‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 151 sur 219 · UNION DES APOPHYSES ÉPINEUSES · texte numérisé non relu

UNION DES APOPHYSES ÉPINEUSES

culaires. — Leur face postérieure est recouverte par le muscle transversaire épineux. — Leur face antérieure recouvre les ligaments jaunes, dont la sépare un prolongement de la synoviale qui appartient à l'articulation des apophyses articulaires. Cette synoviale s'étend jusqu'à l'angle de bifurcation de la partie interépineuse, où celle d'un côté semble se continuer avec celle du côté opposé. Dans l'extension du cou, le bord inférieur de toutes les lames des vertèbres cervicales glisse, non sur les ligaments jaunes, mais sur la séreuse qui les recouvre, et ce mouvement d'extension devient ainsi beaucoup plus facile et plus rapide.

b. Ligaments interépineux du dos et des lombes. — Au niveau des trois ouquatre premières vertèbres du dos, ils sont petits et triangulaires. Plus bas, les apophyses épineuses se superposant, on n'en rencontre plus qu'un simple vestige. Sur les trois ou quatre dernières vertèbres de la même région, ils reprennent leurs dimensions premières et leur figure triangulaire. — Aux lombes, leur surface devient irrégulièrement quadrilatère ; ils sont plus larges, plus épais et plus résistants.

On peut leur considérer deux faces, qui regardent à droite et à gauche, deux bords et deux extrémités.

Les faces sont en rapport avec les muscles transversaires épineux, auxquels elles donnent insertion. — Le bord supérieur, oblique en bas et en arrière dans la région du dos, horizontal dans celle des lombes, s'attache à la partie médiane du bord inférieur de l'apophyse épineuse qui le surmonte. Le bord inférieur offre à peu près la même direction que le précédent, et s'insère sur le bord supérieur de l'apophyse épineuse sousjacente. — Leur extrémité antérieure se continue avec la partie correspondante des ligaments jaunes. Leur extrémité postérieure se confond avec le ligament surépineux.

Sti^ucture. — Ces ligaments sont composés de faisceaux fibreux aplatis, plus ou moins parallèles, et souvent entre-croisés. Au dos, ces faisceaux se dirigent, pour la plupart, de haut en bas et d^arrière en avant; ils parcourent l'espace interépineux à la manière d'une diagonale. Aux lombes, leur direction est diamétralement opposée; ils se portent de haut en bas et d'avant en arrière, d'où la possibilité pour les apophyses épineuses de s'écarter, ce qu'elles n'auraient pu faire si les faisceaux s'étaient portés perpendiculairement de l'une à l'autre.

Les ligaments interépineux, indépendamment des faisceaux fibreux auxquels ils sont surtout redevables de leur existence, comprennent dans leur texture : 1" des fibres élastiques fines, assez nombreuses et inégalement réparties ; 2^ des fibres de cellules fusiformes, les unes simples, les autres composées et extrêmement larges; 3' des fibres de cellules cylindriques ; 4" des cellules isolées, très nombreuses sur certains points.

Les ligaments interépineux se tendent lorsque le tronc s'infléchit en

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îivaiil ; ils liiniteiil alors le degré d'écarlemeiil des apophyses épineuses, el vieiiiieiit ainsi en aide aux ligaments jaunes, en maintenant leur élasticité dans ses limites naturelles.

4° Ligament surêpineux. — Ce ligament a été peu étudié, il diffère très notablement pour les trois régions.

a. Dans la région lombaire, il n'a pas une existence qui lui soit propre. Les libres aponévro tiques ou tendineuses des muscles qui s'iasérenl au sonnnet des apophyses et dans leui*s intervalles le constituent exclusivement. Parmi ces fibres, les unes proviennent de Taponévrosc du muscle grand dorsal, d'autres des tendons du muscle long dorsal, d'autres des tendons du muscle transversaire épineux. Les pi^mières sont transversales, et s'entre-croisent avec celles du côté opposé ; les secondes, obliquement descendantes ; les troisièmes, obliquement ascendantes. A ces six ordres de fibres, trois pour le côté droit et trois pour le côté gauche, viennent se joindre des fibres obliques ou antéropostérieures, dépendantes des ligaments interépineux. C'est leur entrecroisement et leur continuité qu'on a considérés comme la portion lombaire du ligament surépineux. Mais cette portion lombaire ne se préseule pas sous la forme d'un cordon continu, recouvrant le sommet des apophyses épineuses, et passant à la manière d'un pont de Tune sur l'autre. Elle n'existe que dans Tintei^valle des apophyses, et ne joue nullement d'ailleurs le rôle de ligament. Pendant la flexion du tronc, si prononcée (|u'elle soit, on ne la voit pas se tendre comme le font les ligaments interépineux. Formant une dépendance des muscles, elle ne se tend que lorsque ceux-ci entrent en contraction.

