‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 364 sur 390 · I. -^ ValMeaax irmplMUqaet des ponaMsa · texte numérisé non relu

I. -^ ValMeaax irmplMUqaet des ponaMsa

Hudbeck parait être le premier anatomisle qui ait vu et représenté les absorbants des organes de la respiration. Vingt ans plus tard, en 1675, Willis CD donna une description générale plus complète, mais empruntée à l'analomie du chien, chez lequel il liait le canal thoracique à son embouchure pour déterminer la stase de la lympbe et la distension consécutive de tous ses conduits. Au temps où écrivait Haller, ces vaisseaux avaient été bien observés dans les poumons de Thomme : car le célèbre physiologiste, sur la fui des auteurs qui l'avaient précédé, les décrit dans les termes suivants dont l'exactitude ne peut être contestée : « On dit qu'ils forment un réseau • qui suit les espaces interlobulaires, et qu'il y a autant de réseaux que de » lobules; que partout ils sont également amples et qu'ils naissent par leurs » radicules de la substance intime des poumons* > Kn 1780, ces mômes vaisseaux ont fixé à peu près simultanément lattenlion de Cruiksanck et de .Vascagni, qui en ont mieux constaté encore le trajet et les principales variétés. Enfin, plus récemment, M. Jarjavay, appelé par un concours i injecter les vaisseaux lymphatiques du cœur et des poumons, les a décrits avec plus de détails, mais sans rien ajouter cependant aux faits que nous connaissions.

Les vaisseaux lymphatiques des poumons naissent des cellules pulmonaires et se répandent aussitôt sur la périphérie de chaque lobule en l entourant d'un petit réseau à mailles extn^mement fines. De ce réseau émanent deux ordres de radicules :

Les unes descendent vers le sommet du lobule pour s'accoler à la rami* tication bronchique qui en forme le péiiicule, et remonter ensuite de la terminaison de l'arbre aérifère vers son tronc générateur*

Les autres, nées de la base du lobule et des parties voisines de cette base, se dirigent en sens opposé.

836 ANGIOLOGIE.

F^es premières, ou les radicules descendantes, donnent naissance parleur réunion à des troncs qui rampent dans l'épaisseur des poumons et qui »r dirigent vers leur racine.

Les secondes, ou les radicules centriruges, se réunissent de même et forment des troncs qui rampent à la surface de ces organes.

En ayant égard au trajet et à la situation de ces vaisseaux, on arrive doiu à les distinguer, ainsi que Tout fait tous les auleurs, en superficiels et pn»fonds. Cette distinction est fondée. Cependant il importe de remarquer qu'elle est loin d'oiïrir l'importance qu'on lui a accordée, et qu'elle a étr l^ source de quelques erreurs. Car, après avoir admis deux ordres d'abex-rbants, on s'est trouvé conduit À leur supposer une origine différcnle: a^\ profonds, on a donné pour point de départ la muqueuse des canaui bni»cliiques, tandis qu'on faisait naître les superficiels de la plèvre pulmoiuin . Mais qu'ils soient superficiellement ou profondément situés, tous présenlTit une origine semblable ; dans la profondeur, comme à la périphérie du pan n* chyme pulmonaire, ils naissent des cellules qui composent les lobules. S.- • ce point de vue, les conduits absorbants se comportent dans les organe» di la respiration comme dans tous les organes de sécrétion, où ib partn : exclusivement des lobules. Chaque lobule pulmonaire, de même que chaq i' grain glanduleux du foie, ou chaque lobe du testicule, est donc entouré d . i réseau de capillaires lymphatiques.

