‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 30 sur 390 · II. — Bomrelllcr · texte numérisé non relu

II. — Bomrelllcr

Très-court, aplati, arciformc, plus épais en dedans qu'en dehors ; situé en arrière du sourcil, dont il suit la direction, au devant de Tarcade sourcili^rr. dont il recouvre la moitié ou les deux tiers internes.

iMertions. — Le sourciller s'attache en dedans à l'extrémité interne de l'arcade sourcilière par de courtes fibres aponévrotiques. Il est séparé d<f celui du c6té opposé par un intervalle de 8 à 10 millimètres, et de la sutun* fronto-nasale par une distance un peu moindre. De cette origine il se porte en haut et en dehors dans la direction de la moitié externe du frontal siti]«> sur son prolongement, puis se recourbe et s'amincit en se décomposant en plusieurs faisceaux qui s'en détachent successivement pour aller s'insért*r a la peau du sourcil. Ces faisceaux, obliquement dirigés, s'entremêlent à ceux du frontal et de l'orbiculaire des paupières, qui vont aussi s'attacher aii\ téguments de l'arcade sourcilière, en sorte qu'il existe sur ce point un la« i* musculaire inextricable. Les plus courts se fixent aux sourcils, immédiatement en dehors de Téchancrure de l'arcade orbitaire; les plus \ou^^ s'étendent Jusqu'à l'union des deux tiers internes avec le tiers externe «ir celle-ci.

Rapports, — Ce muscle est recouvert en dedans par le pyramidal, en haut par le ftrontal , en bas par l'orbiculaire des paupières, et plus superficielle^ ment par la peau. 11 recouvre l'arcade sourcilière, dont le séparent l'artère sus-orbitaire et le nerf frontal externe.

Action. — Les sourciliers rapprochent les sourcils en les abaissanU lU plissent verticalement les téguments qui correspondent à la bosse uasal»-. lorsque leurs contractions deviennent un peu énergiques.

Remarquons que les muscles frontaux n'élèvent pas verticalement U* sourcils, mais qu'ils les attirent en haut et en dehors, et qu'ils allon^ren* ainsi les sourciliers. D'une autre pari, ceux-ci ne peuvent se contracter ta:i« attirer les sourcils en dedans et en bas, c'est-à-dire sans allonger les fri»ntaux. Par conséquent, ils dui\cnt tMre considérés aussi comme des «ntai?**nistes de ces derniers : les pyramidaux sont les antagonistes de leur uhuU*interne ; les sourciliers, les antagonistes de leur moitié externe.

Les quatre muscles de la région sourcilière peuvent entrer en acti.-'i istilément ou simultanément ; la peau qui les recouvre se plisse alors hunsontalement ou verticalement, ou dans ces deux sens à la fois. Mais on u^

culaires qui naissent, les unes de sa longue racine, les autres de chacune de ses branches. Les premières se portent on haut et en bas pour contribuer à fonner les portions périorbitaires. Les secondes se dirigent en dehors; elles contribuent à former les portions palpébrales.

La portion périorbitaire supérieure est constituée par trois ordres de fibres: l*par des fibres qui naissent de lalongue racine du'tendon ; 2° par un petit groupe de fibres qui s'insèrent sur le sommet de l'apophyse montante du maxillaire, et sur la partie correspondante du frontal; 3*^ enfin par un groupe beaucoup plus important qui part d'une ligne courbe étendue du tpndon de l'orbiculaire à l'échancrure de l'arcade orbitaire , ligne qui fait partie de la circonférence de la base de l'orbite. — Ces trois ordres de fibres forment un large faisceau, aplati d'avant en arrière, d'abord obliquement ascendant, qui se dirige ensuite en dehors, en s'élalant largement sous. la peau du sourcil, qui vient ensuite recouvrir l'arcade orbitaire externe et la partie antérieure de 1 aponévrose temporale. Les fibres qui le composent se terminent différemment. •— Celles qui viennent du sommet de l'apophyse montante du maxillaire et du coronal se portent verticalement en haut, et semblent se continuer avec le muscle frontal, dont elles ont été considérées, en effet, comme une dépendance; mais elles vont en réalité s'attacher au tégument de la tète du sourcil. — Celles qui partent du tendon de l'orbiculaire, obliques de bas en haut et de dedans en dehors, se fixent successivement à la peau du sourcil sur toute sa longueur, en s'entrecroisant avec celles du frontal et du sourciller — Celles, beaucoup plus nombreuses, qui naissent de la circonférence de la base de l'orbite, se prolongent en dehors, descendent sur l'apophyse orbitaire externe et sur la tempe, où elles se terminent en s*entrem6lant avec celles de la portion opposée.

