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INJECTION ET PRÉPARATION DES ARTÈRES

1° injection. — Elle peut être générale ou partielle. Les injections générales donnent ordinairement des résultats plus avantageux lorsqu’elles sont faites convenablement.

Le sujet qu’on se propose d’injecter sera placé sur un pian incliné, de telle sorte qu’il touche le sol par ses pieds et s’élève du côté de la tête à la hauteur de 50 à 60 centimètres environ.

L’injection doit être poussée par l’aorte. Dans ce but on divise le sternum en deux moitiés par un trait de scie, appliqué sur sa partie médiane, et, à l’aide d’un coin, on écarte les deux moitiés du thorax. L’espace ainsi obtenu permettra d’inciser le péricarde, de saisir le cœur, d’ouvrir le ventricule gauche par une incision longitudinale, et d’introduire dans la cavité de l’aorte un tube muni d’un robinet sur l’extrémité duquel les parois de l’artère seront solidement fixées par une double ligature ; pour passer les liens constricteurs autour du tronc vasculaire, on fait usage d’une aiguille courbe; il existe audessus de l’aorte et de l’artère pulmonaire un espace demi-circulaire au niveau duquel les deux troncs sont libres de toute adhérence. C’est dans cet espace qu’on introduit l’aiguille munie du fil.

La seringue employée pour l’injection doit contenir 12 à 1500 grammes de liquide. Il est indispensable qu’elle soit munie, dans sa partie moyenne, d’un anneau portant de chaque côté une poignée de bois, afin qu’on puisse la saisir facilement et sans courir le danger d’une brûlure. Les plaques de cuir dont on garnit l’extrémité interne du piston seront constamment rejetées; elles se brûlent, se racornissent après deux ou trois injections, et la seringue fonctionne alors très imparfaitement. A ces plaques, qui sont excellentes dans les seringues où l’on n’introduit que des liquides froids, il faut substituer la filasse qui n’offre aucun inconvénient, et qu’on peut si facilement renouveler dans ses couches les plus superficielles, lorsqu’elle ne ferme pas hermétiquement le corps de pompe. Il nous a paru aussi avantageux de ne pas souder le

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corps du piston avec sa lige, et de réunir ces deux parties à l'aide de demianneaux qui s’embrassent par leur concavité.

La matière mise en usage pour les injections ordinaires est le suif, auquel on ajoute une petite quantité de cire et de térébenthine de Venise, plus une substance colorante, le noir de fumée. Cette injection ordinaire doit être précédée d’une injection d'essence de térébenthine dont la quantité est à la précédente : : 1 : 12 ou 15.

Une bonne matière à injection doit offrir un certain degré de solidité sans être cassante. Lorsqu’elle est préparée, avant de l’introduire dans la seringue, il convient donc d’en laisser tomber quelques gouttes sur un corps froid, afin d’apprécier son degré de consistance, et de la modifier en y ajoutant de la térébenthine molle ou de la cire, suivant qu’elle est trop fragile ou trop molle. On juge que sa température est convenable lorsque la chute de quelques gouttelettes d’eau y provoque un léger bruit de crépitation. En ce moment, l’extrémité de la seringue représentée par un tube muni d’un robinet sera plongée dans le liquide, qui pénétrera dans le corps de pompe par aspiration. Celui-ci rempli, on renverse la seringue, et l’on presse légèrement sur le piston pour expulser la petite quantité d’air qui peut y être contenue ; puis le robinet est fermé, et le tube de la seringue adapté au tube introduit dans l’aorte.

L’opérateur qui se charge du soin de pousser l’injection doit avoir les deux jambes du sujet entre les siennes. Il appliqueraperpendiculairement contre sa poitrine l’extrémité libre du piston, en s’inclinant sous un angle de 45 degrés, et pressera sur ce piston avec vigueur, au moment où un aide ouvrira le robinet de la seringue.

Pour arriver jusqu’aux dernières limites du système artériel, l’injection a un long trajet à parcourir; dans son trajet elle se refroidit, et se refroidit d’autant plus qu’elle le parcourt plus lentement. La condition essentielle pour le succès consiste donc, dès le début, à pousser le liquide avec la plus grande force possible, afin de le faire parvenir pour ainsi dire d’emblée jusqu’aux dernières divisions de l’aorte. Il n’y a aucun inconvénient, au début, à presser vigoureusement sur le piston, puisque toutes les artères sont vides, et que le liquide ne rencontre nulle part de résistance. Mais aussitôt que cette résistance commence à se faire sentir, il est prudent d’agir avec plus de ménagement; il faut alors se contenter de soutenir l'effort en le modérant un peu, tant que le piston descend, et le suspendre tout à fait, c’est-à-dire fermer le robinet lorsque le piston devient complètement immobile. Cette opération terminée, les deux tubes sont fermés en tournant leur robinet et la seringue est séparée du tube introduit dans l’aorte, lequel restera en place jusqu’au moment où le liquide injecté sera coagulé.

Si l’on veut faire une injection plus pénétrante, on peut : ou bien ajouter au suif une petite quantité d’essence de térébenthine, un douzième environ ; ou bien élever préalablement la température du sujet en le laissant pendant trois ou quatre heures dans un bain chaud ; en opérant dans cette dernière condition, on peut remplir, en employant une injection ordinaire, non seulement la totalité du système artériel, mais la plus grande partie du système veineux.

Pour les injections fines on emploie le plus souvent des liquides froids. Ceux auxquels on donne ordinairement la préférence, sont : le vernis à l'essence ou à l’alcool, les huiles fixes, l’essence de térébenthine, une solution de gomme, etc., qu’on colore avec le vermillon, le carbonate de plomb ou des couleurs à l’huile. Ces liquides sont redevables de leur plus grande pénétration à ce qu’on peut soutenir longtemps l’effort qui préside ;'i leur introduction ;

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