III. — Artlcvlaiions dea earillasea eostavx entre eax
Les cartilages supérieurs restent indépendants ; mais les derniers cartilages sternaux et les premiers cartilages abdominaux s'unissent souvent entre eux.
Le plus habituellement le septième cartilage sternal s'articule avec le huitième, et le huitième avec le neuvième. Pour cette union, le cartilage le plus élevé s'élargit de manière à combler Tintervalle qui le sépare du cartilage sous-jacent. Si son élargissement ne suffit pas, un prolonge-
(iO/|> ARTHROLOGIE.
meut se délacbe de son bord inférieur el vienl s'appliquer au bord siij>érieur de celui-ci. Tous deux se correspondent par une facelle plane, plus ou moins longue.
Les deux facettes contiguês sont unies entre elles : l"* par le péricbondre qui se prolonge du cartilage supérieur sur Tinférieur ; 2" par quelques faisceaux fibreux qui renforcent la gaine périchondrique et qui se portent perpendiculairement de l'une à l'autre. Ces facettes présentent de légers mouvements de glissement.
lY. — Artieviaiioas 4ca Irols i^léecs da steniaBi catre elles.
Le sternum nous offre à considérer une articulation supérieure et une articulation inférieure.
1* Articulation sternale supérieure. — Cette articulation avait à peine fixé l'attention des auteurs, lorsque M. Maisonneuve, en 1842, vint démontrer qu'elle méritait de prendre rang dans le domaine de l'arthrologie.
La description qu'en donne cet auteur est exacte. Mais elle trahit déjà cet esprit d'incertitude qui semble s'étendre comme un nuage sur la vue de tous les observateurs lorsqu'ils se trouvent en présence d'une amphiarthrose imparfaite.
Meckel avait comparé cette articulation à celle des corps vertébraux. M. Maisonneuve avance qn'elle représente tantôt une amphiarthrose et tantôt une diarthrose.
Elle est à la fois l'une et l'autre; c'est une diarthro-aropbiarthrose qui offre de très grandes variétés dans son développement et qui diffère sous ce point de vue de toutes les autres. Celles-ci s'arrêtent à un certain degré de leur évolution qui est toujours le même. L'articulation sternale supérieure peut s'arrêter dans la seconde phase de son développement, ce qui n'a lieu que très rarement ; elle se rapproche alors beaucoup des diarthroses. Quelquefois elle ne s'arrête qu'à la troisième ; elle offre dans ce cas plus d'analogie avec les amphiarthroses. Le plus souvent, elle arrive à son complet développement. Ces variétés sont embarrassantes pour les classificateurs qui suppriment tous les degrés intermédiaires aux trois classes. Elles ne sauraient l'être pour celui qui, n'attachant qu'une médiocre importance aux classifications, suit pas à pas la nature dans sa marche progressive ; entre la première et la seconde classe, il verra apparaître la série des diarthro-amphiarthroses, et il lui sera facile d'assigner à chaque variété la place qui lui convient.
A. Surfaces articulaires. - Elles sont l'une et l'autre planes, transversalement allongées, et à peu près rectangulaires. — La supérieure est limitée à droite et à gauche par le ligament qui unit l'angle du deuxième
ARTICULATIONS STEKNALES. 605
cartilage costal à la poignée du sternum. Toute cette surface est recouverte : l** d'une lame profonde de nature cartilagineuse ; S"* d'une lame superficielle fibro-cartilagineuse. — La surface inférieure se continue à ses extrémités avec la facette inférieure des seconds cartilages costaux. Elle est revêtue aussi d'une couche de cartilage adhérente au tissu osseux et d'une couche fibro-cartilagineuse surajoutée à celle-ci (fig. 231).
B. Moyens d'union. — Les deux surfaces articulaires sont unies : 1° par leur couche iibro-cartilagineuse qui adhère Tune à l'autre, et qui constitue pour l'articulation sternale supérieure un ligament interosseux ; 2"* par la couche fibreuse antérieure du sternum ; 3° par la couche fibreuse postérieure de cet os.
Le ligament ou fibro-cartilage interosseux présente de grandes variétés. Il peut diminuer rapidement de densité de la circonférence au centre ; dans ce cas, les surfaces articulaires n'adhèrent l'une à l'autre que par leur périphérie, et restent indépendantes sur toute leur partie centrale, au niveau de laquelle elles sont simplement contiguês. Loi*sque la contiguïté s'étend ainsi jusqu'au voisinage de la périphérie, l'articulation au premier aspect offre tous les caractères d'une diarthrose; mais en réalité elle représente une diarthro-amphiarthrose. — D'autres fois les deux couches fibro-cartilagineuses se continuent sur toute leur étendue ; elles restent seulement un peu moins denses au centre qu'à la circonférence : l'articulation est alors un type d'amphiarlhrose. — Chez la plupart des individus, le fibro-cartilage interosseux offre jusqu'à son centre une densité qui rappelle la consistance du cartilage.
