II. — ArClcalatlon oeeiplto-axoïdieiiiie
Préparation, — Abattre par deux traits de scie longitudinaux et parallèles la partie postérieure du trou occipital, Tare postérieur de Tatlas, puis Tapophyse épineuse et les lames de la seconde et de la troisième vertèbre cervicales. Enlever la moelle ainsi que le bulbe rachidien; détacher avec ménagement la dure-mère sur la paroi antérieure du canal vertébral, afin de mettre à nu le ligament occipito-axoïdien. Après avoir étudié ce ligament, on le divisera pour découvrir les ligaments odontoîdiens.
Séparés par l'atlas, l'occipital et l'axis ne se touchent sur aucun point. Il n'y a donc pas ici de surfaces articulaires. Les deux os sont unis cependant d'une manière très solide, à l'aide de trois ligaments. L'un de ces ligaments s'étend de la moitié antérieure du trou occipital au corps de l'axis ; il porte le nom de ligament occipito-axoïdien ; les autres, horizontaux, se dirigent du sommet de l'apophyse odontoïde vers la partie interne des condyles : ce sont les ligametits odontoîdiens.
1° Ligament occipito-axoïdien. — Ce ligament est situé sur la paroi antérieure du canal vertébral, en avant de la dure-mère, en arrière et au-dessus de l'articulation dans laquelle se passe le mouvement de rotation de la tète. Attaché supérieurement à toute la moitié antérieure de la circonférence du trou occipital, il se porte en bas et en arrière, puis se termine en se partageant en trois lames, distinguées en superficielle^ moyenne et profonde,
La lame superficielle ^ très large et assez mince, se continue avec le grand ligament vertébral commun postérieur, dont elle représente l'origine. On remarque, dans son épaisseur, des canaux veineux, multipliés,
ARTICULATION ATLOIDO-AXOIDIEISNE. 563
de calibre très inégal, fréquemment anastomosés, qui lui donnent, lorsqu'on rincise, un aspect caverneux, et qui établissent entre les deux veines jugulaires internes une importante communication. Elle a pour usage beaucoup moins d'unir l'occipital à l'axis que de protéger ce plexus veineux. Sa face postérieure répond à la dure-mère, avec laquelle elle se confond supérieurement. Sa face antérieure adhère au plan moyen.
La lame moyenne jOue le rôle d'un véritable ligament. Sa partie médiane s'attache à la partie centrale du corps de l'axis. Ses parties latérales, plus épaisses, remplissent l'excavation anguleuse que limitent les condyles de l'occipital en dehors, le ligament transverse en avant ; elles se fixent sur la partie supérieure du corps de l'axis, au niveau et immédiatement en dehors de la base de l'apophyse odontoîde.
La lame profonde est une simple languette qui passe sur le sommet de l'apophyse odontoîde, et qui vient se continuer avec la partie médiane du bord supérieur du ligament transverse.
i*" Ligaments odontoïdiens. — Au nombre de deux, l'un droit et l'autre gauche, ces ligaments sont volumineux, très courts, arrondis, extrêmement résistants. Leur direction est transversale et un peu ascendante. Us s'attachent : en dedans, à la partie supérieure et latérale de l'apophyse odontoîde; en dehors, au bord interne des condyles de l'occipital.
Très souvent une bandelette, commune aux deux ligaments, passe sur le sommet de l'apophyse odontoîde, qui représente alors la branche verticale d'un T, dont ceux-ci formeraient la branche horizontale.
Les ligaments odontoïdiens se trouvent en rapport : par leur partie postérieure, avec le ligament transverse ; par la partie opposée, avec l'arc antérieur de l'atlas.
Au-devant du sommet de l'apophyse odontoîde, on voit un tissu cellulo-fibreux, jaunâtre ou rougeàtre, destiné à combler l'espace compris entre ce sommet et l'atlas, et considéré à tort comme un troisième moyen d'union pour l'apophyse odontoîde et l'occipital : c'est le ligament odontoîdien moyen de quelques auteurs.
II L — Artlcalation aUoIdo-axoTdlenne.
Le corps de l'axis est uni à l'arc antérieur de l'atlas par un ligament très résistant : ligament atloïdo-nxoïdieti antérieur. — Ses lames et son apophyse épineuse sont unies à l'arc postérieur par deux ligaments, l'un superficiel, l'autre profond : ligaments atloïdo-axoïdiens postérieurs. — Son apophyse odontoîde occupe l'anneau ostéo-fibreux que lui présente la première vertèbre : articulation atloïdo-odontoïdieane. — Enfin, ses apophyses articulaires supérieures s'articulent avec les apophyses articulaires inférieures de la même vertèbre.
