I. — Muscle liyo-jçlosse
Situé sur la partie inférieure et latérale de la langue ; large, mince, quadrilatère; divisé en deux faisceaux secondaires. L’un de ces faisceaux naît de la grande corne de l’os hyoïde, l’autre du corps de cet os et de la partie voisine de la grande corne : de là les noms de cérato-glosse donné au premier, et de basio-glosse appliqué au second. Chacun d’eux mérite une description à part (fig. 298).
Le cérato-glosse , attaché inférieurement aux deux tiers postérieurs de la lèvre externe de la grande corne de l’hyoïde, se porte verticalement en haut, s’engage sous le stylo-glosse, puis s’unit au faisceau supérieur de ce muscle, et changeant alors de direction pour devenir horizontal, s’épanouit dans l’épaisseur de la langue. Ses fibres terminales postérieures se portent transversalement en dedans, les autres d’autant plus obliquement en dedans et en avant qu’elles sont plus antérieures ; toutes s’attachent à la lame fibreuse médiane.
En dehors le cérato-glosse répond de bas en haut : au tendon du digastrique et au stylo-hyoïdien, à la glande sous-maxillaire, aux nerfs hypoglosse et lingual, puis au muscle slylo-glosse, qui le croise à angle droil. — Sa face interne est en rapport : avec l’artère linguale et le constricteur moyen du pharynx ; plus haut, avec le ligament stylo-hyoïdien et le muscle stylo-hyoïdien profond.
Au cérato-glosse, on voit fréquemment se joindre un faisceau grêle et arrondi qui monte obliquement sur sa face externe pour se porter ensuite vers la pointe de la langue. Ce faisceau naît le plus souvent du sommet de la grande corne : il constitue alors un cérato-glosse accessoire. Mais il n’est pas rare de le voir provenir du constricteur moyen du pharynx. Quel que soit son point, de départ, ce faisceau se porte en haut et en avant, en passant sur le cérato-glosse, et se coude alors à angle obtus pour se joindre à la portion horizontale du stylo-glosse.
Ce muscle a pour usage d’abaisser les bords de la langue et d’incliner
1. Muscle stylo-glosse. — 2. Faisceau inférieur de ce muscle pénétrant entre les deux faisceaux de l’hyo-glosse. — 3. Faisceau antérieur du muscle liyo-glosse ou basio-glosse. — 4. Son faisceau postérieur ou cérato-glosse. — 5. Faisceau accessoire du même muscle. — (>. Interstice celluleux qui sépare le basio-glosse du cératoglosse. — 7. Muscle génio-hyoïdien se creusant en gouttière au niveau de son attache à l’os hyoïde pour embrasser le bord antérieur de l’hyo-glosse. — 8. Muscle génioglosse se. fixant en avant à l'apophyse géni supérieure par un court tendon. — • y. Muscle lingual inférieur. — 10. Muscle palato-glosse ou constricteur de l’isthme du gosier. — 11. Partie supérieure du pharyngo-glosse qui ne tarde pas à se confondre avec le palato-glosse et le faisceau superficiel du stylo-glosse. — 12, 12. Partie inférieure ou principale du même muscle. — 13, 13. Constricteur moyen du pharynx. — 14. Muscle stylo-pharyngien. — 15. Ligament stylo-hyoïdien et muscle stylohvoïdien profond, parallèle et sous-jacent à ce ligament.
Fig. 298. — Muscles de la langue (couche superficielle).
MUSCLES DE LA LANGUE
de son côté la face dorsale de cet organe. Ainsi abaissée et inclinée, la langue peut se charger pendant la durée de la mastication des aliments tombés des arcades dentaires, et les reporter sous ces arcades.
Le basio-glosse , plus épais et moins large que le cérato-glosse, n’est pas vertical, mais oblique en haut et en avant. L’interstice qui le sépare du précédent est quelquefois assez large pour laisser entrevoir l’artère linguale ; dans ce cas, il prend la figure d’un petit triangle isocèle.
Ce muscle, attaché en bas à la partie supérieure et externe du corps de l’hyoïde et au quart antérieur de la grande corne, se porte vers la partie moyenne du bord correspondant de la langue. Ses fibres suivent une direction d’autant plus oblique en haut et en avant qu’elles sont plus antérieures. Toutes s’engagent entre le faisceau inférieur et le faisceau moyen du stylo-glosse, passent au-dessous de celui-ci, se joignent plus haut à son faisceau supérieur, et s’épanouissent dans l’épaisseur de la langue en cheminant vers la lame fibreuse médiane àTlaquelle elles s’attachent.
1. Muscle stylo-glosse. — 2. Son faisceau supérieur. — 3. Son faisceau moyen ou superficiel. — 4. Son faisceau inférieur dont les fibres se continuent en partie avec celles du génio-glosse, en partie avec celles du lingual inférieur. — 5. Muscle lingual inférieur. — 6. Basio-glosse excisé au-dessous du faisceau moyen du stylo-glosse pour laisser voir le faisceau inférieur de ce muscle, le lingual inférieur et le pharyngoglosse. — 7. Fibres terminales du basio-glosse. — 8. Partie supérieure du cératoglosse. — 9. Fibres terminales du cérato-glosse se confondant avec le faisceau supérieur du stylo-glosse. — 10. Palato-glosse. — 11. Partie supérieure du pharyngo-glosse, s’unissant au palato-glosse pour former un plan longitudinal qui recouvre les fibres transversales du stylo-glosse, du cérato-glosse et du basio-glosse. — 12. Ce plan détaché et soulevé pour montrer les fibres transversales sous-jacentes. — 13. Pharyngo-glosse. — 14. Attache du constricteur moyen du pharynx et du stylo-hyoïdien profond à la petite corne de l’os hyoïde.
MYOLOGIE.
Le basio-glosse est en rapport : 1° par sa face externe avec la glande sous-maxillaire, le nerf hypoglosse, le nerf lingual, et plus haut avec la portion moyenne du stvlo-glosse ; 2° par sa face interne avec la petite corne de l’os hyoïde et le ligament qui s’y attache, avec l’artère linguale, le génio-glosse et le lingual inférieur.
Indépendamment du cérato-glosse et du basio-glosse, tous les auteurs s’accordent pour admettre, comme faisant partie aussi de l’hyo-glosse, un troisième faisceau qui partirait de la petite corne de l’hyoïde et qui a reçu le nom de chondro-glosse. Mais on ne voit naître de la petite corne que deux ordres de fibres musculaires : 1° des fibres peu nombreuses qui émanent de son sommet, et qui se portent obliquement en haut et en avant pour se joindre au lingual inférieur; 2° des fibres beaucoup plus élevées, provenant de sa partie moyenne et rampant sous la muqueuse de la face dorsale de la langue, en constituant un petit faisceau aplati qui s’unit bientôt au faisceau moyen du lingual supérieur. Aucune des libres nées de la petite corne ne contribue donc à former l’hyo-glosse.