II. — * Muscle stylo-hyoïdien
Situé à la partie supérieure et latérale du cou, en dedans et au-dessus du laisceau postérieur du digastrique, qui, plus bas, le traverse ; obliquement étendu de l’apophyse styloïde du temporal à l’os hyoïde ; allongé, très grêle, cylindroïde (fig. 297, 5).
Insertions , direction. — Le stylo-hyoïdien s’attache en arrière sur le côté inférieur de l’apophvse styloïde, près de sa base, par un tendon délié, qui, après avoir parcouru un centimètre environ, s’épanouit à la manière d’un cône pour embrasser le corps charnu du muscle. Celui-ci, d’abord très grêle, se renfle légèrement, se dirige eu bas, en avant et en dedans, puis se partage en deux faisceaux, l’un interne, l’autre externe, d’une épaisseur en général double ou triple; c’est entre ces faisceaux
que passe le tendon du digastrique. Au-dessous de ce tendon, les deux faisceaux se rapprochent pour se terminer par une languette aponévrotique* très mince qui leur est commune, et qui vient se fixer sur l’os hyoïde, à F union de son corps avec sa grande corne.
Chez quelques individus, le stylo-hyoïdien ne se divise pas; il passe alors au-dessus et eu dehors du tendon du digastrique en le croisant à angle très aigu.
Rapports. — Ce muscle est surtout en rapport avec le digastrique,
tiG. 297. - Muscles des régions sus- et sous-liyoïdiennes.
1. Ventre postérieur du digastrique. — 2. Muscle stylo-hyoïdien. — 3. Ventre anterieur du digastrique. — 4. Tendon et poulie de ce muscle. — 5. Ventre antérieur du digastrique du côté droit. — 6. Muscle mylo-hyoïdien. — 7. Muscle hyo-glosse. — 8. Faisceau sternal du muscle sterno-mastoïdien droit. — 9. Faisceau sternal du muscle sterno-mastoïdien gauche. — 10. Muscle cléido-hyoïdien. — 11. Tendon du muscle omoplat-hyoïdien. — 12. Muscle thyro-hyoïdien. — 13. Muscle sterno-thyroïdien.
14, 1 r. Ligne fibreuse sur laquelle viennent s’attacher les deux muscles précédents. — 15, Muscle constricteur inférieur du pharynx. — 16. Trachée-artère. —
MUSCLES SUS-H YOIDiENS.
dont il semble former une dépendance. En dehors, il répond comme celui-ci à la glande parotide et à la glande sous-maxillaire; en dedans, au muscle stylo-pharyngien, au constricteur supérieur du pharynx, à l’hyo-glosse, à l’artère carotide interne et à la veine jugulaire interne.
Action. — Le stylo-hyoïdien prend toujours son point d’appui sur l’apophyse styloïde. 11 a donc pour usage d’attirer l’os hyoïde en haut, en arrière et en dehors. Sollicité à la fois par les deux muscles correspondants, cet os ne se porte ni à droite ni à gauche; il se meut dans une direction obliquement ascendante, sans se dévier du plan médian.
Stylo-hyoïdien profond. — Au-dessous et en dedans du stylo-hyoïdien, on rencontre souvent un second muscle dont l’existence a été méconnue; je le désignerai sous le nom de stylo-hyoïdien profond (fig. 298, 15).
Ce muscle diffère du précédent : 1° par ses dimensions plus grêles et sa forme régulièrement cylindrique ; 2° par son insertion fixe qui se fait au voisinage du sommet de l’apophyse styloïde; 3° par son insertion mobile qui a lieu sur la petite corne de l’os hyoïde; 4° par ses connexions avec le ligament stylo-hyoïdien qu’il accompagne dans toute son étendue en longeant son bord inférieur. — Ses usages, du reste, sont les mêmes que ceux du muscle auquel il est annexé. On peut le considérer comme un faisceau de renforcement de celui-ci.
I III. — Muscle mylo-Iiyoïdien.
Situé entre le cou, qu’il limite supérieurement, et la cavité buccale, dont il forme la paroi inférieure ou le plancher; court et mince; irrégulièrement quadrilatère.
