‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 194 sur 219 · C. — Sjnoviales de I'artlcal»tlon eoxo*CéBi«r»le · texte numérisé non relu

C. — Sjnoviales de I'artlcal»tlon eoxo*CéBi«r»le

Il existe deux synoviales pour Tarticulation coxo-fémoraie : Tune très étendue, qui revél la face interne du ligament capsulaire, et qui se relié* chit de celui-ci sur le col du fémur; l'autre, profonde, entourant le ligament intra-articulake, et se prolongeant sur le coussinet adipeux.

La synoviale capsulaire prend naissance sur le sommet du bourrelet cotyloldien. De ce bord, elle descend sur la face externe du bourrelet qu'elle recouvre au niveau des trois saillies sous-jacentes, tandis qu'au niveau des trois dépressions elle n'en revêt qu'une très minime partie. Ainsi disposée, elle forme en dehors du bourrelet trois culs-de-sac qui se distinguent, comme les trois saillies correspondantes, en supérieur ou iliaque, antérieur ou pubien, inférieur ou ischiatique.

Parvenue sur le ligament capsulaire, la synoviale tapisse sa face interne, à laquelle elle adhère de la manière la plus intime, puis se réfléchit autour de son insertion fémorale , pour se prolonger sur le col de dehors en dedans, et se terminer à l'union du col avec la tète, sur le pourtour du cartilage fémoral. En arrière du col, elle forme un culde-sac demi-circulaire à concavité interne, recouvert seulement par du tissu conjonctif, et très analogue à celui qui entoure le col du radius, dont il ne diffère que par sa moindre étendue. Sur toute cette partie postérieure du col, la séreuse s'applique très régulièrement au périoste. Il n'en est pas ainsi en avant, où elle offre des replis constants, mais très variables dans leurs dimensions et leur forme.

Ces replis figurent tantôt une sorte de pont membraneux plus ou moins large, et tantôt une sorte de petit mésentère. Ils sont redevables de leur existence aux vaisseaux qui traversent la capsule de part en part pour se porter de la base du col vers la tète du fémur. Tout repli suppose donc un ou plusieurs vaisseaux compris dans son épaisseur. L'état de vacuité de ceux-ci les rend peu apparents. Quelquefois cependant ils sont pleins; on peut juger alors du calibre souvent considérable qu'ils présentent.

La synoviale cotyloïdienne adhère au ligament rond, auquel elle forme une gaine complète ; après avoir recouvert le coussinet adipeux, elle se termine sur le pourtour de l'arrière-cavité. — Cette synoviale est séparée de la précédente par le cartilage, qui tapisse les parois de la

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cavité colylolde. et par la face correspondante du bourrelet. Au niveau de l'échancrure le bourrelet seul sépare les deux membranes.

D. — MéeanlsBie de Vartlenlatlon coxo-rémorale.

Nous avons vu comment le bassin se meut sur les fémurs. Voyons comment le fémur se meut sur le bassin. Cet os exécute des mouvements de llexion et d'extension, d'abduction et d'adduction, de ctrcumduction et de rotation. Pendant la durée de ces mouvements, et dans les diverses attitudes d'activité et de repos que présente le membre inférieur, la tête fémorale reste toujours en contact parfait avec la cavité cotyloldc. La cause qui assure la permanence de ce contact a été longtemps un objet de controverse. La science aujourd'hui est fixée à cet égard. G. et E. Weber ont démontré, par des expériences physiques d'une grande précision, que les deux surfaces articulaires sont appliquées l'une à l'autre par la pression de l'atmosphère, et que cette pression suffit à elle seule pour les maintenir en état de contiguïté.

Considérée au point de vue physiologique, l'articulation coxo-fémorale nous offre donc à étudier : 1" les divers mouvements qu'exécute le fémur sur l'os iliaque; 2" l'influence que la pression atmosphérique exerce sur les deux surfaces articulaires et sur la mobilité du membre inférieur.

i^ Mouvements de rarticulation coxo-fé inorale.

