‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 181 sur 219 · V. — H^aveaieBte de l'épaale · texte numérisé non relu

V. — H^aveaieBte de l'épaale

L'épaule nous offre à considérer des mouvements propres à chacun des deux os qui la composent, et des mouvements communs à ceux-ci, ou mouvements de totalité.

1° Mouvements partiels de l'épaule.

Mous avons vu que la clavicule présente des mouvements d'opposition très variés, et un mouvement de circumduction composé de l'enseniblc de ceux-ci. Pendant ces mouvements, elle se comporte à la manière d*un arc-boutant qui supporte l'omoplate, et qui maintient celle-ci à une distance déterminée ou constante du thorax.

L'omoplate articulée, en haut avec la clavicule, en bas avec rhuuiénis, ne peut s'élever ou s'abaisser sans les entraîner avec elle; tous les nnoiivements qui se passent dans le plan vertical sont donc communs aux trois os. Mais lorqu'elle se meut d'avant en arrière et d'arrière en a^ant, elle prend son point d'appui sur la clavicule ; celle-ci restant alors presque immobile, l'onioplatc tourne, ainsi que l'a fait remarquer Bichat. iuituur d'un axe transversal qui passe par sa partie moyenne. Dans la ru-

MOUVEMENTS DE l'EPAULë. (>2â

tatioii en avant, l'angle inférieur décrit un arc de cercle, en vertu duquel il se porte en dehors ; l'angle postérieur et supérieur s'abaisse et se rapproche du rachis. Si la rotation a lieu d*ayant en arrière, les phénomènes sont renversés. Pendant ces mouvements de rotation, la facette acromiale glisse obliquement sur la facette claviculaire et le ligament supérieur subit une sorte de torsion. Lorsque le mouvement est très prononcé, la clavicule elle-même semble se laisser entraîner et tourner aussi autour de son axe.

2* Mouvements de totalité de Tépaule.

L'épaule peut s'élever et s'abaisser, se porter en avant et en arrière, et prendre toutes les dispositions intermédiaires; elle décrit en outre un mouvement de cii'cumduction très manifeste et très étendu.

a. Dans l'élévation, la face costale de l'omoplate glisse de bas en haut sur le sommet du thorax, et se rapproche d'autant plus du plan médian qu'elle s'élève davantage. L'angle droit que formait cet os avec la clavicule devient aigu. L'apophyse coracoîde s'applique à celle-ci. Les ligaments coraco-claviculaires se relâchent. Les deux facettes de l'articulation acromio-claviculaire s'écartent supérieurement, et le ligament qui les recouvre se tend. Le creux de l'aisselle remonte jusqu'au niveau de la première côte, dont la clavicule s'écarte angulairement.

6. L'abaissement s'accompagne de phénomènes opposés. L'omoplate redevient perpendiculaire à la clavicule, qui reprend elle-même sa direction parallèle à la première côte. Le ligament supérieur de l'articulation acromio-claviculaire se relâche. — Revenus à la situation qui leur est propre dans l'état de repos, les deux os de l'épaule peuvent continuer à descendre. C'est alors que commence leur véritable mouvement d'abaissement, dans lequel la clavicule vient s'appuyer sur l'extrémité antérieure de la première côte, qui ne lui permet pas de s'abaisser davantage, et qui protège ainsi l'artère et la veine sous-clavières. L'extrémité inférieure de l'omoplate se porte en dehors ; l'angle qu'elle forme avec la clavicule s'agrandit et devient moins saillant.

c. Dans le mouvement en avant, les deux os de l'épaule tournent autour d'un axe vertical traversant l'articulation sterno-claviculaire. Chacune des parties qui les composent décrit un arc de cercle horizontal d'autant plus grand qu'elle est plus éloignée de cet axe. L'omoplate, suivant ce mouvement, se porte en dehore et un peu en avant; son bord spinal s'éloigne de la colonne vertébrale. La clavicule déborde la première côte, et forme avec le bord antérieur de celle-ci un un angle très aigu ; son déplacement est limité par le ligament stcnio-claviculaire postérieur et par les muscles (jui altachenl l'omoplate au rachis.

624 AWTHKOLUCilE.

d. Dans le iijouveinent en arrière, Tépaule se déplace en niasse comme dans le mouvement précédent ; les ligaments acromio- et coraco-claviculaires n'éprouvent aussi aucune modification. Le bord spinal de l'omoplate se rapproche de la colonne vertébrale. La clavicule, qui répondait à l'extrémité interne de la première côte, vient se placer au-dessus de sa partie moyenne ; et si en même temps qu'elle se porte en arrière elle s'abaisse, les vaisseaux sous-claviers peuvent être comprimés. Ce mouvement en arrière est plus étendu que le mouvement en avant.

e. La succession en ligne circulaire des mouvements simples qui précèdent, et de tous les mouvements intermédiaires, pi*oduit le mouvement composé qui constitue la circumduction de l'épaule. Toute la partie supérieure du membre thoracique décrit alors un cône dont le sommet répond à la facette du sternum, et la base à la face externe de l'omoplate. L'axe du cône n'est pas transversal, mais obliquement dirigé en dehors et en arrière. Ce mouvement est d'autant plus étendu que la clavicule offre une plus grande longueur; pendant qu'il s'opère, les quatre ligaments périphériques de l'articulation stcrno-claviculaire se tendent et se relâchent tour à tour.

i§ 2. — Articulation scapulo-huméralk.

