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CHAPITRE IV

Les vaisseaux lymphatiques, ou vaisseaux absorbants, sont des canaux à ramifications convergentes, à parois transparentes et à forme noueuse, étendus d’un grand nombre d’organes vers le système veineux, dans lequel ils déposent le chijle et la lymphe , après avoir traversé un ou plusieurs corps glanduliformes échelonnés sur leur trajet.

L’appareil circulatoire représentant, selon l’expression d’un grand naturaliste, un tourbillon à direction constante dans lequel entrent et duquel sortent incessamment de nouvelles substances, le système des vaisseaux lymphatiques, uni au système veineux, peut être considéré comme le canal d’entrée de ce tourbillon, dont les capillaires sanguins, organes de la nutrition, des exhalations et des sécrétions, formeraient le canal de sortie.

Le chyle et la lymphe que ces vaisseaux déposent dans le torrent de la circulation se composent, comme le sang, de globules suspendus dans un liquide. Le chyle prend sa source dans les organes de la digestion ; il est opaque et de couleur laiteuse chez les carnassiers; la lymphe est transparente et d’aspect aqueux : de là une ancienne division des vaisseaux lymphatiques en chylifères ou lactés, et lymphatiques proprement dits.

Cette distinction a pu offrir quelque importance à l’époque où l’on pensait que le chyle différait de la lymphe par sa couleur et ses propriétés dans toute la série des mammifères. Elle n’en a plus aucune aujourd’hui où nous savons que ces deux liquides sont l’un et l’autre transparents chez les herbivores, et que les canaux dans lesquels ils circulent présentent une structure identique dans les quatre classes de vertébrés. Il n’existe donc pas deux ordres de lymphatiques, mais un seul, et dans cet ordre unique deux groupes de vaisseaux qui diffèrent par le liquide contenu dans leur cavité.

Partis des divers organes dans lesquels ils prennent naissance, les vaisseaux lymphatiques se dirigent vers les corps glanduliformes situés sur leur trajet, augmentent de volume après les avoir traversés, puis convergent et se réunissent pour former deux troncs :

1° Un tronc principal, le canal thoracique , qui vient s’ouvrir dans l’angle de réunion des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches;

2° Un tronc moins volumineux, descendant, la grande veine lymphatique, qui se termine dans la veine sous-clavière droite.

Celle disposition nous montre que le canal à sang blanc ne constitue pas un arbre vasculaire complet. lise présente sous la forme de racines, comme

ANGIOLOGIE.

la partie afférente du canal à sang noir, avec laquelle il contracte dans toute l’étendue de son trajet les connexions les plus intimes et dont il se rapproche en outre, soit par la situation de ses branches d’origine qui sont les unes superficielles, les autres profondes, soit par les nodosités qui surmontent ses parois, soit par les valvules qui entrecoupent sa cavité.

Ajoutons qu’il existe entre les deux systèmes une étroite solidarité de fonctions : le sang qui revient par les veines, le chyle que les lymphatiques puisent dans l’intestin, la lymphe qu’ils puisent dans les autres parties de l’économie, sont trois variétés différentes d’un même liquide; le liquide nutritif, qui coule vers les mêmes organes, les poumons, pour y subir une même élaboration, l’hématose, et y acquérir les mêmes propriétés, celles du sang artériel.

Les vaisseaux lymphatiques présentent des caractères généraux qui appelleront d’abord notre attention.

ARTICLE PREMIER

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