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DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL

Envisagées dans leur ensemble , les artères nous offrent à étudier leur conformation extérieure, leur structure et leurs propriétés.

§ 1. — Conformation extérieure des artères.

L'étude générale de la conformation des artères comprend : leur mode d'origine ; leur situation, leur direction et leur forme ; leurs rapports ; leurs communications ou anastomoses; leur mode de terminaison; et leurs \ariété8 ou anomalies.

Â. Origine des artères.

Après avoir pris naissance dans le cœur par deux troncs principaux, les artères naissent les unes des autres, de telle sorte que chacune d'elles Joue tour à tour le rôle de branche et de tronc générateur.

Les troncs principaux naissent au niveau des grandes segmentations du corps. Du soomiet du thorax s'élèvent trois gros troncs destinés à la té te et au\ membres thoraciques. Au niveau des dernières vertèbres lombaires, où l'axe \ertébral semble se diviser pour produire les extrémités inférieures, le système aortique fournit deux troncs volumineux qui leur correspondent. Dans CCS membres même correspondance : ainsi, au devant de l'articulation sacroiliaque, on observe une première grande division ; au devant de l'articulation de la hanche, une seconde; au voisinage de l'articulation du genou, une trl■i^ième; au voisinage de celle du pied avec la jambe, une quatrième; et co rapport se reproduit ou plutôt se prolonge au niveau des métatarsiens et des phalanges. Il en est de même pour les membres supérieurs, dans

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lesquels cependant les grandes divisions artérielles correspondent wtÂm régulièrement aux espaces interarticulaires. On peut ayancer d'une OÈUùtrt générale que les principales divisions du système artériel sont snbofd<4inées h celles du squelette, ou en d'autres termes, que les principaux Irooa ont leur origine au niveau des principales articulations* Sous ce point de vue r homme et tous les vertébrés offrent une analogie éloignée avec k» animaux les plus inférieurs dans lesquels le système vasculaire » de mêav que leur organisation entière, se compose d'une série de pièces identiqut^ soudées ou articulées entre elles.

Les troncs secondaires ou les branches n'ont rien de fixe dans leur ungine. Les variétés qu'ils présentent à cet égard portent à la fois et sur li-^ vaisseaux qui appartienent à des parties différentes, et sur ceux qui se ài»tribuentà des parties semblables considérées chez le même indÎTido -c chez des individus différents ; ainsi les branches qui naissent de Yêrtirt crurale ne présentent pas toujours la même origine à droite et à gauche, et elles variant pour chacun de ces côtés chez les divers sujets.

Le mode d'origine des troncs et des branches n'est pas le même. — Le» troncs naissent à angle aigu d'un tronc plus rapproché du cœur : ib m* succèdent comme des séries de canaux qu'on voit successivement dimim^ de calibra et augmenter de nombre.— Les branches naissent des pr6céd4"nti sous une incidence très- variable , mais en général moins oblique , qneiqù*^ fois môme perpendiculaire à l'axe de ceux-ci. Chaque tronc principal àoiiir donc naissance :

1^ A deux branches terminales qui vont jouer le rôle de troncs prindpsui dans d'autres parties du corps plus éloignées du centre circulatoire ;

2* A des branches collatérales plus ou moins nombreuses qni s^épul^* ".! dans les organes voisins.

Les premières par leur direction et leurs dimensions rappellent le tn>s>. générateur qui en réalité no fait que se réduire et se dévier légèrenK^'. pour se prolonger dans chacune d'elles. Les secondes, au contraire, ca diffèrent notablement sous ce double point de vue.

L'angle d'incidence sous lequel les branches terminales et les brawb^ collatérales se détachent du vaisseau qui les produit, n'est pas sans infloeotp sur la rapidité du cours du sang. Il est facile de pressentir que plus k< angle sera aigu, plus il deviendra favorable à la circulation ; car deux %«:seaux ne sauraient naître sous un angle très-aigu sans présenter au at^eu de leur séparation un croissant taillé en coin dont le bord concave on tnochant coupe la colonne liquide, à l'instar de ces doubles plans iDclioés q*. les ingénieurs font construire en tète des piliers qui supportent les arrb'^ d'un pont. Ce croissant a reçu le nom d'éperon. Si l'on incise les parob d'ao^ artère au niveau de sa bifurcation, on voit cet éperon s'avancer en quelq^K sorte au devant du courant, et le diviser en deux courants secondaires q i se dévient très-peu de leur direction primitive. A l'origine des artères o»!litérales, l'éperon est d'autant moins saillant qu'elles se détachent du tr/oc principal sous un angle plus ouvert.