Dans les mouvements de flexion et d'extension, la tète du fémur tourne autour d'un axe horizontal et transversal, passant par son centre. L'extrémité interne de cet axe traverse l'intersection fémorale du ligament rond; prolongé en dehors, il passerait au-dessus du col et viendrait raser le sommet du grand trochanter.

a. Flexion. — Lorsque le fémur se fléchit, le bord supérieur du col, qui était inférieur à l'axe de rotation, lui devient postérieur. Le grand trochanter, se portant aussi en arrière, décrit un petit arc de cercle dont la concavité regarde en bas et en avant. L'extrémité inférieure du fémur, qui se porte au contraire en avant, décrit un grand arc de cercle dont la concavité regarde en arrière et dont il représente le rayon. — Les rapports des deux surfaces articulaires se modifient à peine dans la première moitié du mouvement. Mais dans la seconde, la partie postérieure de la tète fémorale, devenue inférieure, sort un peu de la cavité articulaire, et se trouve alors en contact avec le ligament capsulaire. Le ligament rond subit une légère torsion. Le faisceau inférieur de la capsule, ou ligament de Berlin, se relâche; le faisceau supérieur se tend.

b. Extension. — Elle est très limitée et caractérisée par des phénomènes opposés aux précédents. Le bord supérieur du col se porte au devant de Taxe de rotation de la tête. Le grand trochanter se meut aussi d'arrière en avant, tandis que l'extrémité tibiale du fémur parcourt son arc de cercle d'avant en 'arrière. La partie supérieure de la tête se porte en avant, et sort un peu de la cavité cotyloîde. Sa partie inférieure se dirige en arrière et s'enfonce dans cette cavité. Le ligament rond ne parait pas se tordre; mais le ligament capsulaire devient le siège d'une torsion très prononcée qui a pour effet de le raccourcir et d'appliquer plus solidement les deux surfaces articulaires l'une à l'autre. Le ligament de Bertin se tend et limite l'extension. Nous avons vu qu*il supporte tout le poids du tronc, lorsque la verticale passant par le centre de gravité du corps tombe en arrière de Taxe de rotation du bassin.

Dans les mouvements d'abduction et d'adduction, la tète du fémor tourne autour d'un axe antéro-postérieur passant aussi par sa partie centrale. L'arc parcouru par l'extrémité inférieure de l'os, en oscillant de l'adduction extrême à l'abduction forcée, serait de 90 degrés, d'après les recherches des frères Weber ; il différerait peu par conséquent de celui que décrit le fémur dans la flexion. Mais ces auteurs me paraissent l'avoir un peu exagéré. La ligne étendue du centre de la tête fémorale à l'espace intercondylien représente le rayon de l'arc.

c. Abduction. — Dans ce mouvement, la tête glisse de haut en bas sur les parois de la cavité cotyloîde. Supérieurement, elle s'engage dans celte cavité ; inférieurement, elle en sort en partie pour s'appliquer au ligament capsulaire qu'elle soulève. Le ligament rond se relâche. Le bord supérieur du col se porte en haut et en dedans, puis s'applique au sommet du sourcil cotyloïdien, et limite ainsi le mouvement. Si une cause violente vient alors l'exagérer, le fémur se transforme en an levier du premier genre qui prend son point d'appui sur ce bord ; le bras de la puissance, étendu de ce point aux condyles, est très long, tandis que celui de la résistance est extrêmement court.

d. Adduction. — Lorsque le fémur se porte en dedans, sa tête glisse de bas en haut sur la cavité cotyloîde. Le ligament intra-arliculaire se tend ; une partie de la couche graisseuse extra-articulaire, avec laquelle le coussinet adipeux se continue, pénètre dans l'arrière-cavité. Le faisceau inférieur de l'éventail fibreux se relâche ; le supérieur se tend ; il supporte tout l'effort des violences qui pourraient exagérer le mouvement, et protège ainsi le ligament rond, qu'il couvre en quelque sorte de sou énorme résistance.