Préparation. — 1" Appliquer un trait de scie sur la partie moyenne de la clavicule, ou la détacher au niveau de son union avec le sternum, et enlever le membre supérieur, t^ Découvrir le muscle deltoïde, le diviser à son insertion supérieure sur toute son étendue, en conservant la lame cellulo-fibreuse, qui prolonge en avant le ligament acromio-coracoîdien, et le renverser en dehors. 'S"* Disséquer les muscles sous-scapulaire, sus- et sous-épineux et petit rond; les inciser sur leur partie moyenne, puis isoler leur portion huméralc en la renversant sur le ligament capsulaire et en conservant les rapports qu'elle affecte avec ce ligament, i"* Ouvrir dans sa partie inférieure la bourse séreuse qui remonte sous la voûte acromio-coracoîdienne ; étudier sa disposition, ses rapports, etc., et Teulever ensuite, ainsi que la lame cellulolibreuse qui la recouvre, et tout le tissu cellulaire environnant. 5° Préparer le ligament accessoire qui s'étend de Tapophyse coracoïde à la capsule. 6<* Aprc's avoir observé les insertions de cette capsule, ses rapports, ses connexions avec les muscles ei les tendons, l'ouvrir au-dessous du sous-scapulaire, et laisser pénétrer l'air dans sa cavité; on pourra séparer alors ses deux surfaces articulaires et constater la longueur considérable et la laxité du ligament capsulaire. 1" Inciser circulairement ce ligament sur sa partie moyenne, pour observer le mode d'insertion de ses deux extrémités.

L'articulation scapulo-liumérale, rangée autrefois parmi les arthrodies, appartient manifestement au genre des énarthroses.

La cavité glénolde et la tête de l'humérus sont unies par un ligament capsulaire, par un ligament accessoire, et par tout un groupe de muscles

ARTICULATION SCAPULO-HUMÉRALE.

dont les tendons convergents embrassent le contour de Tarticulation. Une synoviale très étendue revêt la surface interne de la capsule.

A. — Sarfaeea articulaires.

La cavité glénoïde regarde en dehors, en avant et un peu en haut. Elle présente la figure d*un ovale, dont la grosse extrémité repose sur le bord axillaire de Tomoplate. Sa petite extrémité, dirigée en haut, répond au bord postérieur du ligament acromio-coracoldien. Sou grand diamètre mesure, en moyenne, 35 millimètres, et le petit de 25 à 27. Sa

Fie. 23i.

FiG. i33.

Extrémité supérieure de VhuméruSf vues antérieure et postérieure.

Fie. 2ai.

Voûte acromio-coracoidienne et cavité glénoide.

Fie. 232. — Extrémité supérieure de l'humérus, vue postérieure, — 1. Télc tic l'humérus représentant le tiers environ d'une sphère. — 2. Grosse tubérosité. — 3. Sa facette supérieure. — 4. Sa facette moyenne. — 5. Sa facette inférieure. — 6, 6. Col anatomique. — 7, 7. Col chirurgical.

FiG. 233. — Extrémité supérieure de V humérus, vue antérieure. — 1. Tête de riiumérus. — 2. Grosse tubérosité, ou tubérosité externe. — 3. Petite tubérosité ou tubérosité antérieure. — 4. Col anatomique. — 5. Gouttière bicipilale. — 6, 6. Col chirurgical, se confondant en dedans avec le col anatomique.

FiG. 23 i. — 1. Ligament supérieur de Tarticulation acromio-claviculaire. — 2. Ligament coraco-claviculaire postérieur ou semi-conoïde. — 3. Ligament coraco-claviculaire antérieur ou trapézoïde. — 4. Apophyse coracoïde. — 5. Acromion. — 6. Liga> ment acromio-coracoïdicn, formant avec les deux apophyses précédentes la voAte acromio-coracoïdiennc. — 7. Ligament coracoïdien transformant en trou Féchancrure du bord supérieur de Tomoplatc. — 8. Cavité glénoïde. — 9, 0. Bourrelet glénoïdien. — 10. Sillon séparant le bord interne de ce bourrelet de la partie correspondante de la surface cartilagineuse. — 11. Ligne grisâtre établissant les limites respectives de cette surface et du bourrelet, mais au niveau de laqueHe il n'existe plus de sillon. — - 12. Tendon du biceps. — 13. Longue portion du triceps.

tu

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