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I. — Sinus caverneux

Ces sinus, situés sur les parties latérales de la fosse pituitaire, s’étendent de l’extrémité la plus large de la fente sphénoïdale jusqu’au sommet du rocher, sur lequel ils se continuent avec les sinus pétreux. Très courts mais larges, ils offrent une forme assez irrégulière qui rappelle cependant celle d’un cube allongé d’avant en arrière : on peut leur considérer par conséquent quatre parois et deux extrémités.

La paroi supérieure est formée par les deux prolongements à l’aide desquels l’extrémité antérieure de la tente du cervelet vient se fixer aux apophyses clinoïdes. A sa partie antérieure et interne, on remarque un orifice qui donne passage à l’artère carotide interne.

La paroi inférieure répond à la gouttière caverneuse, et plus profondément au sinus sphénoïdal dont elle n’est séparée que par une lame osseuse assez mince.

La paroi interne, verticale, sépare le sinus caverneux du corps pituitaire. Elle présente un orifice par lequel ce sinus communique avec le sinus circulaire.

La paroi externe, verticale aussi, mais beaucoup plus étendue que les trois précédentes, contient, dans son épaisseur, plusieurs nerfs fort importants: la branche ophthalmique de Willis, le pathétique et le moteur oculaire commun.

La cavité circonscrite par ces parois est traversée d’arrière en avant

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ANGIOLOGIE.

par l’artère carotide interne et le nerf de la sixième paire. — L’artère s’y introduit de bas en haut en sortant du canal carotidien, la parcourt d’arrière en avant jusqu’à l’apophyse clinoïde antérieure, puis se coude alors à angle droit pour traverser la paroi supérieure du sinus, et pénétrer dans la cavité du crâne. Dans ce trajet, on pourrait croire, au premier aspect, qu’elle occupe la cavité même du sinus, et qu’elle se trouve entourée de tous côtés par le sang veineux. Mais en l’examinant plus attentivement, on remarque qu’elle se rapproche davantage de la paroi externe, et que la tunique interne de cette paroi la recouvre; elle n’est donc nulle part en contact immédiat avec le liquide sanguin. De sa périphérie naissent de nombreuses artérioles, presque capillaires, dirigées dans tous les sens, mais destinées pour la plupart au corps pituitaire, et que la tunique interne recouvre aussi en partie; de là l’extrême irrégularité et les anfractuosités que présente la cavité du sinus, anfractuosités qui lui ont mérité la dénomination sous laquelle il est connu. — Le nerf de la sixième paire, ou moteur oculaire externe, repose sur la paroi inférieure du sinus. Il est situé au-dessous de l’artère, et recouvert comme celle-ci par la tunique interne du sinus qui le sépare aussi du courant sanguin.

Par leur extrémité postérieure, les sinus caverneux se continuent avec les sinus pétreux supérieurs, pétreux inférieurs et occipital antérieur. Au niveau de cette continuité il existe donc une sorte de confluent comparable au confluent des sinus encéphaliques.

Leur extrémité antérieure se continue avec le tronc de la veine ophthalmique, d’où le nom de sinus de la veine ophthalmique sous lequel ils ont été décrits par quelques auteurs.

Dans le court trajet qu’ils parcourent, de la fente sphénoïdale au sommet du rocher, ces sinus ne reçoivent que la veine ophthalmique, et quelquefois une veinule de calibre variable provenant de la duremère qui tapisse la fosse sphéno-temporale.

Veine ophthalmique. — Nous avons vu que l’artère ophthalmique, considérée dans son mode de distribution, présente trois principaux ordres de branches : 1° des branches destinées au globe de l’œil et se ramifiant dans son épaisseur ; 2° des branches destinées aux parties accessoires du sens de la vue ; 3° des branches qui ne font que traverser l’appareil de la vision pour aller se distribuer à des parties plus ou moins éloignées.

Ces trois ordres de branches artérielles sont représentés par trois ordres de branches veineuses. Mais les veines du premier groupe ne suivent nullement la direction des artères. Aux ciliaires courtes et longues, qui pénètrent dans le globe oculaire par sa partie postérieure et qui sont au nombre de dix, ou douze le plus habituellement, correspondent quatre

SINUS DE LA DURE-MÈRE

veines importantes qui naissent à égale distance de la cornée transparente et du nerf optique, deux supérieures et deux inférieures. Seules les ciliaires antérieures sont en rapport avec des veinules qui suivent à peu près leur trajet.

A chacune des artères du second et du troisième groupe se trouve

accolée une veine qui l’accompagne en général sur toute sa longueur.

Parmi ces veines satellites, la frontale externe ou sus-orbitaire est la plus importante ; sous l’arcade orbitaire, elle communique à plein canal avec la veine frontale. Par un autre rameau elle se continue avec la veine angulaire. Le tronc de la veine ophthalmique, constitué d’abord par ces deux veines anastomotiques, se grossit bientôt des veines ethmoïdales antérieure et postérieure. Il s’infléchit alors pour se porter très obliquement en dehors, en passant au-dessus du nerf optique, puis se recourbe en bas et en arrière et vient s’ouvrir dans l’extrémité antérieure du sinus caverneux.

En passant au-dessus du nerf optique, le tronc principal reçoit les deux veines musculaires et les quatre veines oculaires.

En dehors du nerf il reçoit la veine lacrymale, la veine centrale de la rétine, et quelquefois une veine méningée qui se porte de dehors en dedans et qui traverse la dure-mère au niveau de la partie la plus étroite de la fente sphénoïdale.

En s’anastomosant avec la faciale, au niveau de l’extrémité interne de l’arcade orbitaire, cette veine établit une large communication entre les systèmes veineux intra et extracrâniens. Elle se comporte sous ce rapport comme l’artère correspondante.

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