1° Ligaments atloîdo-axoîdiens.
Le ligament atloïdo-axoïdien anfén>i«rest une dépendance du grand ligament vertébral commun antérieur. Il $*attache : en haut, au bord inférieur de l'arc antérieur de l'atlas et à son tubercule; en bas, à la partie antérieure et médiane du corps de l'axis. Vertical, extrêmement résistant, ce ligament se compose de plusieurs couches de fibres : les superficielles, plus longues, se continuent avec le ligament vertébral commun antérieur ; les profondes se continuent de chaque côté avec la capsule qui entoure les apophyses articulaires des deux vertèbres.
Les ligamenta atlo'ido-axoïdiens postérieurs ont peu fixé l'attention des auteurs, qui se bornent à mentionner une couche cellulo-fibreuse étendue de l'arc postérieur de l'atlas aux deux lames et à l'apophyse épineuse de l'axis. Cette couche existe en effet; mais au-dessous on en trouve une seconde. II y a donc ici deux ligaments dont l'existence est constante. Ces ligaments correspondent à ceux qu'on observe entre les lames et les apophyses épineuses des vertèbres suivantes. — Le superficiel est l'analogue des ligaments interépineux du cou ; — le profond est l'analogue des ligaments jaunes.
Le ligament atloïdo-axoïdien postérieur et superficiel^ ou ligament interépineux des deux premières vertèbres, se présente en effet sous l'aspect d'une couche cellulo-fibreuse, très mince et très peu résistante. Il s'étend du bord inférieur de l'arc postérieur de l'atlas au bord supérieur des lames de l'axis.
> Le ligament atloido-axoïdien postérieur et profond, on ligament jaune [des deux premières vertèbres, se voit immédiatement au-dessous du précédent, dont il diffère par sa couleur d'un blanc jaunâtre. Il est aussi beaucoup moins large; sa largeur ne dépasse pas en général un centimètre. Son extrémité supérieure se fixe à la partie médiane et inférieure de l'arc postérieur, et son extrémité opposée à la base de l'apophyse épineuse de l'axis. Sa face postérieure répond au ligament superficiel, l'antérieure à la dure-mère. L'une et l'autre restent libres de toute adhérence, en sorte que ce petit ligament peut être facilement isolé. Comme tous ceux du même ordre, il se compose de très belles fibres élastiques.
^^ Articulation atloïdo-odontoîdienne.
C'est une articulation pivotante. Elle représente le type le plus parlait de ce genre de diarthrose, désigné par les anciens sous les noms de îrochoïde et de ginglyme latéral.
ARTICULATION ATLOIDO-ODONTOïDïENNE.
A. Surfaces articulaires. — Du côté de Fallas, un anneau, en partie osseux, en partie fibreux; du côté de Taxis, l'apophyse odontolde.
L'anneau qui reçoit cette apophyse est formé : en avant, par Tare antérieur de Tatlas ; latéralement par les apophyses articulaires de cette vertèbre ; en arrière par le ligament transverse. Cet anneau comprend tout le tiers antérieur du trou rachidien de la vertèbre. Sa figure diffère beaucoup, suivant qu'on l'examine par sa partie supérieure ou sa partie inférieure. Vu supérieurement, il est elliptique ; son grand axe, transversalement dirigé, mesure de 16 à 18 millimètres ; son petit axe, antéro-postérieur, n'excède pas 12 millimètres. Vu inférieurement, il est circulaire; son diamètre égale aussi 12 millimètres (fig. 215).
L'arc antérieur présente, pour cette articulation, une facette légèrement concave, qui occupe sa partie postérieure et médiane. Cette facette est revêtue d'une mince couche de cartilage.
Les parties latérales de l'anneau ne sont pas parallèles, mais obliquement dirigées de haut en bas et de dehors en dedans, d'où la figure elliptique que présente sa partie supérieure.
Le ligament transverse s'insère, par ses extrémités, à un tubercule
Fig. ^1. — Ligament occipilo-axoidien, lame superficielle.
Fig. 222.
- Ligaments odontoidiens et transverse.
