‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 401 sur 481 · II. — Sinus longitudinal supérieur · texte numérisé non relu

II. — Sinus longitudinal supérieur

Ce sinus est situé dans l’épaisseur du bord supérieur de la faux du cerveau. Il s’étend depuis la crête du frontal jusqu’à la protubérance occipitale interne sur laquelle il se bifurque pour se continuer à droite et à gauche avec les sinus latéraux. Très étroit à son origine, il s’élargit graduellement d’avant en arrière et revêt la forme d’une pyramide à base triangulaire dont l’axe serait demi-circulaire et très allongé.

Le côté supérieur de cette pyramide répond à la gouttière sagittale. Il est convexe, tandis que les côtés inférieurs, appliqués à la grande scissure du cerveau, sont légèrement concaves.

AiNGlOLUUlE.

Son sommet correspond à l’extrémité supérieure de la crête coronale ; il se termine graduellement en cul-de-sac» C’est à tort que quelques anatomistes le prolongent jusqu’au trou borgne, où il se continuerait avec les veines nasales.

Sa base répond à la protubérance occipitale interne, au niveau de laquelle il se divise pour se continuer avec les sinus latéraux. Cependant on voit quelquefois cette base se dévier à droite pour se continuer en totalité avec le sinus latéral correspondant. Lorsqu’elle se divise, la branche droite de la division est presque toujours plus considérable.

On remarque dans l’intérieur de ce sinus les nombreux orifices des veines qui s’y rendent, et des brides membraneuses qui occupent de préférence ses parois inférieures, dont elles masquent en partie les embouchures veineuses. On y trouve aussi le plus souvent quelques granulations jaunâtres, tantôt isolées, tantôt rassemblées en grappe. Ces granulations, disséminées en grand nombre sur la partie supérieure et interne des hémisphères cérébraux, sont connues sous le nom de corpuscules de Pacchioni. Elles 11e se montrent jamais primitivement dans le sinus longitudinal supérieur ; les enveloppes cérébrales, particulièrement la pie-mère, en sont le point de départ. — Sur les parois de ce sinus viennent se terminer :

1° Les veines de la face interne des hémisphères, veines qui s’ouvrent quelquefois directement dans le sinus, mais qui s’unissent le plus souvent à celles de la face supérieure du cerveau, sur un point très rapproché de leur embouchure.

2° Les veines de la face externe des hémisphères, au nombre de six ou huit de chaque côté. Ces veines, qui reçoivent un très grand nombre de branches, se portent de dehors en dedans ; parvenues au voisinage du sinus, elles s’accolent à la dure-mère contre laquelle elles sont fixées par l’arachnoïde, changent alors de direction, pour cheminer d’arrière en avant dans l’épaisseur de la faux du cerveau, et après un trajet de 2 centimètres environ s’ouvrent dans la cavité du sinus par un ou plusieurs orifices. A leur terminaison ces veines se dirigent donc en sens inverse du sang qui parcourt le sinus. Celles qui semblent se diriger dans le même sens que le courant sanguin ne s’y ouvrent pas directement ; elles se rendent dans quelques grosses veines dont le tronc se porte d’arrière en avant. — Cependant les plus antérieures suivent la direction du cours du sang.

3° Ce sinus reçoit en outre quelques veinules de la dure-mère.

4° Les veines méningées moyennes, au nombre de deux, qui s’ouvrent par leur extrémité opposée dans le plexus ptérygoïdien, origine delà veine maxillaire interne.

5° La grande veine anastomotique cérébrale. Cette veine, très bien décrite par M. Trolard, naît en général du sinus pétreux supérieur vers

SINUS DE LA DURE-MÈRE

sa partie moyenne, chemine dans l’épaisseur de la dure-mère, en se portant vers le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, devient libre alors, entre dans la scissure de Sylvius, se dirige en dehors, puis en haut et en arrière, en s’anastomosant avec les veines cérébrales qu’elle rencontre, et se termine dans le tiers postérieur du sinus longitudinal supérieur qu’elle met ainsi en communication avec les sinus de la base du crâne.

6° Des veines sous-cutanées qui établissent une communication entre les systèmes veineux intra et extracrâniens. Ces veines sont peu nombreuses et d’un très petit calibre ; les plus remarquables sont celles qui traversent les trous pariétaux : elles portent le nom de veines émissaires de Santorini.

7° Des veines osseuses ou diploïques, dont quelques-unes s’ouvrent directement dans le sinus, tandis que d’autres communiquent avec les veines de la dure-mère.

HT. — Si nu* longitudinal Inférieur.

Ce sinus est situé dans l’épaisseur du bord inférieur ou concave de la faux du cerveau, dont il occupe seulement la moitié ou le tiers postérieur. Il se distingue de tous les autres : 1° par l’étroitesse de son calibre ; 2° par sa forme arrondie ; 3° par la distance qui le sépare des parois du crâne.

Ce sinus, comme le longitudinal supérieur, augmente d’avant en arrière. Il reçoit les veines de la faux du cerveau : parmi celles-ci il eu est une ou deux qui s’ouvrent en haut dans le sinus longitudinal supérieur et qui mettent par conséquent en communication les deux sinus longitudinaux.

Par son extrémité postérieure ou terminale le sinus longitudinal inférieur s’ouvre dans le sinus droit.

Page 1