C. Portion palmaire
La portion palmaire de l’artère radiale forme 1 ’ arcade palmaire profonde. Cette arcade se continue à son extrémité terminale avec une branche importante de l’artère cubitale qui la complète. Transversalement située au-devant des quatre derniers métacarpiens, elle se trouve recouverte par tous les tendons fléchisseurs des doigts.
Branches collatérales. — De l’arcade palmaire profonde partent : 1° des branches ascendantes ; 2° des branches descendantes ; 3° des branches postérieures ou perforantes.
Les ascendantes ou supérieures, au nombre de quatre à six, extrêmement grêles et très courtes, se consument soit dans les parties fibreuses qui occupent la face antérieure du carpe, soit dans les os de la rangée inférieure.
Les descendantes ou interosseuses palmaires , au nombre de trois ou quatre, cheminent verticalement au-devant des muscles interosseux pour s’anastomoser au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, et quelquefois un peu plus haut, avec les branches digitales de l’arcade palmaire superficielle. Leur calibre est en raison inverse de celui des
branches précédentes. Celles qui occupent le second et le troisième espace interosseux sont en général un peu moins déliées que les deux suivantes. Ces artères donnent des rameaux aux muscles interosseux, aux métacarpiens, à l’adducteur du pouce, aux lombricaux, aux tendons des fléchisseurs, aux articulations métacarpo-phalangiennes et aux téguments de l’espace interdigital.
Les postérieures ou perforantes . au nombre de trois, se portent horizontalement de l’arcade palmaire profonde aux interosseuses dorsales avec lesquelles elles s’anastomosent ; ce sont des artères communicantes. Elles occupent la partie la plus élevée des trois derniers espaces interosseux; chacune d’elles est reçue dans un anneau ou plutôt dans un canal fibreux, antéro-postérieur, qui donne attache aux fibres charnues les plus élevées des muscles interosseux dorsaux. Dans ce trajet elles fournissent des ramuscules d’une extrême ténuité aux métacarpiens et aux articulations carpo-métacarpiennes.
§ 12. — Artère curitale.
L’artère cubitale s’étend du pli du coude à la paume de la main, où elle se termine par une arcade à concavité supérieure, qui constitue Y arcade palmaire superficielle.
Cette artère est un peu plus volumineuse que la radiale, dont elle se sépare à angle aigu, au niveau du tendon du brachial antérieur, pour s’engager profondément sous les muscles épitrochléens, tandis que la précédente reste superficielle.
Direction. — D’abord oblique en bas, en dedans et en arrière, elle s’infléchit à l’union du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de l’avant-bras, descend ensuite verticalement au-devant du cubitus, en devenant de plus en plus superficielle, passe au-devant du ligament annulaire antérieur du carpe, puis se coude au-dessous de ce ligament pour former l’arcade palmaire:
L’artère cubitale, comme l’artère radiale, répond donc tour à tour à l’avant-bras, au carpe et à la paume de la main. Par conséquent, on peut lui considérer aussi trois portions : une portion antibrachiale, une portion carpienne et une portion palmaire.
A. Portion antibraehiale.
Cette première portion n’est pas rectiligne. Son tiers supérieur se dirigeant en bas et en dedans, tandis que les deux tiers inférieurs descendent verticalement, elle présente un coude, ou plutôt une courbure dont la concavité est tournée vers l’axe de l’avant-bras.
ARTERE CURITALE.
Rapports. — Dans le trajet qu’elle parcourt de son origine au poignet, l’artère cubitale est en rapport avec deux veines, deux nerfs et un grand nombre de muscles. Elle répond :
1° En avant, au nerf médian; aux muscles qui partent de l’épitrochlée : rond pronateur, grand palmaire, palmaire grêle, fléchisseur superficiel des doigts; plus bas à l’aponévrose et à la peau;
2° En arrière, au lendondu brachial antérieur, au fléchisseur profond des doigts, et au carré pronateur qui la séparent du cubitus;
3° En dehors, à la veine cubitale externe, aux deux fléchisseurs des doigts et dans la moitié inférieure de l’avant-bras au bord interne du fléchisseur superficiel ;
4° En dedans, à la veine cubitale interne, puis au nerf cubital qui en est d’abord séparé par un espace angulaire, mais qui s’en rapproche peu à.peu et qui lui devient contigu dans ses deux tiers inférieurs.
