‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 25 sur 219 · C. — Tissus COMPOSÉS DE FIBRES ET DE CELLULES · texte numérisé non relu

C. — Tissus COMPOSÉS DE FIBRES ET DE CELLULES

Deux tissus seulement, mais de nature bien différente, le tmu nerveux et le tissu conjonctif, appartiennent à ce dernier ordre. Ils sont du reste l'un et l'autre fort [importants, et l'un et l'autre anssi se retrouvent dans presque toutes les parties du corps.

Les fibres et les cellules qui constituent le tissu nerveux sont différemment disposées selon les parties de ce tissu que l'on considère. Mais toutes les fibres se présentent sous l'aspect d'un tube cylindrique. Ce tube, dans les cordons nerveux, est formé de trois éléments : 1* d'une gaine pourvue de noyaux ovoïdes, c'est la gaine de Schwann; ^ d'une substance grasse, semi-liquide et très réfringente, la myéline ou substance médullaire; 3** et enfin d'un filament très délié, entouré de toutes parts par la myéline et occupant, par conséquent, le centre ou plutôt l'axe du tube : c'est le filament axile ou cylindraxe. Il représente

réléuiciit essentiel et actif des tubes nerveux, el ne fait défaut dans aucun d'eux, tandis que Tenveioppe de Schwann manque dans tous ceux qui contribuent à former le centre nerveux, et la myéline dans les diverses dépendances du grand sympathique.

Réunis par groupes et entourés d'une enveloppe fibreuse, le névrilème, ces tubes forment la partie périphérique du système nerveux, laquelle s'irradie du centre vers la périphérie en se divisant en branches, rameaux et ramuscules de plus en plus déliés.

Les cellules nerveuses ont pour siège, d'une part, les renflements qu'on observe sur le trajet des cordons nerveux, ou les ganglions^ et, d'une autre part, la substance grise de la moelle épinière et de l'encéphale. Elles différent considérablement de volume et de forme. Il en est de petites, de moyennes et de très grosses. Quelques-unes sont arrondies; mais la plupart sont limitées par des facettes qui leur donnent une configuration pyramidale ; ou bien elles s'allongent en fuseau ; ou bien encore émettent des prolongements simples ou ramifiés qui ont permis de les distinguer en cellules bipolaires^ tripolaires, multipolaires, cellules étoiléesy cellules rameuses,' etc. Chacune de ces cellules contient un noyau entouré de protoplasma. Elles appartiennent donc à la classe des cellules vraies ou complètes.

Aux tubes et aux cellules se mêle une substance amorphe qui est plus abondante dans la substance grise que dans la substance blanche.

i"" Dn tlMa eonjonetlf ei de MS dérivés.

Le tissu conjonctif peut se présenter sous deux états très différents : sous la forme d'une trame lâche, molle et transparente, ou bien sous l'aspect de lames et de faisceaux, d'un blanc opaque, remarquables, «in contraire, par leur grande résistance. Lorsqu'il revêt la première forme, il prend le nom de tissu conjonctif lâche; lorsqu'il revèl la seconde, il prend celui de tissu fibreux, lequel présente des variétés qui constituent autant de dérivés du tissu précédent.

a. Dn «Imh eoBjoncUf lAche. — Ce tissu , appelé aussi , mais improprement, tissu cellulaire, est très abondamment répandu dans l'économie. Il se compose de fibres, de cellules et d'une certaine quantité de substance amorphe.

Les fibres, réduites à la plus extrême ténuité, mériteraient le nom de fibrilles. Elles sont transparentes, homogènes, se juxtaposent en grand nombre et forment par leur réunion des faisceaux de volumes divers, qui s'entre-croisent dans tous les sens en échangeant des fascicules. De cette disposition résulte une trame molle et délicate, remplis-

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saut non seuiemenl les intervalles des organes qu'elle relie les uns aux autres, mais tous les interstices des parlies et particules qui les composent.

Les faisceaux de fibrilles sont entourés d'une mince enveloppe, très bien étudiée et bien décrite aussi par M. Ranvier (1). De la face interne de celle-ci partent des prolongements en forme de cloisons, qui s'étendent de leur périphérie vers leur partie centrale en se continuant entre elles, et qui divisent ainsi la gaine principale en un grand nombre de gaines secondaires. C'est dans ces gaines secondaires que se trouvent logées les fibrilles conjonctives. — En outre, chacun de ces faisceaux présente sur son trajet des fibres qui l'entourent de distance en distance, ou qui s'enroulent en spirale sur leur contour. Lorsqu'on les traite par l'acide acétique, ils se renflent dans les intervalles compris entre ces fibres, et semblent alors comme étranglés à leur niveau.