La couche fibreuse antérieure adhère d'une manière intime au fibrocartilage interosseux. Les fibres qui la composent ne sont pas verticales, mais obliques pour la plupart et entre-croisées.
La couche fibreuse postérieure diffère de la précédente par son épaisseur qui est plus considérable, par son adhérence qui est moins prononcée, et par la direction de ses fibres qui sont verticales.
La poignée du sternum ne se soude en général au corps de l'os que dans l'extrême vieillesse. Chez quelques individus, elle conserve son indépendance jusque dans l'âge le plus avancé.
Cette articulation présente de légers mouvements d'inflexion en avant et en arrière. Lorsque le fibro-cartilage est très dense, ces mouvements sont à peu près nuls.
Sous l'influence d'une violence extrême, l'articulation sternale supérieure peut devenir le siège d'une luxation. M. Maisonneuve en rapporte six exemples : dans tous, c'est le corps de l'os qui s'était déplacé ; il avait remonté d'un centimètre environ au-devant de la poignée sur laquelle il faisait une saillie anguleuse ; les deuxièmes cartilages costaux attachés à celle-ci par leur ligament interosseux avaient conservé leurs
^)Ott ARTHROLOGIE.
rapport avec elle. La couche fibreuse antérieure était déchirée et la postérieure décollée.
2° Articulation sternale inférieure, — Elle doit être rangée paruii les synchondroses. Au début de révolution du sternum, lorsqu'il est encore entièrement cartilagineux, l'appendice xiphoîde se continue sans ligne de démarcation avec le corps de Tos. Plus tard un point d'ossification se montre dans son épaisseur, puis s accroît progressivement dans tous les sens, et la lame cartilagineuse intermédiaire diminue peu à peu, pour disparaître de cinquante à soixante ans. C'est à cette époque le plus habituellement que l'appendice se soude au reste de l'os.
§ 3. ~ Mécanisme du thorax.
Le thorax renferme des organes importants qu'il est appelé à protéger. Au nombre de ceux-ci se trouvent les poumons, dans lesquels le sang vient se régénérer au contact de l'air. Pour renouveler incessamment le fluide atmosphérique, les parois thoraciques se dilatent et se resserrent tour à tour. Leurs mouvements se distinguent de ceux de toutes le$ autres parties du corps par la régularité et le caractère rythmique qu'ils présentent. Ces mouvements, que le sommeil ne vient pas interrompre, que la volonté tient en partie sous sa dépendance, mais qu'elle ne dirige pas, se continuent sans interruption depuis le moment de la naissance jusqu'à la mort, essentiellement caractérisée par leur suspension définitive. Nous avons donc à considérer le mécanisme du thorax sous deux points de vue différents : au point de vue de sa solidité, comme cavité de protection; an point de vue de sa mobilité, comme agent mécanique de la respiration.
A. — ll« ihoriuc eonaid^ré an polol de vue d« «a ■•lldlié.
Percé à jour de toutes parts, essentiellement foi*mé par des os plat» et grêles d'une extrême longueur, le thorax, au premier coup d'œil, parait plus remarquable par la légèreté que par la solidité de sa construction. Il possède cependant une très notable résistance à laquelle concourent plusieui*s conditions. Au nombre de celles-ci je dois surtout mentionner la multiplicité des pièces qui le composent, leur élasticité., leur disposition arciforme, l'appui mutuel qu'elles se prêtent.
Il résulte de leur multiplicité que les efforts supportés par les parois du thorax sont décomposés, fractionnés et en grande partie absorbés.
Leur élasticité a pour avantage de communiquer à ces parois une souplesse plus grande qui les rend moins fragiles.
Leur disposition arciforme permet à chacune d'elles de résister à la
MÉCANISME DU THORAX. t)07
manière des voûtes; elles résistent d'autant mieux que l'ellort, à intensité égale, se trouve réparti sur une plus large surface.
A ces conditions favorables à la résistance viennent s'en joindre encore quelques autres. On peut considérer en effet, comme contribuant au même résultat, les divers organes qui protègent le thorax : telles sont les clavicules transversalement situées sur sa partie antéro-supérieure; telles sont les omoplates et les masses musculaires environnantes, qui recouvrent sa partie postéro-supérieure ; tels sont les larges muscles qui se trouvent étalés sur sa périphérie, et qui, soumis les premiers aux violences extérieures, ne les transmettent aux parois thoraciques qu'en les atténuant.
Du reste, sa résistance varie suivant que l'on considère ses parois postérieure, antérieure ou latérales.
