‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 120 sur 219 · DES MEMBRES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

DES MEMBRES ABDOMINAUX

Les membres inférieurs ou abdominaux se composent de quatre segments : la hanche, la cuisse, l^ jambe et le pied.

La hanche, constituée par l'os iliaque, a été décrite avec le bassin, qu'elle contribue à former. Nous n'avons donc plus à étudier que les os de la cuisse, de la jambe et du pied.

§ 1". — De l'os de la cuisse, ou du fémur.

Le fémur est l'os le plus long et le plus volumineux du corps. Il s'étend de l'os coxal, avec lequel il s'articule par son extrémité supérieure, vei-s le tibia, auquel il s'unit par son extrémité inférieure.

Sa direction est oblique de haut en bas et de dehors en dedans, d'où il suit : 1" que les fémurs, très écartés supérieurement, se rapprochent beaucoup inférieurement ; 2* que chacun d'eux forme, avec le tibia, un angle obtus dont le sommet se dirige en dedans — Celte obliquité varie, du reste, selon le sexe et selon les individus. Chez la femme, elle se montre plus accusée que chez l'homme, par suite de la prédominance, chez elle, des dimensions transversales du bassin. Chez quelques individus du sexe masculin, elle se prononce aussi davantage, et peut même s'exagérer au point de constituer une difformité qui reconnaît alors pour cause une conformation vicieuse des genoux.

Le fémur décrit une courbure à concavité postérieure. — On lui considère un corps et deux extrémités.

Pour le mettre en position, il faut placer en haut son extrémité coudée, diriger en dedans la branche horizontale du coude, tourner en avant la face convexe du corps, et appliquer l'extrémité inférieure de l'os sur un plan horizontal.

AâO OSÏÉOLOGIE.

A. Corps du fémur. — Prismatique et triangulaire, il présente trois faces et trois boi-ds. Les faces se distinguent en antérieure^ externe et interne; les bords, en externe, interne et postérieur.

La face antérieure est convexe, cylindroïde, plus large iiiférieurenient. Elle donne attache au muscle triceps fémoral.

La face externe^ tournée en arrière dans ses deux tiers supérieurs, est plane à ses extrémités, concave sur sa partie moyenne, recouverte dans toute sa longueur par la portion correspondante du muscle triceps.

Fie. 166. — Fémur, Fie. 167. — Fémur, FiG. 168. — Fémur, Fig. 169. — Fémur, vue antérieure, vue postérieure, coupe longitudinale. ses épiphyses.

Fie. 166. — 1. Corps du fémur. — 2. Tôle de cel os. — 3. Son col. — 4. Grand irochanter. — 5. Ligne rugueuse qui s^étend obliquement du grand au petit trochanler.

— 6. Petit trochanter. — 7. Condyle externe. — 8. Gondyle interne. — 9. Tubéro&ité du condyle externe. — 10. Fossette à laquelle s'attache le tendon du muscle popUté.

— 11. Tubérosité du condyle interne. — 12. Poulie fémorale.

Fig. 167. — 1,1. Ligne âpre. — 2, 2. Branche qui s*étend de rextrëmité supérieure de celle-ci au grand trochanter. — 3. Branche qui se porte de la même extrémité au petit trochanter. — A, i. Lignes étendues de Tangle inférieur de bifurcation à la tubérosité de chacun des condylcs. Entre ces deux lignes se trouve Fespace triangulaire qui répond aux vaisseaux poplités. — 5. Tète fémorale. — 6. Dépression à laquelle s attache le ligament rond. — 7. Col du fénmr. — 8. Crand trochanter. —

FÉMUR. idl

La face interne regai'de aussi eu arrière dans ses deux liers supérieurs qui douaent attache au même muscle. Dans son tiers inférieur, elle se rétrécit de plus en plus pour terminer en pointe sur la tubérosité du condyle correspondant.

Le bord externe est arrondi. Il répond : en haut, à un tubercule du Ij^rand troehanter; en bas, à un autre tubercule qui limite eu dehors la poulie fémorale.

Le bord interne^ arrondi aussi, se termine en haut sur la ligne rugueuse qui s'étend du grand au petit troehanter. En bas, il vient se perdre sur la tubérosité du condyle interne.

Le bord postérieur ^ très saillant, concave et rugueux, a reçu le nom de ligne âpre. Simple dans son tiers moyen, cette ligne se divise en trois branches supérieurement et se bifurque inférieurement. — Sa partie moyenne donne attache : par sa lèvre interne au vaste interne du triceps fémoral, par sa lèvre externe au vaste externe, et par son interstice aux trois muscles adducteurs de la cuisse. — Des trois branches parlant de sou extrémité supérieure, Tune, externe, plus longue, plus saillaute, plus inégale, et obliquement ascendante, va se terminer sur la partie postérieure et inférieure du grand troehanter : elle donne attache au muscle grand fessier. La seconde ou moyenne, très courte, quelquefois peu apparente, se rend au petit troehanter : elle donne insertion au nmscle pectine. La troisième ou interne, parallèle à la précédente, se porte obliquement en haut et en avant, pour se continuer avec la ligne rugueuse, qui descend du grand vers le petit troehanter; elle donne attache à l'extrémité supérieure du vaste interne.

