II. — Muscle orfoiculaire des lèvres
L’orbiculaire des lèvres est de tous les muscles de la face celui dont l’élude présente le plus de difficultés. Aussi remarque-t-on dans les descriptions qui en ont été données de très notables différences. Aujourd’hui encore la controverse persiste sur ses attaches et ses connexions, bien que la physiologie ait fourni cependant toutes les données nécessaires pour une solution rigoureuse.
Santorini, en 1724, le décrivait ainsi : « Les fibres de l’orbiculaire des lèvres semblent former un seul muscle, que quelques anatomistes désignent sous le nom de sphincter. J’ose dire cependant qu’il est formé de deux faisceaux... Celui de la lèvre supérieure se continue [avec]la partie inférieure des buccinateurs, et celui de la lèvre inférieure avec la partie supérieure de ces muscle, après s’ètre entre-croisés au niveau des commissures (1). »
Albinus, en 1734, formulait en termes plus explicites encore la doctrine de la continuité des muscles antagonistes de la face : « L’orbiculaire, au premier aspect, semble entourer tout l’orifice buccal, et se comporter à la manière d’un cercle qui n’a ni commencement ni fin. Mais en réalité il est la source commune de tous les autres muscles qui partent des commissures, à savoir, des buccinateurs, des triangulaires, des canins et des grands zygomatiques. La partie inférieure du buccinateur, réunie à une partie du triangulaire, monte vers l’angle de la bouche et
(1) Santorini, Observ. anat., 1724, p. 34.