‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 78 sur 481 · I. - - Buccinalenr · texte numérisé non relu

I. - - Buccinalenr

Le buccinateur (de buccinare, sonner de la trompette), ainsi nommé parce qu’il remplit un rôle fort important dans le jeu des instruments à vent, est situé profondément dans l’épaisseur de la joue, immédiatement en dehors de la muqueuse buccale, à laquelle il adhère par toute l’étendue de sa surface. Ce muscle s’étend dans le sens vertical de l’un à l’autre bord alvéolaire, et dans le sens antéro-postérieur des parties latérales du pharynx à l’angle des lèvres. Sa longueur, sa hauteur surtout, excèdent considérablement celles de l’espace qu’il occupe, d’où la facilité avec laquelle il se laisse repousser en dehors pendant la mastication et dans l’état de distension des parois de la bouche. Sa figure est rectangulaire, tantôt plane, tantôt curviligne.

Insertions. — Ce muscle prend ses insertions fixes : 1° en haut, sur celle partie du bord alvéolaire supérieur qui correspond aux trois grosses molaires, sur la tubérosité du maxillaire, et sur le sommet de l’apophyse ptérygoïde; 2° en bas, sur là moitié postérieure du bord alvéolaire inférieur; 3° en arrière, sur le sommet du crochet de l’aile interne de l’apo-

MUSCLE BUCCINATEUR

physe plérygo'ide, par un court tendon auquel succède presque aussitôt un faisceau musculaire qui descend obliquement en s’épanouissant; 4° sur une lame fibreuse étendue du même crochet à l’extrémité postérieure de la ligne oblique externe de la mâchoire. Cette lame fibreuse, tantôt étroite, tantôt plus large et plus apparente, a été décrite par Sabatier et Boyer, sous le nom de ligament ptéry go-maxillaire. Lorsqu’elle est très évidente, on voit les fibres du buccinateur s’attacher à son bord antérieur et celles du constricteur supérieur du pharynx à son bord postérieur. Mais le plus habituellement elle est peu visible et alors presque entièrement recouverte par les fibres de ces deux muscles qui s’insèrent sur sa face externe en se pénétrant réciproquement.

De ces différentes origines il résulte qu’on peut diviser les fibres du buccinateur en supérieures, moyennes et inférieures ; les supérieures, moins nombreuses, se portent en avant et en bas. Les moyennes sont horizontales; les inférieures, plus multipliées, se dirigent en avant et en haut. Parmi ces dernières, les plus élevées s’entre-croisent à leur extrémité antérieure avec les moyennes. Parvenus au niveau de l’angle des lèvres, les trois ordres de fibres s’attachent à la muqueuse buccale en se mêlant et se confondant avec celles de l’orbiculaire.

Rapports. — La face externe du buccinateur est recouverte en arrière par l’apophyse coronoïde, le tendon du temporal et le bord antérieur du masséter dont la sépare une masse globuleuse de tissu adipeux, constante, mais plus ou moins volumineuse suivant les individus. Sa partie moyenne est en rapport avec cette même couche adipeuse, avec le conduit de Sté" non qui s’infléchit pour la traverser, avec la veine faciale qui la croise perpendiculairement en passant au-devant du coude que forme ce conduit, et avec le risorius de Santorini. Sa partie antérieure répond en haut au muscle canin et au grand zygomatique, en bas au triangulaire des lèvres. L’artère faciale la croise obliquement. — Par sa face interne, ce muscle s’applique immédiatement à la muqueuse buccale et lui adhère très fortement sur tous les points de son étendue, surtout en avant, où il s’attache à sa face adhérente comme les muscles rayonnés s’attachent à la face profonde de la peau. Entre le muscle et la muqueuse on n’observe du reste aucune de ces glandules salivaires qui ont été successivement mentionnées par les auteurs; mais on en rencontre quelquefois deux ou trois dans l’épaisseur du muscle.

Aponévrose du buccinateur. — Cette aponévrose, remarquable par son épaisseur et sa résistance, recouvre toute la surface externe du muscle, auquel l’unit un tissu cellulaire très dense. Au niveau du conduit de Sténon, elle se continue avec la tunique externe de celui-ci, dont elle a été considérée à tort comme un prolongement. En arrière, elle s’attache au bord antérieur de l’apophyse coronoïde et se continue en

MYOLOGIE.

partie avec l’aponévrose massétérine. En haut et en bas, elle s’insère au bord alvéolaire. En avant, elle s’amincit de plus en plus, puis finit par disparaître. — Au-dessous de l’aponévrose du buccinateur, on observe une traînée de glandules salivaires : ce sont les glandes molaires qu’on voit quelquefois pénétrer en partie dans l’épaisseur du muscle.

Action. — Lorsque les deux muscles se contractent simultanément, ils éloignent les commissures l’une de l’autre en les portant en arrière, et font subir aux lèvres une élongation transversale qui a pour effet de les rapprocher. Si c’est l’orbiculaire des lèvres qui se contracte, ce sont les buccinateurs au contraire qui s’allongent. Le premier est donc l’antagoniste des seconds. Indépendamment des mouvements qu’ils impriment aux commissures et de l’influence qu’ils exercent sur l’orifice buccal, ceux-ci ont encore pour usage de reporter entre les arcades dentaires les aliments qui tombent de leur côté; ils jouent ainsi un rôle très important dans la mastication et concourent en outre à l’articulation des sons, au jeu des instruments à vent, à la succion, etc.

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