Lorsque l’artère humérale se bifurque au niveau de la partie moyenne de l’avant-bras ou sur un point plus élevé, la cubitale s’engage rarement sous les muscles épitrochléens ; presque toujours elle passe au-devant de ces muscles qu’elle croise obliquement et reste alors sous-aponévrotique dans toute son étendue. Cette anomalie, par conséquent, peut être facilement reconnue à l’aide du toucher.
Branches collatérales. — Elles sont nombreuses et se portent dans toutes les directions. On peut les distinguer aussi en antérieures, postérieures, internes et externes, qui se distribuent aux muscles environnants et à la peau de la moitié interne de l’avant-bras. Parmi ces branches, je dois mentionner les suivantes : la récurrente cubitale antérieure , la récurrente cubitale postérieure, le tronc commun des inter osseuses, la dorsale de V avant-bras et la transverse antérieure du carpe.
1° Artère récurrente cubitale antérieure. 4 — Elle naît delà partie poslérieure de la cubitale, très près de son origine, et quelquefois d’un tronc qui lui est commun avec la récurrente cubitale postérieure. D’abord un peu oblique en bas et en dedans, cette artère devient ensuite ascendante, chemine alors entre le brachial antérieur et le grand rond, puis se termine au-devant de la tubérosité interne de l’humérus, où elle s’anastomose avec la collatérale interne. Les rameaux qu’elle fournit se distribuent aux muscles brachial antérieur, rond pronateur, grand palmaire, fléchisseur superficiel des doigts.
2° Artère récurrente cubitale postérieure. — Beaucoup plus Considérable que la précédente, avec laquelle elle se confond très souvent à son origine, cette artère se porte transversalement en dedans, derrière le grand rond, le grand palmaire et le fléchisseur superficiel, au-devant de l’extrémité supérieure du fléchisseur profond. Ensuite elle change de direction, pour cheminer de bas en haut derrière la tubérosité interne
ANGIOLOGIE.
de l’humérus, entre cette tubérosité et l’olécrâne, dans l’intervalle des deux portions du cubital antérieur, et s’anaslomose à sa terminaison avec les collatérales interne et externe. Ses rameaux assez nombreux se perdent dans les muscles fléchisseurs superficiel et profond des doigts, cubital antérieur et triceps brachial ; d’autres se distribuent h la partie postérieure de l’articulation du coude, et aux téguments.
3° Tronc commun des artères interosseuses. — Ce tronc naît de la partie postérieure de la cubitale, un peu au-dessous de la tubérosité bicipitale du radius. Oblique d’avant en arrière et de haut en bas, il se divise après un court trajet en deux branches qui descendent l’une en avant, l’autre en arrière du ligament interosseux.
V artère interosseuse antérieure chemine verticalement entre les muscles fléchisseur profond des doigts et long fléchisseur propre du pouce. Plus bas elle se trouve placée entre le carré pronateur et le ligament interosseux sur lequel elle est fixée dans toute sa longueur par une lamelle fibreuse. Arrivée à l’extrémité inférieure de ce ligament, elle le traverse d’avant en arrière et descend sur la partie postérieure du poignet, où elle s’anastomose avec les rameaux ascendants de l’artère dorsale du carpe.
Dans ce trajet l’interosseuse antérieure fournit des rameaux antérieurs, postérieurs, internes et externes.
Les rameaux antérieurs se distribuent au fléchisseur superficiel des doigts, au carré pronateur et au nerf médian. — Le rameau du nerf médian se distingue des autres parson existence qui estconstante, par son trajet qui est fort étendu, et par son calibre qui est extrêmement variable. En général très grêle, il offre quelquefois des dimensions qui égalent celles de la radiale ou de la cubitale : dans ce cas l’avant-bras présente trois troncs artériels, deux latéraux un peu moindres que dans l’état normal et un médian qui descend jusque dans la paume de la main : c’est une anomalie par renversement de volume.