la portion périorbitaire inférieure est formée : 1° par les fibres qui émanent de la longue racine du tendon ; 2^ par d'autres fibres plus nombreuses qui proviennent de la partie inférieure et interne de la circonférence de la base de l'orbite. Le faisceau résultant du concours de ces deux ordres de fibres se dirige en. bas et en dehors, puis en dehors et en haut, pour se terminer sur la partie antérieure de la tempe, en s'entremôlant avec le faisceau périorbitaire supérieur. Ces deux faisceaux, en apparence continus, sont donc indépendants. Les expériences électro-physiologiques de M. Duchenne (de Boulogne) démontrent cette indépendance; celui seul qu'on soumet à l'excitation électrique se contracte, l'autre reste immobile. Cependant on n'aperçoit pas au niveau de leur entrecroisement la ligne fibreuse décrite par quelques auteurs. Les fibres musculaires ascendantes et descendantes se comportent ici entre elles comme celles des frontaux et des pyramidaux ; elles se pénètrent réciproquement, puis se séparent pour s'attacher aux téguments à des hauteurs inégales.

Les portions palpébrales se composent : 1° des fibres qui naissent des divisions du tendon de l'orbiculaire; 2** des fibres qui partent de la circonférence de la base de l'orbite, immédiatement au-dessus de ce tendon. — Les fibres comprises dans l'épaisseur de la paupière supérieure décrivent des arcades dont la concavité est tournée en bas et en arrière. Pour celles qui répondent à son bord adhérent^ la concavité regarde presque directement en bas; pour

100 MYOLOGIE.

Chacune des moitiés de l'orbiculaire comprend deux portions bien distinctes : une portion située sur le pourtour de la base de Torbite, et une portion située dans l'épaisseur de la paupière correspondante. — La portion périorbitaire de la moitié supérieure répond au sourcil et à la partie aotérieuro de la tempe; la portion périorbitaire de la moitié inférieure repi^^* sur la tempe et la partie supérieure de la joue.

Vu par sa face antérieure, le muscle orbiculaire se compose donc de quatrr portions, de deux portions périphériques ou périorbitaires, et de deui portions centrales ou palpébrales. — Les deux portions périphériques sont )e« plus étendues, les plus épaisses, les plus colorées. Les fibres qui les ocMnp^»sent, s'entremôlant en dehors , semblent se continuer et décrire des cen h-^ irréguliers. — Les deux portions centrales se distinguent par des caractt^n^ opposés. Elles sont extrêmement minces, très-pAles, demi-transparentr?. Leurs ilbres ne sont pas demi-circulaires, mais semi-elliptiques. — A ce» quatre portions vient s'i^outer un faisceau accessoire, situé sur la par»i interne de l'orbite, en arrière des conduits lacrymaux : c'est laporfion iorryntah^ plus connue sous le nom de mttscU de Borner»

l«es diverses parties qui forment le sphincter de l'orifice palpébrml ne diffèrent pas seulement par la situation qu'elles occupent, mais aussi par le rùlo qu'elles remplissent et par les insertions qu*elles présentent.

iiuf rliofkt. ^ O muscle s attache : 1* par un tendon à Tapophyse montanir du maxillaire* supérieur et A la lè^re postérieure de la gouttière lacrymait*: 'i* |>ar de ot>urles fibres aponévrotiques A cette même apophyse et au tien interne de la circonférence de la base de Torbite : 3* par le muscle de Horae r A la crtMo de 1*0$ unguis (fig. 236 et 237).