e. Circumduction. — La courbe circulaire décrite par rextrémité inférieure du fémur, ou la partie terminale du membre, dans ce mouve-

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ment, est beaucoup moins grande que celle parcourue par la partie terminale du membre thoracique dans le mouvement correspondant de Tépaule. Pour le membre supérieur, la base du cône regarde en dehors et en avant ; pour l'inférieur, elle se dirige en dehors, en avant et en bas. Pendant la durée de ce mouvement, la dépression à laquelle s'attache le ligament rond se meut circulairement sur le coussinet adipeux, en sens inverse de la partie inférieure du fémur, la première se portant en dedans lorsque la seconde se porte en dehors, ou en avant lorsqu'elle se dirige en arrière, etc.

f. Rotation. — Ce que le fémur peM du côté de la circumduction, il le rachète par la grande étendue de son mouvement de rotation. Ici encore l'os de la cuisse et l'os du bras diffèrent très notablement. Pour celui-ci, la circumduction est très ample, la rotation très limitée ; pour le fémur, c'est la première qui se réduit et la seconde qui s'accroît. Celte différence est due à l'inégale étendue des deux cols : l'extrême brièveté de l'un laissant à l'os toute liberté pour se mouvoir circulairement, mais ne lui permettant que des mouvements de rotation peu sensibles ; la longueur considérable de l'autre rendant le mouvement de circumduction plus difficile, mais facilitant, au contraire, le mouvement de rotation.

Ce mouvement s'opère autour d'une ligne verticale passant par le centre de la tète fémorale. — Chez l'homme, cette ligne croise la diaphyse du fémur au-dessous de sa partie moyenne, répond ensuite au condyle externe, puis au péroné, et traverse le pied. — Chez la femme, où le fémur est plus oblique, l'axe de rotation vient tomber sur la base de sustentation du corps, en dehors, mais très près du bord externe du pied.

La rotation a lieu de dedans en dehors et de dehors en dedans. — Dans la rotation en dehors, la tête du fémur glisse d'arrière en avant sur la cavité cotyloïde. Le grand Irochanter se porte en arrière : le faisceau supérieur de la capsule se tend et limite la rotation. La pointe du pied se dirige eu dehors. — Dans la rotation en dedans, la tète glisse sur la cavité d'avant en arrière. Le grand trochcinter se meut d'arrière en avant. Toute la partie antéro-supérieure de la capsule se relâche. La pointe du pied se porte en dedans. — Lès muscles qui président à la rotation en dehors sont beaucoup plus nombreux et plus puissants que les rotateurs en dedans.

Dans leurs mouvements, le fémur et l'humérus diffèrent sous un point de vue essentiel. Le premier se meut sur un point fixe ; le second, au contraire, s'appuie sur un os qui est lui-même mobile et suspendu à un levier horizontal plus mobile encore. Cet enchaînement de pièces mobiles les unes sur les autres nous montre que les mouvements de l'os du bras ne peuvent que rarement s'isoler. Presque toujours ils s'accompagnent de

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niouvemenls secondaires qui se passent dans l'articulation de l'omoplale avec la clavicule, et de la clavicule avec le sternum.

Dans l'articulation coxo-fémorale, Tos iliaque étant fixe, le fémur ne saurait se dérober avec autant de facilité à l'action des corps extérieurs. Mais une cavité plus profonde et un ligament plus épais permettent à la tête de cet os de résister à des efforts qui suffiraient pour déplacer celle de l'humérus. Aux violences du dehors, l'articulation de la hanche oppose donc sa solidité, tandis que l'articulation de l'épaule se dérobe aux fâcheuses conséquences qu'elles pourraient produire par sa mobilité. D'un côté, la profondeur de la cavité cotylolde et l'épaisseur de la capsule rachètent la fixité de l'os iliaque; de l'autre, la mobilité de l'omoplate compense le peu de profondeur de la cavité glénolde.

