‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 122 sur 219 · FÉMUR · texte numérisé non relu

FÉMUR

rieure de la rotule dans l'état d'extension de la jambe, et au tendon du triceps fémoral dans Tétat de flexiou.

Vue par sa partie postérieure, l'extrémité tibiale présente deux saillies volumineuses et arrondies, que sépare une large et profonde échancrure. Les saillies portent le nom de condyleSj et l'espace qui les sépare celui d'échancrure intercondy Henné.

Les condyles se distinguent en interne et en externe. Le premier est moins épais que le second; mais il s'écarte davantage de l'axe du fémur et descend plus bas. Lorsque cet os repose sur le condyle interne, si on lui donne une direction verticale, le condyle externe s'élève à un centimètre environ au-dessus du point d'appui. Si les deux condyles reposent sur un même plan horizontal, comme dans l'état normal, le fémur s'incline très notablement en dehors, et prend alors la direction qui lui est propre.

Les deux condyles affectent, du reste, à peu près la même forme. Chacun d'eux offre trois faces : une face inférieure ou articulaire ; une face profonde, qui répond aux vaisseaux poplités, et une face superficielle, qui répond à la peau.

Leur face articulaire s'étend d'avant en arrière et de bas en haul, en s'enroulant à la manière d'une volute. La courbe qu'elle décrit appartient d'abord à un cercle de grand rayon ; mais sa portion terminale ou postérieure fait partie d'un cercle à rayon beaucoup plus court. — En avant, elle se continue avec la poulie fémorale, qui en est un prolongement. — En bas, elle répond au tibia et aux fibro-cartilages interarticulaires du genou. — En arrière, elle est recouverte par un fibro-cartilagc, qui revêt la forme d'un segment de sphère, et qui la sépare des muscles jumeaux. Le condyle interne a pour limite, en haut et en arrière, une dépression unie et irrégulièrement triangulaire, à laquelle s'attache le tendon du jumeau interne.

Leur face profonde ou poplitée^ beaucoup moins étendue que les deux autres, contribue à former l'échancrure intercondylienne. — Celle du condyle externe se dirige de bas en haut et de dedans en dehors. On voit sur sa moitié supérieure une large empreinte qui donne attache au ligament croisé antérieur. — Celle du condyle interne est verticale et concave; sa moitié inférieure donne insertion au ligament croisé postérieur. L'intervalle qui la sépare de la face profonde du condyle opposé est de 22 à 25 millimètres.

La face superficielle ou cutanée des condyles est verticale, convexe, et criblée d'orifices vasculaires. Chacune d'elles présente, au sommet de sa convexité, une saillie qui a reçu le nom de tubérosité, et qu'on dislingue aussi en externe et interne. Une tige métallique traversant l'extrémité inférieure du fémur, en passant par ces deux tnbérosités, rêuliserail l'axe idéal autour duquel se meuvent les condyles. — La

ii36 OSTÉOLOGIE.

tubérosité du condyle externe donne attache au ligament latéral externe de Tarticulation du genou. Sur sa partie supérieure et postérieure, on observe une dépression unie, à laquelle vient se fixer le tendon du muscle jumeau externe. Au-dessous exisle une dépression plus profonde et allongée, représentant une sorte de gouttière; elle donne insertion au muscle poplité. — La tubérosité du condyle interne, plus saillante et plus élevée que Texterne, donne attache au ligament latéral interne du genou. Elle est surmontée par un tubercule de forme pyramidale et triangulaire, sur lequel se fixe le tendon du muscle grand adducteur de la cuisse. L'empreinte qui reçoit l'attache du jumeau interne répond à sa partie postéro-supérieure.

Conformation intérieure. — Le canal médullaire du fémur s'étend du quart inférieur de l'os au petit trochanter. Le calibre qu'il présente est eu raison inverse de l'épaisseur de ses parois. La couche compacte qui le circonscrit s'amincit de plus en plus en descendant.

L'extrémité tibiale est constituée par un tissu spongieux délié, dont les principales trabécules affectent une direction longitudinale.

L'extrémité supérieure est formée par un tissu spongieux peu condensé au niveau des trochanters, et sur la partie supéro-externe du col. Mais ce tissu devient plus serré à mesure qu'on se rapproche de la tête fémorale ; il offre une grande densité dans toute l'épaisseur de celle-ci. — Sur le bord inférieur du col, on remarque, une couche de tissu compact assez épaisse inférieurement, s'amincissant à mesure qu'on se rapproche de la tête. Cette arcade, comparée à une sorte de contrefort est un prolongement de la paroi correspondante de la diaphyse; de sa partie profonde naissent des jetées osseuses irrégulières qui se perdent à des hauteurs variables dans le tissu spongieux du col.

Développement. — Le fémur se développe par cinq points d'ossification : un point primitif pour le corps, un point complémentaire pour l'extrémité inférieure, trois pour l'extrémité supérieure. Des trois épiphyscs de l'extrémité supérieure, l'une est destinée à la tête, la seconde au grand trochanter, la troisième au petit trochanter.

Le point primitif se montre dans les premiers jours du second mois de la vie fœtale. Il occupe, à son apparition, le centre de la diapbyse, s'étend rapidement, et contribue à former la plus grande partie de l'extrémité supérieure ; le col en est une dépendance.

L'épiphyse de l'extrémité tibiale se développe vers la fin du dernier mois de la grossesse. A la naissance, elle offre le volume d'un pois. Cette épiphyse occupe alors le centre du cartilage et répond au tiers supérieur de la poulie fémorale.