Le tendon de lorbiculaire a deu\ origines ou deux pleines : Tune, antrritMire, plus longue, plus importante « qui constitue sa portûm éérftf: l'autre, pi^tèrioure, trè$<ourto, qui a re^u le nom de porfioA réfléchie.— La |M>Hiou diftH*te,ou le tendon pn^premont dit, sinsèn? sur la face e\leme «Jr l«|Mph}M* montante du maxillaire supérieur, A 2 millimètres en ded in« du lH%rd au ti' rieur de la gvnitliere lacrymale. Ce tendon se porte tFan«>er- >jiliMnout eu dehors, en pa<;$«nt au devant du sac lacrymal, qu'il coup** i angle dr^nl A 1 uiuou de s*mi tiers supérieur a^ec ses dt-ux tiers inférifur*. Na Urvi'ur e>t d un millimètre, et sa longueur d«* 6 A 7. D'abord apht: d A\ant en arrurt^, il sa^^Utit en deb>>rs. de haut en bas^ — La port! n M'fitN hîr S attacho â U îôn? p^»slerieur^ ie la g-*uîtit r*» lacrymale, c'e^t^-^itr»' a la cr>*:e de 1 1^* uî.c\ns. Ce se dirice d arrien? en a^aat en passant >ur la fa,r ,r.î« rtx du sao lacr^iuaî, q,î t*> i>-.,:r.bje A r»rnier. puis s'infléchit eii df h»r^ jK»-r > lîiv.r â la j*^rî: «r. d-.nxte c- 'ci.d.o. — Ain*i cuostitue. ceîui- «) fvvîrviu; d aN r>d sa d.Tvxti.-wn pnmiti'^c ; ma;* aprvs un CK»urt trajrt d* 3 c." r.x:rt"îs .^ ** cii>^ <rx ^eu\ ^r4n*■^:f<s *•- :'u:.*-l ea dtux gaines q :i er.-iSras** - : 'i^ *\.*. i...î> .a, nr.it jx, e: ^.:: \>:.: *< txrr a 1 txtr^mitr intfrîi»- •-^^ %ar:. ic»'> :arsc-*< l .' :c r • r. ^t ' -r^ .i u'.i.rv •. ùr i >r, à 1 r^rard dt* ««•• .tr. ^.'^ '.t r.. f £ -:■ '.. r. < ;. «•> riv» > ■ *.. fr>- i a ;:> de 1 «ril, d "U

culaires qui naissent, les unes de sa longue racine, les autres de chacune de fes branches. Les premières se portent en haut et en bas pour contribuer À former les portions périorbitaires. Les secondes se dirigent en dehors; elles contribuent à former les portions palpébrales.

La portion périorfoitaire supérieure est constituée par trois ordres de libres: 1* par des fibres qui naissent de la longue racine du'tendon ; 2® par un petit groupe de fibres qui s'insèrent sur le sommet de Tapophyse montante du maxillaire, et sur la partie correspondante du frontal ; 3*^ enfin par un irroupe beaucoup plus important qui part d'une ligne courbe étendue du tendon de l'orbiculaire à Téchancrure de Tarcado orbitaire , ligne qui fait partie de la circonférence de la base de l'orbite. — Ces trois ordres de fibres forment un large faisceau, aplati d'avant en arrière, d'abord obliquement ascendant, qui se dirige ensuite en dehors, en s'étalant largement sous. la peau du sourcil, qui vient ensuite recouvrir l'arcade orbitaire externe et la partie antérieure de l'aponévrose temporale. Les fibres qui le composent se terminent différemment. — Celles qui viennent du sommet de Tapophyse montante du maiillaîre et du coronal se portent verticalement en haut, et >eniblent se continuer avec le muscle frontal, dont elles ont été considérées, en effet, comme une dépendance; mais elles vont en réalité s'attacher au tégument de la tête du sourcil. — Celles qui partent du tendon de l'orbicu' laire, obliques de bas en haut et de dedans en dehors, se fixent successivement à la peau du sourcil sur toute sa longueur, en s'entrecroisant avec celles du frontal et du sourciller. — Celles, beaucoup plus nombreuses, qui naissent de la circonférence de la base de l'orbite, se prolongent en dehors, descendent sur l'apophyse orbitaire externe et sur la tempe, où elles se terminent en 8*entremâlant avec celles de la portion opposée.