Les rameaux postérieurs, au nombre de trois ou quatre, traversent le ligament interosseux pour aller se distribuer au long abducteur du pouce, à ses deux extenseurs et à l’extenseur propre de l’index ; ces rameaux, connus sous le nom d 'artères perforantes , s’anastomosent avec l’in terosseuse postérieure.
Les rameaux externes se distribuent au long fléchisseur propre du pouce, au carré pronateur et au radius.
Les rameaux internes sont destinés au fléchisseur profond des doigts, au périoste et au canal médullaire du cubitus.
V artère interosseuse postérieure , un peu moins considérable que l’antérieure, traverse le ligament interosseux, donne aussitôt une branche ascendante, la récurrente radiale postérieure , et descend ver-
ARTÈRE CUBITALE.
ticalement enlre le court supinateur et le long abducteur du pouce, puis entre les deux couches musculaires de la partie postérieure de Bavantbras. Cette artère se prolonge jusqu’à l’articulation du poignet où elle communique avec l’interosseuse antérieure. Dans trajet elle fournit un grand nombre de rameaux qui s’épuisent dans les muscles voisins.
La, récurrente radiale postérieure est la plus volumineuse des branches émises par l’interosseuse postérieure. Elle se porte en haut et en arrière entre le cubital postérieur et l’anconé, ou dans l’épaisseur de ce dernier muscle, et arrive à la partie postérieure du coude, où ses nombreuses ramifications terminales s’anastomosent avec celles de la collatérale externe et de la récurrente radiale antérieure. Dans ce trajet elle donne des rameaux au court supinateur, au cubital postérieur, à l’anconé, au triceps brachial, à l’articulation et aux téguments.
4° Artère dorsale. — En général peu considérable, cette branche naît du côté interne de la cubitale, à 5 ou 6 centimètres au-dessus du pisiforme. Elle contourne le cubitus en passant au-dessous du tendon du cubital antérieur et se prolonge jusque sur le dos de la main. Les rameaux qu’elle fournit dans son trajet se perdent dans le cubital antérieur, le carré pronateur et les téguments du poignet.
5° Artère transverse antérieure du carpe. — Rameau COlirt et
grêle. Il se porte transversalement de dedans en dehors, derrière les tendons fléchisseurs des doigts, parallèlement au bord inférieur du carré pronateur, puis s’anastomose avec l’artère correspondante de la radiale.
B. Portion carpienne de l’artère cubitale.
La portion carpienne de l’artère cubitale s’étend du bord supérieur au bord inférieur du ligament annulaire antérieur. Sa longueur est de 3 centimètres. Elle répond : en arrière à ce ligament dont la sépare ordinairement une couche adipeuse ; en avant, au muscle palmaire cutané qui la recouvre dans toute son étendue ; en dedans, au nerf cubital, au pisiforme, et plus bas à la saillie de l’os crochu; en dehors, au bord interne de l’aponévrose palmaire.
Dans cette situation, l’artère, bien que très superficielle, n’est cependant pas exposée à être comprimée. Lorsque la face antérieure du poignet devient le siège d’un effort, d’une pression quelconque, le tronc artériel reste perméable, l’effort étant supporté par le pisiforme qui le déborde et le protège de sa saillie.
Branches collatérales. — La portion carpienne donne au-devant du ligament annulaire plusieurs ramuscules très grêles provenant de sa partie antéro-externe. L’un de ces ramuscules se distribue au muscle palmaire cutané. Les autres se perdent dans les téguments des parties
ANGtOLÜGlE.
voisines, dans le ligament annulaire antérieur du carpe et l’articulation radio-cubitale inférieure.
Parvenue sur le bord inférieur du ligament annulaire, la portion carpienne fournit, au moment où elle s’infléchit pour devenir transversale, une branche importante qui s’enfonce aussitôt entre l’adducteur et le court fléchisseur du petit doigt, passe sous ce dernier et se porte ensuite en dehors, pour s’anastomoser avec la partie terminale de l’arcade palmaire profonde, d’où le nom de cubito-radiale qui lui a été donné.