b. Dans la réijion dorsale^ le ligament surépineux existe réellement ; mais il est très grêle et doué néanmoins d'une assez grande résistance. f*our l'étudier, il convient de mettre le rachis en état de flexion, de disséquer le muscle trapèze, ainsi que le rhomboïde et les petits dentelés, et de les inciser ensuite à 2 ou 3 centimètres de leur insertion vertébrale. On pourra alors constater qu'il se porte à la manière d*une cordelette d'une apophyse à l'apophyse suivante, sans passer sur leur sommet ; qu'il y a par conséquent autant de ligaments surépineux que d'espaces interépineux; et que chacun d'eux est recouvert aussi en partie par les fibresenlre-croisés des muscles. Sur le rachis fléchi, ilssetendent comme une corde de violon ; ils ofl'rent à peu près le même volume. Cependant au-dessous des trapèzes, sur le dernier espace interépineux, on voit un ligament surépineùx beaucoup plus considérable et très résistant. — Chacun de ces petits ligaments est constitué par un seul faisceau de fibres parallèles.

c. Dans la région cervicale, le ligament surépineux présente une disposition qui lui a l'ail donner une place h part et un nom distinct: il

MÉCANISME DE LA COLONNE VERTÉnKALK. hW

i»st connu sons la dénoraination de ligament cervical postérieur. Chez les grands mammifères, le bœwf, le cheval, par exemple, ce ligament cervical postérieur est constitué par un énorme cordon étendu de l'apophyse épineuse des premières vertèbres dorsales à la protubérance occipitale externe. De sa partie inférieure naissent une série de faisceaux qui s'en détachent, comme les barbes d'une plume de leur tige commune, pour venir s'insérer au sommet des apophyses épineuses des vertèbres du cou. Ce cordon et toutes ses dépendances sont formés à peu près exclusivement de grosses fibres élastiques. Il n'est pas destiné à unir les unes anx autres les apophyses épineuses, mais à soutenir la léte et la colonne cervicale dans l'attitude qui leur est propre. Kn joignant son action h celle des muscles extenseurs, il devient pour ceux-ci un puissant auxiliaire.

Chez l'homme, le ligament cervical postérieur oll're une disposition analogue sons des proportions rndimentaires. En outre, son faisceau principal se confond presque enlicremenl avec les fibres aponévrotiques des muscles trapèzes qui se mêlent aux siennes en s'enlre-croisant ; et ses faisceîiux secondaires sont reliés entre eux par des lames cellulofibreuses. Ainsi conformé, ce ligament représente une sorte de cloison, verticale et antéro-postérieure, de figure triangulaire, répondant par ses faces aux muscles extenseurs de la tête et du cou, par son boni postérieur aux trapèzes, par l'antérieur aux apophyses épineuses, par le supérieur à la protubérance et à la crête occipitales externes. Il diffère de celui des mammifères plus encore par sa structure que par son peu de développement: ce sont des fibres de tissu conjonctif qui le constituent. Cependant on observe aussi dans son épaisseur des fibres élastiques en assez grand nombre, mais très déliées, et ne prenant qu'une faible pnrl à sa formation. L'état d'atrophie où il descend dans l'espèce humaine est une des nombreuses conséquences de l'attitude bipède. Soutenue par le rachis, rexlréinitc céphalique n'a qu'une faible tendance à s'incliner en avant. Pour combattre cette tendance, il suffit d'un minime elTort des muscles qui s'attachent à l'occipital. Le ligament cervical postérieur, si utile aux mammifères, n'avait donc plus la même importance pour l'homme.

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