III. — Muscle génio-glosse
Le génio-glosse est le plus volumineux des muscles de la langue. 11 occupe la partie médiane de cet organe. Sa forme est rayonnée.
Insertion et direction. — Son sommet, dirigé en bas et en avant, s’attache à l’apophyse géni supérieure de la mâchoire par un tendon nacré qui se perd bientôt au milieu des fibres musculaires. — Sa base, tournée en haut et en arrière, répond à la partie médiane de la langue. Les fibres qui le composent affectent par conséquent une direction très différente : les plus inférieures se portent en bas et en arrière vers le corps de l’os hyoïde, auquel elles s’attachent; les plus élevées décrivent une courbe à concavité antérieure pour se rendre dans la pointe de la langue ; les moyennes, beaucoup plus multipliées, forment un éventail qui occupe toute la partie comprise entre cette pointe et la membrane hyoglossienne.
Considérées dans leur partie terminale, les fibres du génio-glosse ne se comportent pas de la même manière. Sous ce point de vue, on peut les distinguer en internes et externes. — Les fibres internes s’entre-croisent, en général, avec les fibres correspondantes du côte opposé, immédiatement au-dessous de la lame fibreuse médiane, celles du côté droit passant à gauche et réciproquement, en sorte qu’il faut les diviser pour voir le bord inférieur de cette lame fibreuse. — Parmi les fibres externes, les plus inférieures, ainsi que nous l’avons vu, s’insèrent au corps de l’os hyoïde; d’autres semblent se continuer avec le pharyngo-glosse, et quelques-unes avec le faisceau inférieur du stylo-glosse. Toutes les autres, beaucoup plus nombreuses, vont se fixer à la muqueuse de la face dorsale de la langue, en passant entre les faisceaux du muscle lingual supérieur, qu’ils croisent à angle droit (fig. 299).
Rapports. — Les génio-glosses correspondent par leur face externe à la glande sublinguale, au conduit excréteur de la glande sous-maxillaire, au nerf hypoglosse, et plus haut au muscle lingual inférieur. — Par leur face interne, les deux muscles s’appliquent l’un à l’autre. Un tissu celluio-adipeux très fin occupe l’interstice qui les sépare. — Leur bord supérieur convexe répond à la muqueuse de la face dorsale de la langue. Leur bord
MYOLOGIE.
inférieur, rectiligne, repose sur les muscles génio-llyoïdiens. Leur bord antérieur, très court et concave, est recouvert par la muqueuse sousjacente à la pointe de la langue.
Action . — Les génio-glosses remplissent des usages variés. Lorsque toutes leurs fibres entrent simultanément en action, ces muscles ont pour effet, suivant la remarque de Gerdy, de pelotonner la langue derrière la mâchoire inférieure. Si leurs fibres inférieures agissent seules, elles élèvent l’hyoïde, ainsi que la base de la langue, en rapprochant cet organe de l’orifice buccal à travers lequel sa pointe peut être alors facilement projetée. Ce phénomène de propulsion est plus marqué lorsque la sangle formée par les faisceaux inférieurs des stylo-glosses se contracte en même temps. Si les fibres antérieures deviennent actives, elles ramènent la pointe de la langue dans la bouche. Lorsque les deux génio-glosses et les deux styloglosses se contractent simultanément, la face dorsale de la langue se déprime et prend la forme d’une gouttière longitudinale.
1Y . — Muscle lingual intérieur.
Ce muscle, de forme conoïde, est situé sur la face inférieure de la langue, entre le génio-glosse et le basio-glosse.
Les fibres qui le composent viennent de plusieurs sources. On peut les diviser en inférieures, moyennes et supérieures. — Les inférieures naissent du sommet de la petite corne de l’hyoïde, cheminent d’abord au-dessous des fibres voisines du génio-glosse avec lesquelles elles s’entremêlent, deviennent libres après un trajet de 12 à 15 millimètres, et se jettent alors dans le lingual. Les moyennes proviennent du pharyngo-glosse, et les supérieures du faisceau inférieur du stylo-glosse. — Né de la réunion de ces trois ordres défibrés, le lingual inférieur s’étend en s’effilant de plus en plus jusqu’à la pointe de la langue.
Rapports. — Il est en rapport : en dehors, avec le basio-glosse, puis avec la glande sublinguale, le nerf lingual et la muqueuse; en dedans, avec le génio-glosse.
Action. — Le lingual inférieur raccourcit la langue en attirant sa pointe en arrière et en bas. Lorsque cette pointe est recourbée en arc à concavité supérieure, il la ramène en bas. Il est par conséquent congénère du faisceau moyen du stylo-glosse et antagoniste du lingual supérieur.
Y. — Muscle lingual supérieur.
Ce muscle, large et mince, est situé immédiatement au-dessous de la muqueuse dorsale, à laquelle il adhère de la manière la plus intime. Il peut être considéré comme le peaucier principal de la langue, le palato-glosse
MUSCLES DE LÀ LANGUE. 157
et la portion horizontale du stylo-glosse formant de chaque côté des peauciers accessoires.
Le lingual supérieur, étendu de la base à la pointe de la langue, se compose de trois portions, bien distinctes à leur origine, mais confondues dans le reste de leur trajet : l’une médiane, les deux autres latérales.
La portion médiane , muscle glosso-épiglottique , naît du prolongement moyen de l’épiglotte par des fibres qui divergent, et qui, après un court trajet, se confondent de chaque côté avec les fibres voisines.
Les portions latérales ont pourpoint de départ les petites cornes de l’os hyoïde. Elles se prolongent d’arrière en avant, sous la forme d’un ruban. Leurs fibres les plus internes se mêlent aux fibres voisines de la portion médiane, quelles croisent sur plusieurs points; les externes se joignent à celles du palato-glosse. Il suit de cette disposition qu’à 2 centimètres environ au-dessus de l’hyoïde, les trois portions du lingual supérieur, les deux palato-glosses et la longue portion des stylo-glosses, constituent pour ainsi dire un seul muscle, qui embrasse la presque totalité de la langue en formant une sorte de gouttière conoïde à concavité inférieure.
VL — Muscle amygdalo-glosse.
Ce petit muscle a été signalé par Broca. Il s’attache en haut sur cette partie de l’aponévrose pharyngienne qui adhère à la face externe de l’amygdale, descend entre cette glande et le pharyngo-glosse, puis entre ce muscle et la muqueuse. Arrivé alors sur les côtés de la base de la langue, il change de direction pour se porter transversalement en dedans jusqu’à la ligne médiane, où il semble se continuer avec celui du côté opposé. Vertical dans la première moitié de son trajet, horizontal dans la seconde, l’amygdalo-glosse présente une disposition anguleuse, ou plutôt il décrit une courbe dont la concavité, tournée en haut et en dedans, embrasse la moitié inférieure de l’amvgdale. Son étendue antéropostérieure est de 15 à 18 millimètres.
Rapports. — Par sa face externe il répond supérieurement au pharyngo-glosse et inférieurement au génio-glosse. — Sa face interne est en rapport : dans sa portion verticale avec l’amygdale, et dans sa portion horizontale avec le lingual supérienr.
Action. — Les deux amygdalo-glosses se comportent, à l’égard de la base de la laiïgue, comme les faisceaux supérieurs des stylo-glosses relativement à sa partie moyenne. Au moment où ceux-ci, agissant à la manière d’une sangle, soulèvent cette partie moyenne en la transformant en gouttière, les premiers exercent une action semblable sur la partie la plus large de l’organe, qui, ainsi soulevée et concave, livre passage au bol alimentaire en le précipitant dans le pharynx.
M YOLOGIË.