Fig. 221. — 1. Apophyse basilairc. — 2, 2. Coupe de l'occipital. -— 3, 3. Apophyses transverses de Tatlas. — i. Partie postc'rieure de 1 axis dont la portion médiane a été enlevée. — 5. Couche superficielle du ligament occipito-axoïdien. — 6, 6. Ligaments occipito-aUoïdiens latéraux. — 7, 7. Ligaments capsulaires unissant les apophyses articulaires inférieures de l'atlas aux apophyses articulaires supérieures de l'axis.
Fig. 222. — 1. Ligament occipito-axoïdien incisé au niveau de son attache supérieure et enlevé pour laisser voir les ligaments sous-jacents. — 2. Ligament transverse plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. — 3. Couche profonde du ligament occipito-axoïdien, constituée par une simple bandelette qui s'insère en haut sur la partie antérieure du trou occipital, et en bas sur la partie médiane du ligament transverse. — 4. Bandelette fibreuse semblable à la précédente, mais plus courte, se continuant en haut avec le bord inférieur du ligament transverse, s'altachant en bas à la partie médiane ei supérieure du corps de l'axis. Située sur le prolongement de la bandelette supérieure, elle forme avec celle-ci et le ligament transverso le ligament croisé ou cruciforme de quelques auteurs. — 5, 5. Ligaments odontoidiens. — 6. Ligaments occipito-atloidiens latéraux. — 7. Capsule unissant les apophyses articulaires de l'atlas k celles de Taxis.
566 ARTHROLOGIE.
situé sur le côté interne des masses latérales de l'atlas, immédiatement au-devant d'une fossette triangulaire qu'on remarque sur la partie moyenne de ces masses latérales. En se portant de l'une à l'autre apophyse, il décrit une courbe à concavité antérieure très prononcée, qui l'a fait désigner sous les noms de ligaments semi-annulaire, semi-circulaire. — Sa face postérieure, convexe transvei'salement, et convexe aussi de haut en bas, est recouverte par le ligament occipito-axoïdien. — Sa face antérieure, concave dans tous les sens, se trouve en rapport avec l'apophyse odontolde ; de même que la précédente, elle est notablement plus large sur la ligne médiane qu'à ses extrémités. — Son bord supérieur, convexe et uni, donne attache à la lame profonde du ligament occipito-axoïdien. — Son bord inférieur, demi-circulaire, embrasse le collet de l'apophyse odontoîde. sans cependant la fixer dans l'anneau ; car après avoir coupé les ligaments odontoïdiens, elle peut sortir et rentrer dans cet anneau sans la moindre difficulté. De la partie médiane de ce bord, on voit naître une bandelette qui vient se fixer à la partie la plus élevée du corps de l'axis , et qui s'oppose à l'élévation du ligament, de même que la bandelette supérieure s'oppose à son abaissement. Quelques auteurs, attachant à ces bandelettes étroites et minces une importance un peu trop grande, ont considéré le ligament transverse comme formé de deux parties réciproquement perpendiculaires, d'où les noms de ligament croisé et ligament cruciforme, sous lesquels il est aussi connu.
Ce ligament est épais, très dense, extrêmement résistant. Il se cx)mpose de faisceaux fibreux parallèles et transversalement dirigés.
L'apophyse odontolde, pivot de l'articulation, présente, en avant, une facette ovalaire, légèrement convexe, qui s'applique à la facette concave de l'arc antérieur de l'atlas ; une lame très mince de cartilage la recouvre. Sa face postérieure est convexe supérieurement, concave inférieurement, et revêtue aussi, sur toute sa hauteur, d'une couche de cartilage; la partie supérieure ou convexe répond à la face concave du ligament transverse, et l'inférieure au bord demi-circulaire de celui-ci.
B. Moyens d'union. — Deux lamelles fibreuses, très minces, étendues des parties latérales de la facette de l'atlas aux parties latérales de la facette correspondante de l'apophyse odontoîde, sont les seuls ligaments intrinsèques qui unissent cette apophyse à l'anneau environnant. Ses véritables moyens d'union sont situés ici en dehors de l'articulation et représentés par les ligaments odontoîdiens et le ligament occipitoaxoïdien.
C. Moyens de glissement. — Il existe pour celte articulation deux synoviales, distinguées en antérieure et postérieure.
La synoviale antéiieure s'étend de l'arc de l'atlas à l'apophyse odon-