II PRÉFACE
suivre, et resta ainsi dans un état d'infériorité qu'on ne saurait méconnaître.
Cependant vers la lin du dix-huitième siècle, quelques hommes éminents apparaissent et une ère toute nouvelle semble alors s'ouvrir pour elle.
Vicq d'Azir publie son splendidc ouvrage sur l'encéphale. E. Geoffroy Saint-Hilaire jette les bases de l'anatomie philosophique. Bichat nous donne ses recherches sur la vie et la mort, son traité des membranes, puis son traité d'anatomie générale ; et déjà il avait conçu le projet de reprendre par sa base tout l'édifice médical, lorsque la mort vint l'arrêter dans sa généreuse audace, en le frappant à trente-deux ans. Des travaux si nombreux et d'une si haute importance, publiés dans l'espace de quelques années, au début de sa carrière, annonçaient une de ces organisations puissantes qui naissent de siècle en siècle pour l'avancement des sciences.
Bichat avait ouvert une voie féconde en soumettant à. l'analyse les systèmes et les tissus, dans le but d'arriver à la détermination des éléments qui les composent. Mais il n'avait procédé à cette analyse qu'avec des moyens insuffisants. Son œuvre, grande par la pensée qui Tinspira, et grande aussi par les résultats déjà obtenus, n'était en réalité cependant qu'une première étape dans la voie qu'il avait ouverte. Il appartenait à ses successeurs en marchant sur ses traces d'atteindre le but qu'il poursuivait et de compléter son œuvre.
L'Allemagne, dont le rôle et l'influence avaient été jusqu'alors très effacés, entra la première dans cette voie. Ce que fait le chimiste pour les corps inorganiques, elle tenta de le faire pour les corps organisés. De môme que celui-ci sépare