Toutes les divisions du système artériel, les plus volumineuses coome !^ plus grêles, sont soumises dans leur origine A de nombreuses et fréqueulr-

variétés qui Tiennent souvent modifier leur situation, leur direction et leurs rapports. Ces variétés ou anomalies ne sauraient trop fixer Tattention du ( hirargien qui puisera dans leur connaissance un nouvel élément de sécurité; car les connaître c'est les prévoir; et les prévoir c'est constater leur mblence ou leur non-existence avant ou pendant le cours d'une opération. Nous reviendrons plus loin sur leur étude et nous chercherons à en déterminer les causes.

B. SiiwUiony volume^ dtrectton, forme des artères,

1« Situation. — Une tendance constante à s'éloigner des parties superfi- ( îi'IIes pour se réfugier dans les interstices des organes les plus rapprochés d«> 1 aie du tronc et des membres, telle est la loi qui détermine la position •1<'« artères. C'est en vertu de cette tendance qu'on les voit se dévier au voisinage des articulations pour venir occuper le côté de la flexion, où elles trouvent un abri sûr contre toute cause d'élongation violente; dans cette situation, elles sont protégées aussi contre l'action des corps extérieurs, soit par l'attitude naturelle, soit par les mouvements en quelque sorte instinctifs 'i<* nos membres.

2* Volume. — Le volume des artères est généralement en rapport avec celui 'l'y organes auxquels elles se rendent ; mais il est subordonné aussi aux fonctions qu'ils remplissent et au degré d'activité qu'ils possèdent. La plupart des etmdes reçoivent des artères volumineuses ; et l'importance de celles-ci est pr.'ipf^rtionnelle en général à l'abondance du liquide sécrété : voyez le \ lume considérable de l'artère rénale , et celui relativement très-minime d«' l'artère hépatique; la peau et les muqueuses, la muqueuse gastrique et la muqueuse intestinale surtout, sont extrêmement riches en artérioles, paiYo qu'elles sont riches aussi en glandules.

le calibre des artères tend du reste constamment à s'accroître; elles sont Petites chez l'enfant, volumineuses chez le vieillard. Sous l'influence de lâge, leurs parois se dilatent d'une manière lente, mais continue.

•l' Direction. ^\*es artères suivent en général le gi'and axe des régions qu elles traversent. Dans les membres elles sont longitudinales, et par conséquent parallèles aux os et aux muscles. Ce parallélisme toutefois est moins pirfait pour les premiers de ces organes que pour les seconds. Nous avons ^u, en effet, que les vaisseaux artériels se dévient au voisinage des extréiniiés articulaires pour se porter du côté de la flexion ; cette déviation ne aurait s'accomplir sans incliner l'axe des artères sur celui des os longs; en s ajoutant ces inclinaisons successives donnent naissance à une courbe spi- ^^«le, de telle sorte que les principaux troncs artériels, bien qu'ib soient longitudinaux, s'enroulent autour des colonnes osseuses qui forment l'axe (li's membres et répondent par leurs extrémités à des plans diamétralement ''PP<>$és; c'est ainsi que la principale artère des membres abdominaux corh'spond tour à tour à leur côté antérieur, interne et postérieur; tandis que «elle des membres thoraciques, d'abord interne, puis antérieure, devient vxterne dans sa partie terminale.

506 AKGIOLOGIE.

Aux dernières limites des membres où les arliculatlons quoique plu» a • tipliées se fléchissent toutes vers le même plan, on Toit la direction '^vaisseaux artériels devenir plus régulièrement parallèle à celle des os : t- • sont les artères situées dans les espaces intermétatarsiens ou ialermetAt^-piens, et celles qui côtoient les phalanges ; telles sont aussi les artèie» ^ » ibritent sous le bord inférieur des côtes.

