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82 MYOLOGIE.
Quelques muscles lisses possèdent cependant une coloration rosée ou n»ugcfttre, ainsi qu'on peut le constater sur les fibres de la face antérieure de la vessie , sur celles qui longent la petite courbure de l'estomac, sur If plan longitudinal du rectum. Mais cette teinte s'aflaiblit et disparaît a mesure qu'on se rapproche de la suface interne des viscères ; la courhr musculaire profonde de la vessie, de l'estomac, du rectum, contraste singulièrement sous ce point de vue avec leur couche superficielle.
La consistance de ces muscles présente une fermeté dont ils sont redevables en partie à leurs fibres, en partie à leur charpente celluleuse, et en partie aussi à l'entrecroisement des faisceaux qui les composent Pour juciT des avantages qu'ils retirent de cet entrecroisement au point de \ue de h résistance, il suffit de comparer la couche plexiforme sous-muqueu»* de l'estomac et des intestins au plan longitudinal ou au plan circulaire de li couche sous-séreuse ; la première, bien que beaucoup plus mince, est douir d'une force de résistance très-supérieure à celle que possède chacun de <v« plans. Dans les muscles à fibres striées, la résistance est en raison du nombiv des fibres ; dans les muscles lisses, elle est due beaucoup moins aux fibrf^ elles-mêmes qu'à leur mode d'arrangement. Lorsque les viscères dont ûfont partie se distendent, ils opposent donc à la cause qui les dilate det:\ forces Irès-difTérentes : une force toute physique ou passive, qui est ccm-idérable lorsqu'on la compare à leur peu d'épaisseur, et une force vitale •*.. acti\o, A l'aide desquelles ils réagissent contre l'effort dilatateur.
L'extensibilité est une de leurs propriétés les plus remarquables. Uiv « ici pour attributs l'étendue très-considérable qu'elle présente, et la rapidri** avec laquelle elle peut être mise en jeu.
IH)ur a\oir une juste idée de son étoudue, il faut comparer: l'estomac \'u\f t*t fortement rétracté à l'estomac plein et occupant la plus grande partirde la ca\ité abdominale ; les intestins dont les {>arois sont an'ai>i>«VH rt flottantes aux intestins fortement mt-téorist-s; la \essie ratatinée derrirr>: les pubi^ 'X la \essie dilatée, rt*mpUssant la caulé pelvieune et rem<mtdiit \t'rs l'ombilic; les uretères A 1 état normal, égalant à peine le volume d u:if plume d'oie, aux uretères atteignant presque le calibre de l'intestin gn > dans certaines rétentions d'urine. 11 resuite de cette grande eitensibi!.'» dt»s muscles creux, qu'ils ne sauraient se dilater tous a la fdis; la caiile d" 1 alHiomen, bien qu elle s«>it InH-dîlataM»», refuserait de se prêtera une tmplitiou au>M générale; le \olume de 1 estomac diminue lorsque celui df? iutt*>tins et de U \essie au^meiite ; il y a, sous ce rapport , une sorte d anu- Koni^me entre U^ \isi'eres de la moitié supérieure et ceux de la m« •!'.«* inferieurt* de U cavité abtlominale.
Les nivi^*l«*s \is4 »»raux |Ki>M*nt quelqueft»is brusquement de l état de n»lr* î à une dilal^tt* u (»'us «mi m<>iiw grauile : c\st ce qui a lieu p«Hjr l'e^tiMDi . .1 U s'.iiîe d une o»:»:eu?e îiue^tion de liq .ide<: p«mr les ii2t(*>tin5, s«ius 1 1::tlui'ii* e d uu ctrin^î-meiit hornuire : p* ur U \e<sie, li»rsqu <m la dilate ar»ihcie i«*uKui : j'^ur U* Kr^ium ei U* p«'ui*, lor5«^ue les déchirure» de rarer'ir*o«.iM»4«.>iine:it une uitiltr«tK>u d urine; pour les parois de» reines, l«irv)u un vlx-lM*^ »o^'j'*'*f AU [••i'^^a-f»' du »<in^, etc.
Si Textensibilité est mise en jeu par une cause d'une action plus lente, mais indéfiniment prolongée, deux phénomènes opposés peuvent se produire. Tantôt les muscles luttent d'énergie contre la cause qui les dilate, et alors ils s'hypertrophieat : c'est ce qui a lieu pour la couche musculaire de la vessie et des uretères chez les vieillards affectés de rétention d'urine, d pour celle des veines chez les individus affectés de varices. Tantôt ils > atrophient au contraire ; la trompe utérine , oblitérée à son orifice interne l't transformée en kyste, la vésicule biliaire oblitérée aussi à son orifice et dilatée parle liquide exhalé de ses parois, etc., sont autant d'exemples de 1 atrophie qui se produit, lorsque l'extensibilité des muscles a été portée ou delà de ses limites naturelles.
