II. — Des ganglions lymphatiques
Les corps glanduliformes échelonnés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques avaient été considérés par Hippocrate et tous les auteurs anciens comme des glandes. L’observation ayant démontré à Sylvius qu’ils diffèrent des organes réellement glanduleux, cet anatomiste crut devoir les désigner sous le nom de glandes conglobées , pour les distinguer des véritables glandes qu’il appelle conglomérées. Plus tard, Sœmmerring fit remarquer l’analogie d’aspect qu’ils présentent avec les ganglions nerveux; et Chaussier, pour rappeler cette analogie, leur imposa la dénomination de ganglions lymphatiques sous laquelle ils sont aujourd’hui connus.
Ces ganglions nous offrent à étudier leur conformation extérieure et leur structure.
§ lPr. — Conformation extérieure des ganglions lymphatiques.
Le nombre des ganglions lymphatiques est considérable; on l’a évalué à six ou sept cents. Mais il ne saurait être déterminé avec précision, d’une part parce qu’il varie suivant les individus, de l’autre, parce qu’un grand nombre de ces renflements offrent des dimensions si minimes qu’ils échappent aux recherches les plus habiles, et l’on ignore alors s’il faut attribuer leur absence apparente à leur nonexistence, ou à leur exiguïté. A cette catégorie des plus minimes ganglions, il faut rapporter ceux qu’on observe sur le trajet des artères du bras et de l’avant-bras, ceux de la parotide, et d’autres encore qui ne deviennent apparents que lorsqu’on injecte les vaisseaux qui s’y rendent.
Leur situation n’offre rien de fixe. Quelques-uns sont isolés, mais ils se montrent en général sur le trajet des vaisseaux sanguins, dans les régions les plus riches en tissu conjonctif, à la racine des membres, sur le pédicule vasculaire des principaux organes. — Dans les membres ils occupent le creux du jarret et le pli du coude, l’aine et l’aisselle. — Au cou ils entourent la carotide primitive et ses deux branches. — Dans le tronc ils se multiplient autour du pancréas, au-devant de l’aorte et de