Considérées en elles-mêmes et non plus dans leurs rapports a%ec W? ••:ganes qui les entourent, les artères sont en général rcctllignes. Cette d.*.»sition est celle qu'elles présentent toutes les fois qu'elles traversent de« « :ments du corps dont les dimensions décroissent graduellement. Mais *i ' appartiennent à des sections dont les dimensions s'agrandissent au d-« d'elles, alors on les voit s'infléchir et décrire des courbures ou arcadA : la convexité desquelles partent un certain nombre de branches à iir lion rectiligne. Nous trouvons des exemples remarquables de ces int)* \. artérielles à la paume de la main et à la plante des pieds, où les memi r -^ après s'être graduellement réduitsjusqu'à la hauteur du poignet et des ::• léoles, diminuent d'épaisseur pour s'élargir de plus en plus Jusqu'i ' terminaison. La plupart des viscères abdominaux suspendus au deva' t . rachis par des liens très-étroits à leur insertion, mais dont la sup«*r s'accroît considérablement d'arrière en avant, reçoivent des artères qu. . crivent dans l'intérieur de ces replis, une, deux, trois et même quatre k . d'arcades, avant d'arriver à leur destination. Ces arcades ont é\idemi& pour usage de multiplier le nombre des branches vasculaircs et de rr ^ riser ainsi la distribution du sang dans les diverses parties d'un ovi. organe ou d'une même région. Mais comme les branches qu'elles fourtii-reprennent aussitôt la direction du tronc primitif, on voit qu'elles or * ment nullement le fait général que nous avons énoncé.

Ce fait toutefois comporte de nombreuses exceptions; les plus remar; blés sont assurément celles que nous offrent les artères carotides inUr. et vertébrales à leur entrée dans le crâne , où elles décrivent des ^no qu'on retrouve ensuite sur toutes leurs divisions et qui paraissent :> pour but de modérer l'influence du cœur sur le cerveau, en ralentbaacours du sang. A ces artères nous pouvons Joindre celles de Tuténif, t < des ovaires, celles des organes érectiles surtout que leur enroulement ) . désigner sous le nom d*artères hélicines.

Par les progrès de TAge, la plupart des artères qui suivaient un trajc: rtiligne s'infléchissent dans divers sens et deviennent plus ou moins sinu*" .« * On se rendra facilement compte de ces flexuosités sénlles, si l'on oocuid- r 1* que les canaux artériels sont élastiques et s'allongent chaque fois q • ventricule gauche se contracte, pour revenir à leurs dimensions prrmi- dès que cet organe cesse d^agir ; 2^ que l'élasticité en vertu de ]aqu(> • réagissent sur la cause qui les allonge, s'affaiblit peu à peu. Ces cm après avoir présenté une élongation intermittente comme les cootnc du cœur, deviennent donc le siège d'un allongement permanent, qui se manifester par des sinuositéS) puisque l'espace qu'ils occupent ne MLr< s'agrandir, [/apparition de semblables flexuosités sur les artères coiot. ordinairement avec leur dilatation qui dérive de la même causo.

En même temps qu'elles s'allongent et se dilatent, les artères deviennent *i* siège de dépôts athéromateux et calcaires irrégulièrement disséminés dans répaisseur de leurs parois. Quelquefois les dépôts calcaires se multiplient assez pour envahir toute leur circonférence sur une étendue indéterminée ; elles prennent alors l'aspect d'un canal osseux, canal dont la fragilité pi »urrait avoir les plus funestes conséquences au terme moyen de l'existt^nce, mais qui entraîne moins de dangers dans la vieillesse extrême, où l homme est condamné au repos par la débilité de ses muscles.

h*' Forme. — Les vaisseaux artériels sont cylindriques. Les branches, de plus en plus multipliées qui s'en détachent, semblaient annoncer une diminution graduelle de leur calibre et une forme conique; il n'en est aucun t ependant qui présente ce mode de configuration. Le diamètre des artères mesuré à leur origine et à leur terminaison entre deux branches collatérales u offre aucune différence notable ; et dans les circonstances assez rares où une légère différence a été constatée, ce n'est pas à leur extrémité initiale que carrespondait le diamètre le plus long, mais à leur partie terminale ; dans ie cas on observe au niveau de la bifurcation du vaisseau un léger renflement. Entre toutes les artères, les carotides primitives sont remarquables a<>us ce rapport. Ce phénomène de dilatation appartient à un flge assez a\ancé, et se lie en général à la présence de dépôts de phosphate calcaire; on peot le considérer le plus souvent comme le résultat d'une altération sênile.

La forme cylindrique des artères leur permet de glisser, de rouler en q jclquc sorte sur les organes qui les entourent; de là, pour elles, la possibilité de 86 soustraire aux tiraillements de toute sorte occasionnés par le Jeu des organes actifs et passifs de la locomotion; de là le privilège dont elles jouissent de fuir au devant des causes vulnérantes, et de demeurer quelquefuts intactes au milieu des plus graves désordres ; de là aussi la facilité avec laquelle elles, se dérobent aux doigts qui la compriment lorsqu'il s'agit de prévenir l'effusion du sang pendant le cours d'une opération.

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