III. — Artère mésentérique supérieure
L’artère mésentérique supérieure naît de la partie antérieure de l’aorte abdominale à une très petite distance au-dessous du tronc cœliaque. Recouverte à son origine par le pancréas, elle apparaît bientôt entre le bord inférieur de cette glande et la troisième portion du duodénum, qu’elle croise à angle droit. Cette artère pénètre alors dans le mésentère et parcourt le bord adhérent de ce repli dans toute sa longueur, en décrivant une courbure dont la concavité se dirige à droite et en arrière, et la convexité à gauche et en avant. Elle se termine à l’extrémité inférieure du repli mésentérique par une série de branches assez grêles qui se distribuent au cæcum et à l’appendice cæcal.
Derrière le pancréas, la mésentérique supérieure fournit quelques minuscules qui pénètrent soit dans cette glande, soit dans les parois de la troisième portion du duodénum.
Immédiatement au-dessous du pancréas, elle donne un rameau plus important qui se porte d’abord à droite, puis en haut, en abandonnant quelques divisions soit au pancréas, soit au duodénum, et qui se termine en s’anastomosant avec l’artère pancréatico-duodénale, branche de la gastro-épiploïque droite. Ce rameau anastomotique présente quelquefois un volume considérable; dans ce cas, il poursuit son trajet ascendant pour se rendre au foie; il remplace alors l’artère hépatique, ou constitue une hépatique surnuméraire.
Dans le mésentère, elle se divise en deux ordres de branches : les unes partent de sa convexité, les autres de sa concavité. Les premières sont destinées à l’intestin grêle ; les secondes à la moitié droite du gros intestin, d’où le nom de coliques droites qui leur a été donné.
ANGI0L0G1E.
A. Branche» de l'intestin grêle. — On en compte de douze à quinze. Elles sont volumineuses et d’un calibre inégal. Leur longueur varie aussi : les premières et les dernières sont les plus courtes. Toutes se dirigent en bas et en avant.
Après un trajet de (5 ou 8 centimètres, elles se bifurquent. Les branches résultant de leur bifurcation s’infléchissent pour se porter l’une en haut, l’autre en bas, et s’anastomosent par inosculation avec les branches semblables des artères sus et sous-jacentes; ces anastomoses forment une première série d’arcades dont la convexité regarde l’intestin. — De ces arcades partent quarante à cinquante branches qui se portent parallèlement en avant et qui se divisent également après un court trajet en rameaux ascendants et descendants, lesquels s’anastomosent comme les précédents et produisent une seconde série d’arcades plus rapprochées du canal intestinal. — Celles-ci sont le point de départ de minuscules plus ténus et plus nombreux qui se comportent de la même manière, d’où une troisième série d’arcades.
Quelques auteurs parlent d’arcades du quatrième et même du cinquième ordre; mais il ne nous a pas été donné de les observer. Les arcades de la troisième série sont même loin d’exister constamment ; elles font le plus habituellement défaut vers l’origine et la terminaison de l’intestin grêle.
De la convexité des arcades les plus rapprochées du canal intestinal émanent de nombreux rameaux qui se distribuent les uns sur sa moitié droite, les autres sur sa moitié gauche. Ces rameaux affectent une disposition arboriforme; on voit les plus longs s’avancer jusque sur le bord libre de l’intestin où ceux d’un côté communiquent avec ceux du côté opposé. Après s’être anastomosés sous la séreuse, ils traversent les couches musculaires en leur abandonnant des ramifications, et arrivent sur la tunique muqueuse à l’état de simples ramuscules. Ceux-ci, par leurs anastomoses multipliées à l’infini, forment dans la tunique interne de l’intestin un réseau à mailles si serrées que, dans les injections fines, sa surface libre semble se colorer uniformément.
