‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 64 sur 390 · III. ^ Mylo-hyoldlen · texte numérisé non relu

III. ^ Mylo-hyoldlen

Situé entre le cou, qu'il limite supérieurement , et la cavité buccale, dont il forme la paroi inférieure ou le plancher; court, large et mince; irrégulièrement quadrilatère ; se continuant avec celui du côté opposé, en sorte que les deux muscles n'en représentent en réalité qu'un seul, impair, médian et curviligne (fig. 2/ii8 et 251)..

Iniertùms, direction. — Le mylo-hyoïdien s'étend de la ligne oblique interne ou myloîdienne de la mâchoire vers l'os hyoïde, d'une part, et de lautre vers la ligne médiane, au niveau de laquelle il se continue avec le muscle opposé par l'intermédiaire d'un raphé fibreux. — 11 naît de la ligne oblique interne par de courtes fibres aponévro tiques. A celles-ci succèdent et s entremêlent les fibres musculaires qui se dirigent différemment : les antérieures, extrêmement courtes, se portent presque transversalement en dedans ou celles de droite semblent se continuer directement avec celles du cùté gauche ; les suivantes, d'autant plus longues et plus obliques qu'elles ^ éloignent davantage de la symphyse, se rendent au raphé fibreux médian H*rs lequel celles des deux muscles convergent à la manière des barbes d uue plume sur leur lige commune ; les postérieures ou externes, qui par- (ourent le trajet le plus étendu^ vont se fixer sur le bord supérieur du corps di' l'os hyoïde.

Les fibres du mylo-hyoïdien ne sont pas reclilignes, chacune d'elles décrit uuo courbe dont la concavité regarde en haut, en arrière et en dedans. De la juxtaposition de toutes ces courbes à droite et à gauche et de leur conlergence vers le raphé médian, résulte une sorte de gouttière antéro-postéric'ure, obliquement descendante, qui s'élargit rapidement à mesure qu*on % rapproche de l'os hyoïde ; c'est sur cette gouttière musculaire que repose la langue.

Le raphé qui unit les deux mylo-hyoîdiens est peu sensible sur leur face inférieure; il l'est très-peu aussi en haut et en avant ; mais il devient de plus tu plus manifeste en descendant vers l'os hyoïde, au-dessus duquel il s'élargit ujDsidérablement et prend les caractères d'une aponévrose.

BapporU. — Ce muscle est en rapport en bas et en dehors avec la glande sous-maxillaire, le faisceau antérieur du digastrique, le peaucieret la peau. Il répond en haut et en dedans au génio-hyoïdien, qui repose sur sa partie interne ou médiane, au conduit excréteur de la glaude sous-maxillaire, à la

b\oi<ijeiis. — 6, 6. Extrémité antérieure des mêmes muscles, attachée aux tubercules infën-un de Tapophyse géni. — 1, 7. Extrémité antérieure des muscles génio-glos8CS partant àf^ tabercnles supérieurs de la même apophyse. — 8, 8.* Muscles ptérygoldiens internes obliquement étendus de la cavité des apophyses ptérygoldes a la face interne des angles de la Kirboire. — 9, 0. Faisceau inférieur du muscle ptérygoldien externe, attaché par sa base k 1 Aile fxieme des apophyses ptérygoldes et par son sommet à la partie an téro-in terne du col <^s coodyles de la mftchoire. — 10, 10. Faisceau supérieur de ces muscles, étendu de la vofite <tt U futtc xyf^malîque à la partie la plus élevée du col des condyles et au bord antérieur du fibro-cartilage intei articulaire qui les recouvre. — 11,11. Coupe transversale de cesfibrocvtUiges. — 17, 13. Bord postérieur des masséters.

MYOLOGIE.

glande sublinguale, et à la foce inférieure de la langue. — Son bord p<vtfrieur, rectiligne, obliquement dirigé en bas, en arrière et en dedans, ^t recouvert aussi par la glande sous-maxillaire, qui l'embrasse à la maaii nt d'une gouttière.

Action, — Lorsque les mylo-hyoïdiens prennent leur point fixe sur le maxillaire inférieur, ils élèvent l'os hyoïde et le portent un peu en a^ant. Si cet os a été préalablement immobilisé par l'action des muscles de U région sous-hyoîdienne, ils abaissent la mâchoire et l'attirent un peu eo arrière.

IT. — Géalo-hyoMlea.

Muscle court, cylindroïde, situé au-dessus du mylo-hyoîdien, étendu de U symphyse de la mâchoire au corps de l'os hyoïde (fig. 252 et 253).