Vélasticitéy dont l'importance a été généralement méconnue, est proportionnelle à l'extensibilité. Elle prend par conséquent une part considérable au retrait des viscères. Ce n'est que sur le cadavre qu'on peut en apprécier toute l'étendue, parce qu'elle se trouve alors isolée et dégagée, en quelque sorte, des propriétés qui compliquent son étude pendant la vie. 1^, si après avoir insufflé l'estomac, les intestins, la vessie, les vésicules ^minales, etc., on ouvre une large issue à l'air atmosphérique, aussitôt tous ces viscères se rétractent, et reviennent au volume qu'ils avaient avant I insufQation. Ce retour à leurs dimensions premières est dû uniquement k )«'ur élasticité. Sans doute les muscles n'en sont pas le siège exclusif, mais il5 PQ sont très-certainement les principaux agents. Lorsque ces organes se dilatent, ce n'est donc nullement par leur contractilité qu'ils réagissent d abord, c'est par leur élasticité. De ces deux propriétés, la seconde supplée la première le plus habituellement; celle-ci n'intervient que de temps en ir'fflps, et s'accuse alors par des caractères qui lui sont propres.
B. — PropHéICt ¥llalM.
La contractilité est pour les muscles lisses, conmie pour les muscles striés, leur propriété la plus caractéristique, celle qui domine toutes les autres. Les phénomènes qui se produisent pendant la contraction dès premiers ne diffèrent pas du reste de ceux qu'on observe pendant la contraction des 3**conds. De part et d'autre, on voit les fibres musculaires se raccourcir, le muscle augmenter d'épaisseur, et sa consistance passer de la mollesse qui lui est propre à une dureté plus ou moins grande.
Mais si les phénomènes concomitants ne diffèrent pas, le mode de i-'iotractilité diffère beaucoup. Soumis à l'action des excitants, les muscles »lriés se contractent presque aussitôt, arrivent vivement à leur maximum de raccourcissement, et reviennent avec la même vivacité à leur longueur première dès qu'on suspend l'excitation. Placés sous l'influence des mêmes igents, les muscles lisses se montrent d'abord peu sensibles à leur action ; puis ils se contractent avec une force et une vitesse croissantes; et si l'on retire l'excitant, la contraction continue quelque temps encore, en diminuant peu à peu d'intensité. — Ainsi, d'un côté, la contraction commence ^t finit avec l'excitation; le raccourcissement est rapide, l'allongement
8^ IIYOLOGIE.
rapide aussi : ~ de Taulre, la contraction se fait attendre, et funit quelqi:*»* instants au retrait de l'excitant ; elle est plus lente, plus prolong<^> . cr<*it et décroît graduellement. En outre, sur quelques o^nnes, comme 1 intt'^ti'), elle occupe un espace plus étendu que le point excité , et s opère d unmanière successive, ou de proche en proche, comme chei certains in%«*r* téhrés, d'où le nom de contraction vermiculaire sous lequel elle est tlnr^ désignée.
Le mode d'excitahilité est très-différent aussi pour les deux s}»!!^!!)*-musculaires. Nous avons tu que les muscles de la \ie animale se contrtct»!it rivement et en masse lorsque l'excitation est portée sur les nerfs moteon: faihiement au contraire, et partiellement, lorsqu'elle porte sur leurs fibnr». Les muscles de la ne organique se comportent d'une manière diamctral*ment opposée : leurs contractions sont faibles lorsque l'excitant est appliquer à leurs nerfs ; beaucoup plus accusées lorsqu'il est appliqué directement 4 leur surface.