La portion périorbitaire inférieure est formée : 1° par les fibres qui émanent de la longue racine du tendon ; 2® par d'autres fibres plus nombreuses qui proviennent de la partie inférieure et interne de la circonférence de la base de l'orbite. Le faisceau résultant du concours de ces deux ordres de fibres se dirige en. bas et en dehors, puis en dehors et en haut, pour se terminer sur la partie antérieure de la tempe, en s'entremôlant avec le faisceau périorbitaire supérieur. Ces deux faisceaux, en apparence continus, sont donc indépendants. Les expériences électro-physiologiques de M. Duchenne (de Boulogne) démontrent cette indépendance; celui seul qu'on soumet à l'excitation électrique se contracte, l'autre reste immobile. Cependant on n'aperçoit pas au niveau de leur entrecroisement la ligne fibreuse décrite par quelques auteurs. Les fibres musculaires ascendantes et descendantes se comportent ici entre elles comme celles des frontaux et des pyramidaux ; elles se pénètrent réciproquement, puis se séparent pour s'attacher aux ti'guments à des hauteurs inégales.

Les portions palpébrales se composent : l*' des fibres qui naissent des divi- MODs du tendon de l'orbiculaire ; 2*> des fibres qui partent de la circonférence de la base de l'orbite, inunédiatement au-dessus de ce tendon. — Les fibres comprises dans l'épaisseur de la paupière supérieure décrivent des arcades dont la concavité est tournée en bas et en arrière. Pour celles qui répondent À son bord adhérent, la concavité regarde presque directement en bas; pour

iO/i MYOLOGIE.

externe, au nerf qui l'accompagne, et plus en dehors à l'arcade orbital n* : en bas, au contour do la base de l'orbite, au releveur de la lèvre supérieun** au petit zygomatlque, auquel le muscle abandonne presque toujours un pctii groupe de fibres qui contribue à le former, et enfin à Tos malaire, dont f Ut recouvre la plus grande partie ; en dedans, à l'apophyse montante du maxii laire supérieur, et à la suture fronto-maxillaire ; en dehors, à l'apophyse orbitaire externe , à Fangle supérieur du malaire et à l'aponévrose du muscle crotaphite. Sur les •paupières, la face postérieure s'applique «ui ligaments larges et aux cartilages tarses. Celte face n'adhère aux os 9<iu>- Jacents que par un tissu cellulaire peu serré , qui lui permet d'exécuter de légers mouvements de glissement.

Actùm. — Fermer l'orifice palpébral, telle est la destination principal' . mais non exclusive, de ce muscle, qui joue en outre un rôle fort important dans l'absorption des larmes, dans la production du sommeil et dans l'aitr du clignement.