Celui du côté droit se continuant avec celui du côté opposé, les deux muscles n’en forment en réalité qu’un seul, impair, médian et curviligne (fig. 293, 2, 2 et 295).
Insertion , direction. — Le mylo-hvoïdien s’étend de la ligne oblique interne de la mâchoire vers l’os hyoïde, d’une part, et de l’autre vers une sorte de raphé fibreux et médian qui sert de trait d’union aux deux muscles. — Il naît de la ligne oblique interne par des fibres aponévro-
17. Œsophage. — 18. Grand droit antérieur de la tête. — 19. Muscle long du cou. — 20. Muscle scalène antérieur. — 21, 21. Muscle scalène postérieur. — 22, 22. Faisceaux par lesquels le muscle angulaire de l’omoplate vient s’insérer aux apophyses transvêrses des vertèbres cervicales. — 23. Splénius de la tête. — 24, 24. Splénius du cou. — 25. Trapèze. — 26. Attache du stcrno-mastoïdien. — 27. Attache des deux faisceaux de l’auriculaire postérieur. - — 28. Muscle occipital. — 29. Muscle deltoïde. — 30. Attache du grand pectoral droit à la face antérieure du sternum. — 31. Attache du grand pectoral gauche. — 32. Muscle intercostal dont les libres s’étendent obliquement de la première à la seconde cote.
tiques, à peine apparentes, auxquelles succèdent et s’entremêlent les libres musculaires qui se dirigent différemment. — Les antérieures, extrêmement courtes, se portent presque transversalement en dedans où celles de droite semblent se continuer directement avec celles du côté gauche. — Les suivantes, d’autant plus longues et plus obliques qu’elles s’éloignent davantage de la symphyse, se rendent au raphé fibreux médian, vers lequel celles des deux muscles convergent à la manière des barbes d’une plume sur leur tige commune. — Les postérieures ou externes qui parcourent le trajet le plus étendu, vont se fixer sur le bord supérieur du corps de l’os hyoïde.
Les fibres du mylo-hyoïdien ne sont pas rectilignes ; chacune d’elles décrit une courbe dont la concavité regarde en haut, en arrière et en dedans. De la juxtaposition de toutes ces courbes à droite et à gauche et de leur convergence vers le raphé médian, résulte une sorte de gouttière antéro-postérieure, obliquement descendante, qui s’élargit rapidement à mesure qu’on se rapproche de l’os hyoïde ; c’est sur cette gouttière musculaire que repose la langue.
Le raphé qui unit les deux mvlo-hyoïdiens est peu sensible sur leur lace inférieure; il l’est très peu aussi en haut et en avant, mais devient de plus en plus manifeste en descendant vers l’os hyoïde, au-dessus duquel il s’élargit très notablement.
Rapports. — Ce muscle est en rapport en bas et en dehors avec la glande sous-maxillaire et le faisceau antérieur du digastrique. 11 répond en haut et en dedans au génio-hyoïdien, qui repose sur sa partie interne ou médiane, au conduit excréteur de la glande sous-maxillaire, à la glande sublinguale, et à la face inférieure de la langue. — Son bord postérieur, rectiligne, obliquement dirigé en bas, en arrière et en dedans, est recouvert aussi par la glande sous-maxillaire, qui l’embrasse à la manière d’une gouttière.
Action. — Lorsque les mylo-hyoïdiens prennent leur point fixe sur le maxillaire inférieur, ils élèvent l’os hyoïde et le portent un peu en avant. Si cet os a été préalablement immobilisé par l’action des muscles de la région sous-hyoïdienne, ils abaissent la mâchoire.
1Y. — Muscle génio-liyoïdien.
Muscle court; cylindroïde; situé au-dessus du mylo-hyoïdien; étendu de la symphyse de la mâchoire au corps de l’os hyoïde (fig. 297, 7).
Insertions. — Il s’attache en haut et en avant au tubercule inférieur de l’apophyse géni par de courtes fibres aponévrotiques, puis se dirige en bas et en arrière pour s’insérer â la partie moyenne de la face antérieure de l’os hyoïde, en embrassant ;i la manière d’une fourche le bord antérieur de l’hyo-glosse.
