‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 116 sur 219 · CARPE · texte numérisé non relu

CARPE

IV. Plslforme. — Très petit ; situé à la partie antérieure et interne du carpe, au-devant du pyramidal ; de forme plus qu'hémisphérique, et aplati de dehors en dedans.

Sa partie postérieure, plane et unie, s'articule avec le pyramidal. — Sa partie antérieure, convexe, donne attache au tendon du muscle cubital antérieur, et au ligament antérieur du carpe. — Sa partie externe présente une gouttière très superficielle qui répond aux tendons fléchisseurs du petit doigt. Sur sa partie interne, convexe, vient se fixer le ligament latéral interne de Tarticulation radio-carpienne. Son extrémité supérieure, mince, se dirige un peu en dedans. Son extrémité inférieure, arrondie, et inclinée en dehors, est recouverte par l'insertion du muscle adducteur du petit doigt.

Pour mettre cet osselet en position, il faut tourner en arrière sa facette articulaire ; en dehors, la face qui est creusée d'une gouttière ; et en bas, celle des deux extrémités qui est la plus volumineuse.

B. — Rangée inlérlenre d« carjj^e.

La rangée inférieure du carpe déborde en dehors la supérieure ; elle entre ainsi en rapport avec la colonne qui porte le doigt opposant.

I. Traptee. — Os court, irrégulier; situé à la partie inférieure et externe du carpe, au-dessous du scaphoîde, en dehors du trapczoîde.

Sa face supérieure, très petite, triangulaire et légèrement concave, s'articule avec le scaphoîde. — Sa face inférieure, d'une étendue double ou triple, est concave transversalement, convexe d'avant en arrière; elle s'unit à l'extrémité supérieure du premier métacarpien. — Sa face interne offre deux facettes articulaires : l'une supérieure, concave, qui s'applique au trapézoîde ; l'autre, inférieure, beaucoup plus petite, et inclinée en bas, qui répond au second métacarpien. Cette facette infé-

pyramidal. — 10. Facette articulaire supérieure ou cubitale du pyramidal. — 11. Facette par laqueUe cet os s'unit à Fos crochu. — 12. Pisiforme. — 13. Facette par laquelle il s'unit au pyramidal. — 14. Face externe du trapèze. — 15. Sa facette inférieure, convexe et concave en sens opposé par laquelle il s'unit au premier métacarpien. — 16. Sa facette scaphoïdienne. — 17. Sa facette trapézoïdienne. — 18. Facette par laquelle il s'articule avec le second métacarpien. — 19. Facette par laquelle le trapézoîde s'unit au grand os. — 20. Sa facette scaphoïdienne. — 21. Tête du grand os. — 22. Son apophyse pyramidale. — 23. Sa facette inférieure par laquelle il s'articule avec le troisième et le second métacarpien. — 24. Os crochu. — 25. Facette par laquelle cet os s'unit au pyramidal. — 26. Extr. sup. du premier métacarpien, «'articulant avec le trapèze par une facette convexe et concave en sens opposé. — 37. Extr. sup. du second métacarpien, bifide, s'articulant en haut avec le trapézoîde, en dehors avec le trapèze, en dedans avec le grand os. — 28. Extr. sup. du troisième métacarpien s'articulant en haut avec le grand os. — 20. Extr. sup. du quatrième métacarpien s*unissant à l'os crochu. — 30. Extr. sup. du cinquième métacarpien s'unissant aussi à Vos crochu, et présentant en dedans une saillie qui donne attache au tendon du muscle cubital postérieur.

l'ieure n'est pas constante. — Sa face externe, quadrilatère el inégale, donne attache à des ligaments. — Sa face antérieure, petite, préseule une gouttière dans laquelle glisse le tendon du grand palmaire; la lèvre externe de cette gouttière, très saillante^ donne attache au ligament annulaire antérieur du carpe. — Sa face postérieure est inégale.