Le mécanisme par lequel il préside à l'occlusion de cet orifice dilTt-rt' beaucoup de celui que nous offrent les autres sphincters. Ceux-ci réponde nî par leur périphérie à des parties molles qu'ils attirent de la circonfért- lu i au centre ; dans leur état de contraction, ils décrivent une courbe circulairv. Fixé à ses deux extrémités, le grand diamètre de l'orifice palpébral conM.T\e au contraire une longueur invariable; le petit seul augmente et diminue. En s'ouvrant et ëe fermant, il ne se comporte donc pas à la manière d uo anneau qui se dilate et se resserre, mais à la manière d'une boutonnière dont les lèvres s'écartent et se rapprochent tour à tour. — Dans l'état le i»l'> habituel, les portions palpébrales seules se contractent, et sufliseut p.»ur amener au contact le bord libre des deux paupières. Ce sont elles qui ferment l'orifice palpébral dans le clignement. Les portions périorbitaire^ ti« concourent à l'occlusion de cet orifice que dans certaines conditions e\ceîtionnellcs, lorsqu'il s'agit, par exemple, de soustraire le globe de l'œil a l'action d'un corps étranger, ou bien encore lorsque nous >ouloiis le pr léger contre 1 action d'une lumière trop éclatante. Aussi voyons-nou» (»« portions périphériques se contracter violemment dans la conjonctivite, la kératite, l'iritis, et toutes les maladies qui ont pour effet de rendre la rétitte plus s4M)sible à l'impression des rayons lumineux.

\a* sphincter des paupières favorise l'absorption des larmes : i* en les diri* géant vers le grand angle de l'ceil; car toutes ses insertions ayant lieu dii côté de ce grand angle, il ne peut se contracter sans glisser sur le glt»U o<*ulaire de dehors en dedans; 2"* en dilatant par le redressement do >>n tendon le sac lacrymal, qui, ain^i dilaté, agit sur les larmes à la manière d'une petite pompe aspirante, en les attirant dans sa ca\ité par le double canal d'aspiration que lui forment les conduits et les points lacrymaux ; ;5"en comprimant datant en arrière le fluide lacrymal répandu au dexa-it du globe de l'wil, de telle sorte que ce fluide pénètre dans les canaux qui \t transmettent sur lu muqueuse des fosses nasales, d'une part |>ar aspirât ioii. de l'autre par refoulement; W en attirant les points lacrymaux en arrit-n-, et en plongeant leur bouche absorbante au milieu des larmes accumult^i

dans l'angle interne de l'œil, phénomène qui s'opère sous l'influence du muscle de Homer.

Ce même sphincter coopère à la production du sommeil, en interceptant le passage des rayons lumineux pendant la durée nécessaire au repos des rendions. Alors la volonté cessant d'agir, les muscles qu'elle tient sous sa dépendance cessent de se contracter, sans perdre cependant toute action sur les organes auxquels ils s'insèrent ; mais les faibles mouvements qu'ils conservent la faculté de produire sont dus à leur tonicité; et comme la force tonique est en raison du nombre de leurs fibres, il en résulte : 1** que lorsque deux muscles sont antagonistes, le plus volumineux est doué d'une tonicité prédominante, en vertu de laquelle il entraîne de son côté l'organe qui leur fournit une commune surface d'insertion; 2® que les mouvements eommu* niques à cet organe ont pour limites l'équilibre qui s'établit entre les deux forces opposées. Ainsi les diverses positions de nos membres pendant le s>^mmeO sont le résultat de l'équilibre de tonicité des extenseurs et des fléchisseurs, des adducteurs et des abducteurs, des rotateurs en dedans et de? rotateurs en dehors. De môme le rapprochement des voiles palpébraux est un état d'équilibre pour les forces toniques des muscles qui président à l'occlusion et à la dilatation alternatives de l'orifice palpébral; car ces deux muscles sont éaiinemment antagonistes. Dans l'état de veille, l'orifice reste dilaté parce que son muscle dilatateur reste contracté. Mais au moment où le sommeil commence, ce dilatateur se relâche ; les deux muscles antagonistes tombent sous l'influence de leurs forces toniques respectives , et la tonicité du sphincter étant supérieure à celle du dilatateur, les paupières se rapprochent. L'orifice palpébral se ferme donc, non parce que le sphincter M c(mtractej mais parce que le dilatateur cesse de se contracter.

