LYMPHATIQUES DU MEMBRE ABDOMINAL
vers leur côté externe. En se réunissant les troncules dorsaux et plantaires forment sur chacune des faces latérales deux troncs principaux, parallèles à l’artère collatérale correspondante, au-dessus de laquelle
Fig. 436. — Lymphatiques superficiels Fig. 437. — Lymphatiques superficiels du membre inférieur (face interne). du membre inférieur ( face externe).
ANGIOLOGIE.
ils sont situés. Arrivés au niveau des articulations métatarso-phalangiennes, ces troncs communiquent entre eux de diverses manières: tantôt les collatéraux externes d’un orteil s’unissent aux collatéraux internes de l’orteil voisin ; tantôt les quatre troncs du même orteil s’unissent entre eux pour former un tronc unique qui se divise un peu plus loin en deux troncs, lesquels se confondent avec les troncs les plus rapprochés. De ces communications résulte un large plexus dont les mailles recouvrent toute la face dorsale du pied.
Les lymphatiques de la région plantaire naissent par des réseaux plus riches encore. De ceux-ci partent un très grand nombre de ramuscules qu’on peut distinguer en antérieurs, internes et externes.
Les rameaux plantaires antérieurs montent dans les espaces interdigitaux, pour se rendre sur la face dorsale du pied ; il en existe deux ou trois pour chaque espace.
Les rameaux plantaires internes s’unissent en se portant en haut et en arrière, et constituent trois ou quatre troncs volumineux. Deux de ces troncs montent obliquement sur la moitié antérieure du bord interne du pied. Le troisième, en général considérable, se place au-devant de la malléole tibiale. Le dernier est postérieur a celte malléole. Quelquefois les radicules destinées à former le tronc antérieur vont se jeter successivement dans le tronc collatéral interne du premier orteil.
Les rameaux plantaires externes, un peu moins multipliés que les précédents, se dirigent comme eux obliquement en haut et en arrière, et forment par leur réunion deux, trois ou quatre vaisseaux, dont l’un passe en arrière de la malléole externe, et les autres en avant.
Les vaisseaux lymphatiques provenant des autres parties de l’enveloppe cutanée du membre sont beaucoup moins résistants que les précédents, en sorte que leur injection présente la plus grande difficulté.
Les vaisseaux nés des divers points de l’enveloppe légumentaire du membre se comportent différemment dans leur trajet.
Les lymphatiques digitaux , après avoir formé le plexus dorsal du pied, montent sur la face antéro-ex terne de la jambe, en se portant un peu obliquement en dedans, croisent la crête du tibia et se rapprochent de la veine saphène interne dont ils suivent ensuite le trajet jusqu’aux ganglions du pli de l’aine. Selon Mascagni, un ou deux de ces vaisseaux traverseraient l’aponévrose fémorale vers le tiers moyen de la cuisse pour aller s’anastomoser avec les lymphatiques profonds ; j’ai déjà fait remarquer que ces vaisseaux n’ont pu être retrouvés par aucun autre anatomiste, et qu’il n’y avait pas lieu par conséquent d’admettre leur existence.
Les lymphatiques pl antaires internes , parallèles aux précédents el très volumineux, se placent soit en arrière, soit au-dessous de la grande saphène, qu’ils accompagnent dans tout son trajet.
LYMP1IAT1QUMS DU MEMBRE ABDOMINAL.
Les lymphatiques plantaires externes, plus ou moins fïexueux, cheminent sur la face externe de la jambe et se partagent au niveau de l’articulation du genou en deux groupes secondaires : l’un, interne, qui croise obliquement le ligament rolulien en se portant de dehors en dedans ; l’autre, externe, qui passe en dehors de la rotule et qui chemine plus haut la partie antérieure de la cuisse. Comme le précédent, ce second groupe va se réunir au groupe principal.
Les lymphatiques qui naissent de la partie postérieure du membre s’inclinent, les uns en dedans, les autres en dehors ; ils montent ensuite obliquement d’arrière en avant, puis de bas en haut, vers les troncs qui occupent sa partie antéro-interne.
B. Lymphatiques profonds du membre abdominal.
injection et préparation. — Ces vaisseaux ne peuvent être injectés, comme les superficiels, par la ponction des réseaux. La méthode deMascagni, qui consiste à les découvrir et à introduire dans leur cavité la pointe du tube, est la seule qui soit ici applicable. Elle exige des connaissances préliminaires et un œil exercé à ce genre de recherches. Les sujets légèrement infiltrés seront surtout avantageux dans cette circonstance.