D. Coliques droites. — Au nombre de deux ou trois, on les distingue sous les noms de supérieure , moyenne et inférieure. — La supérieure est ascendante, la moyenne transversale, l’inférieure descendante. La première et la dernière existent constamment, mais la moyenne manque assez souvent. — Situées d’abord dans le mésentère, les coliques droites abandonnent bientôt ce repli pour gagner le mésocôlon ascendant, dans l’épaisseur duquel elles se divisent chacune en branches supérieure et inférieure. Ces branches, en s’anastomosant par inosculation avec les branches voisines, forment de grandes arcades. De la convexité de celles-ci partent des rameaux qui donnent naissance sur quelques points
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à une seconde série d’arcades, et qui se dirigent sur d’autres directement vers le gros intestin, dans lequel ils se ramifient.
La colique droite supérieure s’anastomose par sa branche ascendante avec la branche également ascendante de la première colique gauche. L’arcade qui résulte de cette anastomose est la plus grande de toutes les arcades artérielles; un nombre très considérable de rameaux partent de sa convexité, sur toute sa longueur, pour se rendre au côlon transverse dans lequel ils se ramifient en se répandant les uns sur sa moitié supérieure, les autres sur sa moitié inférieure.
La colique droite inférieure s’anastomose par sa branche descendante, avec la branche terminale la plus élevée de la mésentérique supé-
1. Tronc de la mésentérique supérieure. — 2. Première colique droite. — 3. Seconde colique droite. — A. Extrémité terminale de la mésentérique. — 5, 5, 5, 5, etc. Branches mésentériques et arcades échelonnées sur leur trajet. — A. Cæcum. — B. Côlon ascendant. — C. Côlon transverse. — D. Côlon descendant. — E, E, E. Circonvolutions de l’intestin grêle. — F. Duodénum. — G. Pancréas.
ANGIOLOGIE.
rieure. Tous les rameaux fournis par l’arcade^qui résulte de cette anastomose se dirigent vers le cæcum, ainsi que les branches terminales inférieures de l’artère, et se ramifient dans les parois de cet intestin.
Parmi les branches terminales, il en est une qui passe au-dessous de l’étranglement correspondant à la valvulve iléo-cæcale, et qui vient se distribuer à l’appendice vermiculaire.
IY. — Artère, mésentérique inférieure.
L’artère mésentérique inférieure, moins volumineuse que la supérieure, naît de la partie antérieure et un peu latérale gauche de l’aorte abdominale, à 5 ou 6 centimètres au-dessus de sa bifurcation. Elle occupe d’abord l’épaisseur du mésocôlon iliaque, puis la partie postérieure du rectum, et se termine dans cet intestin en se divisant en deux branches principales qui constituent les hémorrhoïdales supérieures.
Dans ce trajet, elle décrit une courbe dont la convexité regarde à gauche et la concavité à droite, en sorte que les deux mésentériques sont à peu près parallèles et concentriques.
Cette artère ne donne aucun rameau par sa concavité. Par sa convexité, elle fournit deux et souvent trois branches destinées à l’arc transverse du côlon, au côlon descendant et à PS iliaque, en un mot, à la moitié gauche du côlon, d’où le nom de coliques gauches sous lequel elles sonl connues. On les distingue, comme les coliques droites, en supérieure, moyenne et inférieure.
A. Coliques gauches. — Elles se portent presque verticalement en bas comme le tronc de la mésentérique inférieure et se divisent en deux branches qui s’anastomosent avec les branches ascendantes et descendantes des artères voisines pour produire une série de grandes arcades dont la convexité regarde le gros intestin. De ces arcades naissent des rameaux très nombreux qui forment sur certains points d’autres arcades plus petites, mais dont la plupart se rendent directement au côlon dans lequel ils se ramifient. La distribution des coliques gauches dans la partie terminale du gros intestin ne diffère donc nullement de celle des coliques droites dans la première moitié de celui-ci.
La branche ascendante de la première colique gauche s’anastomose, ainsi que nous l’avons vu, avec la branche correspondante de la première colique droite, pour former une grande arcade concentrique à l’arc transverse du côlon ; de cette anastomose il suit : que le tube intestinal puise le sang artériel à deux sources différentes; que la grande et la petite mésentériques sont solidaires ; et que si l’une d’elles est frappée d’oblitération, elle sera suppléée par l’autre.
La branche descendante de la colique gauche inférieure s’anaslomorc avec un rameau ascendant de l’une des branches terminales.
