CONSTITUTION ET DIVISION DU SQUELETTE
Le squelette offre pour partie essentielle une colonne médiane, composée de pièces superposées et modiles appelées rertibres. Cette colonne, conformée sur le même type dans toute la série des animaux vertébrés, s'effile h une de ses extrémités, que constituent le sacrum et le coccyx^ et se renfle à rextrémité opposée pour former le crâne.
A la partie supérieure ou crânienne de la colonne vertébrale vient s'annexer la face. — De sa partie moyenne naissent les côtes, au nombre de vingt-quatre, qui s'articulent en avant avec le sternum, et qui prennent une large part à la formation du thorax. — De sa partie inférieure partent deux pièces considérables, les os iliaques, qui, se contournant sur euxmêmes et s'unissant en avant, complètent le bassin.
Des hauteurs du thorax et du sternum s'échappent horizontalement deux petits leviers flexueux, auxquels se suspendent à droite et à gauche d'autres leviers qu'on voit successivement diminuer de longueur et augmenter en nombre : ce sont les membres supérieurs ou thoraciques. Des parties latérales du bassin descendent deux nouvelles séries de leviers, un peu plus longues, mais d'une configuration analogue : ce sont les membres inférieurs ou abdominaux.
Ainsi constitué, le squelette peut être divisé, avec les anciens, en trois parties : le tronc, la tête et les extrémités.
Le tronc comprend le thorax et le bassin reliés l'un à l'autre par la colonne vertébrale, ou rachis, qui les complète en arrière. — Le thorax revêt la forme d'une cage conoide; il renferme le cœur, organe central de la circulation, et les poumons, organes essentiels de la respiration. — Le bassin se présente sous l'aspect d'une cavité infundibuliforme, largement échaucrée en avant. 11 contient la partie terminale du tube digestif, la vessie et une partie des organes génitaux.
La tête est formée en haut par le crâne, en bas et en avant par la face. Le crâne entoure l'encéphale, qu'il est appelé à protéger. Dans les cavités de la face viennent se réfugier les organes des sens, à l'égard desquels ces cavités jouent aussi le rôle d'organes protecteurs.
Les extrémités, construites sur le même type, se partagent en quatre segments qui se correspondent : l'épaule, le bras, l'avant-bras et la main, pour le membre supérieur; la hanche, la cuisse, la jambe et le
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pied, pour l'inférieur. — L'épaule se compose de deux os, la clavicule et ronioplate. Unies l'une à l'autre par le sternum et par le ligament interclaviculaire, les deux épaules forment une sorte de ceinture ouverte en arrière. La hanche ne comprend qu'une seule pièce, l'os iliaque ou coxal, qui en s'unissant à celui du côté opposé forme aussi une sorte de ceinture. — Le bras est constitué par l'humérus, la cuisse parle fémur; l'avant-bras et la jambe, chacun par deux os. — La main en présente vingt-sept et le pied vingt-six.
Le dénombrement des diverses pièces qui entrent dans la formation du squelette est facile, si l'on choisit pour cette détermination le moment où il a acquis tout son développement et où il ne présente encore aucune trace d'altération sénile. Nous verrons bientôt, en effet, que la plupart des os se développent par plusieurs points : ces os qui, parvenus à leur évolution complète, représenteront une seule pièce, sont donc formés primitivement de plusieurs pièces distinctes; si l'on procède alors à leur é numération, on arrivera à un chiffre trop élevé. D'une auire part, lorsque les os sont entièrement formés, ils tendent à se souder entre eux; à un âge plus avancé, cette énumération donnera par conséquent un chiffre trop faible; de là les résultats différents qui ont été nienfionnés par quelques anatomistes. C'est de vingt-quatre à vingl-cinq ans que le squelette arrive au terme de son développement. A cette époque, il se compose de cent quatre-vingt-dix-huit os ainsi répartis :
Colonne vertébrale ti
Sacrum et coccyx 2
Crâne 8
Face U
Os hyoïde 1
Cùtes et sternum 25
Chaque extrémité supérieure 32=&i
Chaque extrémité inférieure 30 = G0
Total 198
Dans ce nombre ne se trouvent pas compris les os surnuméraires du crâne, ou os wormiens, et quelques autres qui se développent dans l'épaisseur de certains tendons, les os sésamoïdes.