Insertions, — 11 s'attache en haut et en avant au tubercule inférieur àt l'apophyse géni par de courtes libres aponévrotiques, puis se dirige en bu et en arrière pour s'insérer à la partie moyenne de la face antérieure de 1 a» hyoïde, en embrassant à la manière d'une fourche le bord antérieur de l byoglosse.

Rajpports. — Le génio-hyoïdien répond, en bas et en dehors an miiohyoïdien, en haut au génio-glosse, en dedans à celui du côté opposé d<>ni aucune ligne de démarcation ne le distingue, en sorte qu'au premier aspn-tt les deux muscles semblent aussi n'en constituer qu'un seul.

Action, — Elle ne diffère pas de celle du mylo-hyoïdien et du ventre ar^t'rieur du digastrique. Comme ceux-ci le génio-hyoïdien est élévateur dt l'hyoïde lorsque la mâchoire est immobilisée, abaisseur de la mâchoire lorv qu'il prend son point fixe sur l'hyoïde.

§ /i. — R£gioii linguale.

L'appareil moteur de la langue comprend dans sa composition : r un charpente osseuse et fibreuse ; 2" un grand nombre de muscles.

A. Charpente osseuse et fibreuse de la langue.

L'os hyoïde et deux lames fibreuses. Tune postérieure et trans^ersi!-. l'autre antérieure et médiane, constituent cette charpente.

L'os hyoïde, soudé en quelque sorte à la base de la langue, en suit tt>tj« 1^^ mouvements. 11 appartient à cet organe, non-seulement par les atta» h qu'il fournit à plusieurs de ses muscles, mais aussi par les aponévro**»* : ^ s'en détachent et qui se transforment ellos-mOmes en surfaces d'inM-n. u. Simplement fibreuses chez l'homme et les mammifères, ces lames »<tni dr nature osseuse ou cartilagineuse chef les oiseaux : elles représentent li. * cette classe de vertébrés un véritable prolongement de l'hyoïde, et atte-t. i: entre cet os et le corps musculaire de la langue les connexions le? {-' -• intimes.

La lame fibreuse postérieurej ou membrane hyo-glossienne^ s'étend de l'os hyoïde vers la base de la langue. Née de la partie postérieure et supérieure du corps de cet os, elle se porte en haut et en avant, et après un trajet de 6 A 8 millimètres disparaît au milieu des muscles de la langue. Cette lame s'étend dans le sens transversal de la petite corne d'un côté, à la petite corue du côté opposé. Elle n'est recouverte en haut que par la muqueuse linguale, quelques glandules salivaires, et le prolongement médian de l'épiglolle.

La lame fibreuse médiane est une sorte de raphé antéro-postérieur, de 5 à 6 millimètres de hauteur, verticalement situé dans l'épaisseur de la partie médiane de la langue. — Ses faces, tournées l'une à droite el l'autre à gauche, sont planes, un^peu plus hautes en arrière qu'en avant : elles don* Dent attache à un grand nomhre de fibres musculaires. -— Son bord supérieur convexe ne s'élève pas Jusqu'à la muqueuse de la face dorsale. — Son bord inférieur, concave, plus épais et mieux limité que le précédent, est recouvert par une petite traînée de cellules adipeuses et par les fibres les plu» internes du génio-glosse qui s'entrecroisent en passant de l'un à l'autre c6té. Quelquefois cet entrecroisement n'a pas lieu au niveau de son tiers [•<)<térieur; en écartant les deux muscles, on aperçoit alors ce bord qui forme une légère saillie dans leur interstice.— L'extrémité postérieure se continue 4^ec 1^ aiembrane hyo-glossienne. — L'antérieure, plus effilée et plus mince, se perd insensiblement dans la partie correspondante du corps mus- 1 uleux de la langue.

Cette lame est d,'un blanc jaunâtre. Elle se compose de fibres verticales et "bliques irrégulièrement entrecroisées. Suivant Blandin, elle renfermerait «iaris son épaisseur des noyaux de cartilage, d'où le nom de fibro-cartilage T.Wïan de la langue qu'il a cru devoir lui imposer. Mais l'existence de ces 1 »>au\ fibro-cartilagineux est plus apparente que réelle. La lame fibreuse médiane n'appartient pas à la classe des fibro-cartilages, bien qu'elle en présente la densité cher quelques sujets, surtout au niveau de sa partie iiiférieure et postérieure.

B. Muscles de la langue,

I.a masse charnue de la langue se compose de deux corps musculeux >ymétriquement placés à droite et à gauche de la lame fibreuse médiane, et rtxouTerts à leur partie supérieure par une couchqr musculaire qui leur est Commune. Chacun de ces groupes est formé de sept muscles qui se confonde tJi leur extrémité terminale ou antérieure, et qui peuvent être classés de la manière suivante :

Trois proviennent des os voisins : le stylo-glosse^ Yhyo-glosse et le génio-

Trois naissent des organes voisins : le pharyngo-glosse, le paUUo-glosse et 1 am^gdah^glosse,

U septième tire son origine à la fois de ces os et de ces organes , c'est le lingual inférieur.