Pour mettre cet os en position, il faut placer en bas la face qui est convexe et concave en sens opposé, diriger en avant celle qui présente une gouttière, et tourner en dehors le bord le plus saillant de celle-ci.

II. Trapésoïde. — Très petit; situé au-dessous du scapholde, entre le trapèze et le grand os ; de forme irrégulièrement cubique.

Sa face supérieure, légèrement concave, s*unit au scaphoîde. — La face inférieure est allongée d'avant en arrière ; une crête mousse aiitéropostérieure la divise en deux parties ou deux plans, dont Tun regarde en bas et en dehors, l'autre en bas et en dedans. Elle s'articule avec le second métacarpien. — La face externe, convexe, s'unit au trapèze. — La face interne présente, en avant, une facette plane qui répond au grand os. — Les faces antérieure et postérieure donnent attache à des ligaments ; la première est plane, la seconde convexe et plus grande.

Pour mettre le trapézoide en position, il faut tourner en bas la face qui est partagée en deux moitiés par une crête mousse, en dehors celle qui offre une facette articulaire convexe , et en arrière celle des deux faces ligamenteuses qui est la plus large.

III. Orandos. — C'est l'os central et principal du carpe, la plupart des autres viennent se grouper autour de lui. Il est allongé de haut eu bas; arrondi dans sa partie supérieure, qui forme une sorte de tête et que supporte un léger rétrécissement ou co{; plus volumineux, et irrégulièrement cubique dans sa moitié inférieure.

Sa face supérieure, convexe d'avant en arrière, s'articule avec le semilunaire. — Sa face inférieure présente une crête mousse, antéro-postérieure, qui la partage en deux facettes inégales; la facette interne, plane et triangulaire, s'articule avec le troisième métacarpien; la facette externe, plus petite et concave, s'articule avec le second. — Sur sa face externe, on remarque de haut en bas : 1^ une facette sphérique qui iait partie de la tète de l'os, et qui s'articule avec le scapholde; 2® une dépression antéro-postérieure, qui fait partie du col ; 3** en avant et en bas, une petite facette demi-circulaire qui s'applique à une facette semblable du trapézoïde. — La face interne est plane el unie dans son tiers supérieur qui correspond à l'os crochu; en bas el en avant, elle offre une petite facette circulaire contiguë au môme os; en bas et en arrière, des inégalités auxquelles s'attache un ligament interosseux. — La face antérieure est creusée en haul d'une dépression transversale, convexe et inégale dans le reste de son étendue. — La face postérieure est inégale

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aussf, concave et beaucoup plus large ; en se continuanl avec les faces inférieure et interne, elle contribue à former une apophyse pyramidale et triangulaire, volumineuse, qui descend obliquement vers le quatrième métacarpien.

Pour mettre cet os en position, il faut placer en haut son extrémité arrondie ou sa tête; en arrière, le côté le plus large de sa base; et en dedans, la face qui présente deux facettes articulaires planes.

IV. Os crochu ou «oeifonnc. — Os court ; situé à la partie inférieure et interne du carpe, en dedans du grand os, au-dessous du pyramidal; offrant la forme d'un coin, dont le sommet se dirige en haut.

Sa partie supérieure s'unit au semi-lunaire. — Sa partie inférieure, ou sa base, est divisée par une crête mousse antéro-postérieure en deux facettes : la facette externe s'articule avec le quatrième métacarpien et la facette interne avec le cinquième.

La face externe est verticale. Elle présente : l*' dans son tiers supérieur, une facette plane et unie qui répond au grand os; â° en bas et en arrière, une seconde facette, circulaire, très petite, qui se joint au même os; 3° en bas et en avant, une surface inégale à la(iuelle s'insèrent des fibres ligamenteuses. — La face interne, oblique de haut en bas et de dehors en dedans, convexe et concave en sens opposé, s'articule avec la face inférieure du pyramidal.

