‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 152 sur 219 · V . — ni^caiilime de la colonne vertébrale · texte numérisé non relu

V . — ni^caiilime de la colonne vertébrale

La colonne vertébrale remplit trois attributions principales : elle protège la moelle épinière; elle sert de point d'appui aux parties qui l'entourent ; elle représente un long levier mobile. Nous avons donc à la considérer comme organe de protection, comme oi^ane de sustentation, comme organe de mouvement.

550 ARTIIROLOGIE.

1" De la etiloiiiH* vorlébrale considérée comme organe prolecIrMir de la moelle épinière.

Le rachis protège la moelle épinière comme le crâne protège l'eocéphale; mais le mode de protection n*est pas le même. Celui-ci résiste à la manière des voûtes : la solidité est son caraelère dislinctif. La colonne vertébrale résiste à la manière d'an arc élastique; rigide et flexible toat à la fois, elle décompose reiïort qu'elle supporte en une foule de mouvements partiels, et finit par Tabsorber. Simplement rigide, en effet, elle devenait fragile ; rigide, élastique et mobile, elle se dérobe par sa souplesse aux dangers qui la menacent.

Ce qui domine, du reste, dans le mécanisme du rachis, ce n'est pas la mobilité. La nature lui a prodigué, au contraire, tout ce qui pouvait contribuer à la consolider. En multipliant les vertèbres, elle les a tellement engrenées les unes dans les autres, qu'elles tendent mutuellement à s'immobiliser et à se solidariser dans leur action. Voyez le volume considérable de leur corps, l'énorme résistance des ligaments qui les unis* sent, le tissu compact dont se compose leur arc postérieur. Toutes ces parties attestent l'extrême solidité du canal vertébral ; réunies et superposées, elles en forment les parois, et constituent pour la moelle épinière une première ligne de moyens défensifs. Sur une seconde ligne nous trouvons, en avant, toute l'épaisseur des corps vertébraux; en arrière, la série des apophyses épineuses ; à droite et à gauche, les apophyses transverses et les côtes; ces diverses saillies ont pour avantage commun de tenir, pour ainsi dire, à distance tous les corps dont l'action pourrait lui être nuisible.

La capacité du canal vertébral, beaucoup plus considérable que le volume de la moelle, doit être considérée aussi pour cet organe comme un moyen de protection. C'est pour la mieux protéger que le canal s'élargit, en raison directe de sa mobilité.

'i^ De la colonne vertébrale considérée comme colonne de sustentation.

Dans la station verticale, la colonne vertébrale supporte la tète et toutes les parties constituantes du tronc. Par quel mécanisme la première restet-elle en équilibre sur son sommet? et comment cette colonne elle-même se maintient-elle en équilibre sur la base du sacrum ?

Les conditions qui permettent à la tête de rester en équilibre sur le rachis sont des plus simples. Les condyles par lesquels elle s'articule avec l'atlas correspondent à peu près à l'union de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs. Mais le premier étant plus volumineux, son poids diffère à peine de celui des deux autres. L'extrémité cépha-

Page 1