La paroi postérieure l'emporte à cet égard sur toutes les autres. Sa partie médiane est douée surtout d'une extrême solidité. Les muscles spinaux, en remplissant les gouttières vertébrales et en comblant toutes les inégalités qu'elle présente, contribuent encore à la consolider. Mais elle est aussi la moins mobile; la colonne dorsale ne peut s'incliner ni h droite ni à gauche ; elle ne possède que de très minimes mouvements de flexion et d'extension. De chaque côté se trouve l'extrémité vertébrale des côtes dont les mouvements sont bien limités aussi.
La paroi antérieure a été comparée avec raison à une voûte qui aurait pour arcs-boutants les côtes sternales et les cartilages correspondants. Ces arcs-boutanls affectent une direction oblique; le premier effet des pressions exercées sur le sternum serait donc de les incliner encore. Mais les muscles dilatateurs du thorax entrent alors en contraction, soulèvent toutes les côtes qui deviennent moins obliques, et les immobilisent dans cet état d'élévation. Ainsi soutenue, chacune d'elles constitue un pilier très résistant; aussi voyons-nous certains individus, dans le décubitus dorsal, porter sur la paroi antérieure de la poitrine des poids véritablement énormes. Les muscles, ainsi que l'a fait remarquer Bichat, jouent alors le rôle d'arcs-boutanls actifs.
Les parois latérales résistent aux chocs et aux pressions exercées sur elles par le même mécanisme que la précédente. Elles forment aussi une sorte de voûte dont toutes les pièces s'appuient en arrière sur le rachis, en avant sur le sternum. Ces arcades étant inclinées en bas, le premier effet des violences extérieures est aussi d'exagérer leur inclinaison, lorsque le thorax est frappé au moment où ses muscles sont dans le relâchement. Mais le plus souvent ceux-ci sont contractés; ils élèvent les côtes, les immobilisent, les enchaînent les unes aux autres; et celles-ci, faisant pour ainsi dire corps, possèdent alors une remarquable résistance.
Cependant la solidité des parois latérales ne paraît pas égaler celle de
608 ARTHROLOGIE.
lu paroi aiilérieure. La différence de conformation explique cette différence de résistance. La paroi sternale représente en quelque sorte la clef de voûte du thorax; les chocs portent presque constamment sur sa partie médiane, qui, montée sur quatorze piliers, répartit aussitôt l'ébranlement entre ceux-ci. Les parois latérales, formées d*arcadesen partie indépendantes, ne possèdent pas au même degré cette faculté d'irradiation ; l'effort concentre donc son action sur un petit nombre d'arcades, quelquefois sur une seule. Chacune de ces arcades est aussi résistante et plus résistante peut-être que celles de la paroi antérieure; mais supportant tout le choc, elles sont relativement plus faibles, d'où la fréquence des fractures de côtes à la suite d'une chute sur les parois latérales, et leur rareté à la suite d'un coup, même très violent, porté sur le sternum. La fracture, dans le premier cas, a lieu directement par suite de la tendance au redressement de la courbure des côtes, el dans le second indirectement, par suite de l'exagération de cette courbure.
B. — D« thorax considéré an poini de vue de sa atoMIUé.
Toutes les parties du thorax ne sont pas mobiles. La colonne dorsale ne prend aucune part aux mouvements respiratoires. Le sternum ne s'associe à ces mouvements que lorsqu'ils offrent une certaine ampleur; il se meut à peine ou même ne se meut nullement dans les mouvements ordinaires de la respiration. Les côtes seules jouissent d'une réelle mobilité : situées à droite et à gauche de deux colonnes qui leur servent de point d'appui, elles représentent, suivant l'ingénieuse comparaison de Mayow, les parois d'un soufflet qui s'écartent el se rapprochent alternativement pour attirer et repousser l'air atmosphérique.
Toutes les côtes se meuvent à la fois et toutes se meuvent dans le même sens. Nous avons donc à étudier: l" les mouvements propres à chacune d'elles ; 4° leurs mouvements d'ensemble ou mouvements du thorax.
1" Mouvements des côtes.
Les côtes s'élevaiit et s'abaissant dans leurs mouvements alternatifs tournent de bas en haut et de haut en bas autour d'un axe fictif passant par leurs deux extrémités en sorte qu'elles se rapprochent et s^éloiguenl tour à tour du plan médian. Mais leurs mouvements ne se trouvent jamais ramenés à une aussi grande simplicité ; l'élévation , la rotation de bas en haut et la projection de dedans on dehors ont lieu simultanément; les trois mouvements se combinent toujours; ils se compliquent en outre d'un mouvement de torsion de la côte, et d'une modification de ses courbures. L'abaissement, la rotation de haut en bas, et la projection en dedans, sont également simultanés. Cependant, pour faciliter