VEINES D’ORIGINE DES JUGULAIRES
Des deux branches qui forment l’origine de cetle veine, l’une est antérieure et l’autre postérieure. L’antérieure recouvre de ses rameaux convergents la région frontale et communique avec la veine préparate. La postérieure, située sur les parties latérales du crâne, s’anastomose avec les ramifications correspondantes de la veine occipitale.
Dans son trajet cette veine reçoit: 1° en avant, des rameaux sourciliers, palpébraux, malaires , et plus bas la transversale de la face; 2° en arrière, les veines auriculaires antérieures ; 3° en dedans, la temporale moyenne, et plusieurs veines parotidiennes .
3° Veine maxillaire interne. — Branche profonde d’origine de la jugulaire externe, celte veine accompagne l’artère maxillaire interne. Chacune des branches qui s’ouvrent dans sa cavité marche parallèlement aune branche artérielle. Elle reçoit les veines méningées moyennes, au nombre de deux. A cette veine viennent en outre se réunir : 1° les veines temporales profondes; 2° la veine dentaire inférieure; 3° les plérygoïdiennes ; 4° les massétérines postérieures.
Toutes ces branches se continuant entre elles forment un plexus remarquable, le plexus ptérygoïdien ou zygomatique , qui communique en avant avec le plexus alvéolaire. De ce plexus part le tronc de la veine maxillaire interne qui passe perpendiculairement derrière le col du condylede la mâchoire et qui vient se réunir à celui de la veine temporale pour former la jugulaire externe.
4° Veine auricniaire postérieure. — Elle suit l’artère correspondante, reçoit la veine stylo-mastoïdienne, et se jette tantôt dans la jugulaire externe, tantôt dans la jugulaire interne.
5° Veine occipitale. — Même distribution que l’artère qu’elle accompagne. Née des téguments de la partie postérieure du crâne, elle passe sous le splénius et reçoit au niveau de l’apophyse mastoïde une veine importante, la veine mastoïdienne , qui s’ouvre par son extrémité opposée dans le sinus latéral, et qui établit ainsi une facile communication entre les systèmes veineux intra et extracrâniens. Après cette union, la veine occipitale se porte en dedans et un peu en bas pour s’ouvrir dans la veine jugulaire interne, très rarement dans l’externe.
6° Veines linguales. — Elles peuvent être distinguées : en veines profondes, veines supérieures et veines inférieures ou ranines.
a. Les veines profondes, au nombre de deux, n’offrent qu’un très petit calibre. Elles accompagnent l’artère linguale dans toute l’étendue de son trajet, et vont se rendre soit directement dans la jugulaire interne, soit dans la faciale, soit, ce qui est plus fréquent, dans l’un des troncs auxquels aboutissent toutes les veines dorsales de la langue.
b. Les veines supérieures ou dorsales forment un plexus situé entre
ANGIOLOGIE.
la muqueuse et le muscle lingual supérieur. De ce plexus, plus développé vers la nase de la langue, part : 1° une veine médiane qui descend jusqu’à l’épiglotte, au-devant de laquelle elle se partage en deux branches qui se portent transversalement en dehors pour aller s’ouvrir tantôt dans la jugulaire interne et tantôt dans l’une des veines voisines; 2° un grand nombre de troncules, les uns postérieurs, qui se terminent dans les divisions de la veine médiane, les autres latéraux, qui se jettent dans les veines ranines.
c. Les veines ranines font saillie sur les côtés du frein de l’organe, où elles manifestent leur présence par leur couleur bleuâtre. Situées dans le sillon des muscles génio-glosse et lingual inférieur, elles marchent parallèlement au nerf grand hypoglosse, puis se réunissent et se jettent dans la faciale ou dans la jugulaire interne.
7° Veine pharyngienne. — Elle naît d’un plexus qui entoure les parties latérales et postérieures du pharynx, le plexus pharyngien. De ce plexus auquel se rendent les veines vidiennes elle descend verticalement pour s’ouvrir dans la jugulaire interne au niveau de l’os hyoïde.
8n Veine thyroïdienne supérieure. — Elle tire SOll Origine du Corps thyroïde et du larynx. Ses branches suivent dans tout leurtrajet les divisions de l’artère thyroïdienne. Le tronc résultant de la réunion de ces branches se porte obliquement en haut, derrière les muscles de la région hyoïdienne inférieure, croise perpendiculairement la terminaison de la carotide primitive et se jette dans la jugulaire interne, ou bien remonte un peu plus haut pour s’unir préalablement soit à la linguale, soit à la faciale. Il n’est pas rare de voir la veine laryngée supérieure se porter vers l’une ou l’autre des deux veines précédentes.
0° Veine thyroïdienne moyenne. — Cette veine part des parties latérales du corps thyroïde, passe au-devant de la carotide primitive et se termine dans le tiers inférieur de la jugulaire interne.
§ 4. — Des sinus de la dure-mère et des veines qui s’y rendent.