A ces différences, vient s'en ajouter une dernière bien autrement imp«Ttante. Les organes actifs de la locomotion sont subordonnés à l'empire d*- U volonté ; leurs contractions sont lentes ou rapides, faibles ou fortes, «4iutf • nues ou intermiîtenies; elles se modifient, en un mot, comme la %ulonv dont elles reproduisent, pour ainsi dire, toutes les fluctuations. Les mu^A U « viscéraux échappent au contraire à son influence, d'où la distinction «i* r deux systèmes musculaires en volontaire et involontaire. Tous deux cep** r.dant sont subordonnés au centre nerveux ; mais sur celui de la vie animai son action est directe ; il commande et les muscles obéissent. Sur celui d* la vie organique, elle est indirecte ou consécutive aux impressions parti* « des viscères, impressions dont nous n'avons pas la conscience; après a\< .r re^*u une impression, l'axe cérébro-spinal réagit sur les muscles anne\»> ^ ceux-ci, en sorte qu elle semble se réfléchir, en quelque sorte, de Ion:.)* • central vers son point de départ : c'est à cette action indirecte qu on a don:M le nom d'acti(m réflexe. Considérés dans leur relation avec le centre ner%e .\. il existe donc entre les deux systèmes musculaires celte différence ft>n<ij mentale, que l'un est subordonné sans condition à son influence, et q'^' l'autre ne lui est subordonné qu'à la condition d'un appel préalable.
La tonicité a re<;u des attributions qui lui sont propres, et qui ue ixr. mettent de la confondre, ni avec la contractilité, ni a\ec l'élasticité, l est spécialement chargée de présider au resserrement des viscères, au\q i* .« elle communique une tendance continuelle ù revenir sur eux-mêmes, rt ^ trouve ainsi dans un état d'antagonisme constant avec les substance'^ q .. les parcourent. Ix)rsqu'ils sont dilatés par ces substances, t''e»t la Umu i\' qui applique leurs parois à celles-ci, et qui les maintient dès le début illeur dilatation dans un état de tension. C'est à la tonicité qu'est due r«Hi-! . siou des orilices de l'estomac après l'ingestion des matières alimetiiair'^. C'est elle qui tient aussi sous sa dépendance le sphincter de la vessie, t*l q . permet aux urines de s'accumuler temporairement dans ce réservoir.
1^ tonicité est dont* iM)ur les muscles lisses, comme pour les mu^ •« striés, une force constante. Klle diffère sous ce point de vue de la cootra -
dlité, qui n'Intervient que de temps en temps, dans un but déterminé. Ainsi, par exemple, pendant la digestion stomacale, les parois du viscère étant appliquées aux substances aliment^res par la tonicité, celles-ci s'imprègnent du suc gastrique destiné à les dissoudre ; lorsqu'elles en sont suffisamment imbibées, la contractilité intervient pour déplacer les matières ingérées, en ri>roulant les superficielles vers le centre, et en ramenant les centrales vers la superficie. Ce but atteint, elle cesse d'agir jusqu'au moment où les nouvelles couches superficielles, pénétrées par la liqueur dissolvante, devront être à leur tour remplacées par d'autres. — Ces deux propriétés sont placées >ous la dépendance du système nerveux. Après leur paralysie, les muscles (reu\ n'ont plus aucune tendance à se rétracter: c'est pourquoi chez les {paraplégiques, il y a incontinence d'urine ; c'est pourquoi aussi après la mort les parois des viscères sont flasques et flottantes, et non plus tendues comme elles l'étaient pendant la vie.
La tonicité se rapproche de l'élasticité par la permanence de son action. Os deux forces, pendant la vie, se trouvent toujours associées ; la mort les M^pare en supprimant Tune et respectant l'autre, qui persiste autant que liolégrité des muscles.
La sensibilité des muscles viscéraux est fort obscure. Celle des muscles >lriés s'accuse par la sensation de fatigue que déterminent des exercices \ioleDts ou trop prolongés, par la douleur qui succède à leur déchirure, par celles surtout qu'occasionnent Jes crampes et le rhumatisme. La sensibilité des muscles lisses ne se révèle dans aucune de ces conditions d'une manière bien manifeste. Mais remarquons que les circonstances pouvant contribuer à déterminer la sensation de fatigue, sont aussi rares pour eux qu'elles sont fréquentes pour ceux de la vie animale. Ces derniers étant soumis à l'influence de la volonté, nous pouvons prolonger leur exercice et le pousser jusqu'à l'abus, c'est-à-dire Jusqu'à fatigue; les autres, étant involontaires. De se trouvent exposés ni aux mômes excès, ni aux conséquences qu'ils entraînent. Peut-Ôtre cependant pourrait-on rapporter, en partie au moins, A cet ordre de sensation, le sentiment de malaise qui se produit pendant le^ efforts du vomissement, et ces douleurs si vives qui accompagnent chez U femme les violentes contractions de l'utérus au moment de l'accouchement. Peut-être aussi convient-il d'y rattacher le sentiment de satiété qui l'oîDcide avec la distension de l'estomac, le sentiment d'angoisse qu'on observe chez les individus affectés de rétention d'urine, lorsque la vessie est Molenunent distendue, la douleur qui résulte du météorisme des intestins, etc.