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VI. — Des muscles moteurs dit rachis en général

Parmi les muscles qui meuvent la colonne vertébrale, il en est qui sont parallèles à son axe et d’autres qui croisent cet axe à angle aigu.

Les uns et les autres se subdivisent en deux groupes. Les premiers, ou muscles parallèles, que j’appellerai avec Winslow muscles longitudinaux, se distinguent en médians et latéraux. Les seconds, ou muscles obliques, se partagent en convergents et divergents.

Telle est la classification à la fois simple et vraie à laquelle Sténon, le premier, a rattaché tous les muscles qui se groupent autour du rachis. Elle résume à grands traits leur disposition générale, et met surtout très bien en lumière les analogies et les différences qu’ils présentent.

Avant de procéder à son application, remarquons que les saillies si nombreuses dont la colonne vertébrale est comme hérissée se rangent en deux classes : les unes se dirigeant d’avant en arrière, saillies épineuses ; les autres se dirigeant de dedans en dehors, saillies transversaires. Remarquons en outre que les côtes solidement unies aux apophyses transverses doivent être considérées, au point de vue du mécanisme du rachis, comme un simple prolongement de celles-ci. Or c’est à ces deux classes de saillies que viennent se fixer tous les muscles. Les attaches musculaires se divisent donc aussi en deux ordres: les insertions épineuses ou médianes, et les insertions transversaires ou latérales.

Ces données établies, il devient facile de définir, d’après leurs attaches, les deux groupes de muscles longitudinaux, et les deux groupes de muscles obliques : les longitudinaux et médians sont des muscles épineux, les longitudinaux et latéraux des muscles transversaires, les obliques convergents des muscles transverso-épineux, et les obliques divergents des muscles épino-transversaires.

a. Muscle» épineux. — On peut les diviser en simples et composés. — Les épineux simples sont des faisceaux qui se portent directement de Tune à l’autre apophyse épineuse. A ce premier genre appartiennent les interépineux du cou, les grands et petits droits postérieurs de la tête, étendus des apophyses épineuses de l’axis et de l’atlas à l’apophyse épineuse de la vertèbre occipitale. — Les épineux composés se partagent, à chacune de leurs extrémités, en plusieurs faisceaux qui vont s’insérer à un nombre égal d’apophyses épineuses. En les comparant aux précédents ou bi-épineux , on peut les appeler multi-épineux . A ce second genre se rapportent la portion épineuse du long dorsal. — Tous ces muscles sont extenseurs.

b. Moseie» transversaires. — Us l’emportent sur tous les autres muscles rachidiens parleur nombre cl leur volume. Les uns sont sim-

MUSCLES SPINAUX

pies à une de leurs extrémités, et se partagent à leur extrémité opposée en un grand nombre de faisceaux qui vont s’insérer chacun à une apophyse transverse différente. D’autres sont simples sur toute leur étendue et s’attachent par leurs deux extrémités à ces apophyses. D’autres sont simples dans leur partie moyenne, mais se divisent en haut et en bas en plusieurs faisceaux qui vont se fixer à un nombre égal de saillies du même ordre. Les transversaires comprennent donc trois groupes de muscles qu’on peut appeler : unitransver mires , bitransversaires et multitran s ver s air es .

Les unitransversaires sont remarquables surtout par leurs grandes proportions, A ce premier genre appartiennent le sacro-lombaire, le long dorsal et les deux scalènes, auxquels on pourrait joindre l’angulaire de l’omoplate. Tous ces muscles restent indépendants de la colonne rachidienne inférieurement; et tous aussi viennent se fixer par leur extrémité supérieure plus ou moins divisée aux apophyses transverses ou à leurs prolongements.

Les bitransversaires sont caractérisés au contraire par leurs petites dimensions; ils diffèrent en outre des précédents parleur situation plus rapprochée du plan médian, par leur direction plus verticale, par leurs insertions qui se font aux apophyses transverses elles-mêmes et non à leurs prolongements. Ce second genre comprend les intertransversaires du cou et des lombes, ainsi que le petit droit latéral.

Les multitransversaires sont allongés et assez minces. On en compte six, trois pour chaque côté : le cervical descendant ou accessoire du sacro-lombaire, le transversaire ou premier accessoire du long dorsal, et le petit complexus ou second accessoire du même muscle.

Les muscles transversaires inclinent le tronc de leur côté. Ils concourent en outre à l’extension du rachis.

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