2*' Influence de la pression atmosphérique sur les surfaces articulaires; avantages de cette pression.

Tous les corps plongés dans l'atmosphère supportent le poids d'une colonne d'air dont la base est représentée par leur surface et la hauteur par celle de l'atmosphère, équivalente à une colonne de mercure de 0'",76. L'homme supporte donc un poids considérable. La pression que ce poids détermine se répartit de la manière la plus égale ; elle s'exerce avec la même intensité dans tous les sens. C'est cette pression qui rapproche les surfaces articulaires ; c'est elle qui les maintient dans un état de contiguïté permanent. Les ligaments et les muscles lui viennent en aide : ils contribuent à affermir les rapports de surfaces ; mais la pression atmosphérique pourrait suffire à elle seule pour assurer leur contact. Elle l'assure si bien que, pour contre-balancer son influence, il faut user, même envers les petites articulations, d'un effort assez considérable ; et alors, au moment où cet effort triomphe de sa résistance, un petit bruit sec se fait entendre ; mais à peine les deux facettes se sont-elles séparées qu'elles se réappliquent l'une à l'autre, si l'effort est suspendu, la pression atmosphérique, toujours active, reprenant aussitôt son empire. Pour les grandes articulations, où la pression à vaincre est relativement énorme, un semblable résultat ne pourrait être obtenu qu'à l'aide d'appareils puissants, comme ceux qu'on emploie pour la réduction des luxations.

Sur ces grandes articulations, on peut, du reste, facilement reconnaître que la contiguïté des surfaces n'est pas due à la présence des ligaments. Enlevez les muscles qui entourent le ligament capsulaire de l'épaule, en laissant ce ligament parfaitement intact, aussi longtemps que la cavité articulaire restera close, les surfaces resteront contiguës ; dès que l'air j pénétrera, elles s'abandonneront sans que la capsule oppose le moindre obstacle fi leur séparation. Répétée sur d'autres articulations à ligaments

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plus serrés, cette expérience donne des résultats analogues. Mais ces résultats sont surtout saisissants pour Tarticulation de la hanche, dont les surfaces offrent plus de largeur et s'emboîtent très exactement.

Les frères Weber ont démontré, par une série d'expériences très concluantes, que ces surfaces ne sont redevables de leur contact, ni aux muscles, ni aux ligaments, ni au bourrelet cotyloîdien, mais à la pression atmosphérique, et à cette pression seule.

l'« EXPÉRIENCE. — Ce contact n'est pas dû à Faction des muscles. — Un cadavre étant couché horizontalement sur une table suffisamment élevée, de manière que le bassin dépasse le bord de la table, et que les jambes pendent librement, on coupe tous les muscles qui entourent l'articulation de la hanche. Si la contiguïté des surfaces articulaires était le résultat de leur influence, la tête du fémur devrait s'abaisser ; or cette tète ne s'abaisse pas ; elle reste très exactement appliquée à la cavité cotyloide.

2* EXPÉRIENCE. — Le contact des surfaces articulaires n'est pas dû à la résistance des ligaments, — Après avoir incisé les muscles, on incise circulairement aussi la capsule. La surface articulaire inférieure, sollicitée par le poids du membre, devrait abandonner alors la supérieure ; mais elle ne l'abandonne pas ; les deux surfaces se montrent aussi parfaitement contiguês après qu'avant l'incision.

3* EXPÉRIENCE. — Le contact n'est pas dû à la résistance du bourrelet cotyloîdien. — Pour le démontrer, les frères Weber pratiquent un orifice sur l'arrière-fond de la cavité. Dès que l'air pénètre par cet orifice, la tète fémorale tombe dans la capsule. Donc ce n'est pas le bord libre du bourrelet qui la maintient dans sa situation.

