‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 228 sur 390 · II · texte numérisé non relu

II

U9% ANGIOLOGIE.

B, Du péricarde*

Le péricarde est une membrane fibro-séreuse qui entoure le cœur sans \r contenir dans sa cavité.

Cette enveloppe se présente sous la forme d'un cône irrégulier dont 1 du est à peu près vertical, et dont la base se dirige en bas.

A. Dimensions, — L'étendue verticale et transversale du péricarde •!•' . être déterminée avec précision. Il s'étend dans le sens vertical de la hue c> l'appendice xiphoïde à la partie moyenne de la première pièce du sien. -r son extrémité supérieure n'est éloignée de la fourchette de cet os que de il^ « 18 millimètres. Dans le sens transversal il se prolonge, du côté gaucbe : « 8 ou 10 centimètres au delà de la ligne médiane, au niveau des cinqui* th^ cl quatrième espaces intercostaux ; à 6 ou 7 au niveau du troisième: et ■ ô seulement au niveau du deuxième. A droite, il s'étend à 3 centimètres de '.: ligne médiane, au niveau des cinquième et quatrième espaces intercosu.i. et dépasse le sternum de 12 à 15 millimètres.

De ces dimensions du péricarde il suit que les cinquième et qualn^ .:. espaces intercostaux du côté gauche sont ceux auxquels il faut doontr 1. préférence dans la ponction de cette séreuse. Le quatrième plus rappr-H"^ du centre de sa cavité est celui qui me parait le plus favorable ; et <.ui£'.' au niveau de cet espace le péricarde dépasse le bord gauche du stemom : 7 centimètres en général, il con\ient pour rester également éloigné àe >extrême limite et des vaisseaux mammaires internes, de plonger les tr •. quarts à 5 centimètres environ du bord correspondant de l'os.

B. Bapports. — Par sa surface cxterue, le péricarde répond, d'une [»ir. au médiaslin antérieur, de l'autre au cœur et aux troncs vasculaires qui «: rendent ou qui en partent. Par sa face interne, il s'applique à Iui-iiiém(\ ' isole ainsi l'organe central de la circulation de toutes les parties qui 1 o: tourent.

a. Surface externe* — En avant le péricarde est en rapport : i« par s parlie moyenne ou médiane, avec la face postérieure du sternum sur pit^ que toute sa longueur et dans toute sa largeur; 2* par sa partie latcn! gauche avec les cartilages des seconde, troisième, quatrième, cinquiènk • sixième côtes ; avec les muscles intercostaux internes, et les ^-aisseaux nucr maires internes dont elle est séparée par le triangulaire du sternum; C' i w* s«i partie latérale droite avec les cartilages des quatrième et cinqui-u^ eûtes, les vaisseaux mammaires internes et le triangulaire correâpond4:.t.*- La partie médiane de la face antérieure du péricarde est séparée du sterne par une couche graisseuse; les parties latérales en sont séparées par h plèvre niédiastine, et souvent aussi par le bord antérieur des poumons.

En arrière, il répond à IVrsophage, à l'aorte, au canal thoracique, * » grande veine azygos ; en un mot, à toutes les parties contenues dam ^ iiiédiaslin poi^térieur, et plus profondément à la colonne dorsale.

De chaque côté il adhère par un tissu cellulaire lâche à la plè^TC mé<?i-> stiiie qui le sépare des poumons. Kntre la plèvre et le péricarde chenu: ■ . droite et à gauche le nerf phrénique.

Par sa base, le péricarde adhère au centre aponévrotique du diaphragme. i;n avBDl, l'adhérence est intime ; en arrière, elle a lieu par un tissu conjonctif tiès-lftche.

Par son sommet, il se prolonge sur les gros vaisseaux de la base du cœur, en se continuant en partie avec leur tunique celluleuse. Il se continue aussi avec l'aponévrose médiane moyenne du cou qui, slnsérant en haut à l'as hyoide et au corps thyroïde, le tient comme suspendu, et concourt puissamment à l'immobiliser. MM. Lannelongue et Le Denlu considèrent comme un moyen de fixité propre à cette enveloppe une lame fibreuse qui s étendrait de celle-ci aux premières côtes, en passant au devant du thymus chex le fœtus , et de ses derniers vestiges chez l'adulte. Cette lame, qu'ils appellent ligament costo-péricardique, ne me parait être que la partie terminale elle-même de l'aponévrose précédente.— En arrière, on voit une mince expansion se détacher du feuillet fibreux du péricarde pour aller se fixer aux corps de la deuxième et de la troisième vertèbre du dos.

b. Surface interne. — Comme celle de toutes les membranes séreuses, cette surface est lisse, unie, et lubrifiée par la sérosité qu'elle sécrète.

