LYMPHATIQUES DES POUMONS
Après un court trajet, ces vaisseaux traversent perpendiculairement les tuniques musculaire et fibro-cartilagineuse des divisions bronchiques. Arrivés sur la surface externe des bronches, ils marchent parallèlement à celle-ci et se terminent dans les ganglions situés autour de ces conduits à leur entrée dans le poumon.
La plèvre fournit-elle des radicules lymphatiques? Dans certaines injections très heureuses de la surface pulmonaire, on voit naître de cette surface un réseau à mailles extrêmement fines, et si superficiel, qu’il semble avoir son siège dans l’épaisseur de la séreuse ; on pourrait croire alors que celle-ci est transformée en ramuscules lymphatiques. Mais cette transformation est purement apparente. La plèvre au niveau des poumons ne diffère pas de ce qu’elle est au niveau des médiastins ou au niveau des côtes. Or, sur tous ses points elle ne fournit aucun absorbant ; et si elle n’en présente que sur les points où elle correspond à des organes qui en fournissent, comme le poumon et le diaphragme , il faut bien conclure que ces vaisseaux ne lui appartiennent pas ; elle les recouvre, leur adhère, mais ne leur donne pas naissance.
Les ramuscules émanés des lobules pulmonaires forment, sur leur périphérie, un réseau à mailles très déliées, recouvrant et entourant complètement chacun d’eux : je désignerai ces réseaux périphériques sous le nom de réseaux sus-lobulaires.
Des réseaux sus-lobulaires partent des troncules qui serpentent entre les lobules et qui s’unissent aussi entre eux. De leurs anastomoses résulte un plexus à larges mailles polygonales. Ce plexus, dont chaque maille contient un lobule, représente le réseau circum-lobulaire.
Les réseaux circum-lobulaires donnent naissance à des troncs qui tous vont se terminer dans les ganglions situés autour de la racine des poumons. Mais, pour se rendre à leur destination, les uns rampent à la surface de ces organes, les autres cheminent dans leur épaisseur.
Les troncs superficiels affectent une disposition qu’on peut résume d’une manière générale par les propositions suivantes :
1° Ils partent des réseaux circum-lobulaires, au niveau de la partie moyenne ou centrale de la face convexe de chaque lobe pulmonaire.
2° lisse dirigent ensuite de la convexité vers la racine de ce lobe ei passant, ceux-ci sur son bord postérieur, ceux-là sur son bord antérieur les autres sur ses faces supérieure et inférieure, ou sur le sommet du poumon s’il s’agit du lobe le plus élevé.
3° Ils demeurent rarement sous-pleuraux dans toute l’étendue de leur trajet ; la plupart, après avoir parcouru un certain espace, se trouvent recouverts par la base d’un ou de plusieurs lobules ; puis bientôt ils reparaissent et arrivent enfin à la racine du poumon où ils se jettent dans les ganglions bronchiques. C’est surtout au niveau des bords antérieur et
ANGI0L0G1E.
postérieur, et aussi au voisinage du sommet et de la base de cet organe qu’on voit les lymphatiques superficiels s’éloigner de la plèvre.
4° Ils communiquent largement avec les lymphatiques profonds, en sorte que le mercure passe simultanément dans les uns et les autres; cette communication ne saurait nous étonner, puisque ces vaisseaux ont pour origine commune les réseaux sus-lobaires.
Les troncs lymphatiques profonds du poumon suivent la direction des canaux bronchiques; ils reçoivent dans leur trajet tous les troncules émanés de la muqueuse pulmonaire. Leur nombre, difficile à déterminer, paraît être inférieur à celui des troncs superficiels.
Après avoir traversé les ganglions disséminés autour des bronches, les absorbants du poumon se dirigent vers d’autres glandes situées autour de la trachée, et se terminent enfin dans le canal thoracique. — Ceux qui partent de la moitié inférieure du même viscère ne traversent pas toujours les ganglions bronchiques ; quelquefois ils se rendent directement aux ganglions œsophagiens, et de là dans la partie moyenne du canal thoracique, ou sur un point voisin de son origine. Les vaisseaux inférieurs du poumon droit présentent le même mode de terminaison ; il n’est pas rare de les voir se réunir aux troncs postérieurs des absorbants du diaphragme.