MUSCLE ORRICULAIRE DES PAUPIÈRES
dans les canaux qui le transmettent sur la muqueuse des fosses nasales, d’une part par aspiration, de l’autre par refoulement ; 4° en attirant les points lacrymaux en arrière, et en plongeant leur bouche absorbante au milieu des larmes accumulées dans l’angle interne de l’œil, phénomène qui s’opère sous l’influence du muscle de Horner.
Ce même sphincter coopère à la production du sommeil, en interceptant le passage des rayons lumineux pendant la durée nécessaire au repos des fonctions. Alors la volonté cessant d’agir, les muscles qu’elle tient sous sa dépendance cessent de se contracter sans perdre cependant toute action sur les organes auxquels ils s’insèrent. Mais les faibles mouvements qu’ils conservent la faculté de produire sont dus à leur tonicité; et comme la force tonique est en raison du nombre de leurs fibres, il en résulte : 1° que lorsque deux muscles sont antagonistes, le plus volumineux est doué d’une force prédominante, en vertu de laquelle il entraîne de son côté l’organe qui leur fournit une commune surface d’insertion ; 2° que les mouvements communiqués à cet organe ont pour limite l’équilibre qui s’établit entre les deux forces opposées. Ainsi les diverses positions de nos membres pendant le sommeil sont le résultat de l’équilibre de tonicité des extenseurs et des fléchisseurs, des adducteurs et des abducteurs, des rotateurs en dedans et des rotateurs en dehors. De même le rapprochement des voiles palpébraux est un état d’équilibre pour les forces toniques des muscles qui président à l’occlusion et à la dilatation alternatives de l’orifice palpébral; car ces deux muscles sont éminemment antagonistes. Dans l’état de veille, son muscle dilatateur restant contracté, l’orifice reste dilaté. Mais au moment où le sommeil commence, ce dilatateur se relâche; les deux muscles antagonistes tombent sous l’influence de leurs forces toniques respectives, et comme la tonicité du sphincter est supérieure à celle du dilatateur, les paupières se rapprochent. V orifice palpébral se ferme donc , non parce que le sphincter se contracte , mais parce que le dilatateur cesse de se contracter .
Le clignement, qui a pour but d’étaler le fluide lacrymal au-devant de l’œil, est caractérisé par la succession des phénomènes suivants : 1° impression résultant du besoin de cligner, et transmise à l’encéphale par la cinquième paire; 2° contraction de l’orbiculaire, sur lequel l’encéphale réagit à l’aide du nerf facial; 3° contraction consécutive de l’élévateur de la paupière supérieure, qui agit sous l’influence de la troisième paire. Cet acte si simple nécessite donc l’intervention du centre nerveux, de trois paires de nerfs et de deux muscles.
Lorsque la mort approche, la tonicité des muscles disparaît comme leur contractilité ; aussi le relâchement de tous les sphincters est-il un des premiers caractères par lesquels elle s’annonce : de là cet aspect
MYOLOGJE.
étrange de la bouche entr’ouverte, .fit cel le altération des traits de la face chez l’homme que la vie abandonne; de là aussi l’impossibilité du rapprochement des paupières, et la persistance de leur écartement après la mort, phénomène dont l’observation a inspiré la pieuse pensée de suppléer à l’impuissance des mourants.
II. — Élévateur de la paupière supérieure. — Muscle orbito-palpébral.
L’élévateur s’étend du sommet de l’orbite vers l’arcade orbitaire, au niveau de laquelle il se continue avec le muscle orbito-palpébral, qui en a été considéré comme le prolongement. Étroit et plus épais en arrière, mince et très large en avant, il offre la figure d’un triangle isocèle, dont les trois bords seraient concaves.
Insertions. — En arrière, l’élévateur de la paupière supérieure s’attache par de courtes fibres aponévrotiques à la gaine du nerf optique, immédiatement au-devant du trou par lequel ce nerf pénètre dans l’orbite. De cette origine, il se porte en avant et en haut, en s’étalant el s’élargissant de plus en plus. Arrivé au-dessus du globe de l’œil, il prendrait une direction descendante et dégénérerait, selon le langage unanime des auteurs, en une large aponévrose, décrite sous le nom de tendon , d’ expansion tendineuse de l’élévateur.
Or cette expansion n’est pas une lame fibreuse. C’est un muscle à libres lisses, offrant aussi la forme d’un triangle dont le sommet largemenl tronqué se dirige en haut. — Sa direction est transversale. — 1 11 s’attache, par un de ses angles, à la paroi externe de l’orbite, sur une hauteur de 8 à 10 millimètres, un peu en arrière de la base de cette cavité ; par l’autre, sur le sac lacrymal et sur l’apophyse orbitaire interne du frontal, d’où le nom de muscle orbito-palpébral sous lequel je le désigne. Son angle supérieur ou tronqué donne insertion à l’élévateur de la paupière qui s’y fixe par de courtes fibres aponévrotiques. — Son bord inférieur ou sa base s’insère : sur le bord supérieur du cartilage tarse, par sa partie moyenne, sur le ligament palpébral externe en dehors, et sur le ligament palpébral interne en dedans.
Le muscle orbito-palpébral est constitué par des faisceaux de fibres musculaires lisses, très nombreux, qu’on peut diviser d’après leur direction en externes, internes et moyens. Les externes et les internes affectent, pour la plupart, une direction transversale. Les moyens, beaucoup plus importants et plus nombreux, se dirigent de haut en bas. Dans leur trajet, ces derniers s’envoient réciproquement des fascicules par lesquels ils s’unissent; de leur union résulte une membrane plexiforme que contribuent à former des faisceaux de tissu conjonctif très nombreux et des fibres élastiques.