Des deux branches résultant de la bifidité de son tiers inférieur, Texterne, plus accusée, vient se terminer sur la tubérosité du condyle externe; Tinterne, moins saillante, se termine sur le tubercule du condyle interne. L'espace triangulaire compris entre ces deux lignes répond au creux popiité et aux vaisseaux de ce nom.

C'est sur la ligne âpre que se trouve l'orifice du conduit nourricier de l'os. Ce conduit, quelquefois doublé, est situé un peu au-dessus de sa partie moyenne. Il se dirige obliquement de bas en haut.

9. Cavité digitale. — 10. Petit troehanter. — 11. Condyle externe. —■ 12. Condyle interne. — 13. Ëchancrure intercondylienne. — 14. Tubérosité du condyle externe. — 15. Tubérosité du condyle interne.

FiG. 168. — 1, 1. Canal médullaire. — 2, t. Parois de ce canal. — 3. Coupe transversale de rextrémité supérieure de Fos; on voit que le tissu compact de la diaphyse remonte sur le bord inférieur du col. — 4. Extrémité inférieure formée par un tissu spongieux moins dense que celui de la tête du fémur.

FiG. 160. — 1, 1. Partie de Tos qui se développe aux dépens de son point primitii ou diaphysaire. — 2. Ëpiphyse de la tète fémorale. — 3. Êpipbyse du grand trocliuntcr. ^ 4. Êpipbyse du petit troehanter. — 5. Ëpiphyse de Textréinité inférieure du fémur.

iS^l OSTÉOLOGIE.

U. Bztréarfié Mipérlcure «a pelvleiMc. — L'extrémilé supérieure du fémur est conformée sur le même type que l'extrémité supérieure de riiumérus. Nous avons vu que celle-ci comprend quatre parties : la tête humérale, le col anatomique et deux tubérosités distinj^uées en externe et interne. Sur le fémur, nous retrouvons aussi une tête, un col et deux tubérosités, et toutes ses parties sont semblablement disposées. Seulement la tête fémorale est plus grosse ; le col du fémur est beaucoup plus allongé; la tubérosité externe prend ici le nom de grand trochanter, et Tinterne celui de petit trochanter. De rallongement considérable du col il suit que l'extrémité supérieure de Tos de la cuisse affecte une forme coudée. L'une des branches du coude se dirige en dedans et en haut : elle est formée par la tête et le col ; l'autre se dirige verticale* ment en bas pour se continuer avec le corps de l'os : elle est constituée par le grand et le petit trochanter, situés, le premier, au sommet du coude, le second, dans son angle rentrant. Rapprochons la tête des deux trochanters en raccourcissant le col, le fémur ressemblera à l'humérus; allongeons le col anatomique de l'humérus, l'os du bras ressemblera à l'os de la cuisse. Entre l'un et l'autre, il existe donc une remarquable analogie de conformation. Cette analogie reconnue, étudions les différences qu'ils présentent, c'est-à-dire les caractères propres à la tête et au col, au grand et au petit trochanter.

La tête du fémur est très régulièrement arrondie, un peu plus qu'hémisphérique, tournée en haut et en dedans. Elle s'articule avec la cavité colyloîde qui s'incline en bas et en dehors pour la rec voir. — Deux lignes courbes, et quelquefois trois, circonscrivent sa base. Lorsqu'il en existe deux, elles se distinguent en antérieure et postérieure. S'il eu existe trois, l'une est antérieure, la seconde supérieure, la troisième inférieure. L'axe de la tête est situé sur le prolongement de celui du col. — Au-dessous de sa partie la plus saillante ou centrale, on remarque une dépression qui donne attache au ligament rond.

Le col du fémur s'étend obliquement de la tête fémorale aux deux trochanters. II offre la forme d'un cylindre aplati d'avant en arrière, en sorte qu'on peut lui considérer un axe, deux diamètres, deux faces, deux bords et deux extrémités.

L'axe du col, oblique de haut en bas et de dedans en dehors, forme avec l'axe du corps un angle à sinus inférieur de 130 degrés, d'après les recherches très précises de M. Rodet. En d'autres termes, il s'éloigne à peu près également de la direction verticale et de la direction horizontale, mais présente cependant une légère tendance à se rapprocher un peu plus de la dernière. Cet angle varie, du reste, suivant le sexe, suivant l'âge et suivant les individus. — Chez la femme, il est moins ouvert que chez rhouime; la différence toutefois est à peine sensible. — Sous

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