‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 317 sur 481 · DÉVELOPPEMENT DU CŒUR · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DU CŒUR

Pour déterminer ia véritable signification de ce sillon, il importait de soumettre les deux groupes de cellules à des coupes transversales comprenant à la fois leur partie commune ou médiane et leurs parties latérales. Cette étude complémentaire, que Kollicher n’a pas jugée utile, a été entreprise et réalisée dans les meilleures conditions par M. Mathias- Duval. Or sur ces coupes transversales et horizontales on voit très distinctement : 1° que le cœur primordial est creusé d’une cavité médiane beaucoup plus allongée de droite à gauche que d’avant en arrière; 2° que cette cavité est limitée par une couche mince de cellules, représentant l’endocarde à l’état naissant; 3° qu’à ses parties latérales s’ajontent deux groupes de cellules représentant les parois charnues de l’organe à l’état le plus rudimentaire. Ces parois charnues ne répondent d’abord qu’aux parties latérales du cœur; en s’accroissant, elles se rapprochent de sa partie médiane, soit en arrière, soit en avant. De leur rapprochement en avant résulte le sillon précédemment mentionné. Ce sillon est donc réel. Mais il est superficiel, et seulement temporaire; car, à mesure que les parties latérales ou musculaires se rapprochent, il tend de plus en plus à disparaître, et disparaît en effet lorsqu’elles se rencontrent et se continuent.

Ces faits nouveaux et précis étant connus, il ne nous paraît plus possible d’admettre que le cœur est doubleau début de son évolution. 11 est bien manifestement unique, puisqu’il est constitué par l’endocarde circonscrivant une cavité unique aussi. Les deux lames musculaires qui s’ajoutent à cette membrane, en cheminant de dehors en dedans et en restant d’abord séparées par un sillon, ont pu faire croire à sa dualité, aussi longtemps que sa cavité médiane a été méconnue. Mais en présence de ce fait nouveau et important, il n’est plus permis de contester son unité. Son unité est réelle; sa dualité était une simple apparence.

Tel est l’état sous lequel le cœur se présente au début de son évolution. Mais il ne reste pas longtemps sous sa forme primordiale. On le voit bientôt s’infléchir, puis se contourner en S ; et bien que réduit encore aux plus minimes proportions, ses parois commencent à s’agiter presque aussitôt de mouvements rythmiques qui lui ont mérité d’Aristote le nom de punctum saliens. A peine ébauché, il imprime au sang, lui-même à peine formé, une impulsion lente, mais régulière, par laquelle s’annonce en quelque sorte le début de la vie.

D’abord très peu accusées, ses flexuosités ne tardent pas à se prononcer davantage; puis bientôt se montrent d’autres modifications qui le transforment et l’amènent progressivement à son état définitif. Ces modifications successives seront exposées lorsque nous étudierons l’embryologie des divers appareils, et plus particulièrement l’évolution de l’appareil circulatoire.

ANG10L0GIK

Page 1