‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 315 sur 481 · IV. — Membranes séreuses du cœur · texte numérisé non relu

IV. — Membranes séreuses du cœur

Ces membranes sont au nombre de trois : l’une d’elles recouvre les parois des cavités droites ; la seconde revêt les parois des cavités gauches ; la troisième est extérieure et commune aux deux cœurs. Les premières ont reçu le nom d 'endocardes; la dernière constitue le péricarde.

A. Des endocardes.

Des deux endocardes l’un revêt les parois du cœur droit et l’autre les parois du cœur gauche. Dans leur trajet, ils recouvrent toutes les saillies et toutes les dépressions qu’ils rencontrent. Celui du côté droit forme un revêtement complet à la valvule tricuspide et aux diverses colonnes charnues des cavités auriculaire et ventriculaire ; celui du côté gauche se comporte de la même manière à l’égard des cavités qu’il tapisse.

L’épaisseur des endocardes n’est pas égale sur tous les points de leur trajet. Tous deux sont plus épais sur l’oreillette que sur le ventricule. C’est sur l’oreillette gauche que la séreuse endocardique atteint sa plus grande épaisseur. Sur le bœuf son épaisseur est à celle de l’endocarde ventriculaire gauche : : 3 : 1 ; chez le cheval : : 5 : 1. Dans les grands mammifères l’endocarde ventriculaire reste transparent, tandis que l’endocarde auriculaire devient complètement opaque.

Ces membranes adhèrent au tissu musculaire de la manière la plus intime, en sorte qu’on ne peut en détacher que de minimes lambeaux. Leur face libre est remarquable par l’aspect uni qu’elle présente. Elles sont formées de deux couches, l’une endothéliale, l’autre fibro-élastique. — - La couche endothéliale se compose d’un seul plan de cellules polygonales, unies entre elles par une matière amorphe et contenant chacune un noyau très distinct. — La couche fibro-élastique comprend dans sa composition : 1° des fibrilles élastiques fines, anastomosées, s’entrecroisant dans tous les sens, constituant un réseau à mailles extrêmement serrées ; 2° des fibres de tissu conjonctif, groupées en très minimes faisceaux ; 3° des fibres musculaires lisses. Ces trois ordres dé fibres sont ainsi répartis : au-dessous de la couche endothéliale on ne rencontre d’abord que des fibres élastiques ; puis à celles-ci se mêlent quelques fibres lisses et des fibres de tissu conjonctif ; ces dernières devien-

lient plus abondantes à mesure qu’on se rapproche des libres striées.

Dans l’endocarde, on voit cheminer çà et là quelques rares capillaires sanguins. A ceux-ci viennent s’adjoindre les nombreuses radicules lymphatiques, anastomosées entre elles, qui ont été précédemment décrites.

Les endocardes considérés autrefois comme des revêtements ne possédant qu’une vitalité obscure sont donc pourvus en résumé de presque tous les éléments essentiels de l’organisation. La présence du tissu conjonctif et des capillaires sanguins aurait suffi pour nous rendre compte des inflammations dont ils sont si fréquemment le siège. Mais le riche réseau lymphatique compris dans leur épaisseur nous explique mieux encore la facilité avec laquelle ils se laissent envahir par les phlegmasies aiguës ou chroniques.

B. Du péricarde.

Le péricarde est une membrane fibro-séreuse qui entoure le cœur sans le contenir dans sa cavité.

Cette enveloppe se présente sous la forme d’un cône irrégulier, à base inférieure, dont l’axe est à peu près vertical.

À. Dimensions. — L’étendue verticale et transversale du péricarde doit être déterminée avec précision. Il s’étend dans le sens vertical de la base de l’appendice xiphoïde à la partie moyenne de la première pièce du sternum ; son extrémité supérieure n’est éloignée de la fourchette de cet os que de 15 à 18 millimètres. Dans le sens transversal il se prolonge, du côté gauche : à 8 ou 10 centimètres au delà de la ligne médiane, au niveau des cinquième et quatrième espaces intercostaux ; à 6 ou 7 au niveau du troisième; et à 3 seulement au niveau du deuxième. A droite, il s’étend à 3 centimètres de la ligne médiane, au niveau du quatrième espace intercostal, et dépasse le sternum de 12 à 15 millimètres.

De ces dimensions du péricarde il suit que les cinquième et quatrième espaces intercostaux du côté gauche sont ceux auxquels il faut donner la préférence dans la ponction de cette séreuse. Le quatrième est celui qui me paraît le plus favorable.

B. Rapports. Par sa surface externe ou adhérente, le péricarde répond, d’une part au médiastin antérieur, de l’autre au diaphragme, au cœur et aux troncs vasculaires qui s’y rendent ou qui en partent. Par sa face interne, il s’applique à lui-même, et isole ainsi l’organe central de la circulation de toutes les parties qui l’entourent.

a. Surface externe. — -En avant, le péricarde est en rapport : 1° avec la face postérieure du sternum sur presque toute sa longueur et dans toute sa largeur ; 2° avec les cartilages des seconde, troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes ; avec les muscles intercostaux internes, et

Page 1