MUSCLES DE LA LANGUE
Rapports. — Le génio-hyoïdien répond, en bas et en dehors au mylohyoïdien, en haut au génio-glosse, en dedans à celui du côté opposé dont aucune ligne de démarcation ne le distingue, en sorte qu’au premier aspect les deux muscles semblent n’en constituer qu’un seul.
Action. — Elle ne diffère pas de celle du mylo-hyoïdien et du ventre antérieur du digastrique. Gomme ceux-ci, le génio-hyoïdien devient élévateur de l’hyoïde lorsque la mâchoire est immobilisée, abaisseur de la mâchoire lorsqu’il prend son point fixe sur l’hyoïde.
§ 4. — Région linguale.
L’appareil moteur de la langue comprend dans sa’composition : 1° une charpente osseuse et fibreuse; 2° un grand nombre de muscles.
A. Charpente osseuse et fibreuse de la langue.
L’os hyoïde et deux lames fibreuses, l’une postérieure et transversale, l’autre antérieure et médiane, constituent cette charpente.
L’os hyoïde, soudé en quelque sorte à la base de la langue, en suit tous les mouvements. Il appartient à cet organe, non seulement par les attaches qu’il fournit à plusieurs de ses muscles, mais aussi par les aponévroses qui s’en détachent et qui se transforment elles-mêmes en surfaces d’insertion. — Simplement fibreuses chez l’homme et les mammifères, ces lames sont de nature osseuse ou cartilagineuse chez les oiseaux : elles représentent dans cette classe de vertébrés un véritable prolongement de l’hyoïde, et attestent entre cet os et le corps musculaire de la langue les connexions les plus intimes.
La lame fibreuse postérieure , ou membrane hyo-glossienne , se dirige de l’os hyoïde vers la base de la langue. Née de la partie postérieure et supérieure du corps de cet os, elle se porte en haut et en avant, et après un trajet de 6 à 8 millimètres disparaît au milieu des muscles de la langue. Cette lame s’étend dans le sens transversal de la petite corne d’un côté à la petite corne du côté opposé. Elle n’est recouverte en haut et sur les côtés que par la muqueuse linguale et quelques glandules salivaires; et sur la ligne médiane par le prolongement médian de l’épiglotte.
La lame fibreuse médiane est une sorte de raphé antéro-postérieur, de 5 à G millimètres de hauteur, verticalement situé dans l’épaisseur de la partie médiane de la langue. — Ses faces, tournées l’une à droite et l’autre à gauche, sont planes, un peu plus hautes en arrière qu’en avant : elles donnent attache à un grand nombre de fibres musculaires. — Son bord supérieur convexe ne s’élève pas jusqu’à la muqueuse de la face dorsale. — Son bord inférieur, concave, plus épais et mieux limité que
M VOLOG1E,
le précédent, est recouvert par une petite traînée de cellules adipeuses et par les fibres les plus internes des génio-glosses qui s’entre-croisent en passant de l’un à l’autre côté. Quelquefois cet entre-croisement n’a pas lieu au niveau de son tiers postérieur; en écartant les deux muscles, on aperçoit alors ce bord qui forme une légère saillie dans leur interstice. — Son extrémité postérieure ou sa base se continue avec la membrane liyo-glossienne. — L’antérieure, de plus en plus effilée et très mince, se perd insensiblement dans la partie correspondante du corps musculeux de la langue.
Cette lame est d’un blanc jaunâtre. Elle se compose de fibres verticales et obliques irrégulièrement entre-croisées. Suivant Blandin, elle renfermerait dans son épaisseur des noyaux de cartilages que j’ai vainement cherchés.
B. Muscles de la langue.
La masse charnue de la langue se compose de deux corps musculeux symétriquement placés à droite et à gauche de la lame fibreuse médiane, et recouverts à leur partie supérieure par une couche musculaire qui leur est commune. Chacun de ces groupes est formé de sept muscles qui peuvent être classés de la manière suivante :
Trois proviennent des os voisins : le stylo-glosse, Y hyo-glosse et le génio-glosse ; et trois des organes voisins: 1 e pharyngo-glosse. 1 epalatoglosse et Y amygdalo-glosse.