Les sinus de la dure-mère sont des canaux veineux, situés sur le prolongement des veines jugulaires internes, et dans lesquels viennent s’ouvrir, d’une part, les veines de l’encéphael, de l’autre celles de l’appareil visuel.
On peut donc les diviser en deux ordres : ceux qui dépendent de l’encéphale, et ceux qui dépendent du sens de la vue.
Les sinus qui reçoivent le sang des veines de l’encéphale occupent la partie postérieure du crâne. Ceux qui rapportent le sang de l’appareil visuel répondent à la hase de cette cavité. — Parmi les premiers, au
SINUS DE LA DURE-MÈRE
nombre de sept, viennent se ranger : les sinus latéraux , le longitudinal supérieur , le longitudinal inférieur , le sinus droit et les sinus occipitaux postérieurs ; et parmi les seconds, au nombre de huit, les sinus caverneux , circulaire, pétreux supérieurs, pètreux inférieurs, Occipital antérieur.
Considérés dans leurs connexions avec le système veineux, les sinus se partagent en ceux qui communiquent avec les veines, ou sinus veineux proprement dits, et ceux qui ne communiquent pas avec les veines, mais avec d’autres canaux du même ordre, ou sinus anastomotiques .
Considérés dans leurs rapports avec le plan médian, ils se partagent en pairs ou latéraux, au nombre de cinq : les sinus latéraux, les sinus occipitaux postérieurs, les sinus pétreux supérieurs, pétreux inférieurs et caverneux; et sinus impairs ou médians au nombre de cinq aussi : le sinus longitudinal supérieur, le sinus longitudinal inférieur, le sinus droit, l’occipital antérieur et lé circulaire.
La situation des sinus est du reste diamétralement opposée à celle des artères. Ainsi les artères de l’encéphale répondent à la partie centrale de sa base; elles se dirigent de bas en haut en rayonnant dans tous les sens. Les sinus encéphaliques répondent à sa partie supérieure et postérieure ; ils occupent les interstices des différentes parties qui le composent, et se dirigent de haut en bas.
Leur forme est prismatique et triangulaire pour la plupart d’entre eux. Quelques-uns sont demi-cylindriques, comme la partie terminale des sinus latéraux et les sinus pétreux inférieurs. D’autres affectent une forme irrégulière; telle est celle des sinus caverneux, pétreux supérieurs et occipital antérieur.
Leur direction varie. Pour les sinus supérieurs elle est opposée à celle des veines qu’ils reçoivent : ainsi le sinus longitudinal supérieur se dirige d’avant en arrière, et les veines qui viennent s’ouvrir dans sa cavité se dirigent au contraire d’arrière en avant. Elle est perpendiculaire à celle des veines immergentes pour les sinus postérieurs, comme les sinus latéraux; et parallèles à ces veines pour les sinus inférieurs, qui ne sont en quelque sorte que le prolongement de celles-ci, tels que les sinus caverneux, les sinus pétreux, etc.
Transversalement divisée, leur cavité reste béante, comme celle des veines qui occupent le sommet du thorax. Les sinus prolongent, sous ce rapport, la série des veines à parois incompressibles; car la jugulaire interne est elle-même recouverte par l'aponévrose cervicale qui s’oppose à sa complète dépression au moment de la dilatation de la poitrine. On voit donc que dans une forte inspiration le sang contenu dans les sinus sera soumis aussi à l’action aspirante de la cavité pectorale.
Les sinus ne présentent aucune trace de replis valvulaires, et n’offrent pas cependant cette surface unie qu’on observe dans la plupart des veines.
Des filaments fibreux, irréguliers, hérissent cà cl là leurs parois, sans exercer, du reste, aucune influence sensible sur le cours du sang.
La structure des sinus diffère très notablement de celle des veines. Ils sont formés seulement de deux tuniques : l’une interne, mince, transparente et tout à fait identique avec celle qu’on retrouve sur toute l’étendue de l’appareil vasculaire ; l’autre externe, épaisse et résistante, de nature fibreuse, formant une dépendance de la dure-mère. Ces deux tuniques sont unies de la manière la plus intime.
Indépendamment des attributs qui leur sont communs, les sinus présentent des caractères propres à chacun d’eux. Nous étudierons successivement : 1° les sinus qui ramènent le sang de l’encéphale ; 2° les sinus qui ramènent le sang de l’appareil visuel.
A. Sinus qui reçoivent les veines de l’encéphale.
Les sinus dans lesquels viennent s’ouvrir les veines de l’encéphale sont situés dans l’épaisseur des principaux replis de la dure-mère. En partant du golfe de la veine jugulaire interne, on rencontre d’abord les sinus latéraux vers lesquels convergent tous les autres, puis le sinus longitudinal supérieur, le sinus droit, le sinus longitudinal inférieur et les sinus occipitaux postérieurs (vov. dans le tome III les figures qui représentent la dure-mère).