C. l'orliitn palmaire de l’artère cubitale
La portion palmaire, plus connue sous le nom d 'arcade palmaire superficielle, s’étend de la partie inférieure et interne du ligament annulaire aux muscles de l’éminence thénar, où elle se termine en s’anastomosant avec la radio-palmaire, branche de la radiale. Cette arcade, dont la concavité regarde en haut, est située à un centimètre au-dessous du ligament annulaire, entre l’aponévrose palmaire qui la recouvre, et les tendons du fléchisseur sublime qu’elle croise à angle droit.
Artères digitales. — L’arcade palmaire superficielle ne donne aucune branche par sa concavité. De son côté inférieur ou convexe naissent ordinairement quatre branches, les artères digitales , qui descendent en divergeant jusqu’à la racine des doigts. On les distingue sous les noms de première, seconde, troisième et quatrième, en procédant de dedans en dehors. Dans leur trajet, ces artères abandonnent quelques ramuscules aux lombricaux, aux tendons des fléchisseurs et aux téguments de la paume de la main. — Parvenues à la partie inférieure de l’aponévrose palmaire, elles traversent les orifices que celle-ci leur présente, s’anastomosent alors avec les interosseuses antérieures, puis se divisent presque aussitôt en deux branches qui constituent les collatérales des doigts.
La première digitale ne se bifurque pas. Obliquement dirigée en bas et en dedans, elle croise le cinquième métacarpien, et longe ensuite le bord cubital du petit doigt dont elle forme la collatérale interne. Cette branche vient très souvent de la portion carpienne de l’artère cubitale ; elle naît alors par un tronc commun avec la branche cubito-radiale.
La deuxième occupe le quatrième espace ; elle donne la collatérale externe du petit doigt et la collatérale interne de V annulaire.
La troisième correspond au troisième espace ; elle fournit la collatérale externe de /’ annulaire et la collatérale interne du médius.
La quatrième, située au-devant du deuxième espace interosseux, donne naissance par sa bifurcation à la collatérale externe du médius et à la collatérale interne de l'index.
Quelquefois il existe une cinquième digitale ; de sa division résultent
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
alors la collatérale externe de l’index et la collatérale interne du pouce. U est plus rare de voir l’arcade palmaire superficielle émettre une sixième digitale qui vient constituer la collatérale externe du pouce.
Collatérales des doigts. — Elles longent les parties latérales de la gaine des tendons fléchisseurs, en donnant des rameaux qui se portent les uns vers la face dorsale et les autres vers la face palmaire.
Les rameaux dorsaux se distribuent aux téguments, dans lesquels ceux du côté droit communiquent avec ceux du côté gauche.
Les rameaux palmaires se terminent dans la peau, et la gaine fibreuse des doigts, dans les tendons et les phalanges ; quelques-uns passent au-devant du corps des premières et des secondes phalanges, pour s’anastomoser avec des rameaux semblables de la collatérale opposée.
Parvenues au-devant de l’extrémité unguéale des dernières phalanges, les collatérales des doigts s’abouchent par leur partie terminale et forment une arcade à convexité inférieure. De cette arcade partent un très grand nombre de ramuscules, dont les uns se répandent dans la pulpe des doigts, et les autres dans le derme sous-unguéal.
Considérations générales sur les artères du membre supérieur.
Le sang artériel est transmis au membre supérieur par un tronc volumineux subordonné dans son mode de ramescence au système osseux : simple comme celui-ci sur la première moitié du membre, il se divise au-devant du coude en deux troncs secondaires qui correspondent au radius et au cubitus, puis en cinq troncs -parallèles aux cinq métatarsiens, lesquels se subdivisent encore à la racine des doigts.
Les troncs artériels marchent parallèlement aux os, dont ils ne sont séparés que par de minces couches musculaires.
Nous avons vu que les branches collatérales dé la sous-clavière et de l’axillaire se divisent en internes et externes; que les premières, par leur continuité, forment un courant collatéral s’étendant des parois du tronc au courant principal; que les secondes forment un courant analogue partant de la base du cou et contournant la partie postérieure de l’épaule. — Les branches collatérales des artères du bras, de l’avantbras et de la main, rayonnent dans toutes les directions. Mais les plus importantes se dirigent en arrière, les unes de haut en bas, les autres de bas en haut : telles sont au bras la collatérale externe, au pli du coude les récurrentes radiales et cubitales postérieures, au poignet les dorsales du carpe et les perforantes. De l’anastomose de ces branches descendantes et ascendantes résulte un courant collatéral qui passe en arrière de l’articulation du coude et qui unit la partie supérieure de Fhumérale â la partie supérieure des artères de l’avant-bras. Il existe à
ANGIOLOGIE.
la partie postérieure du poignet un courant semblable s’étendant des artères de l’avant-bras à l’arcade palmaire profonde. Ces deux courants collatéraux postérieurs sont reliés l’un à l’autre par la récurrente radiale postérieure.
Au courant principal ou central du membre se trouvent donc annexés, au niveau de l’épaule, deux courants, l’un interne et l’autre externe, et dans le reste de son étendue un courant postérieur.
Les divisions artérielles deviennent plus nombreuses à mesure qu’on se rapproche de l’extrémité terminale du membre, et vont se perdre pour la plupart dans les parties superficielles. La main est surtout remarquable par la multiplicité des artères qui se distribuent à ses parties périphériques. Sa grande richesse vasculaire est une simple application de la loi qui proportionne partout la vascularité des organes à leur vitalité et à leur sensibilité; or, la main de même que le pied est douée d’une vitalité énergique et d’une sensibilité extrême. C’est pourquoi ils sont l’une et l’autre si vasculaires. Placées aux dernières limites de l’économie et plus exposées à l’influence de tout ce qui nous entoure, la nature les a douées d'une vascularité plus grande, pour leur permettre de réagir avec plus d’efficacité sur toutes les causes qui tendent à abaisser leur température, et d’une sensibilité plus vive, afin de mieux sauvegarder leur intégrité et leur existence.