4* EXPÉRIENCE. — Le contact est dû exclusivement à la pression atmosphérique. — Un trou étant pratiqué sur l'arrière-fond de la cavité cotylolde, et donnant accès à l'air, le membre inférieur tombe à l'instant même. Si l'on réintroduit la tête du fémur de manière à expulser l'air qui avait pénétré, et si Ton applique la pulpe du doigt sur l'orifice, les deux surfaces resteront contiguês. On pourra ainsi ouvrir et fermer tour à tour cet orifice : chaque fois qu'on l'ouvrira, le membre tombera ; chaque fois qu'on fera le vide dans la cavité, il l'estera suspendu. Cette dernière expérience atteste très nettement que la pression atmosphérique préside essentiellement aux rapports de contiguïté des surfaces articulaires. Les ligaments et les muscles concourent à ce résultat, mais jouent le rôle de simples auxiliaires.

Après avoir bien établi ce fait important, les frères Weber en ont aussi donné la théorie, qui était, du reste, facile à déduire. Les corps sont

688 ARTHRpLOGIE.

comprimés de tous côtés par l'air atmosphérique. Comme la pression est égale sur les points diamétralement opposés^ elle se fait équilibre à elle-même, et ceux-ci restent immobiles. Hais, si Ton soustrait une partie de Tun de ces corps à la pression de l'atmospbère, l'équilibre sera détruit, et le corps se portera vers le côté sur lequel la pression cesse d'agir. Or, lorsque le membre abdominal est suspendu au tronc, il se trouve comprimé de toutes parts par l'air atmosphérique, à l'exception de la tête du fémur, que la cavité cotyloïde recouvre et soustrait à son contact. Cet air, dont la pression s'exerce sur toutes les autres parties du membre, lui imprime donc un mouvement ascensionnel, on plutôt s'oppose au mouvement de descente qu'il tend à exécuter sons l'influence de son propre poids. La force par laquelle la jambe est ainsi soulevée équivaut à une colonne de mercure de 0°',76 de hauteur, qui aurait pour base la surface de contact du fémur et de l'os iliaque. Les frères Weber estiment que le poids de cette colonne s'élève à 12 kilogrammes environ.

Le membre abdominal étant déchargé d'un poids aussi considérable, on voit combien le mode de conformation de l'articulation de la hanche est avantageux pour tous les mouvements dans lesquels il reste suspendu au tronc, et surtout pour la marche, où ces mouvements se répèlent à chaque pas. Ainsi allégé, le membre est beaucoup plus mobile. Pour se mouvoir, il suffit qu'il s'écarte de la direction verticale; la gravitation intervient alors pour l'y ramener : or, pendant qu'elle agit, les muscles se reposent. Intermittence de l'action musculaire, économie considérable dans la force dépensée, tels sont donc les grands avantages qui découlent du mode de conformation de l'articulation coxo-fémorale.

§ 2. — Articulation du genou ou fémoro-tibiale.

Préparation. — i° Inciser circulairement les téguments au-dessus et audessous du genou; réunir ces incisions circulaires par une incision longitudinale, antérieure, puis disséquer les deux lambeaux cutanés de haut en bas et d'avant en arrière, et les enlever. 2^ Inciser circulairement et longitudinalement aussi Taponévrose fémorale qui embrasse toute l'articulation, et la détacher avec ménagement. 3<^ Achever de mettre en évidence le ligament rotulien, ainsi que les ligaments latéraux, et découvrir ensuite le ligament postérieur en excisant toutes les parties molles qui le recouvrent. 4* Après avoir étudié les ligaments périphériques, faire sur le triceps deux incisions verticales. Tune en dedans, l'autre en dehors, et écarter les parties latérales du muscle pour observer le prolongement que la synoviale envoie au-dessous de son tendon. 5*^ En renversant en avant le tendon du triceps, ainsi que la rotule et le ligament rotulien, un autre prolongement de la synoviale, le ligament adipeux, deviendra manifeste. 6^ Diviser le fémur au-dessus des condyles, et séparer ceux-ci par un trait de scie appliqué sur la partie moyenne de l'espace intercondylien. Celte section aura pour avantage de montrer les ligaments croisés et les libro-carlilages inlerarticulaires.

