‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 7 sur 219 · PRÉFACE. VU · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VU

Le sentiment de ces difficultés accumulées sur sa route et le désir de lui venir en aide ont inspiré la pensée de joindre à la description des organes des planches qui les représentent.

Les planches ont-elles rendu à la science tous les services qu'elle en attendait? La controverse qui s'est élevée à ce sujet aurait duré moins longtemps si la question eût été posée dans ses véritables termes. Or elle me paraît devoir être ainsi posé.e : les bonnes planches sont-elles utiles ? Tous les esprits sensés seront sans doute d'accord pour répondre affirmativement. Ce premier point résolu, pour apprécier les services que la lithographie et la gravure ont rendus aux sciences naturelles et plus particulièrement à Tanatomie, il suffirait d'établir la proportion des bonnes et des mauvaises planches. Il est certain que les premières sont assez rares ; les secondes sont incomparablement les plus nombreuses. De ce fait faut-il conclure qu'elles ont été plus nuisibles qu'utiles ? Cette conclusion ne serait pas légitime. Si les bonnes planches sont rares, les bonnes descriptions le sont aussi : or, parce qu'on a souvent mal décrit, faut-il donc cesser de décrire? Soyons moins exclusifs ; ne repoussons que ce qui est nuisible ; perfectionnons ce qui peut l'être, et conservons ce qui est utile.

Il importe, du reste, de bien définir le degré d'utilité des planches afin de n'en pas exagérer l'importance et d'éviter l'emploi abusif qu'on pourrait en faire.

Ainsi considérées, elles sont utiles aux élèves en leur exposant sous une forme plus saisissante les rapports des principaux organes, et les détails souvent compliqués de leur structure.

Elles sont utiles au médecin et au chirurgien, qui, entraînés dans le tourbillon de la vie active, voient trop souvent des connaissances péniblement acquises s'effacer peu à peu de

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leur mémoire, et qui les consultent alors pour ranimer leurs souvenirs.

Elles sont utiles, en un mot, à ceux qui ont demandé à l'observation tout ce qu'elle peut donner, à ceux qui ont vu ce qu'ils ont appris. Elles sont inutiles et souvent nuisibles dans les conditions opposées. Malheur à l'élève qui, n'ayant rien vu et ne voulant rien voir, tenterait de substituer une pâle imitation de la nature à la nature elle-même ! Des notions assises sur une telle base n'auraient ni plus de valeur, ni plus de durée, que ces figures qu'on trace sur le sable mouvant, et qui s'effacent au premier souffle. Ne demandons aux planches que les services qu'elles sont destinées à nous rendre; associons-les, mais ne les substituons pas à l'observation.

Je dois des remerciements aux artistes qui ont bien voulu me seconder de leur talent. Je les transmets à MM. Léveillé, Lackerbauer, Karmanski, Beau et Bion, pour les dessins si étudiéset habilement exécutés qu'ils m'ontremis ; àMM. Salle, Rapine et Vermorcken, pour le mérite dont ils ont fait preuve dans la gravure de ces dessins; à tous, pour l'obligeance extrême qu'ils ont mise à retoucher l'œuvre sortie de leurs mains, aussi souvent que je l'ai désiré. Je prie MM. A. Delahaye et E. Martinet d'agréer l'expression de mes sentiments de gratitude : le premier, pour les sacrifices qu'il s'est imposés, le second pour les soins qu'il a apportés dans l'impression des quatre éditions de cet ouvrage.

CONSIDERATIONS GENERALES

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