Quelle est l'origine des fibrilles du tissu conjonctif? II n'est pas démontré jusqu'à présent qu'elles proviennent des cellules embryonnaires. De même que les fU)res élastiques, elles naissent très probablement dans la substance amorphe et se forment à ses dépens.

Les cellules qui entrent dans la constitution de ce tissu sont aussi, pour les histologistes, un sujet de dissidence. M. Ranvier, cependant, en a donné une description qui me parait basée sur une solide interprétation des faits. Elles sont aplaties, comme les cellules endothéliales, assez larges, et eu rapport avec les faisceaux sur lesquels on les voit se mouler en suivant leur contour, mais sans se continuer entre elles. Chacune de ces cellules plates contient un noyau entouré d'un protoplasma granuleux.

La substance amorphe occupe Tintervalle des faisceaux et des cellules qu'elle unit et qu'elle sépare. De leur union il résulte que le tissu conjonctif se montre partout continu. En les séparant, elle permet aux faisceaux de glisser les uns sur les autres; de là pour le tissu conjonctif lâche la facilité avec laquelle il prend toutes les formes possibles.

b. Des dérivés dn iîmmm coB|*a«fir. — Ces dérivés se rapprochent par nn caractère qui leur est commun : ils sont tons le résultat d^une simple condensation du tissu conjonctif lâche. Considérés dans leur ensemble, ils constituent le tissu fibreux. Mais ce tissu affecte des formes très divei*ses, qu'on peut rattacher à trois principales. Tantôt il revêt la forme membraneuse, tantôt la forme cylindrique, et, sur une foule d'autres points, la forme de faisceaux plus ou moins irréguliers.

Les dérivés qui se présentent sous la forme de membranes constituent autant d'enveloppes. Parmi celles-ci, il en est qui entourent les os : elles

(1) Ranvier, Traité (ThUtologie, 1875, p 332 et stiiv.

fîO F»ES SYSTÈMES.

prennf»fit alors le nom de périosU. D'autres eulonrent les muselés en se firolon^eaiit dans leurs intervalles; de là, des enveloppes générales et nna fonle d'enveloppes secondaires, connues sous le nom d'aponérroses, irautres enfin se trouvent annexées à certains oqranes : telles sont la Hclérotique qui protèf^e le globe de l'œil, et la tunique albuginée qui remplit le même usage à l'égard du testicule; telles sont encore les enveloppes fibreuses du foie, du rein, etc.

Les dérivés, de forme cylindrique, se voient, pour la plupart, sur le prolongement du corps charnu des muscles : ce sont les tendons.

Les dérivés de formes diverses se concentrent surtout autour des articnlations à l'égard desquelles ils jouent le rôle de moyens d'union : ce sont les ligaments.

Dans tontes les dépendances du tissu fibreux, on retrouve les éléments dn tissu conjonctif. Ils sont formés aussi de faisceaux de fibrilles; mais ces faisceaux, sons le même volume, contiennent un nombre beaucoup plus considérable de fibrilles. Chacun d'eux est entouré aussi d'une (•nveloppe qui envoie également des cloisons dans son épaisseur; mais Tenveioppe générale et les enveloppes secondaires sont ici plus épaisses et plus résistantes. Dans les tendons, les faisceaux restent parallèles; dans les aponévroses, ils se croisent pour la plupart à angle droit. Dans un grand nombre de ligaments, dans le périchoiidre. dans la sclérotique, dans la tunique albuginée, etc., ils ne suivent aucune direction déterminée. Dans tous ces dérivés aussi, il exisie des cellules et une quanfifé variable de substance amorphe.

§ 3. — Des systèmes.

Nous avons vu que les cellules, en se modifiant dans leur forme et se groupant dans un ordre déterminé, donnent naissance aux tissus. Ceux-ci, en se groupant à leur tour, donnenl naissance à des parties semblablement constituées: c'est à ces parties similaires, considérées dans leur ensemble, que s'applique la dénomination de système. La première question que soulève l'étude des systèmes est relative à leur dénombrement. Nous nous occuperons ensuite de leur classification.

1*^ Dénombremeat de« mjmtém^m. — Le nombre des systèmes ne saurait êlre déterminé avec précision. Aussi les auteurs qui ont cherché à résoudre ce difficile problème sont-ils arrivés à des résultats très difîéivnts. Deux conditions principales s'imposent à l'observateur qui procède ft ce dénombrement. Il importe, d'une part, que les parties constituantes de chaque système présentent un caractère suffisant de généralité; et, d'autre part, qu'elles soient bien réellement similaires. En s'appuyant sur ces deux principes, on ne tanle pas î\ reconnaître que. parmi lessys-

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