col. Les deux extrémités de l'os sont formées par un tissu spongieux, dont les aréoles communiquent largement entre elles.

Développement. — Cet os se développe par trois points d'ossification, un point primitif pour le corps et un point complémentaire pour chacune des extrémités. — Le point primitif se montre du trentième au quarantième jour de la vie fœtale; il produit non seulement le corps, mais une grande partie de l'extrémité supérieure. — L'épiphyse de rexlrémilé carpienne paraît de deux à trois ans; et celle de l'extrémité huniéralc, de cinq à six. Cette dernière se soude à dix-sept ans, quelquefois à dixhuit. L'épiphyse de l'extrémité inférieure s'unit au corps de l'os a vingt et un ans chez la femme, de vingt et un à vingt-cinq ans chez l'homme.

§ i. — De la main.

Les trois premiers segments du membre supérieur sont de simples leviers, échelonnés de haut en bas et articulés entre eux.

La main, située à l'extrémité terminale de ce long levier brisé, est un organe qui se détache en quelque sorte du mobile édifice auquel elle appartient, pour aller flotter sur sa périphérie, et se mettre ainsi à la disposition de toutes les parties qui le composent.

Page 1