‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 28 sur 390 · II. — FrODUl · texte numérisé non relu

II. — FrODUl

Lt's deux muscles frontaux ont été considérés par un grand nombre d'auteurs comme formant un muscle impair, médian et symétrique. Mais 1 observation clinique et les expériences électro-physiologiques établissent de la manière la plus nette que ces muscles sont parfaitement indépendants, la paralysie de l'un n'entraîne pas celle de l'autre, ainsi qu'on peut le cunstaler dans l'hémiplégie faciale. Et si à l'exemple de M. Duchenne (de FH)ulogne], on les soumet tour à tour à la galvanisation, on voit que chacun d eux reste isolé dans ses contractions. Nous admettrons par conséquent un « fruntal droit et un frontal gauche.

Le frontal est un muscle mince et large, de Ogurc quadrilatère, étendu de l'aponévrose épicrânienne sur laquelle il prend son point fixe, vers les téguments de l'arcade surcilière qui représentent son extrémité mobile.

Insertions. — 11 nait de la partie antérieure de l'aponévrose épicrânienne par un bord convexe, formant avec celui du côté opposé un angle obtus, dunt le sommet se dirige en bas. Ces deux courbes à convexité supérieure se dessinent assez bien à travers les téguments chez quelques individus; elles se trouvent situées un peu au-dessous de la suture fronto-pariétale.

De cette origine, les fibres du muscle descendent, les internes verticalement, les autres en suivant une direction d'autant plus oblique en bas et en dedans, qu elles sont plus externes.

Panenuesàla partie inférieure du front, elles se terminent différemment. Us externes et les moyennes, beaucoup plus nombreuses, s'entrecroisent a>ec les fibres de l'orbiculairc des paupières, et avec celles du sourciller pour aller s'insérer à la peau du sourcil. — Les internes s'entrecroisent au niveau de la bosse nasale avec celles du muscle pyramidal. Aucune ligne de démarcation n'accuse les limites respectives de ces deux muscles, limites que l'anatomie est impuissante à démontrer , mais les expériences élcctro-phy- Ht)]ogiques de M. Duchenne (de Boulogne) les déterminent avec beaucoup de précision. En promenant l'excitateur sur les téguments, on remarque que lorsqu'il ne dépasse pas le niveau des sourcils, le mouvement de la peau a lieu de haut en bas; dès qu'il le dépasse, le mouvement se fait au contraire de bas en haut. Dans le premier cas, il est dû au pyramidal ; dans le second,

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au frontal. En continuant et précisant les expériences, on Onit par trou^rr une ligne neutre, sur laquelle l'excitateur ne peut plus développer aucune contraction appréciable : c'est cette ligne qui marque les limites respectiu^ des deux muscles, dont la continuité est seulement apparente (1).

Rapports. — La face antérieure du frontal répond à la peau qui lui est uni* par un tisdu cellulaire extrêmement dense. — Sa face profonde recou\n' !i* péricrâne, auquel il n'adhère au contraire que par un tissu cellulain* lt< h* . — Son bord interne, vertical et très-court, se confond sur la ligne méthri» avec celui du côté opposé. Quelquefois ces deux bords ne se touchent (*.-iv l'aponévrose descend alors jusqu'aux muscles pyramidaux qui les s<*pa^ :.' inférieu rement. — Son bord externe, plus mince, et obliquement diritr» • :. bas et en dedans, est en rapport avec le muscle temporal superficiel, qu. n'en est le plus habituellement séparé que par un très-minime intervalle.

Action. — Pour se rendre compte du mode d'action du muscle frontal, il sufflt de considérer qu'il prend constamment son point 6\e ^r ^ap<)^é\^wépicrânienne, et que les téguments de l'arcade surcilière auxquels il s'iriM-r^ inférieu rement présentent une grande mobilité.

Ce fait posé, la détermination de ses usages de\ient facile. S'il se contrat :• indét^endamment du muscle occipital, il agit ; d'une part, sur Taponé^n-M* épicrânienne , qu'il abaisse ; de l'autre, sur le sourcil et les tégument> (!•• l'espace intersurcilier, qu'il élève faiblement, son action étant alors dé« i>m- * posée. Si les deux muscles se contractent à la fois, l'aponévrose sera tendur par l'occipital ; son bord antérieur deviendra un point d'appui pour le frontal. Tout l'efTet des contractions de celui-ci se reportera donc sur son eitrrmité mobile qui s'élè\era beaucoup plus; les téguments du front se pli?^ront alors dans le sens transversaL 11 est facile de constater la simultan^itr d'action des deux muscles au moment où ce plissement se produit, en appliquant légèrement un doigt sur l'occipital , et un autre sur le frontal ; daii« ces conditions, on pourra remarquer : i"* que le muscle postérieur h> »<»(ilève lorsque la peau du front se plisse; 2"" qu'il se déprime lorsqu'elle «< déplisse.

De ce fait, il résulte que le muscle occipital, situé pour aiubi dire* a j\ antipodes de la face, n'est pas cependant sans influence sur le jeu de la physionomie. Il concourt à son expression dans une certaine limite, d 'autant plus étendue que le cuir chevelu est plus mobile.

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