C. Aponévrose cervicale profonde ou prévertébrale
.Cette troisième aponévrose, verticale et quadrilatère, s’étend de l’apophyse basilaire à la partie supérieure de la colonne dorsale, et dans le sens transversal des apophyses transverses du côté droit à celles du côté gauche.
Sa face antérieure est recouverte, sur la ligne médiane, par le pharynx et l’œsophage auxquels elle n’adhère que par un tissu cellulaire très lâche, et sur les côtés par l’artère carotide primitive et la veine jugulaire interne dont elle complète la gaine fibreuse en formant la paroi postérieure de celle-ci. — Sa face postérieure recouvre la portion cervicale du ligament vertébral commun antérieur et les muscles prévertébraux. De chaque côté du ligament elle s’attache au corps des vertèbres et se divise ainsi en trois parties bien différentes, une médiane et deux latérales. La portion médiane ou ligamenteuse revêt, comme celui-ci, la figure d’un triangle à base inférieure ; elle est extrêmement mince. Les portions latérales, beaucoup plus résistantes, sont triangulaires ; mais leur base se dirige en haut; elles forment avec le corps des vertèbres sous-jacentes, une loge, dans laquelle sont contenus les muscles prévertébraux.
Par ses bords, l’aponévrose prévertébrale se fixe aux apophyses transverses, immédiatement en dehors des muscles qu’elle recouvre. De chacune de ses parties latérales, on voit naître un feuillet qui passe au-devant du scalène antérieur pour aller se continuer avec celui qui revêt le scalène postérieur, c’est-à-dire avec la plus superficielle des aponévroses cervicales postérieures.
En considérant dans leurs connexions les aponévroses cervicales moyenne et profonde, on remarque qu’elles entourent non seulement les muscles et les principaux troncs vasculaires du cou, mais aussi les organes qui en dépendent. Aux gaines musculaires et vasculaires que nous avons mentionnées, vient donc se joindre une grande gaine viscérale contenant le larynx, le corps thyroïde, le pharynx et la partie
MYOLOGIE.
supérieure de l’œsophage. Cette gaine est constituée en avant par l’aponévrose cervicale moyenne, sur les côtés par le feuillet interne de la gaine carotidienne, et en arrière par l’aponévrose prévertébrale.
ARTICLE III
MUSCLES DU TRONC
Les muscles du tronc se divisent en trois principaux groupes : muscles de la partie postérieure, muscles de l’abdomen, muscles du thorax.
S. — Muscles de la partie postérieure du troue.
Ces muscles forment par leur superposition trois couches bien distinctes : 1° une couche superficielle qui s’étend à toute la longueur et à toute la largeur du tronc ; 2° une couche moyenne, moins longue et moins large ; 3° une couche profonde plus étroite encore, constituée par les muscles logés dans les gouttières vertébrales.
De ces trois couches, les deux premières représentent chacune une région très naturellement limitée. La dernière en comprend trois.
Les muscles de la partie postérieure du tronc se partagent donc en cinq régions, qui sont, en procédant de la peau vers le rachis : la région lombo-occipitale, la région dorso-cervicale, la région cervico-occipitale superficielle, la région cervico-occipitale profonde, et la région vertébrale.
§ Ier. — Région lombo-occipitale.
Elle ne comprend que deux muscles, le trapèze et le grand dorsal, remarquables l’un et l’autre par l’étendue de leur surface.
Préparation. — 1° Tendre les muscles à l’aide d’un billot placé sous le sternum, en laissant tomber la tête en avant et les épaules de chaque côté; 2° inciser les téguments longitudinalement sur la ligne médiane, et transversalement au niveau de l’épine de l’omoplate ; 4° soulever la lèvre supérieure de l’incision transversale, en détachant simultanément la peau et l’aponévrose, suivre la direction des faisceaux musculaires qui deviennent de plus en plus obliques, et remonter ainsi jusqu’à l’occipital et au bord antérieur du muscle; 5° découvrir la partie inférieure du trapèze en se conformant aux mêmes principes ; puis l’étudier, le diviser ensuite verticalement sur sa partie moyenne, et rejeter en dedans et en dehors ses deux moitiés pour observer les muscles avec lesquels il se trouve en rapport par sa face profonde; 6° le trapèze étant connu, on poursuit la dissection du grand dorsal en descendant de son bord supérieur vers son bord antéro-inférieur. A mesure que l’on descend,