Pour faciliter la recherche de ces vaisseaux, Mascagni employait souvent une injection de gélatine, colorée au vermillon pour les artères et au bleu de Prusse pour les veines. Cette injection, poussée dans les vaisseaux sanguins, passe incolore dans le tissu conjonctif et dans les lymphatiques. La gélatine qui arrive ainsi par voie de transsudation dans les conduits de la lymphe les dilate et les rend alors plus ou moins apparents.
Une fois reconnus, ces vaisseaux sont ouverts et l’on y introduit la pointe du tube. Pour les rétablir dans leur perméabilité primitive, il suffit de répandre sur leur trajet de l’eau chaude, qui liquéfie la gélatine et lui permet de fuir sous la pression de la colonne mercurielle.
Les vaisseaux lymphatiques profonds du membre abdominal accompagnent les vaisseaux sanguins. Réunis à la cuisse en un seul faisceau, ils forment à la jambe quatre groupes distincts, qui suivent :
Le premier, la veine saphène externe ;
Le second, les vaisseaux pédieux et tibiaux antérieurs;
Le troisième, les vaisseaux plantaires et tibiaux postérieurs ;
Le quatrième, enfin, les vaisseaux péroniers.
1° Vaisseaux satellites de la veine saphène externe. — Ce petit groupe pourrait être considéré comme une dépendance du plan superficiel, dont il ferait partie selon quelques auteurs, et auquel il se rattache en effet par son origine. Cependant, comme il est recouvert dans la moitié supérieure de son trajet par un dédoublement de l’aponévrose jambière, et comme il se rend à des ganglions sous-aponévroliques, je me range à l’avis de Mascagni qui le rattache au plan profond.
ANGIOLOGIE.
Ces vaisseaux tirent leur origine des téguments qui recouvrent le bord externe du pied, ils se joignent aussitôt à la saphène externe, en formant deux ou trois troncs volumineux. Leur direction est d’abord oblique en haut et en arrière, comme celle de la veine. Parvenus en arrière de la malléole péronéale, ils se placent sur le bord externe du tendon d’Achille, puis dans l’interstice des jumeaux, et viennent se jeter dans les ganglions poplités, après s’èlre anastomosés dans leur trajet.
Les ganglions poplités , au nombre de quatre le plus souvent, peuvent être distingués en superficiels et profonds. Les premiers, toujours très petits, sont sous-jacents à l’aponévrose. Us répondent à l’embouchure de la petite saphène. — Les seconds, d’un volume au moins double, occupent les parties latérales de la veine poplitée. Tous sont entourés et comme ensevelis dans le tissu cellulo-graisseux environnant.
2° Vaisseaux lymphatiques pédieux et tibiaux antérieurs. — Us
naissent des parties profondes de la plante du pied par plusieurs rameaux qui forment un tronc unique. Celui-ci, d’abord parallèle à l’arcade plantaire, se porte de bas en haut entre les deux premiers métatarsiens, et arrive sur la face dorsale du tarse qu’il parcourt ensuite d’avant en arrière jusqu’au ligament annulaire, où un second tronc parti de la région plantaire interne vient le rejoindre. Tous les deux, après s’ètre anastomosés, suivent les vaisseaux sanguins, rencontrent vers le tiers supérieur de la jambe un petit ganglion, le ganglion tibial antérieur, qu’ils traversent, et franchissent l’anneau du ligament interosseux pour aller se jeter dans les ganglions poplités profonds.
Mascagni a vu partir du muscle jambier antérieur un lymphatique qui venait se réunir aux vaisseaux tibiaux antérieurs.
3° Vaisseaux lymphatiques plantaires et tibiaux postérieurs. —
Leur origine est complètement inconnue. Mais l’existence des vaisseaux absorbants dans le tissu musculaire étant démontrée, on peut considérer ce tissu comme leur origine la plus probable. Ils suivent d’abord les artères plantaires, puis cheminent sur les côtés de l’artère et des veines tibiales postérieures qu’ils enlacent de leurs anastomoses peu nombreuses, et se terminent dans les glandes poplitées profondes.
4° Vaisseaux lymphatiques péroniers. — Au nombre de deux en général. Ils vont se terminer, soit directement dans l’une des glandes poplitées, soit après s’être réunis aux vaisseaux tibiaux postérieurs.
Aux ganglions poplités se rendent également les vaisseaux lymphatiques de l’articulation du genou. Mascagni en a observé deux qui suivaient le trajet de l’artère articulaire inférieure interne et se terminaient dans le même ganglion que les vaisseaux tibiaux postérieurs.