Pour constater dans les poumons Texistence de ce réseau, il convient i^^ choisir un poumon d'enfant de l'âge de huit à dix ans, ou, ce qui est p^ f^ rablc, un poumon de bœuf, et d'injecter avec la gélatine tous les coodtit* aérifères. Ce liquide transsudera à la surface de la plèvre et dans les «par'« interlobulaires qui se trouveront ainsi écartés et comme disséqués. Di^i^t alors le feuillet viscéral de la plèvre au niveau de quelques espaces interlobulaires et isolez avec précaution plusieurs lobules périphériques: laitf tomber un petit courant d*eau chaude sur les lobules pour liquéfier la gf '> tine qui a pénélré par transsudation dans les capillaires lymphatiq ^ répandus à leur surface, puis piquez avec un tube extrêmement acérr -.r point quelconque de cette surface, vous obtiendrez après quelques etsat> f réseau qui la recouvre.

Les radicules qui forment ce réseau naissent-elles exclusivement des * »bules? Quelques-unes n ont-elles pas pour point de départ, soit la moforv: dc3 canaux bronchiques, soit la plèvre pulmonaire?

Ia muqueuse des bronches est recouverte sur toute son élendae é i:' réseau lymphatique très-délié. Comme Fohmann et quelques obsenatr*. r modernes, J'avais observé autrefois ce réseau ; et comme eux aussi, Je n'a^ i.* pas xéussi à injecter les troncs qui en partent. J'étais donc resté daii« K doute. Mais dos recherches ultérieures, datant déjà de dix A doute ans, » r venues me démontrer que ces troncs existent bien réellement; lU t< ' même assez nombreux ; leur volume est généralement trè«-grèle. AprV« '. ronrl trajet, ces vaisseaux traversent perpendiculairement les tuniques m*.culaire et fibro-cartilagineusc des divisions bronchiques. Arrives sur « surface externe des bronches, ils marchent parallèlement à celle-ci et ^ terminent diiféremment. — Ceux qui proviennent des principales dj«i«4 •-•

se rendent directement dans les ganglions pulmonaires. — Ceux qui partent des divisions de troisième ordre et de divisions plus déliées se jettent dans les troncs lymphatiques profonds.

La plèvre fournit-elle des radicules lymphatiques? Il n'est aucun anatomiste aujourd'hui qui n'adopte, en partie au moins, l'opinion de Mascagni^ et n'admette que les absorbants superficiels des poumons naissent k la fois des lobules périphériques et de la séreuse qui les recouvre. Dans certaines injections trrs-heurcuses de la surfoce pulmonaire, on voit naître au-dessus de cette surface un réseau à mailles extrêmement fines, et tout à fait compa* rable à celui qui entoure chaque lobule considéré isolément. Ce réseau est si superficie], qu'il semble avoir son siège dans l'épaisseur de la plèvre; on pourrait croire alors que celle-ci est transformée en capillaires lymphatiques. Mais cette transformation est purement apparente : la séreuse pulmonaire s'anaincit par le déplissement de ses lames celluleuses les plus profondes» elle est soulevée par le relief des vaisseaux injectés, elle devient moins unie, elle se modifie, en un mot, dans quelques-uns de ses caractères, sans Jamais cesser d*exister par ellc>méme; la plèvre au niveau des poumons ne diffère pas de ce qu'elle est au niveau des médiastins ou au niveau des côtes. Or, sur tous ces points elle ne fournit aucun absorbant; et si elle n'en présente que sur les points où elle correspond à des organes qui en fournissent, comme le poumon et le diaphragme, il faut bien conclure que ces capillaires ne lui appartiennent pas; elle les recouvre et leur adhère, mais ne leur donne pas naissance.

En résumé, les lymphatiques des poumons émanent des lobules pulmonaires. Quelques-uns viennent des canaux bronchiques. Aucun ne vient de la plèvre.

Les capillaires qui recouvrent la base de chaque lobule périphérique communiquent non-seulement entre eux, mais avec ceux des lobules voisins; de ces communications multipliées résulte un vaste réseau qui embrasse dans les injections heureuses toute la superficie des divers lobes du poumon.