ARTICULATION FÉMORO-TIBIALE. 689

L'articulation fémoro^tibiale est une articulation bitrochléenne. Parmi les diarthroses, il n'en est aucune qui présente des surfaces aussi étendues, une conformation aussi compliquée, des maladies aussi fréquentes et anssi graves.

Trois os concourent à la former : le fémur, le tibia, la rotule. Le fémur et la rotule se correspondent. Mais le fémur et le tibia ne se correspondent pas. Sur les condyles du premier, on voit se dérouler deux longues surfaces demi-circulaires, Tune et l'autre très convexes, tandis que sur les tubérosités du second il existe deux larges surfaces à peine concaves. Pour rétablir la correspondance et Temboitement des surfaces supérieure et inférieure, deux fibro-cartilages s'interposent à celles-ci. — Cinq ligaments unissent les condyles au tibia ; un sixième unit cet os à la rotule. Deux synoviales favorisent le jeu réciproque de toutes les parties qui précèdent.

L'articulation du genou nous offre à considérer, en un mot, trois surfaces articulaires, deux fibro-cartilages, six ligaments, deux synoviales, et enfin les mouvements qu'elle exécute.

A. — Soriaces arileulaires ei iibro-eartllag^es.

a. Surfaces articulaires. — Ces surfaces ont été précédemment décrites. Je me bornerai donc à en rappeler les principaux caractères.

Du côté du fémur, une poulie ou trochlée, dont le bord interne est moins saillant que l'externe. — Au-dessous de la poulie, les condyles, à chacun desquels on distingue trois faces : une face inférieure ou articulaire, s'enroulant à la manière d'une volute; une face profonde, qui répond à l'échancrure intercondylienne, et qui donne attache aux ligaments croisés; une face superficielle ou cutanée, surmontée d'une tubérosité destinée à l'insertion des ligaments latéraux.

Du côté du tibia, les deux cavités glénoldes, très superficielles, sur lesquelles reposent les condyles du fémur. Entre ces cavités, l'épine du tibia et les dépressions angulaires, situées en avant et en arrière de celle-ci.

Du côté de la rotule, une surface allongée dans le sens transversal, et subdivisée en deux facettes inégales par une créto mousse qui répond à la gorge de la poulie fémorale : la facette externe, plus grande, s'applique très exactement au condyle externe; la facette interne, notablement plus petite, ne s'applique qu'imparfaitement au condyle interne.

L'articulation du genou est celle où les cartilages d'encroûtement atteignent la plus grande épaisseur, variable cependant pour les diverses parties de leur étendue. — Le cartilage qui revêt la poulie fémorale est un peu moins épais au niveau de sa gorge qu'au voisinage de ses bords.

ARTHROLOGIE.

Celui des condyles, plus mince au contraire sur les bords^ offre une épais* seur de 3 millimètres sur leur partie moyenne et inférieure, siège pnncipal des efforts que supporte l'articulation dans la station verticale. — Les cartilages des cavités giénoides modifient très notablement leur aspect. La cavité interne reste concave dans ses trois quarts antérieurs; elle est plane dans son quart postérieur. — La cavité externe cousene une légère concavité dans le sens transversal, mais devient très convexe d'avant en arrière. Son cartilage, qui n'a pas moins de 4 à 5 millimètres d'épaisseur dans sa partie centrale, a pour effet de transformer cette concavité en une convexité.

La lame cartilagineuse de la rotule est remarquable aussi par sou épaisseur, très considérable surtout au niveau de la crête. Recouverte de cette lame, sa face postérieure présente, le plus habituellement, trois

Fie. 259.

Fie. 261.