Ubmtiènie ou mutde commun aux deux groupes, connu sont le nom de

MTOLOGIE.

lingual supérieur^ présente une origine analogue ; il émane de la petik corne de l'os hyoïde et du prolongement médian de Tépiglotte.

Préparation. — L'étude da corps musculaire de la langue nécessite trots prépanL- 1» Tune pour découvrir les muscles qui naissent des os toisins, les stylo- glosse, hfo-£. ^.v k génio-glosse ; la seconde pour mettre en évidence les muscles palato-glosse, amT'fdAl-^t: w et lingual supérieur, ainsi que la membrane hyo- glossienne ; la troisième pour monter % membrane fibreuse médiane, le lingual inférieur et le pharyngo-glocse.

a. Préparation des muscles stylo-glosse, hyo-glosse et génio-glosse. — 1* Enlerer U pra^i le peaucier, les glandes salivaires et toutes les parties molles qui couvrent la màrboirr rieure ; 3* désarticuler cet os, le scier ensuite verticalement b 0 ou 8 millimètres en '^' * n de la symphyse, puis achever de le détacher en conservant seulement sa partie nira.f . 3" disséquer Thyo-glosse, le génio-hyofdicn, le géaio-glosso et le stylo-glosse, en eiriv&L .^ vaisseaux et nerfs qui recouvrent ces muscles ou cheminent dans leur intervalle ^fig. 35^

6. Préparation des muscles palato-glosse , amygdalo-glosse, lingual sopériear M (^* i membrane hyo-glossieune. — 'Pour cette préparation, il faut enlever toute la langue a«^r hyoïde, ainsi que répiglolte , les amygdales et le voile du palais. Dans cjc but on pro<*^<s— . ' la manière suivante : l» couper les génio-hyoldiens et gënio-glosses k leur ins^rt^jc . rieure ; 2<^ appliquer un trait de scie sur la symphyse de la mâchoire, et rejeter en 6ti '^ chacune de ses moitiés après avoir incisé les mylo-hyoldiens ; 3» séparer le voile de ;u ^« de la voûte ualatine , puis l'enlever avec les amygdales , toute la langue , IVpiglotte < •• hyoïde ; 6** aiviser ensuite le voile du palais sur la ligne médiane et rejeter a dr^Mt^ '*. i gauche ses deux moitiés ; 5* épingler la langue sur une plaque de liège, en l'allouiy.«s: 'l'étalant, sa face dorsale étant dirigée en haut ; 6-* détacher la muqueuse au devant dr glotte avec ménagement , puis la couche glanduleuse qui recouvre la base de la tant: j' "' poursuivre cette dissection d'arrière en avant, pour mettre k découvert la merabrmnr t^ glossienne, le prolongement médian de l'épiglotte et le faisceau musculaire qui en part. . que les faisceaux qui naissent des petites cornes de l'hyoïde, et qui contribuent avn U cèdent à former le lingual supérieur ; ?<> de chaque côté de ce muscle on trooTera I ».-* ^ . dalo-glosse, qui se dirige transversalement de dehors en dedans et qui s'engage sous ^ . profonde; 8" au devant de celui-ci et sur les bords de la langue rampe le palato-^l<>v<^ ^ . dans l'épaisseur des piliers antérieurs du voile du palais.

c. Préparation de la membrane fibreuse médiane, des muscles lingual inférieur et pharr^^ glosse,et de la partie terminalede tous les autres muscles de la langue — : 1<* Enlever U >•:.' avec l'os hyoïde, la renverser sur sa face dorsale, l'étaler et l'épingler sur ses bonU, r- * les deux génio-glossos, et chercher au fond de l'intervalle qui les sépare le bord infèrvur o' .x lame fibreuse médiane ; 2^ ce l*ord étant découvert, inciser toutes les fibres muM*ul&.r«-« .^ tiennent s'attacher à l'une de ses faces et sur toute sa longueur, de manière a diviser 1% .i. . en deux moitiés, l'une droite, l'autre gauche; 3<> après avoir étudié la lame fibreuse m' '. t ' ainsi mise a nu, appliquer la surface de la coupe sur une plaque de liège, épingler Ir f r.: «• de cette coupe et tout le pourtour de la préparation en étalant les muscles de U U . 6* disséquer ces muscles en procédant des superficiels aux pntfonds, et en enlevant »ti«^- < vemcnt les premiers pour étudier les seconds (fig. 233 et 253).

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