‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 316 sur 481 · DU PÉRICARDE · texte numérisé non relu

DU PÉRICARDE

les vaisseaux mammaires internes dont il est séparé par le triangulaire du sternum ; 3° par sa partie latérale droite avec les quatrième et cinquième côtes, les vaisseaux mammaires internes et le triangulaire correspondants. — La partie médiane de la face antérieure du péricarde est séparée du sternum par une couche graisseuse d’épaisseur très variable. Les parties latérales en sont séparées par la plèvre médiastine, et le plus souvent aussi par le bord antérieur des poumons.

En arrière, il répond à l’œsophage, à l’aorte, au canal thoracique, à la grande veine azygos, en un mot, à toutes les parties contenues dans le médiastin postérieur, et plus profondément à la colonne dorsale.

De chaque côté il adhère par un tissu cellulaire lâche à la plèvre médiastine qui le sépare *des poumons. Entre la plèvre et le péricarde chemine à droite et à gauche le nerf phrénique.

Par sa base, le péricarde adhère au centre aponévrotique du diaphragme. En avant, l’adhérence est intime; en arrière, elle a lieu par un tissu conjonctif très lâche.

Par son sommet, il se prolonge sur les gros vaisseaux de la base du cœur, et se continue avec l’aponévrose cervicale moyenne qui, s’insérant en haut à l’os hyoïde et au corps thyroïde, le tient comme suspendu, et concourt puissamment à l’immobiliser.

b. Surface interne. — Comme celle de toutes les membranes séreuses, elle est lisse, unie et lubrifiée par la sérosité qu’elle sécrète.

structure. — Le péricarde est composé d’un feuillet fibreux qui constitue pour le cœur un moyen de fixité, et d’un feuillet séreux qui représente pour cet organe un moyen de glissement. Ces deux feuillets sont intimement unis; cependant, comme ils remplissent des attributions opposées, et se comportent d’ailleurs d’une manière très différente dans leur trajet, il convient de les considérer isolément.

a. Feuillet fibreux. — Il est mince, mais néanmoins très résistant. C’est par ce feuillet que le péricarde se continue en bas avec le centre phrénique du diaphragme, dont il a pu être considéré comme une expansion, et en haut avec l’aponévose cervicale moyenne. C’est ce feuillet qui se prolonge en haut sur les gros vaisseaux du cœur, et particulièrement sur l’aorte, en formant à chacun d’eux une gaine infundibuliforme.

Le feuillet fibreux est formé de faisceaux de fibres lamineuses de dimensions très inégales et entre-croisées. On ne rencontre dans son épaisseur qu’un petit nombre de fibres élastiques.

b. Feuillet séreux. — Plus mince que le précédent, il forme un sac sans ouverture qui s’applique, par une partie de son étendue au feuillet fibreux, par l’autre, au cœur et aux vaisseaux qui en dépendent. On peut lui considérer une portion pariétale et une portion viscérale.

: La portion pariétale adhère au feuillet fibreux et s’identifie avec celui-

ANGIOLOGIE.

ci, dont elle se distingue seulement au moment où elle l’abandonne pour se porter sur le cœur.

La portion viscérale ou réfléchie embrasse d’abord les gros vaisseaux qui surmontent la base du cœur. Elle forme à l’aorte et à l’artère pulmonaire une gaine commune presque complète, de 2 à 3 centimètres de longueur. A chacune des veines caves et des veines pulmonaires elle fournit une demi-gaine qui répond à leur partie antérieure. La séreuse se prolonge ensuite sur les oreillettes et sur les ventricules.

Toute cette portion réfléchie du feuillet séreux adhère de la manière la plus intime au tissu musculaire du cœur. Au niveau des vaisseaux qui en partent ou qui s’y rendent, l’adhérence est beaucoup plus faible, en sorte qu’il est facile de l’en détacher.

c. Vaisseaux et nerfs. — Le péricarde reçoit un grand nombre d’artérioles qui viennent des bronchiques, des diaphragmatiques supérieures et des œsophagiennes. Tous ces ramuscules s’anastomosent dans son épaisseur. Ils se distribuent à peu près exclusivement au feuillet fibreux. — A ceux-ci succèdent des veinules, les unes latérales qui vont se jeter dans les veines diaphragmatiques supérieures; les autres postérieures, qui se terminent dans les veines azygos. Sur le feuillet réfléchi du péricarde, on observe un riche réseau de vaisseaux lymphatiques au niveau des ventricules; mais ces vaisseaux appartiennent au cœur proprement dit et non à son enveloppe.

Les nerfs émanent du grand sympathique et des pneumogastriques. Ils pénètrent dans le péricarde, les uns par sa partie supérieure, mais la plupart par sa partie postérieure. Très grêles et assez nombreux, ils suivent les artères en s’anastomosant entre eux dans leur trajet.

§ 4. — Développement dit cœur.

Le cœur est remarquable par la précocité de son développement. Dès le début de la vie embryonnaire, il l’emporte par son volume sur celui de tous les autres organes.

A son apparition qui a lieu, chez le poulet, au second jour de l’incubation, on voit les cellules qui en représentent la première ébauche se grouper sous l’aspect d’une petite masse ovoïde. Le sommet de l’ovoïde se dirige vers l’extrémité céphalique. Ses parties latérales se distinguent des parties voisines par leur couleur sombre ; sa partie médiane, alors rectiligne, présente une teinte plus claire et revêt l’aspect d’un sillon. Ainsi conformé, il semble composé de deux groupes de cellules ou de deux noyaux juxtaposés et d’abord indépendants; en d’autres termes, il paraît double. Telle est, en effet, l’opinion de M. Dareste; et telle est aussi celle de Kollicher, qui considère ce sillon comme le bord antérieur d’une cloison séparant les deux cœurs primitifs.

Page 1