‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 28 sur 481 · STRUCTURE DES MUSCLES A FIBRES LISSES · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES MUSCLES A FIBRES LISSES

ellipsoïde ; ils se composent de deux moitiés, s’entre-croisant par leurs extrémités. Les premiers sont circulaires ou cylindroïdes, ainsi que l’attestent le sphincter de la pupille, le sphincter pylorique, le sphincter interne de l’anus et le sphincter de la vessie.

§ 3. — Conformation intérieure des muscles lisses.

Les muscles lisses sont composés uniquement de libres contractiles. La fibre albuginée ou tendineuse, qui prend une part si importante à la constitution des muscles striés, reste l’attribut exclusif de ceux-ci. Sa présence d’un côté, son absence de l’autre, est assurément l’un des traits distinctifs les plus remarquables des deux systèmes musculaires. Très volumineux et très nombreux, les muscles striés ne pouvaient trouver sur le squelette une place suffisante pour chacune de leurs fibres : les tendons suppléent à cette insuffisance.

Les muscles à fibres lisses résultent de l’association d’une multitude de faisceaux, très différents de forme et de dimensions.

Ainsi constitués, ces muscles sont loin d’offrir, sur leur coupe transversale, le même aspect que les muscles striés. La différence est très sensible, lorsqu’on rapproche d’une coupe transversale du biceps celle de l’extrémité pylorique de l’estomac ou du corps de l’utérus. A l’aspect seule d’une coupe transversale, on peut donc reconnaître à quel système appartient le muscle divisé : des faisceaux polyédriques, à volume décroissant, séparés par des espaces de plus en plus étroits, ne peuvent appartenir qu’au système musculaire à fibres striées ; à l’absence de ces faisceaux et de ces espaces, au tissu plus homogène et plus uni de la coupe, on reconnaîtra sans peine le système musculaire à fibres lisses.

§ A. — Structure des muscles lisses.

Indépendamment des fibres qui en représentent l’élément fondamental, ces muscles comprennent dans leur structure du tissu conjonctif et des vésicules adipeuses, des fibres élastiques, des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs.

A. Fibres musculaires lisses.

Ces fibres, vues au microscope, sont fusiformes, de couleur pâle,, très courtes et rectilignes ; elles offrent dans leur partie centrale un gros noyau allongé qui les caractérise essentiellement.

Elles diffèrent donc beaucoup des fibres striées par leur forme. Elles i’en diffèrent pas moins par leurs dimensions. La longueur des fibres

striées est déterminée par la distance comprise entre les deux tendons auxquels elles s’attachent : celle des fibres lisses varie de 0inm,03 à 0mm,07 ; on peut l’estimer, en moyenne, à O*"1, 05. — Le diamètre moyen des premières mesure aussi 0mm,05 ; celui des secondes équivaut en moyenne à 0mm,006. Ainsi la largeur des fibres striées égale la longueur des fibres lisses, et la longueur des premières surpasse tellement celle des secondes, qu’entre l’une et l’autre on ne peut établir aucune comparaison.

Ces fibres sont constituées par une substance homogène, demitransparente, dans laquelle on distingue ça et là des granulations à contour vaguement arrêté. Dans quelques-unes, ces granulations se disposent en séries plus ou moins régulières, étendues de l’un à l’autre bord, en sorte que les fibres offrent alors un vestige de striation transversale.

Quelquefois les granulations se disposent, au contraire, en séries longitudinales qui ont fait considérer les fibres lisses comme décomposables aussi en fibrilles élémentaires. Déjà Henle avait avancé que les fibres musculaires de l'estomac et des uretères sont formées de fibrilles longitudinales. Mais M. Rouget s’est, en quelque sorte, approprié cette opinion par les développements qu’il lui a donnés, et par les considérations à l’aide desquelles il a cherché à la faire prévaloir. Nous savons aujourd’hui que cette interprétation n’est plus admissible. La substance homogène des fibres lisses représente le protoplasma fondamental des cellules musculaires à leur état primitif; les granulations contenues dans son épaisseur en sont une simple modification ; elles en dérivent. L’existence des fibrilles dans le sarcolernme des fibres striées est de toute évidence ; on peut la constater sans peine avec une foule de réactifs. Il n’en est pas de même pour les fibrilles des muscles lisses, dont on n’aperçoit d’ailleurs, le plus ordinairement, aucune trace, et qu’on ne réussit jamais à séparer. M. Rouget, lui-même, reconnaît l’avoir vainement tenté. En prenant l’apparence pour la réalité, cet auteur évidemment s’est laissé entraîner par la pensée qui domine toutes ses recherches, celle de démontrer les analogies des deux systèmes musculaires, et de les ramener à l’unité. Or, plus je poursuis cette élude, plus je me consolide, au contraire, dans la conviction que les deux ordres de fibres musculaires sont essentiellement distincts.

Le noyau des fibres lisses occupe leur partie centrale. Il offre aussi un aspect granuleux. Mais il est remarquable surtout par son existence constante et par ses grandes dimensions. Sa longueur moyenne égale à peu près le quart de l’étendue totale de la fibre, et son diamètre la moitié de la largeur de celle-ci. Sa forme est celle d’un bâtonnet arrondi à ses extrémités, tantôt rectiligne, tantôt légèrement incurvé, quelquefois un peu plus étroit sur sa partie moyenne.

Page 1