MUSCLE ORBICULAIRE DES PAUPIÈRES
La portion lacrymale, ou le muscle de Horner, fixée par son extrémité postérieure à la crête de l’os unguis, se dirige d’arrière en avant, et se divise, au niveau des conduits lacrymaux, en deux languettes qui vont s’insérer sur la partie terminale des branches du tendon de l’orbiculaire, au niveau des points lacrymaux. Le muscle de Horner revêt le plus habituellement la figure d’un petit rectangle, et quelquefois celle d’un triangle dont le sommet tronqué se dirige en arrière (fig. 286, 5),
Rapports. — En avant, l’orbiculaire des paupières est en rapport avec la peau, à laquelle il adhère, mais d’une manière inégale. La couche cutanée et la couche musculaire sont étroitement unies au niveau du sourcil ; leur adhérence est très prononcée aussi au niveau et au-dessus du tendon du muscle ; elle est moins intime en dehors, et moins encore sur les paupières, où elle a lieu à l’aide d’un tissu conjonctif fin et séreux, constamment dépourvu de graisse. Le tendon est recouvert en outre par l’artère nasale, par la veine angulaire, et les fibres les plus élevées de l’élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, en sorte que pour l’apercevoir il faut enlever toutes ces parties. En attirant l’orbiculaire directement en dehors, on le soulève légèrement; la saillie qu’il forme est un point de repère très précis, que le chirurgien utilise pour l’incision de la paroi antérieure du sac lacrymal.
Fig. 286. — Muscle de Horner. — Attache de Vorbiculaire des paupières à la partie interne de la circonférence de la base de l'orbite.
1,1. Paroi interne de l’orbite. — 2, 2. Partie interne de l’orbiculaire des paupières — 3, 3. Attache de ce muscle à la circonférence de la base de l’orbite. — 4. Orifice destiné au passage de l’artère nasale. — 5. Muscle de Horner. — 6, 6. Face postérieure des paupières. — 7, 7. Portion orbitaire de la glande lacrymale. — 8, 9, 10. Portion palpébrale de cette glande. — 11, 11. Embouchure de ses conduits excréteurs.
MYOLOGIE.
La face postérieure de l’orbiculaire affecte des rapports plus variés que la précédente. Elle répond : en haut, au muscle sourcilier, à l’artère frontale externe, au nerf qui l’accompagne, et plus en dehors à l’arcade orbitaire; en bas, au contour de la base de l’orbite, au releveur de la lèvre supérieure, au petit zygomatique, auquel le muscle abandonne quelques libres, et enfin à l’os malaire, dont elle recouvre la plus grande partie; en dedans, à l’apophyse montante du maxillaire supérieur; en dehors, à l’apophyse orbitaire externe, à l’angle supérieur du malaire et à l’aponévrose du muscle crotaphite. Sur les paupières, la face postérieure s’applique aux ligaments larges et aux cartilages tarses.
Action. — Fermer l’orifice palpébral, telle est la destination principale de ce muscle, qui joue en outre un rôle fort important dans l’absorption des larmes, dans l’occlusion des paupières pendant le sommeil et dans l’acte du clignement.
Le mécanisme par lequel il préside à Forclusion de cet orifice diffère beaucoup de celui que nous offrent les autres sphincters. Ceux-ci répondent par leur périphérie à des parties molles qu’ils attirent de la circonférence au centre. Fixé à ses deux extrémités, le grand diamètre de l’orifice palpébral conserve au contraire une longueur invariable; le petit, seul, augmente et diminue. En s’ouvrant et se fermant, il 11e se comporte donc pas à la manière d’un anneau qui se dilale et se resserre, mais à la manière d’une boutonnière dont les lèvres s’écartent et se rapprochent tour à tour. — Dans l’état le plus habituel, les portions palpébrales seules se contractent, et suffisent pour amener au contact le bord libre des deux paupières. Ce sont elles qui ferment l’orifice palpébral dans le clignement. Les portions périorbitaires ne concourent à Forclusion de cet orifice que dans certaines conditions exceptionnelles, lorsqu’il s’agit, par exemple, de soustraire le globe de l’œil à l’action d’un corps étranger, ou bien encore lorsque nous voulons le protéger contre l’action d’une lumière trop éclatante. Aussi voyons-nous ces portions périphériques se contracter violemment dans la conjonctivite, la kératite, l’iritis, et toutes les maladies qui ont pour effet de rendre la rétine plus sensible à l’impression des rayons lumineux.
Le sphincter des paupières favorise l’absorption des larmes : 1° en les dirigeant vers le grand angle de l’œil; car toutes ses insertions ayant lieu du côté de ce grand angle, il ne peut se contracter sans glisser sur le globe oculaire de dehors en dedans ; 2° en dilatant par le redressement de son tendon le sac lacrymal, qui, ainsi dilaté, agit sur les larmes à la manière d’une petite pompe aspirante, en les attirant dans sa cavité par le double canal d’aspiration que lui forment les conduits et les points lacrymaux; 3° en comprimant d’avant en arrière le fluide lacrymal répandu au-devant du globe de l’œil, de telle sorte que ce fluide pénètre