Le clignement, qui a pour but de disséminer le fluide lacrymal au devant de l'œil, et qui a lieu plusieurs fois dans une minute, est un phénomène de même nature que le précédent, mais dont le mécanisme jusqu'à présent ne me parait pas avoir été bien interprété. Nos traités de physiologie les plus estimés nous disent, en effet, que ce phénomène s'opère de la manière suivante : 1* Sensation du besoin de cligner,' transmise à l'encéphale par la cinquième paire; 2^ contraction de Torbiculaire , sur lequel l'encéphale réagit à l'aide du nerf facial ; 3^ contraction consécutive de l'élévateur de la paupière supérieure, qui agit sous l'influence de la troisième paire. Ainsi le clignement serait le résultat de la contraction du sphincter palpébral, et nécessiterait l'intervention du centre nerveux, de trois paires de nerfs et de deux muscles. Dans cette théorie, le caractère distinctif de l'action musculaire a été évidenmient méconnu : toute contraction est essentiellement inter^ mittente. Quel est le muscle qui reste dans un état permanent de contrac'^ tion? Quel est celui qui reste contracté pendant une heure, une demiheure, ou même cinq minutes? Aucun. Et l'élévateur de la paupière resterait contracté et tendu depuis le moment du réveil jusqu'à l'instant où nous retombons sous l'influence du sommeil I Non, ce muscle est soumis à la loi commune; son action est intermittente comme celle de tous les organes du même ordre. Il se relâche environ une ou deux fois par minute ; et au moment de chacune de ses détentes, le sphincter, en vertu de sa force

108 MYOLOGIK.

brale, tandis que Tautre passe en arrière, pour se prolonger loules deu\ ju»qu'A la paroi externe de l'orbite.

I.e muscle orbito-palpébral est constitué par des faisceaux de fibres mti»eulaires lisses, très-nombreux, qu'on peut diviser d'après leur direction p;i externes, internes et moyens. Les externes et les internes affectent, pour U plupart, une direction irrégulièrement transversale. Les moyens, beaorou;i plus importants et plus nombreux , se dirigent de baut en bas ; dans hur trajet, tous s'envoient réciproquement des fascicules par lesquels ils s'uni^' sent, en sorte qu'ils forment en définitive une membrane plexiforme.

Bapparti. ~ Ils diffèrent pour l'élévateur et le muscle orbito-palpébnil.— L'élévateur est en rapport par sa face supérieure avec la voûte de Torbiu et le rameau frontal de la branche ophthalmique de Willis qui le croi!4f a angle très-aigu. Au-dessous de l'arcade orbitaire; il est recouvert p«r uiu arcade fibreuse, transversale, qui lui adhère et qui fait partie de l'apimi^ vrose orbitaire. — Sa face inférieure recouvre le muscle droit supéncti: qui la déborde en dehors.

Le muscle orbito-palpébral répond en avant au ligament large ée la paupière supérieure. En haut, il est séparé de ce ligament par un e$(>a<'i angulaire, dont la base répond à l'arcade orbitaire, espace que remplit u:i«* couche cellulo*adipeuse plus ou moins épaisse. En bas, il adhère à ce lu:*' ment sur une hauteur de 2 à 3 millimètres. — En arrière, il est en rapp«»rt avec la conjonctive palpébrale, qui lui est faiblement unie supérieurero<niU mais d'une manière intime inférieurement.

Action, — L'élévateur est destiné à dilater l'ouverture palpébrale. Dans rr but, il attire la paupière supérieure en haut et en arrière. Pour avoir un<> notion exacte du mécanisme de cette élévation, il importe de remarqu^T que la paupière est formée de deux segments très-diiïérents : 1* d'un segino^*! supérieur qui reste constamment immobile; 2*" d'un segment inférieur q..i est doué au contraire d*une grande mobilité. Or, comme ce segment vri concave en arrière , comme il s'applique par sa conca\ité au globe de 1 ^vA. c'est sur ce globe, en définitive, qu'il se meut. Lorsque l'élévateur se c«»ntracte, il monte de l'équateur de l'œil vers son pôle supérieur ; lorsque le muscle se relAche, il glisse du pôle vers l'équateur.