La face postérieure, très large, quadrilatère, plane et inégale, donne attache à des ligaments. — La face antérieure est surmontée d'une longue et large apophyse, convexe en dedans et concave en dehors. Cette apophyse forme en quelque sorte le pendant de celle du trapèze. Comme celle-ci, elle joue le rôle de gouttière; elle donue aussi attache au ligament annulaire du carpe, mais présente un volume plus considérable. Son sommet, recourbé en dehors, l'a fait comparer à un crochet, «l'où le nom d'apophyse unciforme (de uncuSy crochet) qui lui a été donné, et qui a été appliqué ensuite à la totalité de l'os.

Pour mettre l'os crochu en position et distinguer le droit du gauche, il faut tourner son sommet en haut, son apophyse unciforme en avant, et sa face oblique en dehors.

C. — Conlomiatloa Intérlevrc et développement des os d« carpe.

Les os du carpe présentent la structure qui est commune à la plupart des os courts. Ils sont presque entièrement composés de tissu spongieux. Une couche très mince de tissu compact s'étale à leur périphérie, beaucoup moins pour en accroître la résistance que pour fournir aux ligaments une surface d'implantation et pour régulariser les aceltes par lesquelles ils s'appliquent les uns aux autir's.

Ces os se développent chacun par un seul point osseux. — Le premier point d'ossification qui parait dans le carpe est destiné au grand os; il se montre à un an. — Du douzième au quinzième mois, un second point osseux se forme dans Tos crochu. — Celui du pyraminal nait de deux ans et demi à trois ans. — Celui du semi-lunaire, de quatre à cinq ans. — Celui du trapèze, à cinq ans. — Celui du scaphoïde, à cinq ans et demi. — Celui du trapézoîde, à six ans. — Celui du pisiforme, de huit à dix ans. Cet osselet est constamment le plus tardif. Son développement ne diffère nullement, du reste, de celui des autres os du même groupe : c'est à tort quMl a été rangé par quelques auteurs au nombre des os sésamoîdes.

Chacun de ces points a pour siège, au début de sa formation, le centre de l'os. Chacun d'eux affecte une forme plus ou moins arrondie jusqu'au moment où ils ont acquis un assez grand développement pour entrer en contact; on voit alors leurs facettes s'étendre peu à peu, à mesure qu'ils revêtent leur forme définitive.

P9. — Des o« 4a earpc ches les ■tammirères.

Dans la classe des mammifères, le carpe se compose généralement de neuf os. Le neuvième, appelé os centraly occupe en effet le centre du groupe. C'est entre le scaphoîde, le semi-lunaire et le grand os qu'il se trouve situé. On ne le rencontre pas chez l'homme, le gorille et le chimpanzé, à l'état adulte; mais à l'état fœtal on peut constater chez eux son existence.

Chez l'homme, l'os central se soude à l'extrémité interne du scaphoîde, dans le cours du troisième mois de la vie embryonnaire. La soudure est quelquefois incomplète; plus rarement les deux os sont unis paf un tissu fibreux. C'est en 1808 que Wenzel Gruber a recueilli le premier exemple d'un os central indépendant chez l'homme. Depuis celte époque jusqu'en 1885, il a trouvé vingt et un faits semblables. Sur ce nombre total, dix fois l'os central était libre et articulé avec le scaphoîde; douze fois il était soudé à celui-ci, mais s'en distinguait très nettement. Dans son important Mémoire, paru en 1884, M. Leboucq nous apprend que sur deux cents cas, il a vu six fois l'os central uni au scaphoîde par un ligament interosseux (1).

Il résulte de ces faits que l'os central doit être considéré comme l'une des parties constituantes du carpe, chez tous les mammifères, atteignant chez la plupart d'entre eux son complet développement, se soudant chez quelques-uns au scaphoîde et disparaissant alors vers la fin du troisième mois de la vie fœtale (2).

(1) Leboucq, RecJi, sur la morph. du carpe chei les mammifères,

(2) Poirier, Du développement des membres, 1886, p. 2i et suiv.

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