C'est au squelette que le corps est redevable de sa forme. En le recouvrant sur presque tous les points, et en opposant à ses parties les plus grêles leurs parties les plus volumineuses, les muscles en adoucissent les saillies, que la peau contribue encore à effacer. Lorsque ceux-ci s'hyperlrophient, ils les font presque entièrement disparaître. Une disposition bien différente se produit lorsqu'ils s'atrophient; quel contraste alors entre l'individu d'un tempérament athlétique et celui qu'une longue maladie a réduit au dernier degré de l'éinaciation ! Chez l'un, tout est saillie musculaire; chez l'autre, ce sonl les os qui proéminent
de toutes purts; ce qui fait relief chez le premier est excavé chez le second ; les formes sont renversées.
Le squelette détermine aussi la stature. Si l'on ajoute à sa hauteur répaisseur des parties molles du talon et de celles qui recouvrent le vertex, on reproduira celle-ci. De ce fait il ne faudrait pas conclure cependant, avec quelques médecins légistes, qu'étant donné un os, le fémur, par exemple, ou le tibia, ou même tout le membre inférieur, on )H)urra évaluer très approximativement la taille de l'individu auquel ces os ont appartenu. Pour arrivera un semblable résultat, il ne faut pas tenir compte des os seulement, mais aussi des cartilages qui sont alors desséchés ou détruits, et des disques intervertébraux qui sont détruits également. Il faudrait en outre que tous les os superposés eussent des proportions constantes, proportions qui varient avec les individus. Tenter de reconstituer la stature avec quelques-uns de ces éléments, c'est méconnaître ces variétés individuelles et introduire l'arbitraire dans une science qui plus que toute autre, réclame des données positives.
ARTICLE il
SYSTÊMK OSSEUX
Envisagés d'une manière générale et indépendamment des connexions qu'ils présenlenl, les os nous oflVent à considérer leur conformation exlérieure, leur conformation inlérieure, leur texture et leur développement.
§ l*^'. — Conformation extérieure des os.
A l'étude de la conformation extérieure des os, nous rattacherons tout ce qui est relatif à leur situation, leur direction, leur volume et leur poids; à leur configuration, aux éminences et aux dépressions ou cavités qu'ils présentent.
A. — Situation des os.
Pour déterminer la situation des os, on les rapporte tantôt aux divers plans qui circonscrivent le corps et tantôt au plan médian; quelquefois on prend en considération leui*s connexions.
Lorsqu'on les rapporte aux plans extérieurs ou limitatifs, on les distingue entre eux sous les noms de supérieur ^ inférieur y postérieur ^^ic. Ainsi, pour indiquer la position qu'occupe le frontal, nous dirons qu'il est situé à la partie antérieure et supérieure du crâne, c'est-à-dire sur celte partie de la cavité crânienne qui est la plus rapprochée des plans
aiilérieur cl supérieur du corps; nous dirons dans le inéme sens que roccipilal se trouve placé à la partie inférieure et postérieure de cette cavité, que le sacrum répond à la partie postérieure du bassin. Ce langage semble annoncer que l'os est rapporté à la cavité dont il fait partie; mais n'oublions pas que les parois de cette cavité sont rapportées elles-mêmes aux six plans extérieui*s.