Le rôle de l'élévateur est donc facile ^ définir. Quel est celui du muM \c orbito-pulpébral 7 Ce muscle a pour usage : 1* de prolonger la concavité du cartilage tarse jusqu'à l'arcade orbitaire, en sorie que les deux surfa< **« concaves réunies représentent un quart de sphère; 2* d'attacher ce quart «i»* sphère aux parois interne et externe de l'orbite, et de l'immobiliser dans Ifsens transversal en lui laissant une parfaite mobilité dans le sens vertical ; 3* de conserver dans toute sou intégrité le mode de conformation de \\ paupière, eu sous -tendant sa moitié supérieure et profonde, comme 1«' cartilage tarse sous-tend sa partie inférieure; 4® de limiter le mouvemrn' ascensionnel de la paupière par la résistance qu'il oppose à rélé^ateiir. lorsque ce mouvement a atteint ses limites naturelles; 5* de contriburr a l'élévation de la paupière, et à la dilatation de l'orifice palpébral par le rat courcissement des faisceaux qui le composent; mais ceux-ci étant très-court>.

puisque leur plus grande longueur ne dépasse pas 12 à 14 millimètres, ils ne peuvent prendre évidemment à cette dilatation qu'une part très-minime.

§ 5. — Muscles moteurs du globe de l'obil.

Ces muscles, situés dans la cavité de l'orbite, sont au nombre de six, quatre droits et deux obliques.

Les muscles droits ont été distingués, d'après la situation qu'ils occupent relativement au globe de l'œil, en supérieur ou élévateur, inférieur ou tbaisseur, interne ou adducteur, externe ou abducteur. Mais ces dénominations ne méritent pas d'être conservées; car tous s'enroulent sur le globe oculaire, et appartiennent à l'ordre des muscles réflécbis. D'une autre part, aucun d'eux ne lui imprime un mouvement qui ait pour résultat de le déplacer; ils ont seulement pour usage de diriger l'ouverture pupillaire vers \e^ divers points de l'horizon : le droit supérieur l'élève, l'inférieur l'abaisse, l'interne l'attire en dedans, l'externe l'attire en dehors.

Des deux obliques, l'un, dans la première partie de son trajet, se porte directement en avant, puis se réfléchit au niveau de la base de l'orbite pour se diriger en arrière et en dehors : c'est le muscle grand oblique ou oblique supérieur; l'autre s'étend obliquement aussi de la base de l'orbite vers la partie postérieure et externe de l'œil : c'est le muscle petit oblique ou oblique inférieur.

L'organe central et principal du sens de la vue est entouré d'une aponévrose fort remarquable qui se prolonge sur tous les muscles préposés à ses mouvements. Après avoir étudié chacun de ces muscles, et décrit l'aponévrose orbitaire, nous considérerons dans son ensemble l'appareil moteur et suspenseur du globe de l'œil.

Préparation des muscles de Vont. — Celle qui a été faite pour l'élévateur de la paupière lirut être utilisée pour ces muscles. On la complétera en enlevant tout le tissu cellulo-adipeux qui les sépare et les entoure. Les vaisseaux et nerfs seront enlevés également^ ainsi que les )iàa]iièrfs. Afin de découvrir leur insertion postérieure , il importe de faire sauter toute la partie sop^hieure et externe du trou, ou plutôt du canal par leauel le nerf optique pénètre dans l'orbite : en renversant celui-ci d'arrière en avant, il deviendra alors facile de préparer tf tendon de Éinn, qui représente Tinsertion coniqiune aes muscles droit inférieur, droit interne H droit externe. Dans cette préparation, Taponévrose orbitaire est sacrifiée. On ne doit pro- (rén à son étude qu'après avoir pris connaissance des muscles.

A. — Des muscles de l'œil considérés en PARTicuLnsR.

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