L'épiphyse de la tète du fémur parait au début de la seconde année, celle du grand trochanter à trois ans et celle du petit trochanter à huit ans.

ROTLXE. 437

Les épiphyses de Texlrémilé supérieure se soudent les premières au corps de l'os. Le grand el le petit troehanter s'unissent à la diaphyse de seize à dix-sept ans, et la tête fémorale de dix-sept à dix-huit. Quelquefois, cependant, elle n'est complète qu'à dix-huit, dix-neuf, et même vingt ans.

L'épiphyse de l'extrémité inférieure l'emporte sur toutes les autres par son volume extrêmement considérable. Elle commence à se soudera dix-huit ans ; sa réunion au corps de l'os se fait d'arrière en avant. En général, elle se complète de vingt à vingt-deux ans.

Lorsque l'ossification est achevée, le fémur continue de croître en volume jusqu'à l'âge de trente-cinq à quarante ans. Les parois du canal médullaire offrent alors leur plus grande épaisseur. Après cette époque, le canal augmente de capacité par suite de la résorption de ses couches les plus internes. En même temps que son calibre s'accroit, il s'allonge et tend à se rapprocher davantage des extrémités. Suivant quelques auteurs, il ne serait pas rare de le voir se prolonger chez les vieillai*ds jusque dans le col du fémur, qui, essentiellement formé de tissu spongieux, deviendrait ainsi très fragile. J'ai examiné ce col chez des individus âgés de quatre-vingts, quatre-vingt-cinq, qualre-vingt-dix el quatre-vingt-douze ans. Il ne m'a pas été donné, une seule fois, d'observer une excavation à son centre. Si le col est plus fragile dans la dernière période de la vie, il n'est pas nécessaire, pour expliquer cette fragilité, de supposer que le tissu spongieux a disparu dans sa partie centrale; il suffit de savoir : 1*» que ce tissu a subi une raréfaction considérable; 2* que cette raréfaction présente de très grandes variétés individuelles.

§ 2. — Des os de la jambe.

La jambe est le Iroisième segment des membres inférieurs. Elle se compose de deux os parallèles, unis l'un à l'antre par leurs extrémités, séparés sur presque toute leur longueur par un espace elliptique, appelé espace tnterosseux. De ces deux os, l'un est très volumineux el situé en dedans, c'est letihia; l'autre, beaucoup plus grêle, porle le nom de péroné.

Aux os de la jambe on peut rattacher la rotule, qui fait partie de l'articulation du genou. Ce dernier fixera d'abord notre attention.

L — Botaie.

Os court, situé à la partie antérieure de l'articulation du genou, entre le tendon du muscle triceps fémoral, qui s'attaclie à l'une de ses extrémités, et le ligament rotulien, qui s'insère à l'extrémité opposée.

La roliile, aplalie d*avaiil en arrière, offre une figriire triangulaire. On lui considère une face antérieure ou cutanée, une face postérieure ou articulaire, un bord interne et un bord externe, une base et .un sommet. — Pour mettre cet os en position, il faut diriger sa base en haut, tourner en arrière la face qui est partagée en deux facettes par une crête mousse, et placer en dehors celle de ces deux facettes qui est la pins large.

La face antérieure ou cutanée est convexe. Elle présente de très minimes saillies longitudinales qui lui donnent un aspect fjbroide. Entre ces saillies, on voit le plus souvent des orifices vasculaires allongés aussi de haut en bas, très variables du reste dans leur nombre et leurs dimensions. Cette face est recouverte par une couche épaisse de tissu fibreux et par une bourse séreuse irrégulièrement cloisonnée qui la sépare de la peau.

La face postérieure ou articulaire comprend deux parties très différentes : Tune, supérieure, qui en forme les cinq sixièmes environ, et seule articulaire; l'autre, inférieure, qui donne attache au ligament rotulien.

La portion articulaire est unie, allongée transversalement. Sa hauteur égale en général 3 centimètres et sa largeur 4 et demi. Une crête mousse, verticale, répondant à la gorge de la poulie fémorale, la divise en deux facettes. — La facette externe, plus grande et concave, s'applique à la partie correspondante de la poulie. — La facette interne est subdivisée par une ligne oblique en bas et en dedans en deux facettes secondaires : Tune intérieure et externe, qu'on pourrait appeler facette moyenne; l'autre supérieure et interne, beaucoup plus petite. La première, ou facette moyenne, s'applique à la partie interne de la poulie fémorale. La seconde, ou facette interne, se trouve aussi en rapport avec la partie interne de la poulie, mais elle ne lui est pas contiguC; elle s'en écarte de manière à former avec celle-ci un angle plus ou moins ouvert : c'est seulement lorsque la rotule glisse de dedans en dehors que celte troisième facette repose sur la poulie.

La portion ligamenteuse de la face postérieure est triangulaire et criblée d'orifices. Elle a pour limites : en haut et en dehors, le bord inférieur de la facette externe, qui fait à peine saillie; en haut et en dedans, le bord inférieur de la facette moyenne, qui est au contraire très saillant, et qui forme avec celte portion une sorte de gouttière curviligne et transversale.

Les bords Aq la rotule, obliquement descendants, convergent l'un vers l'aulre. Ils sont épais et arrondis supérieurement, plus minces et reclilignes inférieureraent. L'externe offre un peu plus d'étendue et suit une direction plus oblique que l'interne.

La hase est triangulaire, inégale, oblique de haut en bas et d'arrière

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