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B. Branches terminales ou liéniorrhoïdales supérieures. — Ces
branches 11e se comportent pas de la même manière sur la première portion du rectum et sur les deux dernières.
Les branches destinées à la première portion sont situées d’abord dans le mésorectum, ainsi que le tronc artériel dont elles émanent. Elles arrivent à l’organe par son bord postérieur; puis se divisent en deux ordres de rameaux qui contournent ses faces latérales, et qui affectent un mode de distribution tout à fait analogue à celui des coliques gauches.
Les deux branches qui vont se ramifier dans la seconde et la troisième portion du rectum suivent au contraire une direction plus ou moins parallèle à son axe. Elles naissent de la mésentérique, au niveau de l’extrémité inférieure du mésorectum, s’écartent aussitôt pour se porter sur les parties latérales de l’intestin, et se prolongent jusqu’à l’anus en suivant une direction telle que, de postérieures à leur point de départ,
Fig. 398. — Artère mésentérique inférieure .
1. Tronc de la mésentérique inférieure. — 2. Colique gauche supérieure. — 3. Colique gauche moyenne. — 4. Colique gauche inférieure. — 5. Tronc de la mésentérique supérieure. — 6, 6. Arcade formée par l’anastomose de la première colique droite avec la première colique gauche.
ANGlüLUGlE.
elles deviennent antérieures à leur terminaison. Dans leur trajet, ces deux branches donnent un grand nombre de divisions qui se dirigent, les unes en avant, les autres en arrière.- — Quelquefois le tronc artériel se termine par trois branches. L’une d’elles longe alors le côté postérieur du rectum .
Parvenues sur la troisième portion du rectum, les hémorrhoïdales se divisent chacune en plusieurs rameaux qui traversent la tunique musculaire, et qui rampent ensuite sur la tunique muqueuse en s’avançant jusqu’à l’orifice anal.
En résumé, les hémorrhoïdales supérieures se distribuent à toute l’étendue du rectum. Les divisions qui se rendent dans la portion supérieure pénètrent celle-ci par son bord postérieur: celles qui se ramifient dans la portion moyenne la pénètrent par ses parties latérales; celles qui se perdent dans la portion inférieure ou anale la pénètrent par toute sa circonférence. Il suit de cette distribution que les hémorrhoïdales supérieures sont les véritables artères du rectum. Les hémorrhoïdales moyennes et les hémorrhoïdales inférieures sont de simples ramuscules sans importance aucune, qui ont seulement pour avantage de multiplier les sources par lesquelles le sang artériel arrive dans cet organe, et de mieux sauvegarder ainsi sa nutrition.
Y. — Artères spermatiques.
Les artères spermatiques se terminent différemment dans les deux sexes : chez l’homme, elles se portent au testicule; chez la femme, à l’ovaire, à la trompe de Fallope et à l’utérus, d’où le nom d 'artères utéro-ovariennes qu’elles prennent dans ce dernier sexe.
Ces artères sont remarquables par l’exiguïté de leur calibre, qui contraste avec la grande étendue du trajet qu’elles parcourent. Pour montrer la cause et l’utilité de l’excessive longueur de ce trajet, il me suffira de rappeler que le testicule et l’ovaire, d’abord situés sur les parties latérales des dernières vertèbres lombaires, descendent pendant le cours de la vie intra-utérine pour se porter dans les bourses chez l’homme, dans l’excavation du bassin chez la femme. Piappelons aussi que, dans ce dernier sexe, l’ovaire, après sa descente, vient s’accoler à l’utérus pendant la gestation, et qu’il s’élève alors au point de remonter jusqu’au-dessus de l’ombilic. L’organe sécréteur du sperme et l’organe dans lequel se forment les ovules subissant ainsi, l’un une migration définitive, et l’autre des migrations temporaires, leurs vaisseaux s’allongent en quelque sorte pour se prêter à ces déplacements. Les artères spermatiques et utéro-ovariennes sont donc en rapport, par leur longueur avec les migrations très étendues des organes auxquels elles appartiennent, et par leur calibre avec le volume peu considérable de ceux-ci.