Le septième tire son origine à la fois de ces os et de ces organes, c’est le lingual inférieur.
Le huitième ou muscle commun aux deux groupes, connu sous le nom de lingual supérieur , présente une origine analogue; il émane de la petite corne de Los hyoïde et du prolongement médian de l’épiglotte.
Préparation. — L’étude du corps musculaire de la langue nécessite trois préparations : l’une pour découvrir les muscles qui naissent des os voisins, les stylo-glosse, hyo-glosse et génio-glosse; la seconde pour mettre en évidence les muscles palato-glosse, amygdalo-glosse et lingual supérieur, ainsi que la membrane hyo-glossienne ; la troisième pour montrer la membrane fibreuse médiane, le lingual inférieur et le pharyngo-glosse.
a. Préparation des muscles stylo-glosse, hyo-glosse et génio-glosse. — 1° Enlever la peau, le peaucier, les glandes salivaires et le mylo-hyoïdien ; 2° scier ensuite verticalement la mâchoire inférieure, d’abord d’un côté, à 6 ou 8 millimètres en dehors de la symphyse, puis sur la symphyse, et ensuite de l’autre côté de celle-ci à la même distance, et isoler la langue sur ses deux parties latérales; 3° découvrir l’hyo-glosse, le génio-glosse et le stylo-glosse (üg. 298).
b. Préparation des muscles palato-glosse , amygdalo-glosse , lingual supérieur et de la membrane liyo-glossienne. — Pour cette préparation il faut
MUSCLES DE LA LANGUE
enlever toute la langue avec l’os hyoïde, ainsi que l’épiglotte, les amygdales et le voile du palais. Dans ce but on utilisera la préparation qui précède et l’on procédera de la manière suivante : 1° séparer le voile du palais de la voûte palatine, puis l’enlever avec les amygdales, ainsi que la langue, l’épiglotte et l’os hyoïde ; 2° diviser ensuite le voile du palais sur la ligne médiane et rejeter à droite et à gauche ses deux moitiés ; 3° épingler la langue sur une plaque de liège, en l’allongeant et l’étalant, sa face dorsale étant dirigée en haut; 4° détacher la muqueuse au-devant de l’épiglotte avec ménagement, puis la couche glanduleuse qui recouvre la hase de la langue, et poursuivre cette dissection d’arrière en avant, pour mettre à découvert la membrane hyo-glossienne, le prolongement médian de l’épiglotte et le faisceau musculaire qui en part, ainsi que les faisceaux qui naissent des petites cornes de l’hyoïde, et qui contribuent avec le précédent à former le lingual supérieur ; 5° de chaque côté de ce muscle on trouvera l’amygdalo-glosse, qui s’engage sous sa face profonde ; 6° au-devant de celui-ci rampe le palato-glosse situé dans l’épaisseur des piliers antérieurs du voile du palais.
c. Préparation de la membrane fibreuse médiane , des muscles lingual inférieur et pharyngo-glosse, et de la partie terminale de tous les autres muscles de la langue. — La langue qui aura servi aux deux préparations précédentes pourra encore servir pour celle-ci. Dans ce but : 1° renverser la langue sur sa face dorsale, l’étaler et l’épingler sur ses bords, écarter les deux génioglosses, et chercher au fond de l’intervalle qui les sépare le bord inférieur de la lame fibreuse médiane; 2° ce bord étant découvert, inciser toutes les libres musculaires qui viennent s’attacher à l’une de ses faces et sur toute sa longueur, de manière à diviser la langue en deux moitiés, l’une droite, l’autre gauche ; 3° après avoir étudié la lame fibreuse médiane, ainsi mise à nu, appliquer la surface de la coupe sur une plaque de liège, épingler le contour de cette coupe et tout le pourtour de la préparation en étalant les muscles de la langue; 4° disséquer ces muscles en procédant des superficiels aux profonds, et en enlevant successivement les premiers pour étudier les seconds (fig. 299).