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VAJSSEAUX ET NERFS DU CŒUR

La grande veine coronaire recueille le sang de la presque totalité des ventricules et de l’oreillette gauche. Dans la première partie de son trajet, elle forme aussi un cercle qui occupe les sillons antérieur et postérieur du cœur, et qui reçoit les veines émanées des deux ventricules. Dans sa partie terminale, elle contourne la moitié gauche du sillon aariculo-ventriculaire pour aller s’ouvrir dans l’oreillette droite. Un large repli valvulaire, la valvule de Thébéüus , ferme son orifice.

Les veines de Galien tirent leur origine de la paroi antérieure du ventricule droit. La plus importante occupe le bord libre de ce ventricule. Ces veinules s’ouvrent dans l’oreillette droite par un tronc commun dont l’embouchure, bien observée parM. Lannelongue, est située sur les parois de l’auricule près de sa base.

Les canaux et les veinules qui versent dans l’oreillette droite le sang provenant de ses parois ont été découverts et décrits en 1867 par le même auteur. — Les canaux veineux s’ouvrent sur les parois de l’oreillette par trois orifices: dont l’un répond à l’embouchure de la veine cave supérieure, le second à l’embouchure de la veine coronaire, et le troisième à la base de l’auricule. Ces canaux, qui communiquent entre eux, sont le confluent de presque toutes les veines auriculaires. Il en est cependant quelques autres plus déliés qui viennent s’ouvrir directement sur les parois de l’oreillette, par des orifices d’une extrême ténuité, que M. Lannelongue désigne sous le nom de foraminula , par opposition à l’embouchure des canaux principaux qu’il appelle foramina.

C. Vaisseaux, lymphatiques. — Le cœur est le poin t de départ de nombreux vaisseaux lymphatiques, les uns superficiels, les autres profonds.

Les lymphatiques superficiels semblent naître du péricarde; mais ils ont pour origine réelle le tissu musculaire sous-jacent. Ces vaisseaux forment à la surface des ventricules un réseau à mailles serrées, d’autant plus facile à injecter qn’on se rapproche davantage de la pointe du cœur. De celui-ci naissent trois ou quatre vaisseaux principaux qui suivent les sillons antérieur et postérieur, et quelques autres plus petits qui cheminent sur les parties latérales du cœur. De la réunion de tous ces vaisseaux résultent deux troncs situés à droite et à gauche de l’artère pulmonaire. Le tronc situé à gauche passe entre l’artère pulmonaire et l’aorte, monte perpendiculairement au-devant de celle-ci, puis se jette dans l’un des ganglions qui répondent à la bifurcation de la tra: œp. Le tronc situé à droite se rend aussi dans un de ces ganglions .

Les vaisseaux lymphatiques profonds comme les superficiels naissent également en grand nombre des couches musculaires correspondantes. Mais il en est aussi qui prenent manifestement leur origine dans l’endocarde, et d’autres qui proviennent des parties fibreuses du cœur. Les premiers se montrent à leur point de départ sous l’aspect d’un réseau

IVe ÉDIT.

ANGlOLOGIË.

dont les troncs très nombreux traversent les parois des ventricules à toutes les hauteurs et sur tous les points de leur contour, pour aller se jeter dans les troncs des vaisseaux lymphatiques superficiels. Les réseaux qui ont pour siège l’endocarde sont d’une extrême richesse sur les parois des ventricules chez les grands mammifères, et chez l’homme. Mais il n’en est pas ainsi pour l’endocarde des oreillettes, sur lequel je n’ai pu en distinguer le moindre vestige. Les réseaux provenant des parties fibreuses sont faciles à mettre en évidence sur les cordages tendineux. Sur les valvules auriculo-ventriculaires et sygmoïdes Belaielf à l’aide du nitrate d’argent a démontré leur existence (1).

D. Nerfs. Les nerfs du cœur émanent du système nerveux ganglionnaire et du système cérébro-spinal. Les premiers naissent des ganglions cervicaux du grand sympathique, les seconds des pneumogastriques. Les uns et les autres sont remarquables par la longueur du trajet qu’ils parcourent et par leur ténuité. Parvenus au-dessous de la crosse de l’aorte, ils se rapprochent, se divisent, s’anastomosent et forment un plexus, le plexus cardiaque , dans les mailles duquel on observe quelquefois un ou deux ganglions signalés par Wrisberg. De ce plexus partent deux plexus secondaires : l’un antérieur, qui accompagne l’artère coronaire gauche cl ses principales divisions ; l’autre postérieur, qui suit le trajet de l’artère coronaire droite. Tous les filets nerveux qui en partent vont se perdre dans le tissu musculaire.

Indépendamment de ces nerfs, le cœur possède plusieurs ganglions qui lui constituent un petit système nerveux particulier. Parmi ces ganglions échelonnés sur le trajet des filets venus du grand sympathique il en est trois principaux.

Le premier ou ganglion de Remak répond à l’embouchure de la veine cave inférieure ;

Le second ou ganglion de Bidder, ganglion ventriculaire , se voit sur la base du ventricule gauche, très près de la valvule mitrale ;

Le troisième ou ganglion de Ludivig , ganglion auriculaire , appartient à l’oreillette droite.

Les expériences et les observations faites sur les animaux tendent à démontrer que ces ganglions représentent un véritable centre d’activité. Le cœur puise ainsi son influx nerveux à trois sources différentes : dans le bulbe rachidien par les pneumogastriques ; dans la moelle épinière par les ganglions cervicaux du grand sympathique, et dans les ganglions qui lui sont propres.

E. Tissu ceiiuio-adipcux. — - Le tissu conjonctif n’existe qu’à l’état de vestige dans l’épaisseur des parois auriculaires et ventriculaires. Le cœur, sous ce point de vue, diffère de tous les autres muscles.

(l)Voy. mon Traité des vaisseaux lymphatiques , p. lOi et suiv., et planche XXXIX.

DES ENDOCARDES.

Dans les premières années qui suivent la naissance, le tissu conjonctif présente à peine quelque trace de graisse. Mais dans l’âge adulte on voit des cellules adipeuses se déposer peu à peu dans des mailles. Chez les vieillards et les individus chargés d’embonpoint, la couche graisseuse s’étend peu à peu des sillons, du cœur sur les autres points de la périphérie.

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