Considérés dans leurs rapports avec le plan qui divise le corps en deux moitiés symétriques, les os, ainsi que tous nos organes, se distinguent en médians et latéraux, droits et gauches, internes et externes. Les os médians ou impairs sont au nombre de M et les pairs ou latéraux au nombre de 104. Le nombre total des os à étudier se réduit donc à 116. Sur les parties du squelette où il existe du même côté deux ou plusieurs pièces osseuses situées sur le même plan, les qualifications d'internes et externes font connaître leur situation relative, la première s'appliquant à l'os qui est le plus rapproché du plan médian, et la seconde à celui qui est le plus rapproché du plan latéral.
Étant donné un os impair ou médian, pour le mettre d<ins la situation qui lui est propre, il suffit de connaître les rapports qu'il affecte avec deux des plans extérieurs du corps. Mais celle d'un os pair ne peut être déterminée que par la considération de trois de ces plans.
Les connexions sont invoquées surtout pour mieux préciser la situation des os des membres. On dit, en parlant de l'humérus, qu'il est situé entre l'épaule et l'avant-bras; en parlant du radius, qu'il est situé à la partie externe du cubitus.
K. — DIrecllon des o«.
La direction des os se détermine par la situation qu'ils occu|)ent relativement à l'axe et aux divers plans du corps, et quelquefois aussi d'après celle qu'ils occupent les uns à l'égard des autres.
Rapportés à l'axe du corps, ils sont parallèles, perpendiculaires ou obliques à cet axe. Ceux des membix's suivent pour la plupart une direction parallèle; ceux du tronc et de la tête une direction oblique. Ces expressions toutefois ne doivent pas être prises dans un sens absolu, car il n'existerait aloi's que des os plus ou moins obliques. Ceux du bras et de l'avant-bras, de la cuisse et de la jambe, considérés comme parallèles au plan médian, ne sont jamais exactement verticaux; les os de l'avant-bras, par exemple, s'inclinent en dehors; le fémur au contraire s'incline en dedans. L'os hyoïde, la clavicule, la première côte, rangés au nombre des os perpendiculaires à ce plan, s'inclinent aussi chacun dans un sens difTérent. Mais, de même que les premiers se rapprochent i)eaucoup de la verticale, de même les seconds se rapprochent beaucoup de r horizontale.
Après avoir défini la direction générale d'un os ou de tout autre organe en le rapportant à Taxe du corps, si Ton veut exprimer celle-ci avec plus de précision, on la rapporte au plan médian et aux plans périphériques. En faisant intervenir cette nouvelle donnée on dira, à propos des clavicules, qu'elles se dirigent horizontalement du plan médian vers les plans latéraux, ou plus simplement de dedans en dehors; en parlant des métatarsiens, qu'ils se portent horizontalement du plan postérieur vers l'antérieur, ou d'arrière en avant ; en parlant des côtes, qu'elles s'inclinent du plan postérieur vers l'antérieur et du supérieur vere l'inférieur, c'est-à-dire d'arrière en avant et de haut eu bas.
On voit, parce dernier exemple, que lorsqu'un os ou tout autre organe présente une direction oblique, quatre plans au moins doivent être pris en considération pour indiquer le sens de son obliquité. Quelquefois cette obliquité est triple; six plans alors interviennent pour sa définition. Dans l'énuraération de ces plans, on peut prendre pour point de départ Tune ou l'autre extrémité de l'organe; mais il importe de procéder toujours de l'extrémité par laquelle on a débuté vers l'extrémité opposée.
Comparés entre eux sous ce point de vue, les os s'inclinent diversemont les uns sur les autres et tendent, lorsqu'ils sont fixes et multiples, à circonscrire des cavités : ainsi se constituent les cavités orbitaires, les fosses nasales et les trois cavités splanchniques.
Considérés en eux-mêmes, les os différent beaucoup par la direction de leur axe ou de leurs surfaces. Il en est qui sont légèrement courbes, comme le fémur; ou arciformes, comme les côtes; ou flexueux, comme les clavicules; ou tordus sur leur axe, comme certains os des membres; ou concaves d'un côté et convexes de l'autre, comme ceux du crâne; ou irrégulièrement contournés, comme ceux du bassin, etc.