INTRODUCTION
La science est une expression du développement que prend l'esprit humain partout où la civilisation , l'acquisition graduelle des conditions d'existence sociale, ont permis le plein usage et par suite le perfectionnement des facultés intellectuelles ; car hors de l'homme les sciences n'existent pas, il n'y a que le cours naturel des choses. Les sciences n'existent que là où des hommes déterminent ce qu'est ce cours naturel, ce qu'on nomme les lois de celui-ci ; on a donc raison de dire que la science est cosmopolite; mais partout elle est subordonnée à l'acquisition d'une certaine moyenne de ces conditions d'existence et acquiert un développement général proportionnel à cette acquisition. Elle est, par suite, susceptible d'une culture plus avancée, plus précise, plus rapide, plus parfaite ici qu'ailleurs.
D'autre part, l'esprit met toujours du sien, du subjectif dans l'objectif, dans les faits que lui transmettent les deux modes de la sensibilité. Il le fait aussi de deux manières, par le sentiment et par la raison, l'intelligence, la logique qui est l'esprit de méthode. Ce double lien entre ce qui vient du dehors et ce que la pensée lui retourne par les facultés d'expression fait voir ce qui est de création humaine dans la science, conmient
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les difterences s'y introduisent d'un siècle à l'autre et d'un pays à l'autre ; car ici le cosmopolitisme ne supprime pas l'autochthonie, la direction juste ou fausse, progressive ou retardatrice, que ces différences peuvent donner au savoir.
Quelque respectables donc que soient en elles-mêmes ces différences et les causes qui les amènent dans l'état de la science d*un pays à l'autre, elles doivent être appréciées et jugées. La direction qu'elles prennent dans telle ou telle région n'est pas plus indifférente que la détermination de la proportion des fictions qu'on y mêle comparativement aux données réelles de l'observation. Il n'est pas indifférent non plus de bien déterminer les ouvrages auxquels il faut plus ou moins emprunter, dès l'instant où il est impossible de tout mettre du sien dans ses propres écrits.
Cet examen et le jugement auquel il conduit sont même les principaux moyens de faire que la science soit de tous les pays, cosmopolite, qu'elle se répande et s'égalise partout. Ce sont les seuls moyens de rendre justice à ceux qui font réellement de la science et disent le mieux les choses telles qu'elles sont.
La biologie ne fait aucune exception à ce qui précède, et se dit depuis longtemps de la chimie, de la physique, de Tastrotiomie et de la science mathématique ou mieux méthode univer* selle des sciences. Celle-ci, en effet, prise en elle-même, est entièrement de création humaine ; elle s'est rapidement dégagée des données objectives ou de l'observation dont originellement elle a surgi avant que le fissent les autres sciences. Dans la biologie, l'Anatomie, tant générale que descriptive , apporte nombre d'exemples à l'appui des données rappelées plus haut. Ce sont^ du reste, ceux que renferme le livre de M. Cadiat qui m*ont conduit k faire ces remarques.
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L'Anatomie générale est une partie de l'anatomie dont le nom indique à la fois l'objet et le but. Ce dernier est la détermination de la nature intime et réelle des choses dont l'activité, le mouvement, s'appelle la vie. L'étude de l'Anatomie générale n'implique donc pas uniquement une satisfaction donnée à l'esprit de curiosité, allant où bon lui semble, et se prêtant à toutes les diversités des fictions que peuvent susciter les impressions que l'on n'a pas encore eues ; elle a sa méthode qui est des plus rigoureuses, parce qu'elle ne fait que continuer directement celles de la physique et de la chimie. Cette méthode la conduit en effet à trouver des procédés d'observation qui sont en rapport avec la constitution même des objets à observer, d'une part, et de l'autre, lorsqu'il s'agit de l'étude du mouvement des corps organisés, de la vie en un mot, à leur donner une extension que Tétude des corps bruts ne pouvait faire prévoir.
A l'aide de cette méthode, le but que l'Anatomie générale parvient à atteindre est la détermination de ce qu'il y a de caractéristique dans l'état d'organisation; des divers degrés que normalement présente cet état; c'est-à-dire de ce qui constitue les conditions d'existence de la vie, de l'équilibre et du mouvement d'ordre organique et non plus simplement chimique, physique ou mécanique. Elle détermine ainsi avec précision dans quel ordre de complication croissante les formes élémentaires, véritables unités physiologiques ^ianiceWuWives que non cellulaires, que constitue la substance organisée, s'associent en tissus, dont les parties similaires forment par leur ensemble les systèmes anatomiques; elle détermine inversement avei:^ autant de netteté comment les organes proprement dits se subdivisent en organes premiers dont la texture et la constitution intime ou élémentaire spécifient la nature et le rôle physiologiques essentiels;