NOMBRE, VOLUME DES ARTÈRES
en deux courants secondaires qui se dévient très peu de leur direction primitive. A l’origine des artères collatérales, l’éperon présente quelques variétés ; il est d’autant moins saillant qu’elles se détachent du tronc commun sous un angle plus ouvert.
Toutes les divisions du système artériel, les plus volumineuses comme les plus grêles, sont soumises dans leur origine à de nombreuses et fréquentes variétés qui viennent souvent modifier leur situation, leur direction et leurs rapports. Ces variétés ou anomalies ne sauraient trop fixer l’attention du chirurgien qui puisera dans leur connaissance un nouvel élément de sécurité ; car les connaître c’est les prévoir ; et les prévoir c’est constater leur existence ou leur non-existence avant ou pendant le cours d’une opération. Nous reviendrons plus loin sur leur étude et nous chercherons à en déterminer les causes.
B. Nombre , volume des artères.
1° Nombre. — La quantité de sang qui pénètre dans les divers organes est en raison directe de leur importance et de leur vitalité. Dans quelques-uns, comme les poumons, les reins, le foie, une artère unique et volumineuse préside à sa répartition. Mais, dans le plus grand nombre, il est apporté par deux ou plusieurs branches émanées de sources différentes ; ainsi l’encéphale reçoit quatre artères, les deux carotides internes et les deux vertébrales ; sur le pharynx et l’œsophage, le larynx et la trachéeartère sont échelonnées des branches toujours multiples ; l’estomac est entouré d’un cercle artériel provenant de trois branches différentes ; au tube intestinal se rendent les deux mésentériques qui s’anastomosent largement entre elles ; quatre branches convergent vers l’utérus, quatre vers la vessie, quatre vers les enveloppes des testicules, etc.
La plupart des organes, mais plus spécialement ceux qui sont situés sur le plan médian, puisent donc les éléments de leur nutrition et de leurs sécrétions à des sources multiples. Cette multiplicité d’origine pour les branches destinées à un même organe a évidemment pour but de laisser une porte toujours ouverte au sang artériel. Que l’une, que deux, et même trois de ces sources viennent à se tarir momentanément ou définitivement, l’organe dans lequel se rendent ces branches imperméables n’aura pas à souffrir de leur oblitération, si l’une des artères qu’il reçoit est restée intacte, celle-ci se dilatant, et suppléant toutes les autres.
Les ramifications qui succèdent aux branches artérielles ne sont pas également abondantes dans toutes les parties du corps. Quelques organes en possèdent un très grand nombre ; dans cette classe il faut ranger les glandes, les membranes muqueuses, la peau, les muscles. D’autres en contiennent beaucoup moins : tels sont les cordons nerveux, les tendons^ les aponévroses; ou n’en présentent que de simples vestiges, comme la
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dure-mère, les disques intervertébraux, les cartilages d’ossification ; et d’autres enfin en sont complètement dépourvus, par exemple le cristallin, les épithéliums, les poils, les ongles, les cartilages d’encroûtement.
2° Volume. — Le volume des artères est généralement en rapport avec celui des organes auxquels elles se rendent; mais il est subordonné aussi aux fonctions qu’ils remplissent et au degré d’activité qu’ils possèdent. La plupart des glandes reçoivent des artères volumineuses; et l’importance de celles-ci est proportionnelle en général à l’abondance du liquide sécrété : voyez le volume considérable de l’artère rénale et celui relativement minime de l’artère hépatique ; la peau et les muqueuses, la muqueuse gastrique et la muqueuse intestinale, surtout, sont extrêmement riches en artérioles, parce qu’elles sont riches aussi en glandules.
Le calibre des artères tend du reste constamment à s’accroître ; elles sont petites chez l’enfant, plus grosses relativement chez l’adulte, volumineuses chez le vieillard. Sous l’influence de l’âge, leurs parois se dilatent d’une manière lente, mais continue.