(]. Structure, — Le péricarde est composé, d'un feuillet fibreux qui constitue pour le cœur un moyen de fixité, et d'un feuillet séreux'qui représente pour cet organe un moyen de glissement. Ces deux feuillets sont intimement unis; cependant, comme ils remplissent des attributions opposées, et se comportent d'ailleurs d'une manière très-différente dans leur trajet, il convient de les considérer isolément.

a. Feuillet fibreux, — Il est mince, mais néanmoins très-résistant. C'est par ce feuillet que le péricarde se continue en bas avec le centre phrénique 'lu diaphragme, dont il a pu être considéré comme une expansion. C'est ce ffuillet aussi qui se prolonge en haut sur les gros vaisseaux du cœur, et l'articulièrement sur l'aorte, en formant à chacun d'eux un gaine infundibuliforme qui se confond avec leur tunique externe ou celluleuse.

Le feuillet fibreux est formé de faisceaux de fibres lamineuses entrecroiiéi. On ne rencontre dans son épaisseur qu'un très-petit nombre de fibres L'iastiques.

b. Feuillet séreux. — Beaucoup plus mince que le précédent, il forme un ^c sans ouverture qui s'applique par une partie de son étendue au feuillet tibrcux ; par l'autre, au cœur cl aux gros vaisseaux qui en dépendent. On peut lui considérer par conséquent une portion pariétale et une portion >i«<:érale.

La portion pariétale adhère au feuillet fibreux et s'identifie avec celui-ci, dont elle se distingue seulement au moment où elle l'abandonne pour se [»<»rler8ur le cœur.

1^ portion viscérale ou réfléchie embrasse d'abord les gros vaÎ!>seaux qui ^ur^lontent la base du cœur. Elle forme à l'aorte et à l'artère pulmonaire une gaine commune presque complète, de 2 à 3 centimètres de longueur. \ chacune des veines caves et des veines pulmonaires, elle fournit une demi-gaine qui répond à leur partie antérieure. La séreuse se prolonge ensuite sur les oreillettes et les ventricules.

500 ANGIOLOGIE.

Toute cette portion réfléchie du feuillet séreux adhère de la manière U plus intime au tissu musculaire du cœur; au niveau des Tii«giaox qui •: partent ou qui s'y rendent, l'adhérence est beaucoup plus faible, en sor.e qu'il est facile de la détacher.

c. Vaisseaux et nerfs, — Le péricarde reçoit un grand nombre d*artén«% « qui viennent des bronchiques, des diaphragmatiques supérieures ei des ^^phagiennes. Tous ces ramuscules s'anastomosent dans son épaissear. V^ > distribuent à peu près exclusivement au feuillet fibreux. — A ceiix«<i hk t> dent des veinules qui se partagent en trois groupes : deux latéranx qui ^ r. se jeter dans les veines diaphragmatiques supérieures; le troisième p-*'rieur qui se termine dans les veines azygos.

Sur le feuillet réfléchi du péricarde, on observe un riche réseau d< «a.*seaux lymphatiques au niveau des ventricules. Mais ces vaisseaux apfv^ tiennent au cœur proprement dit, et non à son enveloppe.

Les nerfs émanent du grand sympathique et des pneumogastriques. î pénètrent dans le péricarde, les uns par sa partie supérieure, la plu;- par sa partie postérieure. Ces nerfs, dont l'existence avait paru probit: ■ tique, sont très-grôles, mais assez nombreux. Ils suivent les artèrei en t .^. «stomosant entre eux dans leur triget.

§ 4. — Développement nu coeub.

Le cœur est remarquable par la précocité de son développement. A.remarque-t-on que le volume de cet organe, au début de la \ie cmbr;- naire, l'emporte très-notablement sur celui de tous les autres.

Dans la première période de son évolution , il se présente suus la kn. d'un simple canal, rcctiligne, et parallèle au grand axe de Tembry^n l sang est versé dans sa cavité par deux veines, dont l'emboachure rr(- -. • son extrémité postéro-inférieure ; il en est chassé par deux artères qui p*:tcnt de son extrémité antéro-supérieure.

Mais bientôt ce canal devient flexueux: il se contourne en S; et bies i réduit encore aux plus minimes proportions, on le voit déjà s'agitc-r : mouvements rhythmiqucs qui lui ont mérité d'Aristote le nom de pa»-saliens, A peine ébauché, il imprime au sang, à peine formé lui-mt^me, l impulsion lente, mais régulière, par laquelle s'annonce en quelque :orti . début de la vie.

D'abord très-peu accusées, les flexuosités ne tardent pas à se pruooLvL? davantage. En môme temps le cœur éprouve une torsion sur soo axe, q. « pour effet d'attirer sa courbure inférieure en arrière et à droite, en pur'.i ' la supérieure en avant et à gauche.

A celte torsion succède un phénomène plus important; lorgane se rr:t. et se rétrécit tour à tour. On voit se produire trois renflements sépaitt K deux étranglements. Le premier renflement situé à droite et en arr r répond à l'embouchure des veines : il représente les oreillrtlat dans leur t i: primitif. Le second ou renflement moyeu, représente les cvntncMiff. 1* troisième, situé à gaucho et en avant, constitue le 6u/^ de l'aorte. Dei d. \

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