I. — Muscle pcauciea* «lu cou
Muscle large (. latissimus colli , albinus). extrêmement mince, de figure quadrilatère, obliquement étendu de la partie inférieure de la face à la partie supérieure du thorax; comparable pour ses dimensions, sa disposition et son aspect, aux larges muscles peauciers des mammifères.
Insertions. — Le peaucier du cou tire son origine de la couche celluleuse sous-cutanée qui recouvre l’épaule et la partie la plus élevée du grand pectoral. Il est représenté à son point de départ par de simples fascicules d’une extrême pâleur, d’abord isolés, mais bientôt juxtaposés. Le muscle ainsi constitué se dirige en haut et en dedans, se rapproche de plus en plus de celui du côté opposé, qu’il rencontre au niveau, ou un peu au-dessous du menton, et arrive jusqu’à la base de la mâchoire, où ses fibres se terminent différemment (fig. 294).
1° Les plus internes s’entre-croisent sur la ligne médiane et s’élèvent jusqu’aux muscles de la houppe du menton, au niveau desquels elles s’insèrent à la peau.
2° En dehors de ces fibres entre-croisées, on en voit quelques autres qui montent sur les parties antéro-latérales du menton, au-devant du muscle carré et qui s’attachent aussi à la peau.
3° Sur la hase du triangulaire des lèvres, les fibres du peaucier s’insèrent à la ligne oblique externe du maxillaire en croisant à angle aigu celles du muscle précédent.
4° Au delà du triangulaire, un petit faisceau s’applique au bord postérieur de celui-ci, puis le contourne vers sa partie moyenne pour se joindre au carré, dont il forme le bord supérieur.
5° Plus loin se présente un autre faisceau, de mêmes dimensions, qui suit la direction du triangulaire et qui se confond en haut avec ce muscle, dont il partage le mode d’insertion.
G0 Enfin, sur le bord externe du peaucier, au niveau du masséter, existe un faisceau plus important : c’est le risorius de Santorini, qui semble faire partie de ce muscle, mais qui en est indépendant. Nous avons vu que les fibres constituant ce faisceau naissent au niveau de l’angle de la mâchoire, et qu’elles vont s’attacher à la peau des commissures ; il appartient aux muscles de la face et non aux muscles du cou.
Bapports. — Le peaucier est situé dans un dédoublement de l’aponévrose cervicale superficielle. Sa face externe, recouverte par la peau, n’adhère que faiblement au feuillet correspondant de cette aponévrose, en sorte qu’on réussit facilement à l’en détacher. — Sa face interne s’unit plus étroitement au feuillet profond qui relie entre eux les divers faisceaux contribuant à le former. Au-dessous de ce second feuillet elle
répond : inférieurement, au deltoïde, au grand pectoral, à la clavicule et au trapèze; plus haut, au sterno-mastoïdien, à l’omoplat-hyoïdien, au cléido-hyoïdien, au slerno-thyroïdien, à la veine jugulaire externe, et aux branches superficielles du plexus cervical; supérieurement, aux glandes sous-maxillaire et parotide.
Son bord antérieur est séparé de celui du muscle opposé par un espace angulaire à base inférieure dans lequel on aperçoit les muscles de la région sous-byoïdienne. — Le postérieur, beaucoup plus mince et moins régulier, se dirige plus obliquement en bas et en arrière.
Fig. 294. — Muscle peaucier du cou.
J. Muscla peaucier du côté gauche. — 2. Fibres par lesquelles les deux peauciers s’entrc-croisent au-dessous du menton. — 3. Fibres par lesquelles ils s’entre-croisent au niveau de leur insertion à la peau du menton. — 4. Fibres par lesquelles ils s’attachent au maxillaire inférieur en s’entre-croisant avec celles du triangulaire des lèvres. — 5. Attache inférieure du triangulaire. — 6. Carré du menton. — 7. Fibres du peaucier qui contournent le bord postérieur du triangulaire pour aller former le bord supérieur du muscle carré. - — 8. Fibres qui longent le bord postérieur du triangulaire et qui vont s’attacher avec celui-ci à la peau des commissures. — 9. Fibres
MUSCLE STERNO-CLÉIDO -MASTOÏDIEN. 137
Action. — -Le peaucier, prenant son point fixe inférieurement, attire de haut en bas toutes les parties de la face sur lesquelles il s'insère.
Son influence est très faible sur la mâchoire inférieure, que la tonicité de ses puissants élévateurs applique contre la supérieure.
Elle est beaucoup plus prononcée sur la lèvre inférieure et les parties molles de la joue. — Ses fibres internes attirent en bas les téguments de la saillie du menton, et par l’intermédiaire de ceux-ci dépriment la lèvre en la renversant légèrement en dehors. — Ses fibres externes, ainsi que Bichat l’avait déjà fait remarquer, exercent sur la physionomie deux actions diamétralement opposées : « Les unes concourent, avec l’abaisseur des commissures, à l’expression des passions sombres et tristes, tandis que celles qui naissent au niveau de la parotide ont pour usage spécial d’épanouir la face et de peindre la gaieté. » De ces deux actions, la seconde, qui prend sa source dans le risorius de Santorini, n’appartient pas au peaucier à proprement parler; la première seule est placée sous sa dépendance.
Pendant leur contraction, les fibres du peaucier tendent à devenir rectilignes. De leur redressement il résulte : 1° que le contour de la mâchoire inférieure est moins accusé et la saillie du sterno-mastoïdien moins apparente aussi; 2° que le cou augmente un peu de volume; 3° que le plan constitué par les deux muscles soutient en partie la pression de l’almosphère au moment de l’inspiration, et facilite l’aspiration fin sang veineux par le thorax dilaté.