Surfaces articulaires des condyles et de la rotule,

FiG. 258. — I. Poulie fémorale. — 2. Bord externe de ceUe poulie. — 3. Son bord interne, moins élevé que le précédent. — 4. Gondyle externe. — 5. Coupe du ligiment latéral externe. — 6. Coupe du tendon du muscle poplilé, obliquement dirigé en bas et en dedans, recouvert par le ligament latéral externe. — 7. Condyle interne. — 8. Coupe du ligament latéral interne. — 9. Espace intercondylien. — 10. Coupe du ligament croisé antérieur s'attachant à la partie postérieure de la face profonde du condyle externe. — 11. Coupe du ligament croisé postérieur s'insérant à la partie antérieure de la face profonde du condyle interne.

FiG. 250. — Surface articulaire de la rotule. — 1. Facette répondant au condyle interne du fémur. — 2. Fucclte qui répond au condyle externe. — 3. Crète rauusbc

ARTICULATION FÉHORO-TIBIALE. 691

facettes bien distinctes : une facette externe, très large; une facette moyenne, beaucoup plus petite; une facette interne, plus petite encore. Ces deux deniières s'appliquent au condyle interne; mais la moyenne seule repose sur le condyle. L'interne forme avec celui-ci un angle aigu ; elle ne repose sur lui que lorsque la rotule glisse sur la poulie de dedans en dehors; sa destination est de faciliter les mouvements qu'exécute cet os dans le sens transversal.

b. Fibro-cartiliKjes interarticulaires. — Ces fibro-carlilages, appelés aussi semi-lunaires et falciformes, ont été disliiigués, comme les cavités qu'ils sont destinés à agrandir, en interne et externe.

Tous deux présentent la forme d'un prisme triangulaire et curviligne, dont le sommet se dirige vere le centre de la cavité glénoide con*espondante. Le fibro-cartilage interne est demi-circulaire. Le fibro-cartilage externe décrit une circonférence presque complète, et d'un rayon beaucoup plus court. Le premier, très large en arrière, devient de plus en plus étroit à mesure qu'on se rapproche de son extrémité antérieure. Le second, d'une largeur égale sur toute son étendue, recouvre la plus grande partie de la surface convexe, improprement appelée cavité glénoide externe.

Le mode de configuration des fibro-carlilages interarticulaires permet de leur considérer trois faces, trois bords et deux extrémités.

Par leur base ou face cutanée, ils répondent à la périphérie de l'articulation.— Sur les côtés, ils sont en rapport avec les ligaments latéraux auxquels ils adhèrent. — En avant, ils sont unis par une bandelette fibreuse (lui se porte transversalement de l'un à l'autre. Une masse cellulo-adipeuse, très considérable, les recouvre et les sépare du ligament rotulien.

Leur face supérieure, qui se moule sur les condyles du fémur, est concave. Leur face inférieure, qui repose sur le pourtour des cavités glénoîdes, est presque plane. Ces faces présentent une largeur moyenne de 8 à 10 millimètres.

Des trois bords, le profond ou sommet du prisme est libre, extrêmement mince, très régulier, demi-transparent. Le supérieur donne attache à la synoviale fémorale, et l'inférieur à la synoviale tibiale, qui l'une et

et Yerticule qui s*applique à la poulie fémo: aie. — 4. Base de ia rotule. — 5. Son sommet, sur lequel s'attache le ligament rotulien.

FiG. 260. — Coupe transversale de la irochlèe fémoro-rotulienne, — 1, 1. Troclilée fémorale. — 2. Saillie mousse par laquelle la rotule s*applique à cette poulie.

FiG. 261. — Coupe verticale et transversale du condyle externe du féniur, de la tuhérosUé externe du tibia, et du fibro-cartilage correspondant. — 1,1. Tubérosité externe du tibia. — 2. Son cartilage très épais et convexe d'avant en arrière. — 3, 3. Coupe du condyle externe. — 4. Son cartilage très épais aussi. — 5, 5. CoUpc du libro-cartilage intermédiaire aux deux surfaces.

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