Les radicules lymphatiques émanées de lobules moins superficiellement situés produisent en se réunissant des vaisseaux plus volumineux qui serpentent autour de la base des lobules périphériques et qui forment un réseau à mailles polygonales. — Il existe par conséquent à la surface et dans la profondeur des poumons deux espèces de réseaux : des réseaux sus-lobulaires^ des réseaux circumlobulaires»

ÏAis réseaux sus-lobulaires sont constitués, dans l'état normal, par des capillaires lymphatiques. C'est sous cet aspect qu'ils se présentent sur les poumons du fœtus et sur les poumons d'adulte en état de parfaite intégrité. Mais à la suite des infiammations dont ils sont si fréquemment le siège, la lymphe contenue dans leur cavité se coagule. Les capillaires qui les constituent s'oblitèrent alors momentanément ou se rétrécissent sur certains points et se dilatent sur d'autres ; de là l'existence de ces réseaux variqueux qui ont été signalés et bien représentés par Mascagni.

Les troncules fournis par les réseaux sus-lobulaires vont se Jeter dans les > aisseaux qui circonscrivent la base de chaque lobule, c'est-à-dire dans les réseaux circumlobulaires.

838 ANGIOtOGIE.

I.es réseaux circumlobulaires sont formés de larges mailles polygoMln ^t irréguliùres encadrant la base des lobules pulmonaires et secooliuoaDtenir^ elles par des vaisseaux qui naissent de chacun de leurs angles. Ces rr«Mui sont le point de départ des troncs lymphatiques superficiels des ponoM^ri*.

Les vaisseaux lymphatiques superficiels alTectent une disposition qu'on peut résumer d'une manière générale par les propositions suivantes :

i^ Ils naissent des réseaux cîrcumlobulaires vers la partie moyenne de la face convexe de chaque lobe pulmonaire.

2^^ Ils se dirigent ensuite de la convexité vers la racine de ce lobe en p^^ sant, ceux-ci sur son bord postérieur, ceux-là sur son bord antérieur, \ri autres sur ses faces supérieure et inférieure, ou sur le sommet du pooro- '■ s'il s'agit du lobe le plus élevé.

li"* Fis demeurent rarement sous-pleuraux dans toute l'étendue de Wcr trajet; la plupart, après avoir parcouru un certain espace, se trouvent reoM;verts par la base d'un ou de plusieurs lobules; puis bientôt ils reparais^^^n' et arrivent enfin à la racine du poumon où ils se jettent dans les ganglit» « bronchiques, (^est surtout au niveau des bords antérieur et postérieur, ' ' aussi au voisinage du sommet et de la base de cet organe qu'on voit leshu:phatiques superficiels s'éloigner de la plèvre.

!i^ Ils communiquent largement avec les lymphatiques profuodf , en >*'X\' que le mercure passe simultanément dans les uns et les autres; cette (fin munication ne saurait nous étonner, puisque ces vaisseaux ont pourorici •commune les réseaux sus*lobulaires.

Les vaisseaux lymphatiques profonds du poumon suivent exai temeot • trajet des canaux bronchiques. Leur nombre, qu'il est assex difBcilr . • déterminer, parait être inférieur à celui des troncs superficiels.

Après avoir traversé les ganglions disséminés autour des broncbr^. 1 « absorbants du poumon se dirigent vers d'autres glandes situées aat< de la trachée, et se terminent enfin dans le canal Ihoraciquc. — < # ■ qui naissent de la moitié supérieure du poumon gauche s'ouvrent ordina.** ment dans ce canal près de sa terminaison. Ceux qui partent de la n> .* inférieure du môme viscère ne traversent pas toujours les ganglions br * chiques; quelquefois ils se rendent directement aux ganglions œsophagi«- < et de là dans la partie moyenne du canal thoracique, ou sur un point %o.v de son origine. Les vaisseaux inférieurs du poumon droit présentent môme mode de terminaison ; il n'est pas rare de les voir se réunir an trpostérieur des absorbants du diaphragme. Les supérieurs se rendent a* souvent dans la grande veine lymphatique droite.

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